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Un deuxième millésime des plus prometteur pour le nouveau Vignoble d’Ovila situé à Les Cèdres!

Deuxième millésime prometteur du Vignoble d’Ovila un tout nouveau vignoble situé à Les Cèdres. Véritable projet de retraite de France et François Robillard, c’est en 2015 qu’on plante les premiers plants de vigne d’Acadie et de Frontenac sur la terre de leur grand-père dans l’espoir de produire des vins qui soient les meilleurs possible.

François et France Robillard

Vous trouverez dans cet article mes notes de dégustation des deux vins (sur les 4 qu’ils produisent) qu’ils m’ont apporté pour dégustation. De plus suit l’entrevue des plus intéressante que j’ai faite avec François Robillard vigneron. Cette entrevue vous donnera une idée de la ténacité et du travail nécessaires pour mettre sur pied un vignoble au Québec.

Le Grand Vent, Vin blanc, Produit du Québec, 2019, $16.75, cépages : Frontenac Blanc 46%, Seyval Blanc 24%, Acadie 22%, et Vidal 8%, sucre : 3.43 g/l, alc. : 12%.

Le Grand Vent, Vin blanc, Produit du Québec, 2019

Ce vin se laisse découvrir par ses effluves de fruits exotiques (ananas) et d’agrumes avec une légère dominante sur le pamplemousse. La bouche est d’une texture un peu ferme avec une acidité presque vive et des plus rafraîchissante. Les flaveurs de pamplemousse et d’agrumes dominent en bouche avec une finale acidulée des plus agréable. À l’aveugle il pourrait facilement passer pour un sauvignon blanc de la Nouvelle-Zélande. Finalement, pour un deuxième millésime c’est très réussi.

Vous ferez de beaux accords avec des fruits de mer et poissons.

Le Saint-Féréol, Vin rouge, Produit du Québec, 2019, $18.00, cépages : 55% Frontenac noir, de 37% Marquette et de 13% Petite Perle, sucre : moins d’un g/l, alc. : 12%.

Le Saint-Féréol, Vin rouge, Produit du Québec, 2019

De jolis arômes de crème de fruits rouges bien frais avec une pointe de framboises et un soupçon de vanille. En bouche la texture est quelque peu ferme, l’acidité assez présente et les tannins sont équilibrés et tissés serré. Les flaveurs assez intenses de fruits noirs et de bleuets s’entremêlent avec de légères notes végétales. La finale bien fruitée dégage un soupçon d’astringence ainsi qu’un filet d’amertume. L’ensemble est agréable, équilibré et bien goûteux. Très réussi lui aussi pour un deuxième millésime.

Vous ferez de beaux accords avec des charcuteries, des plats à base de viande de porc, des pâtes avec sauce rosée et pizzas.

Entrevue avec François Robillard vigneron et co-propriétaire

VF (Vinformateur) : « Comment en êtes-vous venus à créer un vignoble au Québec? »

FR (François Robillard) : « Ça fait longtemps que je pensais à ça de partir un vignoble. Je lisais la-dessus, je prenais des formations sur la vinification du vin, comment partir un vignoble etc.  Mais mon travail ne me permettait pas de le faire. J’étais Directeur des Loisirs aux Cèdres et j’étais trop occupé car je travaillais pratiquement 7 jours semaine. Je n’avais pas vraiment le temps.

Puis j’ai pris ma retraite et j’ai su que le temps était venu d’essayer. On a alors décidé de s’installer sur la terre de mon grand-père qui avait été cédée à mon père et que ce dernier nous a vendu aux enfants.

Quand j’ai lancé l’idée du vignoble, il y a ma sœur qui s’est dit intéressée. Les autres enfants n’avaient pas d’intérêt à embarquer dans une telle aventure.

J’ai continué à prendre des formations en vinification, comment partir un vignoble au Québec, formation de la taille de la vigne, tout ce qui touche la vigne etc.

Préparation de la terre

En 2014 on a parti le projet en s’occupant prioritairement de la préparation de la terre pour la plantation en 2015. En 2015 on a planté 2,250 plants d’Acadie (cépage blanc) et 2,250 plants de Frontenac (cépage rouge). On a suivi les recommandations de Jérémie d’Hauteville notre œnologue conseil que j’ai eu la chance et le bonheur de rencontrer.

Jérémie d’Hauteville, R&J Oenology

On a planté des vignes sur greffe qui venaient de Niagara. La première année on a perdu tous nos 2,250 plants d’Acadie. Bien difficile de trouver la cause, on n’a vraiment pas d’idée sur les causes de cette perte. Certains disent que les plants n’étaient pas bons alors que le fournisseur dit qu’ils l’étaient. Bon, en tout cas, on les a perdus et on nous en a remplacé 700.

L’année suivante, on a commandé la différence et on a tout replanté. Et on en a encore perdu un bon 1,000 plants. Devant ces résultats, la deuxième année de plantation on a aussi planté du Frontenac noir, du Marquette et de la Petite Perle. On a aussi planté du Vidal et du Seyval.

Après ça, j’ai commencé à remplacer les vignes qu’on avait perdu avec l’aide d’Alain Brault (personnalité très connue dans le domaine viticole).

En 2018 on a fait fait les premières vendanges et puis il fallait construire la partie opérations c’est-à-dire la cuverie et l’entrepôt. Alors on est allé chercher un permis à la municipalité.  Ça a pris du temps et finalement on a commencé à construire au mois d’août et on finissait les vendanges à la fin septembre. Mettons que ça a été assez rapide comme construction pour être à temps pour la vinification.

Notre première année on a produit 3,700 bouteilles et en 2020 on a fait 4,000 bouteilles. En ce moment on travaille beaucoup sur la vigne pour obtenir un meilleur rendement parce qu’on a 2.5 hectares de vignes et on a 9,500 plants de vignes pas tous productifs. Donc on met beaucoup d’efforts sur les vignes. »

Vendanges

VF : « Vous vous dirigez vers quel mix de produits? »

FR : « On voulait faire 60% en blanc et 40% en rouge. On espère éventuellement faire des bulles, des vins sur glace. Mais pour l’instant on n’a pas assez de production pour faire ça. On s’enligne vers ça. On veut développer ça nous aussi à notre façon. « 

VF : ‘’Vous ajoutez du Seyval et du Vidal. Comment ça marche avec ces cépages? Croyez-vous toujours au cépage Acadie? »

FR : « On a tout gardé notre Acadie. L’an passé on a eu une petite production mais meilleure qu’avec le Vidal. Le Vidal ça fait maintenant deux ans, on a un peu de misère avec et on a pas une grosse production. La première année on n’en avait pas pire mais l’an passé on a eu de la misère à passer l’hiver avec. Cette année, on devrait avoir une bonne production d’Acadie si tout va bien parce que c’est bien parti en ce moment.

On va remplacer les plants de Vidal qu’on a perdu parce qu’on a beaucoup de plants de morts.

VF : ‘’De quelle façon protégez-vous vos plants de vigne en hiver? »

FR : ‘’Nos plants sont tous protégés avec des toiles. L’an passé on s’est fait prendre par la neige et on a réussi à tout déneiger et à poser nos toiles et on a enneigé par après. Un de mes amis vigneron qui est près d’ici me disait que l’an passé il les a laissé faire (sans toile) et que cette année ce sont ses plus beaux plants de vignes. L’Acadie sans toile c’est comme ça qu’il aime passer l’hiver. On ne sait pas trop pourquoi mais c’est comme ça. « 

VF : ‘’Beaucoup de challenges mais je pense que vous êtes content de vos vins? »

FR : ‘’Oui on est content et on a de la place pour de l’amélioration. Les commentaires des gens qui y ont goûté étaient bons. On a commencé à vendre le premier millésime au mois de juillet et en décembre on en avait plus. On faisait des activités sur le site comme la fête des voisins par exemple. Malgré tout, les gens revenaient en acheter. C’est intéressant! Finalement ce que les gens disaient c’est que le blanc était bien sec et cette année il est un peu moins sec que l’an passé. Les gens l’apprécient beaucoup.

Le rouge, le St-Féréol lui il n’est pas boisé. Il est différent de l’an passé. « 

VF : ‘’Le futur va vous apporter quoi selon vous? »

FR : ‘’Si on a plus de raisins on va peux-être faire un Vidal ou un Acadie. Possiblement l’an prochain planter des vignes de type Vinifera (cépages dits internationaux genre Chardonnay, Pinot Noir) pour voir comment on peut réussir avec ces cépages. »

VF : ‘’Vous avez combien de produits présentement? »

FR : ‘’On a quatre produits soit le rosé fait à partir du blanc avec du Frontenac noir, le blanc qui est un assemblage de Seyval, Vidal, Frontenac blanc et Acadie, le Tabarouette qui est un rouge boisé et le St-Feréol. L’an passé, les gens aimaient beaucoup le Tabarouette et cette année on en a fait plus et ça semble partir aussi vite. Les produits sont disponibles au vignoble et dans quelques points de ventes locaux.»

VF : ‘’Avez-vous assez de terrain pour de l’expansion possible? »

FR : ‘’Il nous reste encore 9 hectares de plantations potentielles. Mais c’est pas moi qui va les planter ces 9 hectares là. Pas rendu ou je suis rendu. En passant, on utilise des produits qui sont près du bio. On ne les utilise pas tous alors on n’est pas reconnu comme bio pour l’instant. Mais les 9 hectares ça fait déjà 2 ans qu’on plante du blé panifiable dessus sans intrant. On va peut-être agrandir tranquillement. Ça va dépendre de nos enfants. Comment ils sont intéressés par le projet. « 

VF : ‘’Et jusqu’à date comment trouvez-vous l’aventure vinicole? »

FR : ‘’L’aventure c’est ce à quoi je m’attendais. Étant donné que je m’étais renseigné et que j’avais suivi des formations ça m’a aidé. Je savais à quoi m’attendre. C’est vraiment beaucoup d’ouvrage mais c’est vraiment le fun. Cette année j’ai plus d’aide. J’avais appliqué pour accueillir des Guatémaltèques mais ça n’a pas fonctionné. Je viens tout juste d’engager une personne d’expérience qui a travaillé 6 ans dans un autre vignoble. J’ai aussi deux étudiants qui m’aident. Ça va nous donner un bon coup de main et je vais pouvoir me concentrer sur d’autres priorités Et il y a toujours Jérémie que j’ai eu la chance de rencontrer. Lors de notre première rencontre ça a beaucoup cliqué. Je bien content de mon aventure !!« 

Surprenants les vins du Domaine Labranche!!

J’avoue que je connaissais peu le Domaine Labranche avant de déguster quelques-uns de leurs produits pour écrire cet article. J’avais vu certains de leurs produits dans des magasins d’alimentation et ceux dont je me souvenais étaient élaborés à partir d’eau d’érable. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et je m’en étais peut-être fait une idée préconçue.

D’un autre côté leurs vins tranquilles, dont le blanc et le rouge, ont la classification IGP ce qui est gage de haute qualité. De plus, leurs œnologues sont Jérémy d’Hauteville et Richard Bastien de R&J Oenology dont la réputation n’est plus à faire. Et finalement, Louis Desgroseilliers, Président et Vigneron me disait en entrevue : ‘’Chez nous on a une philosophie qui dicte nos actions :  »Tant qu’à faire les choses, aussi bien les faire comme il le faut. On a toujours eu le souci de bien faire les choses’’.  Finalement, j’aurais du m’en douter, les vins du Domaine Labranche m’ont enchanté. Alors veuillez trouver mes impressions de leurs vins.

De plus vous trouverez l’entrevue que j’ai faite avec Louis Desgroseilliers qui m’a beaucoup impressionné par la clarté de ses propos, la synthèse des stratégies du vignoble et sa passion pour les vins qu’il élabore.

Domaine Labranche

Le Domaine Labranche, c’est d’abord la cabane à sucre de la famille Desgroseilliers, construite à proximité de Saint-Isidore, en Montérégie et qui date de la première moitié du XXe siècle. C’est à partir de 2009 que Le Domaine Labranche se développe, au-delà de l’érablière, en une cidrerie et un vignoble, le tout alimenté par l’esprit ‘’d’entrepreneuship’’ de la nouvelle génération de Desgroseilliers composée de 6 enfants.

Ainsi, les produits du Domaine Labranche sont conçus dans cet esprit familial où tous et chacun participent à l’élaboration de produit de qualité tant au niveau maraîcher, pomiculture que du vignoble.

Notes de dégustation

Domaine Labranche, Vin blanc IGP, Primeur, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2019, $16.95, cépages : Frontenac blanc 100%, sucre : 1.5 g/l, 12.5%, code SAQ : 12962573.

Domaine Labranche, Vin blanc IGP, Primeur, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2019

Assez surprenant ce vin blanc avec au nez des effluves bien aromatiques de fruits exotiques (ananas), de pêches et de notes florales. En bouche la texture est légèrement grasse, l’acidité moyenne et les flaveurs de fruits exotiques et de fruits blancs créent un très beau profil aromatique des plus satisfaisant. La persistance est moyenne et on retrouve une légère amertume en fin de bouche.

Très polyvalent vous ferez de très accords avec des volailles grillées au BBQ, jambon à l’ananas, plats à base de porc. Vraiment super servi en apéritif.

Domaine Labranche, Cuvée Marcel, Vin rouge IGP, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2018, $18.55, cépages : Frontenac noir 100%, sucre : 1.6 g/l, 14%, code SAQ : 13374757.

Domaine Labranche, Cuvée Marcel, Vin rouge IGP, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2018

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce vin rouge. D’emblée, je préfère les blancs aux vins rouges du Québec. Je trouve que le climat du Québec se prête plus à l’élaboration des vins blancs. Et là, oh surprise…On me l’aurait donné à l’aveugle…

J’ai beaucoup aimé son équilibre nez, bouche, ses notes boisées bien fondues (je ne suis un fan des notes boisées…mais celles-là…) bref l’ensemble de son œuvre et son profil aromatique.

Le nez s’ouvre sur des arômes de crème de fruits rouges, de cerises noires, de notes boisées bien intégrées, d’épices douces avec comme un soupçon de toffee. La bouche est tout en équilibre et bien goûteuse. La texture veloutée, l’acidité équilibrée et les tannins très souples, ronds et joufflus se marient aux flaveurs de notes boisées bien fondues, de fruits très mûrs et le tout culmine en une finale juteuse, agréable et persistante.

Vous ferez de beaux accords avec des plats mijotés longtemps et des braisés de bœuf.

Domaine Labranche, Vin d’érable, Classique, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2019, $14.95, sucre : 9.6 g/l, 12 %, code SAQ : 12981643.

Domaine Labranche, Vin d’érable, Classique, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2019

C’est la première fois que je goûtais à ce genre de produit et s’il avait été servi à l’aveugle, j’aurais dis que c’était un vin blanc de région nordique s’apparentant au profil aromatique d’un Chenin blanc avec un niveau d’acidité plus élevé.

Au nez sur des arômes de cire d’abeille (Chenin blanc), de tilleul, d’eau d’érable (mais vraiment un soupçon) de foin et de pommes. La bouche domine sur une perception de minéralité avec une texture légèrement veloutée, une acidité bien présente et des flaveurs de pommes et de foin. Plus subtil que ce à quoi je m’attendais.

Je le boirais en accord avec des mets asiatiques et des mets épicés. Possiblement en apéritif mais surtout avec de la bouffe.

Domaine Labranche, Rosé, Érable et Framboise, Vin d’érable aromatisé à la framboise, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2018, $14.95, sucre : 11.0 g/l, 11.5%, code SAQ : 14042252.

Domaine Labranche, Rosé, Érable et Framboise, Vin d’érable aromatisé à la framboise, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2018

Alors qu’avec le produit précédent, on aurait certainement pu se tromper avec un vin, ce n’est pas le cas avec ce produit. Le nez est résolument aromatique et très parfumé sur des arômes de framboises, de pommes grenade et d’eau d’érable. La bouche est dominée par les flaveurs de framboises ainsi qu’une acidité bien fraîche. Je le servirais bien froid en apéritif et je tenterais l’expérience avec un dessert aux fraises.

Les vins du Domaine Labranche sont disponibles dans les IGA, Metro, Provigo, SAQ et dans des Boutiques spécialisées.

Entrevue avec Louis Desgroseilliers – Président et Vigneron

Louis Desgroseilliers

Vinformateur – Claude Lalonde (VF) : Parlez-nous de comment vous êtres partis d’une érablière, de la pomiculture et de l’agriculture maraîchère pour en arriver à mettre sur pied un vignoble?

Louis Desgroseilliers (LD) : ‘’À la base nous sommes une famille de 6 enfants dont 4 garçons qui avons repris les rênes de l’entreprise agricole familiale. Nous en sommes rendus à la huitième génération qui sont agriculteurs et qui cultivent les terres agricoles de notre région, soient Saint-Isidore et autres régions.  Il faut savoir que nous sommes aussi dans la production maraîchère qui est une branche importante de nos activités.

Nous avons aussi la cabane à sucre qui en est à sa 102ième année d’opération avec quatre générations. On se retrouve à récolter carrément l’eau d’érable que les membres de ma famille, à partir des érables que mon arrière-grand-père a planté.

Cabane à sucre

Vers 2009, mon père qui était entrepreneur, on est une famille d’entrepreneurs en fait, avait le goût de planter de la vigne dans une éventualité de revendre le raisin. Il y avait à l’époque un marché potentiel dans la revente de raisins et à ce moment j’étais en train de compléter mes études en gestion d’entreprises agricoles.

C’est donc en 2009 qu’on a rencontré deux œnologues que vous connaissez probablement soient Jeremy d’Hauteville et Richard Bastien qui ont fondé ensemble un bureau conseil en œnologie. Donc on a eu la chance de rencontrer ces deux personnes que j’affectionne et que j’estime beaucoup. Ils sont depuis le début nos œnologues conseils.  En fait, on les a rencontrés lors d’une conférence en lien avec la viticulture.

Lors de cette rencontre on leur fait goûter à nos alcools qu’on élaborait à ce moment-là. On les faisait pour notre consommation personnelle et par plaisir, non pas pour la vente. Il faut savoir qu’on a toujours eu dans la famille le souci de bien faire les choses et ils ont été surpris par la qualité de nos produits.

Vu notre désir de passer à un autre niveau et de passer à un projet d’affaire ils se sont mis d’accord pour nous accompagner dans notre projet. Ils sentaient comme nous le niveau de potentiel. C’est là que mon père s’est tourné vers moi et m’a demandé si le projet m’intéressait. Mon père n’était pas prêt à prendre ce projet-là de front. Même si on considérait le potentiel à l’époque, on ne savait pas que ça deviendrait si important. Et j’ai sauté à pieds joints dans le projet.

On a commencé avec la plantation de vignes. Quand on a commencé à se faire la main avec le vin et avec le cidre (la pomiculture a toujours fait partie de notre culture) on s’est dit que si on était capable de vinifier les deux on serait aussi capable de fermenter de l’eau d’érable. Et c’est de là qu’à découlé la gamme complète de produits que nous avons maintenant.

Je ne pense pas qu’à l’époque nous avions l’intention de développer toute cette gamme de produits soient le rosé à l’eau d’érable et à la framboise, l’eau d’érable, le mousseux à l’érable, les vins desserts, les vins fortifiés et les vins tranquilles. Donc nous avons découvert au fur et à mesure d’essais et d’erreurs que l’eau d’érable a beaucoup de potentiel. Ça donne un produit riche qui donne un éventail assez large de possibilités’’.

VF : ‘’Au niveau de la marque et de l’emballage je vois que vous utilisez la même approche. Avez-vous l’intention de vous démarquer avec les vins dits tranquilles?

LD : ‘’Oui, tout à fait! L’idée c’est que le marché du vin est grandissant ce qui n’était pas la réalité il y a quelques années, mais dernièrement cette demande pour les vins du Québec s’amplifie. Il y a un engouement pour l’achat local, qui commence à prendre un essor qui est en train de prendre tout son sens et qui fait en sorte que la demande a beaucoup augmentée. Les gens sont de plus enclins à consommer des vins rouges et des vins blancs du Québec.

Les implications sont multiples. Nous avons actuellement environ 5 hectares en production de vigne ainsi que deux hectares supplémentaires qui seront plantés cette année et nous avons déjà des plans de commande (de plants de vignes) sur les trois prochaines années à raison d’une cadence de 2 hectares supplémentaires par année.

Comme on sait, c’est un gros investissement qui s’en vient. Ce sont en fait des investissements majeurs pour nous pour les prochaines années mais on le fait parce qu’on y croit et parce qu’on est satisfait et fiers des produits que nous avons élaborés jusqu’à date.

Pratiquement 90% de nos vins sont à base de Frontenac blanc pour le blanc et le Frontenac noir pour le rouge. On utilise des petits assemblages de Petite Perle et de Frontenac et un peu de Frontenac gris mais vraiment pas beaucoup, et on a aussi également le Saint-Pépin.

Cette année on va peut-être embouteiller 300 caisses de vin blanc et une cuvée spéciale avec le Saint-Pépin qui est élevé en fût de chêne et ça donne un produit extraordinaire. C’est un produit qui sera disponible cet automne. Il va y avoir aussi d’autres plantations de Saint-Pépin qui est un cépage capricieux. En termes de pollinisation c’est assez compliqué ce qui fait en sorte que quantitativement les années sont très variables, la majorité de la production est très faible, mais ça donne un produit extraordinaire. C’est dans les cépages préférés du Québec, rustique, très exubérant, très aromatique qui me fais penser au Muscat. C’est de toute beauté!

Dans les prochaines plantations à venir, il va y avoir le Marquette également qui sera en assemblage avec le Frontenac noir. Actuellement le Frontenac se complète très bien avec la Petite Perle et le Frontenac a une acidité un peu plus vive, un taux de sucre toujours très élevé qui nous permet d’offrir de beaux taux d’alcool. Ça nous permet d’aller chercher de beaux équilibres avec autour de 13 à 14% d’alcool. La Petite Perle et le Marquette ont des taux d’acidité plus bas, une teinte plus pâle mais par contre ils ont une charge tannique qui est plus élevée. L’assemblage va alors prendre tout son sens.

Crédit photo: Todd Roberts

À mon sens on est capable d’obtenir d’aussi bons vins rouges grâce à plusieurs éléments, mais l’assemblage avec la Petite Perle est quand même une piste de la solution. Et après ça un bon élevage en fût vient faire toute la différence’’.

VF : ‘’Je trouve intéressant que vous ayez commencé avec les cépages hybrides. Le focus a vraiment été mis sur ces cépages rustiques. Je crois par contre que vous avez l’intention d’ajouter du Vinifera dans le futur, est-ce bien toujours le cas’’?

LD : ‘’Vous avez raison. Ça fait partie d’une réflexion qui a quelque peu évolué dans le temps certainement dans les derniers mois surtout dû à la crise de Covid. Il faut comprendre que les coûts associés au Vinifera sont très onéreux à cause de la toile géotextile incluant son installation, la taille qui ne se fait pas au même moment. Mais ce sont surtout les coûts de la toile qui ont impact. On a des plans pour commander pour 2021, 2022, en Riesling et en Merlot. Ceci étant dit, on continue notre réflexion.

Vous avez goûté au vin rouge Cuvée Marcel, mon beau-père s’appelle Marcel, et on voulait lui faire plaisir. Cette cuvée est en fait un produit qu’on aime beaucoup. On en a un deuxième qui va sortir bientôt qui est la Cuvée Intégrale.

Cette cuvée sera élaborée avec toute la grappe entière. La grappe entière est passé dans le fouloir, on reprend la rafle, on garde les pépins on garde tout ça, les pelures tout au complet, on le fait fermenter avec ce qu’on appelle la fermentation en grappes entières.

On ouvre les fûts dans lesquels on fait la fermentation, on retire les couvercles, et on fait et la fermentation alcoolique et la fermentation malolactique dans le même fût. Par la suite tout est pressé, on reprend le moût et  on  le fait vieillir en fût. Avec les cépages rustiques si on les travaille bien, si on s’assure d’avoir une belle taille, d’avoir une charge modeste (c’est le nerf de la guerre) et un bon travail au Chai avec le vieillissement, on obtient des de très beaux produits même son on n’est pas dans le Vinifera.  Quant à la charge de la vigne, beaucoup de vignerons font cracher la vigne, on obtient parfois des taux d’alcool très faible et on est obligé de chaptaliser (ajout de sucre) ce qui n’est pas le cas chez nous.

Finalement c’est une question de segmentation de marché. En 2018 on avait une plus petite proportion de vins rouges et de blancs (de l’ensemble de nos produits). Cette année, on va avoir 17,000 bouteilles de blanc et à peu près 15,000 bouteilles de rouge. Tous produits confondus on est rendu à environ 50,000 bouteilles. On commence à jaser avec ces quantités-là. L’année dernière a été une assez bonne saison quantitativement et qualitativement comparativement a 2017 qui avait été pour nous très mauvaise. Avec ces quantités là ça commence à être intéressant.

Très bientôt quand on sera prêts à atteindre 20,000 bouteilles de chaque (rouge et blanc), notre intention c’est de s’assurer que le rouge et le blanc se vendent autour de $15.00, et on est capable de l’obtenir si on a des belles quantités comme celles qu’on vise. Et on est capable de le faire avec des cépages rustiques.

Quand on est en Vinifera on est automatiquement au-dessus de la barre des $20.00 à part quelques vignobles qui ont de grandes surfaces et qui sont mécanisés. Ce sont des cas d’exception.

Pour 90% des vignerons au Québec, c’est à peu près impossible de faire un bon rouge et un bon blanc avec du Vinifera et de l’offrir en bas de $20.00. Alors on est toujours en haut du $20.00 et même plus près du $25.00. Ce qui est bien correct mais il faut être conscient que 80% de la clientèle qui achète des vins au quotidien recherche des vins qui se vendent autour de $15.00.

Avec le rustique on est capable d’obtenir de très bons produits, si c’est vieilli en fût à $15.00. Pour moi les Vinifera c’est du $20.00 en montant. Ce sont deux segmentations bien différentes au niveau de la clientèle et au niveau de la mise en marché.

Dans cette réalité-là c’est tout à fait logique que 25% de la production soit vendu en haut de $20.00 et que le restant soit sous la barre des $20.00.

Lorsqu’un vin est vieilli en fût ça devient une question d’assemblage. Ça fait toute la différence. Un œnologue que j’avais rencontré dans nos démarches dans les années antérieures nous avait fait la recommandation d’utiliser diverses proportions de fûts usagés, de fûts neufs et de compléter avec du vin qui n’a pas vieilli en fût de chêne pour garder le fruit. C’est ce que nous faisons religieusement et ça donne des vins bien équilibrés’’.

VF : ‘’Pouvez-vous me parler de votre distribution. Je vois que vous êtes présents autant dans les chaînes d’alimentation qu’à la SAQ et aussi dans les épiceries fines. Comment faites-vous pour avoir une telle distribution’’?

LD : ‘’Chaque vigneron va mettre ses énergies directement en lien avec ses intérêts et je pense que la distribution reflète bien mes compétences et mon champ d’intérêt. On est sans prétention le vignoble le mieux distribué tout vignoble confondu. On a six représentants à temps plein sur la route alors que 90% des vignerons n’en ont pas. Certains travaillent avec une agence, nous nous avons des représentants (Montréal, Québec, Rive-Sud, Abitibi, Rive-Nord) ce qui fait que ça nous permet d’être très bien distribué. De plus, plusieurs gros projets s’en viennent qui seront dévoilés au fil des mois.

Finalement, le nerf de la guerre c’est de réussir à créer le meilleur produit possible et à le reproduire en plus grandes quantités possible. Ce qui fait qu’on est capable d’aspirer à une rentabilité éventuelle. Ça prend donc beaucoup de volume avec un produit de qualité. Il ne faut pas avoir peur de réussir’’!

Découvrez ces très beaux vins de l’Ïle d’Orléans !!

Christiane Grégoire et Jacques Blouin ont fait l’acquisition de la ferme Rosacée en 1999 à Saint-Pierre de l’Ïle d’orléans. C’était un projet de retraite qui a évolué au fil du temps et qui est devenu un vignoble à part entière. La consécration s’est faite avec le premier millésime, le 2018 et la demande a été telle qu’on a triplé la production avec le millésime 2019.

Christiane Grégoire et Jacques Blouin vignerons et propriétaires de Saint-Pierre Le Vignoble

Bien que ce soit seulement le deuxième millésime à Saint-Pierre Le Vignoble, les vins sont surprenants de par leur qualité, leur équilibre et leur profil aromatique des plus savoureux. On a choisi d’élaborer des vins à partir de cépages hybrides en harmonie avec le terroir et le climat et les résultats sont probants. 

Non seulement j’ai beaucoup aimé les 3 vins qu’on m’a envoyé, mais j’ai apprécié l’approche créative qui sous-tend autant l’emballage que l’environnement du chai et de la salle de dégustation. C’est classique, minimaliste et d’un style épuré.

L’éventail des produits est sagement limité à 6 produits dont 3 blancs, un rosé, un mousseux et un rouge et les vins sont disponibles au vignoble ainsi que dans quelques épiceries fines. Les vins du vignoble sont identifiés par le sceau de qualité IGP Québec véritable promesse de qualité et d’authenticité du savoir-faire des vignerons québécois.

Pour en savoir plus sur ce vignoble, lisez l’entrevue que j’ai faite avec Jacques Blouin, vigneron et co-propriétaire du vignoble. Vous le trouverez suite aux notes de dégustation.

Saint-Pierre Le Vignoble

Notes de dégustation

Parfum d’Acadie, Saint-Pierre Le Vignoble, Québec, Saint-Pierre de l’Ïle d’Orléans, vin blanc, IGP, 2019, $17.85, cépages : Acadie Blanc, sucre : min. d’un gramme/l, alc. : 12.0%.

Ce vin s’ouvre sur des effluves bien aromatiques de fruits blancs, d’arômes floraux, de notes boisées fort discrètes ainsi qu’un soupçon de pamplemousse, d’amandes et une belle sensation de minéralité. En bouche la texture est quelque peu ferme, l’acidité bien présente et les flaveurs de pamplemousse, de zeste de citron ainsi qu’une légère trame vanillée lui donnent un profil aromatique des plus succulent. La finale est d’une belle persistance.

Rêverie, Saint-Pierre Le Vignoble, Québec, Saint-Pierre de l’Ïle d’Orléans, vin blanc, IGP, 2019, $16.95, cépages : Acadie Blanc, Frontenac Blanc, sucre : min. de 6 grammes/l, alc. : 12.2%.

Au nez, il est un peu moins aromatique que le précédent avec une belle perception de minéralité, des arômes bien subtils de fruits blancs et d’agrumes avec comme une trame légèrement sucrée. En bouche ce vin possède une belle structure, la texture est veloutée, l’acidité est équilibrée et les flaveurs assez intenses d’agrumes et de fruits blancs se prolongent en une belle finale bien soutenue.

Rosée Matinale, Saint-Pierre Le Vignoble, Québec, Saint-Pierre de l’Ïle d’Orléans, vin rosé, IGP, 2019, $16.45, cépages : Radisson, Marquette, Frontenac blanc et Vidal, sucre : min. de 4 grammes/l, alc. : 11.6%.

Coup de cœur pour ce rosé des plus aromatique! Le nez est tellement charmeur, bien floral avec des notes fruits rouges et un fruité qui a comme un côté bonbon/‘’gomme balloune’’ qu’on retrouve quelques fois dans les vins rosés. La bouche est bien veloutée, l’acidité est équilibrée et les flaveurs assez discrètes de fruits rouges lui donnent un profil vraiment savoureux. Pas besoin de chercher plus loin pour trouver un vin rosé pour l’été qui vient.

Entrevue avec Jacques Blouin, vigneron et co-propriétaire de Saint-Pierre Le Vignoble

VF (Vinformateur) : ‘’Pourriez-vous nous parler de vos débuts, des raisons qui vous ont amenés tous les deux à vous lancer dans l’univers du vin’’?

JB (Jacques Blouin) : ‘’Nous sommes arrivés à l’Île d’Orléans en 1999 avec l’objectif d’un jour s’installer ici en permanence. Nous on est des amoureux de l’Île. Nous étions à la recherche d’une fermette et nous avons trouvé le site où nous sommes présentement. Alors on a acheté en 1999 dans le but de devenir ‘’Gentleman Farmer’’.

Les 10 premières années qu’on s’est installé ici, mon épouse a cultivé des petits fruits et les vendait dans son kiosque. Nous avons vite réalisé que pour rentabiliser ce genre de produit, surtout au niveau des produits transformés, il fallait avoir des surfaces de cultures très importantes ce qu’on n’avait pas.

Saint-Pierre Le Vignoble

Alors au bout de dix ans j’ai pris ma retraite du monde de l’acier, car je suis ingénieur de formation, ou j’ai évolué dans le domaine de la charpente métallique presque durant toute ma carrière. Quand j’ai pris ma retraite en 2013, on s’est installé de façon plus permanente.

On s’est alors questionné à savoir comment rentabiliser de façon optimale notre investissement. On était certain que notre avenir n’était pas au niveau des petits fruits.  Dans la zone cultivable nous avons potentiellement environ 5 hectares. On s’est demandé ce qu’on pouvait avec ces 5 hectares. On est amoureux de la terre, d’abord et avant tout on aime la culture, on aime les grands espaces à l’Île d’Orléans.

Alors on s’est demandé quel genre de culture pourrait être rentable avec des petites surfaces comme celle que nous avions. Parce que 5 hectares c’est grand, mais ce n’est pas si grand que ça.

Nous avons fait différents plans d’affaires avec différents scénarios et nous sommes arrivés à la conclusion que c’était la vigne qui était la meilleure solution sur une petite surface dans la mesure où on transforme la culture. Si on ne transforme pas, il n’y a pas de rentabilité à espérer de juste cultiver et vendre les raisins.

Saint-Pierre Le Vignoble

Suite à tout ça, nous avons commencé à planter en 2013 avec 2 hectares. Tout notre développement on l’a fait avec Jérémie d’Hauteville qui est un des meilleurs œnologues au Québec. Il connaît très bien les cépages rustiques (hybrides) au Québec. Puis s’est joint à nous Aurélien Angeard un français établi au Québec depuis une dizaine d’années et qui nous a apporté son expertise en viticulture et en viniculture.

Un des éléments de notre plan d’affaire c’est qu’on n’allait pas vers le Vinifera (Vitis Vinifera : cépages dits internationaux tels Chardonnay, Pinot Noir etc.) et on voulait focaliser sur les cépages rustiques (hybrides).

Jérémie d’Hauteville, Co-fondateur et oenologue conseil, RJ Oenology

En amont nous avons décidé de produire de bons vins blancs, un rosé et éventuellement un rouge et un mousseux. À la lumière de ce qu’on voulait faire et le genre de vin qu’on aime, Jérémie nous a conseillé divers cépages. On départ on avait du Vidal, du Frontenac blanc, du Marquette, de l’Acadie et du Radisson.

L’Acadie blanc, c’est notre cépage de prédilection. C’est un excellent cépage. Par contre, il a des particularités au niveau de la culture dépendamment de sa situation et de sa parcelle. Il faut le protéger  et le tailler de la bonne façon. On vise des tailles basses pour le protéger ce qui l’aide à passer au travers de l’hiver. C’est un cépage qui a un excellent potentiel autant en assemblage ainsi qu’en monocépage.

Saint-Pierre Le Vignoble

De 2013 à 2018 on vendait nos raisins à un autre vignoble ici sur l’Île, et l’année passée on a commencé une première vinification avec 5,000 bouteilles pour se faire la main. Moi c’était ma première vinification et avec le concours de Jérémie on a obtenu d’excellents résultats. Cette année nous avons décidé de tripler notre production avec environ 16,000 bouteilles.

L’an passé je disais à Jérémie qu’on avait un surplus d’Acadie blanc. On se demandait si on pouvait faire une expérience avec un vin en mono-cépage à 100% d’Acadie blanc. C’est ce qui a donné ‘’Parfum d’Acadie’’. Il est légèrement boisé, c’est un gros vendeur. Est-ce que vous y avez goûté’’?

VF : ‘’Oui et je l’ai particulièrement apprécié. En fait j’ai trouvé les notes boisées des plus discrètes et bien intégrées’’.

JB : ‘’Oui c’est effectivement ce qu’on recherchait. Parce que les jeunes vignes dans des tonneaux de chêne ça peut goûter la planche. Alors il faut y aller très très doucement avec le boisé sur ce genre de cépage. Donc je disais, ça a donné ‘’Parfum d’Acadie’’ que j’aime beaucoup. Un très bon résultat.

Présentement nous avons 3 blancs, un mousseux, un rouge et un rosé à partir de 3 hectares de vignes. À maturité avec la dernière phase de plantation, nous allons cultiver les 5 hectares. L’objectif c’est de produire entre 25 et 30,000 bouteilles. Les vins que nous allons produire sont déjà déterminés. On ne se mettra pas à développer plein d’autres vins. Peut-être un rouge un peu plus boisé, car actuellement les vignes sont plus vieilles. Mais présentement on va se limiter à ces 6 vins’’.

Vins Saint-Pierre Le Vignoble

 VF : ‘’Je dois avouer que selon moi c’est très sage de se limiter à quelques vins au lieu de se lancer dans un éventail plus large. De plus, mettre l’accent sur les blancs et sur les hybrides m’apparaît comme d’excellentes décisions’’.

JB : ‘’Si tu as trop de produits, tu finis par te cannibaliser toi-même. Notre plan de match est basé sur ces vins là et de les bonifier et les améliorer année après année. C’est ce qu’on vise. Jérémie est comme nous très satisfait des résultats à date. Quant aux cépages Vinifera, je ne dis pas que je ne tenterai l’expérience un jour mais ça sera sur une petite parcelle.

Mais je pense qu´on a fait la démonstration qu’on est capable de produire de très bons vins avec les cépages hybrides avec lesquels on travaille présentement.

Aller compétionner les grands vins du monde , les Riesling, Chardonnay et autres il y en a qui le font bien comme le vignoble Les Pervenches par exemple, mais ici à l’Île d’Orléans ce n’est pas la Montérégie. La maturité est rarement là. Nous à tort ou à raison, on a pris cette décision-là. À date ça donne des bons résultats’’.

VF : ‘’Au niveau des sols, comment avez-vous déterminé de planter quel cépage dans quelle parcelles’’?

JB : ‘’Par ici, on a du Loam argileux. On est situé du côté nord de l’Île. Le flanc nord de l’Île, comme un plateau du côté nord du Chemin Royal. Du côté sud c’est sur du Loam argileux mais qui est plus sablonneux que la parcelle où est le plateau au nord. Le cépage l’Acadie se comporte très bien dans l’argile, le Marquette performe moins bien dans l’argile. C’est un cépage plus fragile surtout au niveau de la température.

Quand on a commencé, on ne connaissait pas grand-chose là dedans. Avec toute l’expérience qu’on a développée, maintenant ce qu’il faut faire, avec notre climat ce sont des tailles basses. Certains cépages comme l’Acadie dépendamment de la parcelle, il faut le protéger’’.

Saint-Pierre Le Vignoble

VF : Pourquoi la taille basse? Est-ce que ça ne favorise pas les maladies de la vigne comme le mildiou’’?

JB : ‘’Il faut le faire pour la protection hivernale. Les parcelles qu’on a ici, sont super bien ventilées. D’ailleurs c’est une des caractéristiques de l’Île car il y a beaucoup de vent.  Comme le cépage Vidal, c’est un des cépages qu’on a plantés en 2013 en commençant. Mais celui-là on a été obligé de l’arracher il y a une maladie qui est rentré dedans’’.

VF : ‘’Donc vous avez une cible de 25 à 30,000 bouteilles. La terre a 26 hectares, est-ce que vous avez beaucoup de potentiel de développement’’?

La terre a 26 hectares mais on a que 5 hectares de surface cultivable. Et ça répond à notre plan d’affaire. Selon moi la rentabilité est au rendez-vous avec de 20 à 25,000 bouteilles. Sous ce seuil, c’est très difficile à rentabiliser’’.

Saint-Pierre Le Vignoble

VF : ‘’Parlez-moi de votre réseau de distribution’’.

JB : ‘’On est présent dans 2 épiceries fines et on va développer ça cette année. A cause de la Covid, c’est pas mal arrêté. Ici à l’île d’Orléans c’est très touristique. On est capables de vendre 80% de nos vins sur place à cause de l’achalandage. Au niveau de la commercialisation c’est relativement facile, en fait beaucoup plus facile que pour un vignoble qui est site à l’intérieur des terres par exemple. Il passe 1,000,000 de visiteurs par année.

Cette année ce que ça va donner je ne le sais pas. Il n’y a pas grand monde qui peut le prédire.  Sauf qu’on a à gérer la distanciation. En prévision de cette situation nous avons ouvert une boutique en ligne. À date ça répond très bien même au-delà de nos attentes. Mais on ne remplacera pas l’achalandage sur place. Mais ça aide à amoindrir l’effet négatif de la Covid.

Au niveau de la commercialisation, notre plan d’affaire c’est de focaliser sur les ventes sur place. L’autre 20% proviendra des épiceries fines’’.

VF : ‘’Au niveau oeno-tourisme y a-t-il quelque chose de particulier au niveau de votre plan d’affaire’’?

JB : ‘’Présentement nous n’avons pas de restauration sur place. On travaille le dessus parce qu´on ne veut pas avoir une roulotte à patate. On veut des produits du terroir et on cherche un partenaire de qualité qui s’occuperait de cet aspect-là. Mais ce n’est pas pour présentement. A cause du problème de la Covid on a mis ça sur la glace. Le momentum n’est pas bon. Éventuellement on aura une offre à ce niveau là’’.

Saint-Pierre Le Vignoble

Saint-Pierre Le Vignoble, un must à visiter aussitôt qu’on le pourra!!

On sent l’été poindre à l’horizon! Voici trois vins rosés du Québec pour en profiter!!

J’ai eu le plaisir de rencontrer à quelques reprises Daniel Lalande vigneron et propriétaire du vignoble de la Rivière Duchêne situé à Saint-Eustache (environ 17 hectares) dont l’origine remonte à 1998 ainsi que du vignoble La Cantina (environ 20 hectares) situé dans la Vallée d’Oka, Basses-Laurentides, à quelques minutes du Lac des Deux-Montagnes dont il a fait l’acquisition en 2015.

Daniel Lalande, vigneron propriétaire

Ses efforts couronnés de succès font foi de sa vision et de ses qualités de leader. Un terroir ce sont des vignes, un environnement et ce sont aussi des hommes et des femmes qui sont dédiés à faire d’excellents vins. Ces trois vins rosés avec chacun sa personnalité propre font foi de cette philosophie.

Vignoble Rivière Duchêne

Vignoble Rivière Duchêne, Le Rosé Gabrielle, 2019, $15.75, cépages : Seyval noir 43 %, Sainte Croix 18 %, Frontenac gris 13 %, Sabrevois 12.5 %, Prairie Star 5.5 %, Marquette 3 %, Frontenac Blanc 2 %, Vidal 2 %, Seyval Blanc 1 %, sucre : 3.5 g/l, alc. : 12.5%, code SAQ : 10817090.

Vignoble Rivière Duchêne, Le Rosé Gabrielle, 2019

Ce rosé est un assemblage de plusieurs cépages hybrides du Québec. Le plus aromatique des 3 son nez est particulièrement charmeur sur des arômes de bonbon, de gomme balloune, de fruits blancs et rouges. La bouche est des plus rafraîchissante avec une acidité assez marquée. Les flaveurs perçues au nez se prolongent sur une finale qui se termine avec une légère amertume. Bon rapport qualité/prix.

Vous ferez de beaux accords avec des poissons, crustacés et surtout en apéritif. Vous pouvez vous procurer ce vin à la boutique du vignoble et dans certains marchés locaux. Cliquez sur le lien. La livraison est aussi disponible dans certaines régions.

Vignoble La Cantina, Vallée d’Oka

La Cantina, Empreinte C, Rosé, 2019, $16.00, cépages : Triomphe d’Alsace 72 %, Frontenac Gris 12%, Acadie 8 %, Vidal 8 %, sucre : 2.5 g/l, alc. : 12%.

La Cantina, Empreinte C, Rosé, 2019

De couleur œil de perdrix (comme plusieurs vins rosés de Provence) ce vin rosé est moyennement aromatique sur des notes de fruits rouges (fraises) ainsi que quelques notes épicées. La bouche est plus structurée que le vin précédent, bien portée sur le fruit et dotée d’une acidité bien présente.

Vous ferez de beaux accords avec des poissons, volailles et viandes de porc. Vous pouvez vous procurer ce vin via les commandes en ligne ainsi que dans divers points de ventes. Cliquez sur le lien. La livraison est aussi disponible dans certaines régions.

La Cantina, Empreinte Distinctive du Vigneron, Rosé du Calvaire, 2019, $19.95, cépages : Pinot Noir 78%, Chardonnay 22%, sucre : 5.5 g/l, alc. : 12.18%, code SAQ : 13835648.

La Cantina, Empreinte Distinctive du Vigneron, Rosé du Calvaire, 2019

Ce vin tout comme la gamme Empreinte Distinctive du Vigneron est élaboré de cépages Vitis Vinifera. En fait il est élaboré avec les mêmes cépages que bien des champagnes utilisent.

D’emblée ce vin au nez était un brin plus austère que les deux autres. Ce qui dominait c’était cette sensation de minéralité comme du caillou mouillé. Puis s’invitent des arômes floraux et de fruits blancs et rouges. La bouche est des plus structurée car c’est un véritable rosé de bouffe. Cette perception de minéralité se prolonge en bouche de façon bien équilibrée avec un niveau d’acidité assez présent. Belle persistance.

Vous ferez de beaux accords avec des fruits de mer et crustacés.

Vous pouvez vous procurer ce vin via la SAQ, les commandes en ligne ainsi que dans divers points de ventes. Cliquez sur le lien. La livraison est aussi disponible dans certaines régions.

Vignoble de Pomone, des vins du Québec à découvrir absolument!!

Sylvain et Sylvie ont un rêve, un projet de retraite. Avoir leur propre vignoble au Québec. On est au début des années 2000. Sylvain est agriculteur depuis quarante ans à Coteau-du Lac, dans le mais jusqu’aux oreilles…et il connaît ça avec ses 600 acres à cultiver. Un vrai de vrai. La terre, le climat, comment ses plantes réagissent etc., il a ça dans le sang.

Et Sylvie qui vient d’un univers totalement différent. Dans un poste de direction au sein d’une des plus grosses boîtes en technologie de l’information/informatique au Québec et ailleurs; c’est une ‘’workaholic’’. C’est dans cet univers dont je faisais partie que je l’ai rencontré pour la première fois

En 2009, le vignoble de Pomone à Coteau-du-Lac voit le jour, on plante des hybrides (30,000 plants de vigne) comme pas mal tout le monde, pour palier au climat du Québec. Ça prend des vignes robustes. On s’entoure des meilleurs experts pour faire le mieux possible et éviter les erreurs coûteuses. Le vignoble s’appellera Pomone car c’est la déesse des fruits et la protectrice des vignes et des plantes.

Vignoble de Pomone

Et au fil du temps ça devient de plus en plus gros. Le vignoble est rendu à 12 hectares de vignes plantées avec une densité d’approximativement 3,500 plants de vignes par hectare et 40,000 pieds de vigne. Il fait pratiquement partie des 10 plus gros vignobles au Québec ou tout près. On y a planté surtout des cépages hybrides et on y a aussi ajouté des cépages Vitis Vinifera tels le Riesling, Pinot noir, Pinot gris, Riesling et Chardonnay.

J’ai déjà eu le plaisir de faire les vendanges (millésime 2018) avec cette gang là. Que de plaisir nous avons eu!!

Vignoble de Pomone

Sylvie, forte de son expérience en affaires avec des clients importants et prestigieux, applique les mêmes principes de développement stratégique à l’orientation du vignoble. C’est en juillet 2019 qu’ils ont commencé à vendre leurs vins et depuis c’est le succès qui est au rendez-vous!!

Pour plus d’information sur le vignoble, lisez l’entrevue que j’ai faite avec eux cette semaine. Cette entrevue suit les notes de dégustation des vins du vignoble.

Vignoble de Pomone

Notes de dégustations

Les vins du Vignoble de Pomone sont disponibles au chai qui est situé au 144 chemin de la rivière Delisle Sud, Coteau-du-lac (QC) J0P 1B0.  (514) 929-3166 ou (450) 308-3166. Vous pouvez passer vos commandes en ligne sur le site du vignoble : https://vignobledepomone.ca/vins. Pour la livraison les quantités minimum sont de 12 bouteilles et plus. On livre gratuitement à Montréal, Laval et La Rive-Sud de Montréal.

Vous pouvez aussi accéder à la liste de tous les points de ventes au Québec en consultant le site web.

Vin blanc

Vignoble de Pomone, Uni, Sélection, 2018, vin blanc, $21.00, cépages : St-Pépin, Acadie blanc, Cayuga, sucre : 0.48 g/l, alc. : 13.3%.

Ce vin est caractérisé par des accents fruités et floraux assez intenses. Le nez est sur des arômes de fruits blancs, de noyaux d’abricots, quelques notes sucrées et résolument florales. D’ailleurs ce vin a vieilli dans des fûts d’acacia. L’équilibre aromatique nez et bouche est superbe! Les flaveurs perçues au nez se retrouvent en bouche de façon assez intense. La texture est un brin grasse et veloutée, l’acidité est moyenne et la finale se prolonge sur une belle perception de minéralité avec comme une légère amertume en fin de bouche.

Vignoble de Pomone, Uni, Sélection, 2018

Vin Orange

Vignoble de Pomone, Ode Classique, 2018, vin orange, $26.00, cépages : Louise Swenson, Swenson white, Prairie Star, Sabrevois, Frontenac gris, Frontenac blanc, alc. : 11.1%, sucre : 0.25 g/l.

C’est un vin de macération pelliculaire. C’est à dire qu’il est élaboré comme un vin rouge. Le jus du raisin entre en contact avec les peaux des raisins pour une brève période.

Pour le genre vraiment très beau et bien typé! Ce vin se démarque par sa sensation de minéralité, son soupçon de trame tannique et ses flaveurs d’orange et de sucre d’orge. Au nez se dégagent des effluves d’orange et de zeste d’orange, de sucre d’orge et un soupçon de notes de pêches et d’abricots. C’est un vin qui offre une belle structure avec comme un brin de tannins assez discrets, une texture asse ferme et une acidité rafraîchissante. La finale dégage une légère amertume comme une saveur résiduelle de zeste d’orange.

Vignoble de Pomone, Ode Classique, 2018, vin orange

Vins rouges

Voici ce que Sylvain en pense : ‘’Je sais pas si tu as remarqué mais nos vins rouges ont sensiblement la même signature. Ils ont tous ce goût et cette senteur d’humus, de sous-bois. Le Sélection rouge on l’a travaillé dans la ligne d’un Cahors avec un peu plus de Baco, le Classique on l’a travaillé pour qu’il soit plus souple, plus simple et le Réserve avec plus de notes boisées. Mais les trois ont une belle signature commune. Quant à l’humus ont est parmi les seuls à avoir ce profil-là. C’est pas les mêmes clients qui achètent ces trois rouges là.’’

Vignoble de Pomone, Sens Classique, 2018, $22.00, cépages : Frontenac noir, Sabrevois, Léon-Millot et Triomphe d’Alsace, alcool : 11.2%, sucre: .38 g/l.

Ce vin est résolument sur des notes fruitées assez intenses avec un accent de crème de fruits rouges et noirs, de fumée, de sous-bois, de cèdre ainsi qu’un soupçon de notes herbacées. Ce qui caractérise la bouche c’est cette pointe d’acidité bien fraîche et d’épices douces qui créent un beau contraste avec les flaveurs de fruits noirs. Belle structure avec des tannins presque charpentés et tissés bien serrés. J’ai senti un peu d’astringence signe de la jeunesse de ce vin. La persistance est moyenne et on perçoit une légère amertume en fin de bouche.

Vignoble de Pomone, Sens Classique, 2018

Vignoble de Pomone, Sens, Réserve, 2018, $25.00, sucre: 0,59 g/l, alcool :12,8%, cépages : Léon-Millot, Frontenac noir, Baco noir et Triomphe d’Alsace

Le profil aromatique de ce vin est entièrement différent du précédent. Le nez se découvre sur des effluves de vanille, de fruits rouges et noirs, d’eucalyptus et de légères notes boisées et de sous-bois. En bouche ce sont les notes boisées qui prédominent ainsi que des notes d’épices douces assez intenses. La texture est de ferme à veloutée, l’acidité moyenne et les tannins sont charpentés et tissés bien serré. Bel équilibre dans ce vin avec une certain volume en bouche et une belle persistance.

Vous ferez de beaux accords avec des viandes rouges grillées, du gibier et de l’agneau braisé.

Vignoble de Pomone, Sens, Réserve, 2018

Vignoble de Pomone, Sens, Sélection, 2018, $23.00, sucre: 0,3 g/l, alcool : 12,5%, cépages : Frontenac noir, Baco noir et Triomphe d’alsace.

Mon préféré des 3 vins rouges pour son équilibre et son profil aromatique. Le nez est sur des arômes de pâtisserie, de moka, de tabac et de sous-bois. La bouche est tout en équilibre avec une texture veloutée, une acidité équilibrée et des tannins équilibrés à charpentés. Quelques notes fumées, d’un beau boisé bien fondu entremêlées d’un rappel des flaveurs perçues au nez. Belle complexité aromatique et très belle persistance.

Vignoble de Pomone, Sens, Sélection, 2018

Vin dessert

Vignoble de Pomone, 375 ml, vin dessert, $49.00, cépage : Vidal, sucre : 167 g/l, alc. :13.4%. Étiquette à venir.

Quel coup de cœur!! Assez incroyable ce qu’on peut élaborer du cépage Vidal surtout quand c’est bien fait ce qui est la cas ici! On parle ici d’un vin dessert dont on a concentré les saveurs et le taux de sucre par le passerillage. Sur des notes de miel, d’abricots et de pêches confits, de fruits exotiques et d’accents d’orange brûlée. La bouche est grasse et veloutée, pas trop sucrée malgré ses 167 g/l et les flaveurs perçues au nez prennent leur envol pour notre bonheur total. Et quelle longueur…

Vignoble de Pomone, 375 ml, vin dessert

Entrevue avec Sylvain, Sylvain et Sylvie

Histoire de renouer, on s’est fait une belle entrevue avec Sylvain (Poirier), Sylvie (Bissonnette) et Sylvain (Gauthier). En voici l’intégrale!!

Sylvie Bissonnette (SB): “Grosse nouvelle, Sylvain a 53 ans et va être à sa retraite !! Il va maintenant mettre tout son temps dans le vignoble pour donner un coup de main à toute l’équipe. Et ça va super bien! On est rendu à 800% d’augmentation de nos ventes depuis 3 semaines. Faque c’est malade! On travaille fort pour établir un réseau de ventes.

C’est intéressant parce que ce sont eux qui nous appellent et qui viennent à nous. Le bruit qu’on fait sur Instagram et Facebook ça nous donne des résultats. La sortie de notre vin orange a été un réel succès. Ça été un gros hit parce que c’est très à la mode, tout le monde en parle partout. C’est vraiment touchant de sentie de ce succès et cette acceptabilité même dans les restaurants les plus prestigieurx du Québec!

Il y a eu beaucoup de changements depuis que tu es venu pour les vendanges. A chaque année on plante entre 11 et 13,000 vignes. On est rendu à approx. 40,000 plants de vignes. On a eu des ratés avec certains cépages surtout dans le Vinifera (Pinot Gris, Pinot Noir, Chardonnay, Riesling) à cause du froid particulièrement intense. On a eu 75% de mortalité avec ces cépages. On va se réessayer parce qu’on en a replanté d’autres. On a choisi une autre zone du vignoble qui devrait être plus propice pour ces cépages’’.

Vignoble de Pomone

Sylvain Poirier (SP): ‘’C’était vraiment une mortalité hivernale et j’ai compris pourquoi. Je vais choisir un autre endroit où on a présentement du Swenson White. Je pense que je peux l’arracher et planter du Vinifera. Chez nous on accumule beaucoup de glace dans le vignoble à certains endroits. Je suis collé sur le lac St-François et près de l’embouchure du lac Ontario. Vaudreuil Soulanges est reconnue conne une région plus humide qu’ailleurs. Et l’hiver on des courants d’air de chaud et de froid. Alors il se forme plus de glace ici qu’ailleurs. Une journée il peut pleuvoir et le lendemain il fait -30C. L’année où on a planté le Vinifera j’ai jamais vu un hiver froid comme ça. Je vais me réessayer et je suis sûr que je vais réussir’’.

SB: ‘’On réalise qu’on commence à faire de meilleurs vins avec nos cépages hybrides. Ce sont probablement les changements climatiques qui nous aident et l’expérience qui rentre. Quand je regarde notre façon de travailler, théoriquement on devrait être parmi les vignobles qui font leurs vendanges en premier. Et nous on fait toujours nos vendanges en dernier pour aller chercher la pleine maturité des raisins. On travaille beaucoup avec le risque de dernière minute. Et ça été payant cette année. On n’a pas besoin de chaptaliser (ajout de sucre) alors que beaucoup le font ».

Vignoble de Pomone – source: Guy Nolan

SP: ‘’J’aime beaucoup les cépages hybrides français qui ont été développé au début des années 1900. Les français avaient sortis de très beaux hybrides. Je les préfère aux hybrides américains. Savais-tu qu’à Niagara on the Lake ils retournent aux hybrides. Il y a un producteur propriétaire d’environ 1,200 acres qui nous fournit en hybrides comme du Chambourcin par exemple et autres cépages. Ces hybrides français ça va faire partie des cépages hybrides qu’on va ajouter cette année.

VF (Vinformateur): J’ai beaucoup aimé votre Vidal (vin passerillé) soit dit en passant!

SB: ‘’On l’a tout mis dans notre vin passerillé et on en a juste 200 bouteilles avec le 2018 et c’est déjà tout vendu. Pour la cuvée 2019 il faut qu’on se réajuste. On ne pensait pas connaître un tel succès avec parce qu’il est plus cher. On en vend autant que du blanc et que du rouge. On a augmenté notre plantation de Vidal dans le vignoble pour avoir une meilleure production. On va en avoir environ 300 litres pour environ 1,000 bouteilles.

En général au vignoble, on n’a pas assez de blanc. On en vendrait plus.

On a rajouté du Cayuga blanc dedans et les gens aiment plus cet assemblage. Ça lui donne une touche particulière.

La cuvée entière de 2019 on l’a multipliée par 4. Avec le millésime 2018 on a produit environ 9,600 bouteilles. On est en train d’exploser car en 2019 on devrait être à 28,000 bouteilles. En 2021, 2022 on devrait faire 60,000 bouteilles.

Vignoble de Pomone – source: Guy Nolan

Ce qu’on a fait, on a eu le luxe cette année d’avoir une énorme récolte donc on a laissé les cépages tous séparés dans des cuves différentes pour se laisser le loisir d’assembler à notre goût et avec l’aide d’experts. On va faire ça à l’automne et on t’invite avec d’autres sommeliers. Le but sera de trouver les meilleurs assemblages et des produits le fun. On a 40 cuves et barriques toutes séparées. On va pouvoir faire quelque chose d’intéressant.

Ce qu’on a compris des messages de nos clients, que ce soit les épiceries fines, les restaurants, la SAQ, les sommeliers etc. c’est qu’ils sont tannés d’avoir juste du blanc et du rouge. Ils veulent des nouveautés. La stratégie est donc de se diversifier par des nouveaux produits. Le vin orange en est un parfait exemple. En une semaine et demie j’ai vendu mes 1,600 bouteilles.

On a 4,000 litres de ce vin qu’on va embouteiller d’ici un mois. On veut plus aller vers ça. On va commencer à faire nos vins en amphores, on veut faire du vin gris, on a commencé à faire du vin fortifié.

Vignoble de Pomone – source: Guy Nolan

Tu sais, on a la chance d’avoir des cultures de fruits chez nous. On va commencer à faire des crèmes avec ces fruits là. On veut aussi faire du verjus (jus de raisins verts). Il n’y a personne qui en fait avec des vrais raisins. Ceux qui en font c’est avec des raisins bleus pas très bons, genre raisins standards’’.

SP: ‘’Moi je vais te parler de techniques de Chai. Moi je veux mieux comprendre les différences de terroir et leur impact sur le goût du vin. Un bon exemple c’est le Baco noir. A Niagara c’est une terre assez argileuse. Mais ce n’est pas la même argile que dans les environs ici. Et là j’ai déterminé que mon Baco est pas la bonne place dans le vignoble.  Il faut que je le déplace.

Et j’ai un autre endroit où le mettre qui est un peu plus argileux et j’ai bien hâte de voir la différence. Ça tombe bien parce que j’avais mis du Sabrevois parce qu’on me le conseillait dans une zone plus humide. Mais le Sabrevois on sait qu’il n’y a pas grand-chose à faire avec ça’’.

SB: ‘’Les nouveaux clients ils aiment les vins nature. On a plus de plus de jeunes professionnels qui se tiennent dans Griffintown qui suivent les blogues de vins et qui suivent toutes les nouvelles tendances. Donc ils aiment les vins très jeunes et très nature. C’est une nouvelle clientèle qui s’amène. On va travailler des vins dans ce style là avec ce type de clientèle là. Ce qu’on ne faisait pas avant.

Nous quand on goûte le vin on trouve qu’il est pas prêt mais eux ils nous demandent de l’acheter. On fait quoi? Comprends-tu? Je capote!’’

Vignoble de Pomone – source: Ted Van Rossum

VF: ‘’Écoute, il y a le marché plus mainstream qui représente le plus haut % de ventes et qui inclut selon moi les vins bio et possiblement en biodynamie. Puis il y a un autre groupe en émergence, plus jeune qui recherche des vins plus funky plus nature. La majorité des vignerons que je rencontre trouvent que ces vins dits nature ont beaucoup de défauts et ne sont pas de bons vins. On retrouve dans ces vins des petits producteurs qui produisent des vins sans sulfites ajoutés. Ces vins ont tendance à très instables et à développer des odeurs plus ou moins agréables s’ils ne sont pas bien faits.

Mais pour ce groupe cible de consommateurs ces odeurs selon eux sont ce qu’un vin “vrai” devrait goûter. Moi je n’aime pas en général ces vins. Il y a cependant des exceptions notables. Quand c’est bien fait, c’est excellent!

Pour faire des vins nature ce n’est pas juste de ne pas ajouter de sulfites. Il ne faut pas utiliser aucun intrant chimique ce qui peut être difficile pour plusieurs vignerons au Québec. Mais bon certains sont à tester cette approche. On verra’’.

SB: ‘’On va s’enligner la-dessus sans tomber dans l’exagération. Il y en a au Québec qui ont pris un virage nature et ça été négatif auprès de leurs clients. Il faut faire attention et bien approcher ces vins. Il faut faire attention à notre marque. On va explorer tout ça en faisant attention à l’ensemble de nos vins. Il faut penser à long terme. On est un peu hésitant face à ces vins-là.’’

SP: ‘’Je pense que c’est une mode. Et cette mode là elle va durer combien de temps? Si tu t’orientes vers ça, et tu scrappes ton nom par après je ne suis pas sûr pour les autres vins, moi je le sais pas. Je serais très prudent avec ça’’.

Sylvie, Sylvain et autres

VF: ‘’Quand tu regardes les ventes de vins dans le monde entier tout ce qui est vin bio, biodynamique et nature représente de 10 à 15% des ventes. Mais c’est en forte croissance. Il faut se rappeler que faire des vins nature ça part d’une philosophie qui est beaucoup plus large que juste ne pas ajouter de sulfites. C’est l’absence de tout intrant chimique par exemple’’.

SB: ‘’On s’est entêté un moment à ne pas mettre de sulfites et on a eu de bonnes pertes. La fermentation a reparti dans les bouteilles. Pour revenir au mix de cépages, il faut qu’on produise plus de vins blancs. Le vin blanc se vend super bien’’.

SP: ‘’On a 3,000 plants de Chardonnay dans la serre, on a 8,000 St-Pépin dans le vignoble avec 3,000 Acadie en plus. On a orienté la roue vers le blanc. La production de blanc n’était pas là mais là on a de 8 à 9,000 litres de blanc ce qui est mieux. On a 5,000 litres de St-Pépin pur alors on va pouvoir faire plus de blanc et possiblement un St-Pépin pur. Dans le blanc en plus je pense que je vais plutôt aller vers des futs d’Acacia de 500 l pour ne pas changer le goût du cépage.

En parlant de St-Pépin, beaucoup de vignerons ne l’aiment pas parce que c’est une plante unisexe. Elle n’est que femelle. Et ça prend un autre pollinisateur à côté. Et le problème c’est que la majorité des vignerons ne savent pas comment s’organiser pour le polliniser efficacement. On sort approx. 5 a 6 tonnes à l’hectare en temps normal, et moi je sors de 10 à 12 tonnes. Il peut être très productif. On en a vendu cette année. Tout le monde se l’arrache. On manquait de cuves pour faire notre propre vin alors on avait pas le choix de le vendre’’.

Vignoble de Pomone

SB: ‘’J’aime beaucoup la touche du fut d’acacia qui donne une touche florale au vin. Peux-être qu’on aura deux vins élevés dans des fûts différents’’.

VF: Regardez-vous à faire du mousseux?

SB: ‘’On n’est pas encore rendu là. On est plus parti sur le vin orange. Peux-être qu’on aura des produits gazéifiés sauf qu’on a fait des essais avec un carbonisateur et on n’aime pas les bulles que ça fait. Si on allait vers le mousseux, il faudrait aller vers la méthode champenoise’’.

SP: ‘’Moi avant que j’embarque dans le mousseux, à virer des bouteilles à la main…Occupé comme je le suis présentement, j’ai pas le temps pour ça. Il faudrait se mécaniser car on le ferait certainement pas à la mitaine. Mais on en est pas là. En partant je ne suis pas un amateur de mousseux.  Même pas de champagne’’.

VF: Beaucoup de vignerons que j’ai rencontrés cette année me disaient qu’ils aveint des problèmes d’approvisionnement au Québec. Est-ce le cas?

SP: ‘’Supposément que tous les vignobles sont en rupture de stock. Ceux qui s’occupent de leurs affaires. Même les plus gros’’.

Vignoble de Pomone

SB: ‘’Un bémol. Avec toutes les épiceries fines que j’ai rencontrées, ils me disaient que plusieurs vignobles ne sont pas capables de commercialiser des produits avec de bonnes et belles étiquettes. Beaucoup d’étiquettes sont à revoir. Et c’est important quand on sait que c’est un critère de choix dans la sélection des vins de la part des consommateurs. Ils ont beau parler du vin mais la bouteille n’est pas attirante. Le client reste bloqué sur l’emballage. Nous on reçoit beaucoup de félicitations pour le look de nos produits et évidemment pour leur goût.

On a mis beaucoup de temps à développer de belles étiquettes et on a mis pas mal de temps à sélectionner nos bouchons et nos bouteilles qui sont de la plus haute qualité’’.

VF: Vous êtes en forte croissance. Vous avez des choix importants à faire point de vue produits et cépages. C’est quoi les prochaines étapes.

SB: ‘’On a l’avantage que nos vignobles ne sont pas pleins. Ça nous donne de l’espace pour évoluer en fonction de ce qu’on vend et de ce qu’on veut vendre. Ce qu’on va planter on veut le choisir selon notre stratégie. Dans deux ans nos vignobles vont être tous plantés on va commencer à arracher et à replanter avec ce qui fonctionne.

On va élargir la gamme. On a du vin blanc, du vin rouge, du rosé, du vin orange, le vin de paille, le vin fortifié. Je suis plus à choisir des cépages qui vont renforcir et élargir notre offre et augmenter les volumes. On voudrait ajouter du vin gris.

En fait, la philosophie qu’on devrait avoir: j’ai deux grandes gammes de vins. Un pour la restauration haut de gamme. Des produits juste pour eux que je ne vends pas ailleurs. Et j’aurais une autre ligne de produits pour les autres clients. Et je voudrais avoir une ligne de produits plus funky qui serait à l’air du temps qui suivrait les tendances et la mode comme le vin orange.

Vignoble de Pomone – source: Ted Van Rossum

La suite du vin orange ça va être un vin qu’on appelle pas orange mais peux-être un vin de ‘’macération pelliculaire’’ ou un autre nom pour que les consommateurs comprennent plus. J’aimerais éduquer les gens la dessus. Les autres vins orange qu’on va sortir on va probablement les appeler autre chose. Cette ligne de produits la serait plus que probablement sous le vocable “macération pelliculaire”. Pas sûre que les gens comprennent ce que ça veut dire un vin orange. Moi je suis partie pas mal tendance’’.

SP: ‘’Moi je suis le gars du champ et le gars du Chai! Et j’essaye depuis le début que je teste qu’est-ce qui répond le mieux à mon sol par rapport au Chai? Ça c’est le but que je recherche le plus. Et j’ai pas encore déterminé ce qu’il y avait de mieux. Un exemple? J’adore le Baco. Pis là je cherche la meilleure place pour le planter. Cet hiver j’ai beaucoup étudié les cépages et ils parlent toujours de sol. Chaque cépage a un sol qui lui est propre. Je recherche le meilleur cépage pour mes sols qui va rendre toute mon expérience au champ et au Chai agréable et faire un très bon produit. Et ça je l’ai pas trouvé encore.

Je sais pas si tu as remarqué mais nos vins rouges ont sensiblement la même signature. Ils ont tous ce goût et cette senteur d’humus, de sous-bois. Le Sélection rouge on l’a travaillé dans la ligne d’un Cahors avec un peu plus de Baco, le Classique on l’a travaillé pour qu’il soit plus souple, plus simple, le Réserve avec plus de notes boisées. Mais les trois ont une belle signature commune. Quant à l’humus ont est parmi les seuls à avoir ce profil là. C’est pas les mêmes clients qui achètent ces trois rouges àa. Et avec le Réserve le temps va l’améliorer’’.

Vignoble de Pomone – Chai (source: Ted Van Rossum)

VF: Depuis que vous avez lancé les vins en juillet en 2019, quels ont été vos plus grands challenges?

SB: ‘’Le plus gros c’est de trouver les meilleurs cépages pour les sols qu’on a ici. L’autre c’est de choisir les meilleurs assemblages. C’est la pire affaire. Parce que tu as vraiment peur de te tromper. Après c’est plus récupérable. Tu peux plus rien faire si tu t’es trompé’’.

SP: ‘’Moi mon gros challenge c’est au chai. Quand je fais mon élevage en barrique de blanc j’ai l’impression que je vais faire un miracle. Et puis je le détruis toujours un peu à la mise en bouteille. J’ai essayé de comprendre pourquoi. Quand ça arrive dans la bouteille me semble des fois que je suis un peu déçu par rapport à ce que j’ai goûté dans la cuve ou le fût. Le vin final est bon, c’est juste la différence entre la bouteille et le fût. Il faut que je trouve pourquoi’’.

SB:  ‘’C’est probablement dû au filtrage. Ça enlève des arômes. Déjà que les hybrides ont moins d’arômes que les Vinifera on dirait que le filtrage a un impact sur les arômes. On pense embouteiller sans filtrer, on a le laissera décanter puis là on va le filtrer. On va regarder le sous-tirage des fûts et le faire avec plus d’attention. Enfin on regarde plusieurs avenues de solutions incluant différents types de filtres’’.

VF: Travaillez-Vous toujours avec Jérémie (Jérémie d’Hauteville – oenologue) ?

SB: ‘’De plus en plus surtout avec les volumes qu’on a et qu’on va avoir. Il travaille beaucoup avec nous. Presqu’à toutes les semaines on teste des échantillons. On fait beaucoup d’analyses très souvent. Quant à l’utilisation d’un œnologue, je n’irai pas me substituer à un œnologue avec toute l’expérience qu’un Jérémie peut avoir.

Jérémie d’Hauteville – Co-fondateur et oenologue conseil – RJ Oenology

Une chose importante c’est que la croissance du vignoble n’est pas en corrélation directe avec les ressources humaines pour faire ça arriver question de rentabilité. Faut jouer avec ça. Une chance qu’on a des collaborateurs des plus motivés depuis quelques années. Des personnes telles Charles Picard qui s’occupe du vignoble et les champs de fruits et Laurent Picard qui est notre directeur commercial et qui travaille aussi dans les champs et le chai.

Moi je suis dans le goulot d’étranglement partout dans le processus. La bonne nouvelle c’est que les ventes rentrent bien. On a beaucoup plus d’inventaire que de dépenses. On va pouvoir prendre le dessus et ouvrir les valves. On devrait être break-even cette année. Ça peut pas faire autrement qu’augmenter, on travaille bien notre réseau de distribution surtout qu’on continue à faire des bons vins. Les deux vont de pair.

Faut pas qu’on perde ce momentum là.

C’est pas pour rien qu’on est dans des grands restaurants comme chez Toqué, Château Champlain, au Club St-James etc, Les produits sont bons! On a aussi développé un bon branding’’.

VF: Qu’est-ce qui se passe avec la certification IGP?

SB: ‘’Nos raisins sont certifiés. Au niveau du Chai il nous reste des détails à régler comme des trucs d’optimisation. On a déjà toute la tracabilité du champ à la bouteille. On va appliquer et obtenir ça rapidement. C’est juste qu’il faut trouver le temps pour le faire’’.

Vignoble de Pomone – Source: Ted Van Rossum

VF: Êtes-Vous toujours en agriculture raisonnée?

SB: ‘’Oui. Moi je passerais bien en bio mais mon chum pense autrement. On fait des tests sur une parcelle avec des produits différents. Il y a tellement de travail à aller bio et c’est pas le moment. On va attendre d’avoir notre air d’aller puis on verra’’.

VF: Tout semble bien aller au Vignoble de Pomone. Les temps semblent bons pour faire la promotion des vins du Québec.

SP: ‘’Si on allait chercher 2% des ventes de vins consommés au Québec il faudrait que les vignobles du Québec doublent tous la surface de leurs vignobles.

En passant c’est ma dernière année dans le mais. Je sème pour la dernière fois au printemps puis à l’automne je donne à forfait les travaux puis les battages. J’écoule tous mes équipements cet été’’.

SB: ‘’Avec le vignoble ça va être bien en masse! Et puis on va travailler à trouver notre personnalité au vignoble. On fait beaucoup d’essais et d’erreurs et ce le propre de notre développement. C’est tout un défi d’harmoniser le champ, le Chai et la commercialisation. Il faut équilibrer tout cette chaîne là. Je pense pas qu’on a la recette miracle mais ça s’en vient’’.

Découvertes gastronomiques avec les vins de Léon Courville vigneron !!

Dégustation des vins de Léon Courville vigneron, Domaine Les Brome

Nous étions invites par Léon Courville et son épouse Anne-Marie Lemire à un souper/dégustation au restaurant Portus 360. Nous avons eu l’occasion de déguster les vins de la maison Léon Courville (Domaine Les Brome) en accord avec les délices concoctés par Helena Loureiro, la chef propriétaire du restaurant. De plus chaque vin était commenté par Amélie Oustau oenologue.

En 2009 un souper dégustation similaire avait été mis sur pied avec le chef Normand Laprise. C’est donc 10 ans plus tard que Léon Courville répète cet événement. Et depuis le temps a passé et la qualité n’a cessé de croître au domaine. Léon Courville a décidé pour cet événement d’associer le même vin sur deux millésimes avec chaque plat. Ceci a permis de se faire une idée sur le potentiel de vieillissement de chaque vin.

Et le choix des vins n’a pas été facile comme il l’a mentionné : ‘’Est-ce qu’on choisit parmi les valeurs sûres, est-ce qu’on démontre le potentiel de nouvelles cuvées? La décision a été prise de mettre le focus sur les valeurs sûres et de démontrer l’évolution de chaque vin avec des millésimes différents’’.

Et quand on parle de l’évolution du domaine, il faut se rappeler que c’est en 1981 que Léon Courville a fait l’acquisition d’une terre à Fulford à Lac-Brome. Et au fil du temps, grâce à l’achat de divers terrains adjacents, il créera un domaine de plus de 350 acres. C’est en 1999 qu’il décide de mettre en terre plus de 4 000 plants aux abords de sa maison et déjà en 2003 ses vins se méritent d’élogieuses critiques.

Vignoble Domaine Les Brome

Fort de ce succès, il décidera alors de planter d’autres cépages et d’agrandir le vignoble. Sa conjointe, Anne-Marie Lemire, se joindra à lui en 2005 pour prendre en charge la commercialisation des vins.

Aujourd’hui le Domaine Les Brome possède 40 hectares de vignes plantées sur des coteaux plongeant vers le Lac Brome dont environ 2 hectares sont en Vinifera et les autres en hybrides. On y produit 17 cuvées avec 12 cépages le tout en culture raisonnée. Six de ces vins sont disponibles via la SAQ.

Le souper/dégustation

Les vins québécois ont grandement évolué au fil des ans…et dire que ce n’est que le début. Suite à cette dégustation, je suis convaincu que si elle avait été faite à l’anonyme, on se serait cru dans bien d’autres pays qu’au Québec. Et c’est ce qui est fascinant!! Il faut croire en ses vins pour les présenter dans un tel format et cette dégustation m’a personnellement convaincu du haut niveau de qualité de vins le Léon Courville même ceux en entrée de gamme.

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Muse, Mousseux, Méthode traditionnelle, 2016, $36.00 au domaine, cépage : St-Pépin avec Réserve Vidal comme liqueur d’expédition, sucre : 7.0 g/l.

C’est un mousseux bien droit, ciselé, doté d’une acidité bien fraîche sur des flaveurs de pommes jaunes bien goûteuses. Très belle sensation de minéralité avec une finale sur des notes de craie.

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Muse, Mousseux, Méthode traditionnelle, 2016

Entrée : Morue Noire, crème de pois verts & Chips de chouriço

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Cuvée Charlotte, 2018, vin blanc, $16.75, cépages : Seyval 85%, Geinsenheim 15%, sucre : 1.3 g/l, code SAQ : 11106661.

Sur des notes bien aromatiques de fruits exotiques, de fruits blancs et de notes florales. En bouche le Geisenheim lui apporte des notes de litchi (un peu comme le ferait le Gewurztraminer) et beaucoup de fraîcheur avec son acidité assez vive.

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Cuvée Charlotte, 2018

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Cuvée Charlotte, 2013, vin blanc, cépages : Seyval 85%, Geinsenheim 15%, sucre : 1.3 g/l.

Le 2031 était sur des notes de pêches et d’abricots bien mûrs avec quelques notes lactées ainsi que des notes de silex genre pierre à fusil. La texture était assez moelleuse, l’acidité bien fraîche et la sensation de minéralité assez dominante. Beaucoup de délicatesse des flaveurs et beaucoup d’équilibre.

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Cuvée Charlotte, 2013

Mer : Duo de homard & pétoncles en armoricaine façon Helena

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Réserve St-Pépin, vin blanc, 2016, $29.85, sucre : 1.2 g/l, code SAQ : 10919723.

Bien surprenant vin! Bien content de savoir que c’est un vin du Québec car il était excellent! Champlain Charest en a déjà dit que son profil aromatique s’approchait d’un Montrachet !! Sur des notes de pommes jaunes, de miel et florales avec des notes boisées bien intégrées. On aurait dit du Chenin de la Loire. En bouche, beaucoup de structure et de complexité avec une texture assez grasse, des flaveurs de pommes jaunes, beaucoup de fraîcheur et de délicatesse. Quel bel accord avec le homard.

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Réserve St-Pépin, vin blanc, 2016

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Réserve St-Pépin, vin blanc, 2013, sucre : 1.2 g/l.

La mise en bouche de ce vin est des plus délicate sur des notes de pommes jaunes. Beaucoup de complexité sur des flaveurs de vanille ainsi que quelques notes boisées. Vraiment très beau!

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Réserve St-Pépin, vin blanc, 2013

Terre : Cailles royales garnies au foie gras & rôties sur lit de chou. Jus corsé au vinaigre de figue & chanterelle, beurre d’églantier

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Réserve Baco 2016, vin rouge, $24.50 au domaine.

Sur des notes de fruits frais avec une dominante de cerises noires, de griottes de tabac et d’épices douces. Quelques notes boisées bien intégrées (bien que ce vin a fait 14 mois en barriques de chêne américain). La texture est un peu ferme et les tannins sont assez charpentés. Très belle longueur en bouche.

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Réserve Baco 2016

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Réserve Baco 2014, vin rouge.

Sur des notes de fruits rouges et noirs légèrement compotés. En bouche le niveau d’acidité est bien présent et les flaveurs de cerises et de griottes assez intenses. La finale est sur une dominante de noyaux de cerises et de fruits noirs.

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Réserve Baco 2014

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, XP, 2016, $27.50, vin rouge, cépage : De Chaunac, sucre : 2.1 g/l, code SAQ : 12685975.

Travaillé selon la méthode appassimento (séchage des raisins pour augmenter la concentration du jus de raisin et des sucres) ce vin dégage des notes tertiaires de dattes et de figues ainsi que de belles notes de raisins bien frais. Beaucoup de profondeur des arômes et des saveurs.

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, XP, 2016

Fromages: L’Exil de la fromagerie Le Métayer de St-Cyprien de Napierville. Tuiles de sarrasin gelées, pomme grenade et confitures de coing.

J’ai malheureusement dû quitter avant la dégustation du Réserve Vidal. J’utiliserai donc les notes de dégustation telles qu’on les retrouve sur le site de Léon Courville vigneron.

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Réserve Vidal, vin blanc, 2016, $27.00 au domaine.

Domaine les Brome, Léon Courville vigneron, Réserve Vidal, vin blanc, 2014.

Notes sur le site de Léon Courville :

Le raisin qui sert à la production du Réserve Vidal est récolté très tard dans la saison afin d’atteindre la maturité maximum.  Le raisin est égrappé, trié et pressé.  Il est ensuite fermenté en barriques françaises et américaines sur ses lies.   Il est bâtonné pendant quatre mois pour maintenir les lies en suspension et ainsi augmenter sa rondeur et ses arômes.

Le Réserve Vidal est un vin aux arômes de miel, de fleurs blanches et d’amande.  Il a une légère touche minérale.  Il est bien charpenté et a une belle amplitude.

Léon Courville vigneron, Réserve Vidal, 2014 et 2016

Dessert: Tatin aux pommes caramélisées. Mignardises portugaises

Réserve Xp V1

Léon Courville vigneron, Xp V1

Neuf suggestions de vins du Québec!

Dégustation Vins du Québec

Nous étions plusieurs professionnels de l’industrie qui ont répondu à l’invitation de Vins du Québec à une croisière sur le fleuve qui nous a permis de rencontrer au-dela d’une vingtaine de vigneron du Québec, d’écouter diverses présentations sur l’évolution de la viti-viniculture au Québec et de déguster plus d’une quarantaine de vins.

Pas besoin de dire que les vins du Québec sont en pleine ébullition (rien à voir avec la fermentation alcoolique…). La demande des consommateurs est en croissance fulgurante, la qualité des vins ne cesse de croître, les connaissances qui soutiennent cette qualité sont en progression exponentielle et le désir et la volonté des vignerons ne connaît aucune limite!

Nadia Fournier et Louis Denault

On a qu’à écouter la présentation de Hugo Grenon, géologue sur les différents terroirs du Québec pour se convaincre des possibilités de profils aromatiques et de qualité selon les régions. Le panel de vignerons qui portait sur l’innovation au service de la viti-viniculture nous démontré le potentiel de solutions qui se présentent aux vignerons. Divers articles traiteront de ces sujets.

Hugo Grenon, géologue

Concentrons-nous ici sur la dégustation des vins.

Quant à moi, suite aux vins que j’ai goûté, je préfère encore les blancs et les mousseux aux rouges. Mais il faut admettre que ces derniers ont grandement évolué et ce dans le bon sens. À mon humble avis, il reste du travail à faire au niveau de la maturité et de l’équilibre des rouges. Autre observation, j’ai trouvé les niveaux d’acidité de pas mal tous les vins assez marqués ce qui leur confère beaucoup de fraîcheur.

Parmi les vins dégustés, voici ceux qui ont retenu mon attention.

Domaine Bergeville, le Blanc Brut, 2017, $27.85, cépages : Frontenac Blanc 50%, Frontenac Gris 50%, sucre : 8.4 g/l, code SAQ : 13374562.

Étonnant ce vin effervescent! Sur des notes d’agrumes, de pêches avec une belle tension et plein d’énergie!

Domaine Bergeville, le Blanc Brut, 2017

Domaine de la Bauge, U, 2018 

Bien aromatique et très belle acidité, plein de fraîcheur!

Domaine de la Bauge, U, 2018 

Vignoble Le Mas des Patriotes, La Mansarde Réserve, 2018, $25.35, cépages : Frontenac Blanc 95%, Seyval 5%, sucre : 1.2 g/l, code SAQ : 13530342.

La texture est légèrement grasse, de belles notes d’agrumes, de miel et de notes florales. Beau contraste avec l’acidité assez vive.

Vignoble Le Mas des Patriotes, La Mansarde Réserve, 2018

Domaine St-Jacques, Pinot Gris, 2018, $21.95, sucre: 1.7 g/l, code SAQ : 12981301.

Des notes de fleurs, de pêches, belle sensation de minéralité et beaucoup de fraîcheur.

Domaine St-Jacques, Pinot Gris, 2018

Les Vents d’Ange, Marie-Rose, vin rosé, 2018, $13.00, sucre : 4.7 g/l, cépages : Pionnier 100%, code SAQ : 12123657.

Sur la fraise, framboise, texture intéressante comme veloutée et très belle acidité.

Les Vents d’Ange, Marie-Rose, vin rosé, 2018

Coteau Rougemont, Le Grand Coteau, 2016, $23.60, cépages : Marquette 80%, Frontenac 20%, sucre : 2.2 g/l, code SAQ : 12358190.

Belle concentration des notes de fruits bien mûrs sur la mûre, la cerise noire ainsi que quelques notes boisées assez bien intégrées. De beaux tannins bien soyeux et belle longueur.

Coteau Rougemont, Le Grand Coteau, 2016

Vignoble Les Murmures, L’Effronté

Sur des notes assez concentrées de fruits noirs et de bleuets.

Vignoble Les Murmures, L’Effronté

Domaine du Fleuve, Côte d’en Haut, 2017

Des notes de vanille, de chocolat, de fruits rouges, très belle concentration.

Domaine du Fleuve, Côte d’en Haut, 2017

Vignoble du Marathonien, Vendange tardive, 2017, $29.15, sucre : 140 g/l, code SAQ : 12204060.

Sur des notes d’abricots, de miel ainsi que des notes florales. Opulent en bouche, d’une belle richesse et quelle longueur!!

Vignoble du Marathonien, Vendange tardive, 2017

Pour en savoir plus sur les vins du Québec

À la découverte des spiritueux québécois!! Coups de Coeur!

Festival Tribute

La semaine dernière je suis allé au Festival Tribute qui se voulait un hommage aux spiritueux du Québec. Ce Festival était organisé par l’École de bar Made with Love et avait lieu au Palais des Congrès. Étaient présents 29 micro-distillateurs qui nous offraient une multitude de produits incroyables en plus d’une série de présentations sur le monde des spiritueux.

Et quelles découvertes j’y ai faites! J’étais comme plongé dans un univers de créativité entouré de liqueurs, vodkas, gins et autres spiritueux concoctés par des distillateurs passionnés et élaborés avec des produits du terroir, que ce soient des alcools neutres jusqu’aux herbes et fruits utilisés pour aromatiser ces alcools.

Il faut dire que le marché québécois des spiritueux connaît actuellement une croissance extraordinaire. À l’heure où les gins et vodkas sont au sommet de leur gloire et les québécois de plus en plus éduqués en matière de spiritueux, les changements au niveau de l’utilisation des matières premières du Québec, du grain à la bouteille, ont créé comme un vent de créativité qui se reflétait dans la gamme de produits offerts pour notre dégustation.

Mes Coups de Coeur!

Je vous fait donc part ici de mes coups de cœur! Disons d’emblée que l’ensemble des produits étaient excellents. Certains se démarquaient plus que d’autres à mon humble avis.

L’Acerum : C’est une eau-de-vie d’érable obtenue exclusivement par la distillation de l’alcool issu de la fermentation de la sève d’érable concentrée québécoise. Ce n’est pas une aromatisation mais bien un spiritueux noble.

Acerum brun, Distillerie Shefford, Eau-de-vie d’érable, 500 ml, $53.50, alc. 40%, code SAQ : 13489503

Un produit vraiment unique que j’ai beaucoup apprécié !! Un véritable coup de cœur. Sur des notes de vanille, de poires avec un soupçon d’orange amère et de cannelle. La texture est légèrement grasse, c’est velouté et d’une légère sucrosité en fin de bouche qui plaira à plusieurs.

Acerum brun, Distillerie Shefford, Eau-de-vie d’érable, 500 ml,

Acerum blanc, Distillerie Shefford, Eau-de-vie d’érable, 500 ml, $51.50, alc. 40%, code SAQ : 13489440.

Sur des notes poivrées avec un beau côté floral. La texture est bien veloutée et la fin de bouche est des plus douces. On ne sent pas du tout l’alcool en fin de bouche! C’est comme une Tequila haut de gamme, comme une Grappa, mais finalement c’est un produit vraiment unique.

Acerum blanc, Distillerie Shefford, Eau-de-vie d’érable, 500 ml

Dry Gin, St-Laurent, 750 ml, $48.75, code SAQ: 12881538.

Notes du producteur : Une première approche herbacée et florale laisse place à des notes de pinède suivies d’arômes pâtissiers, d’effluves d’agrumes et d’une pointe poivrée. L’algue laminaire, aussi appelée baudrier de Neptune, donne au Gin St. Laurent sa couleur verdâtre caractéristique et une douce finale minérale et légèrement iodée.

Ce gin avait ce petit côté iodé, légèrement herbacé sur des pointes d’agrumes.

Dry Gin, St-Laurent, 750 ml

Waxwing Gin, Artist in Residence, 750 ml, $40.00, code SAQ: 13811110.

Des notes de cannelle, très floral, des plus aromatique et bien goûteux.

Waxwing Gin, Artist in Residence, 750 ml

Distillerie La Chaufferie, London Dry Gin, Furlong, 750 ml, $48.25, code SAQ : 14022497.

Notes du producteur : Notes de thé vert, de jasmin et d’écorce de citron, Légèrement salin, rappelant l’origine du gin qui accompagnait les marins, Texture onctueuse et crémeuse, Notes rafraîchissantes de cardamome en finale

Bien épicé, poivré, vraiment très beau!

Distillerie La Chaufferie, London Dry Gin, Furlong, 750 ml

Cirka Sauvage, Dry Gin, 750 ml, $47.00, code SAQ : 13337631.

Notes du producteur : Notre gin exprime le côté sauvage et aromatique qui caractérise si bien notre forêt boréale québécoise. Pour le produire, nous utilisons notre propre base d’alcool ainsi qu’un filtre à vapeur construit sur mesure afin de recueillir les huiles botaniques qui lui donnent un goût distinct et subtil. En résulte un gin soyeux, complexe et élégant mêlant les notes fruitées, florales et de conifères.

Cirka Sauvage, Dry Gin, 750 ml

La Courailleuse, Distillerie Fils du Roy, 750 ml, $79.00, code SAQ : 12820284.

C’est un spiritueux aromatisé à la plante d’absinthe. Assez puissant et aromatique. Différent et excellent!

La Courailleuse, Distillerie Fils du Roy, 750 ml



L’Acerum – le premier spiritueux identitaire du Québec ! Un véritable Coup de Cœur!

Acerum – Distillerie Shefford

‘’Les Écossais ont le Scotch, les Français le Cognac, les Mexicains le Mezcal, les Américains le Bourbon – et les Québécois ont maintenant l’Acerum’’.

Hier je suis allé au Festival Tribute qui se veut un hommage aux spiritueux du Québec. Et quelles découvertes j’y ai faites! J’étais comme plongé dans un univers de créativité entouré de liqueurs, vodkas, gins et autres spiritueux concoctés par des distillateurs passionnés et élaborés avec des produits du terroir, que ce soit des alcools neutres jusqu’aux herbes et fruits utilisés pour aromatiser ces alcools.

Festival Tribute

Diverses présentations étaient faites par ces distillateurs et c’est là que j’ai rencontré Gérald Lacroix co-propriétaire avec sa conjointe Josée Pelletier de la Distillerie Shefford ainsi que Joel Pelletier co-propriétaire et amiral de la Distillerie St-Laurent.

Gérald et Joel nous présentaient un nouveau produit, l’Acérum, qui est en voie de devenir une IGP à part entière et devenir par le fait même un spiritueux identitaire du Québec.

(gauche: Joel Pelletier, droite: Gérald Lacroix)

L’Acerum – c’est quoi?

C’est une eau-de-vie d’érable obtenue exclusivement par la distillation de l’alcool issu de la fermentation de la sève d’érable concentrée québécoise. L’appellation est réservée aux spiritueux dont la fabrication respecte le cahier de charge établi par l’Union des distillateurs de spiritueux d’érable. (source – site acerum.ca).

Qu’y a-t-il à savoir?

Commençons par dire que c’est vraiment très bon! Dans le cas du Acerum brun, c’est carrément comme un scotch, un rhum et un cognac…euh vous comprenez…c’est unique! Ce n’est pas sucré car le sucre est transformé en alcool, cependant c’est plus doux en fin de bouche qu’un scotch ou même une tequila dans le cas du blanc.

Le nom Acerum était, jusqu’à tout récemment, la propriété de Distillerie Shefford. Afin de rassembler et de conjuguer les efforts d’un groupe de distillateurs qui veulent en faire un succès, le nom a été cédé aux distillateurs qui font partie de l’Union des distillateurs de spiritueux d’érable. Ce nom est en processus de devenir une IGP.

Le produit est un peu cher car on utilise la sève d’érable qui est la source de sucre la plus chère pour élaborer des spiritueux. Par exemple, dans une bouteille de 500 ml, on a l’équivalent de deux boîtes de sirop d’érable. C’est donc un spiritueux haut de gamme!

Il faut bien comprendre que ce n’est pas une aromatisation ou ajouterait des aromates à de l’alcool neutre. C’est plutôt l’élaboration d’un spiritueux noble (genre whisky) à partir de la sève d’érable.

Petit historique

Quelques distillateurs ont eu l’idée d’utiliser le sucre de la sève d’érable mais c’est la Distillerie Shefford qui a commercialisé le premier produit sous la marque Acerum. Cette marque est un mot développé à partie du mot Acer (érable) et du mot rum.

Josée Métivier – co-propriétaire Distillerie Shefford

Josée Métivier co-propriétaire : ‘’En 2016 on était à élaborer la recette de notre whisky quand on a eu l’idée de faire fermenter de la sève d’érable. Et le développement a été rapide puisqu’en décembre 2017 on était déjà sur les tablettes de la SAQ. On s’était fait dire par bien du monde que ça allait être long. Finalement on a eu une réponse assez rapide et elle était positive. Nous avons toujours cru au succès de ce produit malgré les difficultés. On se disait que les gens allaient aimer ce produit qui il faut se le dire, est un produit haut de gamme. On va pouvoir en être fier!’’.

Il faut savoir que d’autres distilleries dont la Distillerie St-Laurent et le Domaine Acer sont à élaborer leurs propres Acerum qui devraient être sur les tablettes sous peu.

La dégustation

Les produits Acerum sont représentés par l’agence Sélections Oeno.

Acerum brun, Distillerie Shefford, Eau-de-vie d’érable, 500 ml, $53.50, alc. 40%, code SAQ : 13489503

Un produit vraiment unique que j’ai beaucoup apprécié !! Un véritable coup de cœur. Sur des notes de vanille, de poires avec un soupçon d’orange amère et de cannelle. La texture est légèrement grasse, c’est velouté et d’une légère sucrosité en fin de bouche qui plaira à plusieurs.

Acerum brun, Distillerie Shefford, Eau-de-vie d’érable, 500 ml

Acerum blanc, Distillerie Shefford, Eau-de-vie d’érable, 500 ml, $51.50, alc. 40%, code SAQ : 13489440.

Sur des notes poivrées avec un beau côté floral. La texture est bien veloutée et la fin de bouche est des plus douces. On ne sent pas du tout l’alcool en fin de bouche! C’est comme une Tequila haut de gamme, comme une Grappa, mais finalement c’est un produit vraiment unique.

Acerum blanc, Distillerie Shefford, Eau-de-vie d’érable, 500 ml

Décidemment mes produits coup de cœur de ce salon! Et il faut les aider… Le produit est excellent ce qui est mon premier critère, le produit est écologique, on utilise des produits de notre terroir et on fait marcher notre économie. En fait cette appellation en devenir a tous les atouts pour devenir un succès planétaire!!

Note: Le produit étant passablement nouveau et étant différent des autres spiritueux, il est quelquefois placé à la SAQ avec les autres produits du Québec, des fois avec les liqueurs, des fois avec les gins et autres spiritueux. Sachez qu’il y en a à la SAQ. Il faut quelquefois le trouver. Et ça vaut la peine!

Photos Distillerie Shefford

Rendre possible l’impossible! André et Laurence Olivier Brossard. Les seuls vignerons à faire du vin aux Iles-de-la-Madeleine !!!!

‘’Entre l’impossible et le possible, il n’y a que le ‘’im’’ entre les deux’’! – André Brossard ‘’de Brossard’’.

Il y a de ces rencontres qui nous laissent comme une empreinte indélébile et qui nous marquent à jamais. Ma rencontre avec André Brossard (un vrai Brossard de Brossard comme il le dit) fait partie de celles-là.

Il subit un coup de foudre pour Diane Coderre, une fille des Îles-de-la Madeleine et un coup de cœur, pour son pays.  Professeur d’éducation physique il enseignera à la polyvalente des Iles et complètera quelques années plus tard son cours de docteur en chiropratique sportive de haut niveau. (Anciens de la NHL; Tennis Canada; Ski Canada…) Père de six enfants, auteur, motivateur, il est devenu en 2004 à 55 ans en compagnie de Diane et de son deuxième fils Laurence Olivier propriétaire du Domaine des Salanges, aux Îles-de-la-Madeleine. Ensemble, ils poursuivront leurs rêves : un jardin fleuri et un vignoble.

En fait, André dira qu’il est l’idéateur et gestionnaire, Diane la directrice artistique et LO comme il aime appeler son fils, le véritable vigneron. 

Photo des propriétaires: André Brossard idéateur et gestionnaire, Diane Coderre directrice artistique, Laurence Olivier Brossard vigneron

Le rêve.

Laurence Olivier fort de son expérience en tant qu’horticulteur, qui avait fait des stages aux jardins des Grand Métis, revient travailler par la suite comme horticulteur aux Iles. Son premier rêve est de partir un beau et grand jardin fleuri.

Il en parle à son père et à qui l’idée sourit. Fils de cultivateur, il a toujours aimé la terre…

Après réflexion, André se dit …planter des vignes.  Pourquoi pas ! C’est beau des rangs de vignes. André aime cette image bucolique et quel milieu champêtre pour cultiver des vignes. L’idée a du sens.

Laurence Olivier (LO) Brossard, vigneron. Crédit photo: Jacinthe Marcotte

Laurence Olivier accepte, remet à plus tard son grand jardin et part en 2002 étudier la viniculture à Beaune, au Domaine de l’Arlot, qui incluait des stages dans  divers vignobles de renommés, tel que Morey-St Denis en Bourgogne. Il apprend les tenants et aboutissants de la vie de vigneron. Le québécois, comme on l’appelait, avait le pouce vert.

À la recherche de terrains et des cépages appropriés.

C’est alors que pendant que Laurence Olivier étudie, André se met à la recherche d’une terre agricole sans savoir si la vigne donnera du raisin de qualité. L’autre condition il faut que la vue soit belle. Aux Îles, il n’y a aucune personne ressource ayant une expérience viticole dans ce milieu particulier, le plus à l’est du Québec.

Iles-de-la-Madeleine, localisation du Domaine des Salanges, Bassin

Mais il faut aussi de la vigne! Au fil de ses connaissances, André rencontre Alain Brault, pépiniériste spécialisé dans les vignes qui conseille déjà plusieurs vignerons québécois. Alain lui suggère de planter du Baltica, cépage rouge des plus résistant aux climats extrêmes et dont on dit qu’il fera aussi un superbe vin rouge. Cette sélection est entérinée par l’université du Minnesota spécialisée dans le développement de vignes hybrides. De plus lors d’un voyage en Estonie (qui a le même climat qu’aux Iles dit-on)  avec Alain Brault, LO rencontre des vignerons qui l’assurent de la qualité et de la résistance de ce cépage. Ils y découvrent aussi un cépage blanc le Solaris (très proche d’un Sancerre) qui sera ultérieurement planté et dont on dit qu’il fera de superbes vins.

À partir de 6 plants de Baltica, les seuls que l’université du Minnesota possède, on clonera ces plants à Sainte Étienne des Grès en 2004 jusqu’à en obtenir 8,000. Ces ceux-là qu’on plantera finalement en 2006. On mettra donc 2 ans à cloner ces plants de Baltica.

Cépage Baltica

Retournons à l’achat des terrains. Ce qu’ils ont de particulier aux Iles c’est qu’ils sont constitués en damiers. Ce qui implique que plusieurs familles ont chacune leur bout de terrain. Il faut donc négocier avec chacune de ces familles. ‘’On cherchait de quoi de beau ». Il s’était fait dire par d’autres vignerons l’importance de la beauté du site. Finalement André trouve dans le Chemin Massé à Bassin des terrains avec une super belle vue qui donne sur Havre-aux-Basques, Lavernière, Cap aux Meules et l’Havre aux Maisons. ‘’C’était très,très champêtre. C’était un endroit ou les vignes pourraient être heureuses. Mais là,  j’avais juste du bois et quatre propriétaires à contacter en leur disant que je voulais acheter du terrain pour faire un vignoble’’. Essayez de vous imaginer la réaction de ces propriétaires de terrain. ‘’Un gars d’en dehors qui veut faire un vignoble aux Iles! ‘’.

Domaine des Salanges. Vue sur la mer – Luc Marier

‘’Je suis aller visiter le terrain puis pour mieux voir l’ensemble. Je suis grimpé en haut d’un arbre. Et là j’étais comme émerveillé par la beauté du paysage. Ce que je ne savais pas c’est que j’étais pas sur le bon terrain. Le mien était juste à côté et la vue était encore plus belle. Tout s’est bien passé et je l’ai acheté. »

Vignoble du Domaine les Salanges – Crédit: Nigel Quinn

Finalement au bout d’un an les négociations se terminent avec l’acquisition de 50 acres de terrain boisé très vallonneux avec une orientation sud-est ce qui donne un maximum d’ensoleillement. Sept de ces acres peuvent donc être utilisés pour planter de la vigne.

C’est un micro-climat entouré de petites montagnes (élévation d’environ 250 pieds) qui protègent les vignes des vents qui peuvent être violents aux Iles. En fait cette protection donne 4 degrés plus chaud qu’autour. Son terroir était varié. Une surface tantôt organique et tantôt sablonneuse composée de gravel, de sable, de schiste avec un peu de terre noire.

Il faut défricher, bâtir et planter!

Il a fallu trouver des routes dans la forêt pour travailler et procéder à déforester en damiers. Aux Iles, tu ne peux pas faire de la coupe franche. ‘’Il faut que tu coupes en damiers pour qu’un arbre mort protège un arbre vivant. Il faut créer des barrières aux vents violents et aux rigueurs du climat. On a pris des bûcherons des Iles parce qu’ils ont la connaissance du terrain et ils savent comment faire. Au bout d’un an on avait tout défriché. Ensuite comme le terroir était très acide, nous avons dessouché et semé des céréales pour augmenter le Ph du sol ».

Quant aux bâtiments (le chai, le caveau et les tours) vu que les terrains sont zonés agricoles, on ne peut y bâtir quelque chose de neuf. Il y avait déjà une vieille maison sur le terrain qu’on appelait  »La Cayeute ». En conservant certaines parties, on a construit une nouvelle maison. Fait à noter, les deux tours qui flanquent ressemblent à deux phares maritimes. Au premier étage on retrouve les installations de vinifications, le deuxième est habitable et au sous-sol on retrouve le caveau sous-terrain.

Domaine des Salanges. Chai en contruction – Luc Marier

‘’On a aussi installé des éoliennes et des panneaux solaires pour être auto-suffisant côté énergétique. Étant un site isolé, Hydro-Québec nous chargeait trop cher pour nous connecter à son réseau. En passant, tout dernièrement lors du sectionnement d’un des câbles principaux qui alimentent l’Ile en électricité, on était parmi les seuls à en avoir. Depuis ce temps beaucoup de Madelinots sont intéressés par les installations energétiques du vignoble…

Vignoble, Domaine des Salanges – Crédit photo: Nigel Quinn

On a planté sur 4 acres, 8000 plants de vignes Baltica, séparés de deux pieds. Ce cépage nous avait été recommandé pour sa résistance au climat et vents des Iles. En plus, il nous avait été précisé, que si le taux de sucre du Baltica n’était pas assez haut, nous pourrions faire du pétillant ou un mousseux.

Fait inusité, on devait planter les vignes en fonction des vents pour ne pas se les faire arracher. Nous avons aussi du composer avec l’orientation au soleil pour aller chercher le maximum d’ensoleillement. Assez spécial comme conditions.

Domaine des Salanges – Luc Marier

‘’Ce qui donne une particularité à nos vignes, c’est le « salange ». C’est une bruine salée qui se dépose sur la pelure du raisin ce qui va donner au vin un petit côté sucré salé’’. C’est ce qui a inspiré Diane à donner le nom : Domaine des Salanges au vignoble.

‘’Quand tu défriches un milieu forestier pour en faire un milieu agricole, la forêt est en réaction et se défend. Au bout de 5 ans, alors qu’on commençait à avoir des raisins, est apparu de la pourriture noire sur les plants. Plusieurs techniques ont été utilisées pour contrôler  cette  pourriture noire et d’autres types de champignons associés à l’humidité de l’environnement sans toutefois obtenir d’excellents résultats.

André et Laurence Olivier rencontrent Brigitte Renault (organilab.biotech) qui leur propose d’enrichir leurs terres avec avec des algues liquides, ce qu’ils font depuis quelques temps et dont ils peuvent constater l’efficacité. Avant l’utilisation des algues, pour désacidifier la terre,  ils avaient entendu parler que pour enrichir le terroir, ils devaient répandre des coquilles de palourdes, de moules.  »Pour les restes de poissons, nos amis les goélands s’en seraient fait un délice et les auraient transporté chez nos voisins, ce qu’ils n’auraient pas apprécié ».

 »Dernièrement, Laurence Olivier a décidé d’élever les pieds de vignes afin d’en favoriser la ventilation. Ce problème est difficle à contrôler, mais on espère dans un avenir rapproché offrir des vins biologiques ».

La vigne et les raisins aux Iles. ‘’Ça vas-tu pousser’’?

Depuis 4 ans les plants produisent environ 8 grappes voir 1 kg. de raisins et 2 kg. avec l’apport des nouveaux fertilisants et tout l’amour que Laurence Olivier apporte à ses vignes. Un des problèmes? Ça pousse !!!

Quant aux ennemis naturels de la vigne, tout d’abord on ne peut protéger les vignes des oiseaux avec des filets car les vents des Iles sont trop violents. De toute façon les oiseaux vont dans les vergers avoisinants avant de venir dans les vignes. On estime qu’on donne 10% aux oiseaux malgré tout. ‘’Les renards en ont mangé et ça les a rendu malades. Ils ne reviennent plus!’’. Les lièvres en mangent un peu et puis il y a les mulots.

Vignoble Domaine des Salanges: Crédit photo: Nigel Quinn

Un des problèmes les plus important qu’on a eu c’est l’humidité. La forêt protège du gel et des vents. Quelquefois durant l’année le vent tombe et l’humidité s’installe créant alors des problèmes de champignons. Il faut donc lever les vignes très haut (à 2 pieds de haut) sur le palissage pour éviter le plus possible les effets de l’humidité. Normalement, il y a toujours une rafale de vent dessous pour bien assécher les vignes. ‘’Pis aux Iles, quand ça pousse, ça pousse !!’’.

Quant à l’hiver, pas besoin de mettre des toiles géo-textiles car il y a amplement de neige qui agit comme isolant. Une année ils ont eu 12 pieds de neige… ‘’On taille la vigne tard à l’automne et on laisse la neige s’installer. De plus, le terrain bien vallonneux et en assez pentu, l’écoulement de l’eau se fait très bien’’.

Enfin le vin!!

Ca fait maintenant 5 ans que le Domaine des Salanges produit du raisin. En 2009, la vigne produisait beaucoup mais la pourriture noire s’est attaquée aux vignes et ils ont perdu 50% des raisins. Finalement en 2017, ils ont produit 800 bouteilles de rouge, le Beausoleil. C’est la première cuvée mise en vente au Domaine après tous ces efforts. Et le résultat est plus qu’intéressant! On y reviendra.

Vin Beausoleil Première Cuvée. Crédit photo Diane Coderre

Le nom Beausoleil, à l’image de ce patriote, a du corps, du courage, de la bravoure et  est capable de s’adapter aux rigueurs du climat. Il apporte avec lui des effluves de ses voyages, ce qui lui a donné son identité.

Le bâteau sur l’étiquette a été développé par Annabelle Brossard et Diane Coderre directrice artistique du Domaine. Il représente le Pembrooke, bâteau qui a été renommé la Grande Goule suite à sa capture par Beausoleil.  

Les vendanges se font habituellement lors de l’Action de Grâce et durent approximativement 3 jours. Amis des Iles et quelques employés viennent faire les vendanges. La température alors est d’environ de 10 et 15 degrés Celsius donc on vendange souvent en chemise. Ceci est dû au fait que le vignoble est bien protégé du vent. Aussitôt qu’on quitte le vignoble il faut s’habiller plus chaudement.

 »C’est pas toujours évident de trouver de la main-d’œuvre, On cherche une solution et envisageons la possibilité de faire venir des Guatémaltèques ».

Vignoble Domaine des Salanges. Crédit photo: Meggy Turbide photographe

Quant à la vinification du rouge, de concert avec l’œnologue Sébastien Vicaire, Laurence Olivier utilise la méthode traditionnelle (vin de Bourgogne). Pour le vin fortifié, Laurence Olivier a développé une technique de « MADÉRISATION » associée aux écarts de température.

‘’L’idée est venue alors qu’on pensait avoir manqué notre vinification dû au fait qu’on était pas capable de contrôler la température. L’installation des panneaux solaires et des éoliennes n’était pas finalisée. On pensait vraiment qu’on avait scrappé notre vin’’. On a alors laissé le vin dehors. Le copain bourguignon de LO, Nicolas, a goûté au vin pour finalement réaliser que ce dernier était encore dans sa période de fermentation. Le vin était encore bon.

Chai, Domaine des Salanges. Crédit photo: Meggy Turbide photographe

Dernièrement 2,500 plants de Muscadet de Beaupré qui vient de la région de Québec ont été plantés. Une autre recommandation d’Alain Brault. Avant de cloner et ultimement planter un nouveau cépage on le teste pendant 6 ans. Par exemple, le cépage Estonien Solaris a suivi ce processus et a maintenant été cloné. En testant les cépages durant cette période on apprend les types de maladies, le niveau de résistance du cépage et bien d’autres choses.

Le succès pointe à l’horizon.

Quant au succès du Domaine : ‘’Autrefois on nous demandait si ça allait pousser. Maintenant on nous demande s’il va rester du vin pour eux!’’. Les 800 bouteilles ont été vendues rapidement aux Madelinots et aux touristes qui débarquent des 8 à 10 bâteaux de croisières qui arrêtent chaque année aux Iles. Il y a même des vignerons de la région de Cognac, de Champagne, d’Italie qui sont venus visiter le vignoble.

Les choses s’améliorent à chaque année après 14 ans d’un travail acharné et on s’attend de produire de 2,000 à 3,000 bouteilles dans un avenir rapproché. ‘’J’penses qu’on en n’aura jamais assez’’.

Ce succès, André le doit à son fils Laurence Olivier , sa femme Diane, ses enfants, ses amis et à ses proches collaborateurs dont Alain Brault pépiniériste, Sébastien Vicaire Œnologue, Robert Robitaille agronome et Brigitte Renault (Organilab. biotech, Fleurolab.tech).

Il faut souligner l’apport important des femmes qui ont oeuvré à la création artistique et administrative du Domaine des Salanges. Sans elles, le vignoble familial n’aurait pas eu de pré-ouverture en septembre 2018.  Diane Coderre comme directrice artistique avec l’aide d’Annabelle a créé l’image du Beausoleil.

Avec le support de Rita Boudreau et d’amies, elles conçoivent le coulis de vigne et étiquettent à la main les bouteilles de vin et coulis…un vrai travail de moine.

Diane oeuvre présentement à la création des futures étiquettes de vins, coulis et vinaigrettes qui seront produits sous peu. Elle prévoit organiser des événements Arte Vino ou quelques artistes pourront s’inspirer des lieux pour créer pendant quelques jours. Une exposition de leurs oeuvres sera ouverte au public qui pourra apprécier celles-ci tout en savourant les bons vins du domaine.

Audrey Brossard travaille à l’administration et obtention de subventions tandis qu’Annabelle Brossard (MBA Marketing) a conçu le plan d’affaires et contribue ponctuellement à l’organisation du vignoble.

Et le vin Beausoleil? Et bien il est très bon! Nous y avons goûté entre sommeliers et y avons trouvé de beaux arômes de cerises noires bien mûres, de belles saveurs de chocolat, quelques notes herbacées le tout dans un bel équilibre entre les tannins équilibrés et l’acidité des plus rafraîchissante. Présentement il n’est vendu qu’au Domaine.

Produits du Domaine des Salanges – Crédit photo Meggy Turbide photographe

De nouveaux produits sont sur la planche à dessin ou ont été mis en marché dont le coulis de vigne qui est produit selon le principe de la fabrication du sirop d’érable. ‘’Ca goûte à tomber sul’c_l !’’. Ça goûte le raisin des Iles.

Nous avons maintenant en plus du Beausoleil, du rosé (Rosé des Demoiselles), du mousseux (LibelBulles) et du fortifié (Margoulette) tous élaborés avec le cépage Baltica. Quant au blanc, avec les cépages Muscadet et Solaris, il ne sera pas encore prêt avant 5 ans. On ne s’éparpille pas avec une multitude de cépages et de complexité de production. Laurence Olivier travaille sur le fruit et le fait bien. Le vignoble est en position de devenir rentable et ce, après 14 ans d’efforts!

Vous voulez visiter le Domaine des Salanges ?

Il est situé au 219 chemin Massé, Bassin Iles-de-la-Madeleine. Quant à l’oeno-tourisme, André voudrait instaurer un système de réservation pour bien gérer l’expérience client et aussi gérer la disponibilité du personnel pour ces visites. On peut actuellement recevoir environ 25 personnes à l’heure selon 2 types de visites :

Le forfait incluant visite et dégustation

Passer une heure avec le vigneron


Domaine des Salanges
Crédit photo: Diane Coderre

Au Domaine on est à mettre sur pied cette infrastructure pour bien recevoir les visiteurs. Veuillez consulter le site du Domaines des Salanges pour les détails à venir : https://domainedessalanges.com/

‘’Avec les touristes débarquant des bâteaux croisières  on prévoit pouvoir allonger  la saison touristique d’un mois.’’.

Bateaux de coisières aux Iles

Pour toute information sur le tourisme aux Iles-de-la-Madeleine, veuillez cliquer sur le lien : https://www.tourismeilesdelamadeleine.com/

Iles -de-la-Madeleine

On considère aussi installer une harpe éolienne qui nous permettra d’entendre les harmoniques du vent et pourquoi pas des concerts de silence.

En développement, il y a aussi le jardin ornemental composé des fleurs originaires des Iles: les plantes carnivores, ornementales, vivaces, médicinales et indigènes... On inclura certainement aussi un centre d’interprétation.

Donc, les gens auront le loisir de visiter  le jardin floral, les vignes, déguster les vins, contempler le paysage, étudier le système énergétique et acheter nos divers produits.

Domaine des Salanges. Crédit photo: Meggy Turbide photographe

Des idées? C’est pas ça qui manque!!

André a beaucoup d’autres idées puisqu’il est idéateur avant tout. Fort de son expérience dans le développement de son vignoble et de ses contacts dans l’industrie viticole, il voudrait avec ses partenaires de toujours, offrir des solutions clés en main pour la mise sur pied de vignobles dans le climat de l’Amérique du Nord ce qui inclut la recommandation des cépages appropriés. Il offrirait tout le savoir et l’expertise nécessaires pour lancer un projet de vignoble.

André a écrit son premier roman ‘’Les Tisseuses de Destin’’ et son deuxième (presque terminé) se nomme  »Les écueils et le Pied de Vent ». Le fond de l’histoire porte sur le drame vécu par les Acadiens. En fait, beaucoup d’Acadiens ont été sauvé de la déportation grâce à un système de réseautage mis sur pieds par les femmes métisses de l’époque. Ces livres seront un jour disponibles à tous. Je vous reviendrai la-dessus.

Qu’est-ce qu’on a appris de tout ça?

‘’Finalement pour réussir, ça prend des agronomes qui connaissent la viticulture, ça prend des conseillers spécialisés qui te guident dans toutes les étapes, ça prend du commitment pis ça prend la foi. Aussi Il faut être un peu fou !’’. Avec le temps la famille entière est impliquée dans le projet. Comme le dit André, ‘’Nous avons une famille de 3 gars et 3 filles et dix petits-enfants. De ces derniers, il y a 5 gars et 5 filles. Pis on donne le même salaire à tout le monde…de l’Amour’’.

‘’Avec le vignoble, nous avons voulu démontrer  »que c’est pas parce que c’est difficile que c’est impossible. Comme l’ont d’ailleurs vécu, les premiers immigrants débarqués aux îles, survivre demande de la volonté,  du travail, de la persévérance et de la créativité. Les gens qui viennent chez nous perçoivent que tout est mis en œuvre pour les enchanter et leur faire prendre conscience que la beauté est une « visualisation consciente » »

Vignoble, Domaine des Salanges – Luc Marier

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