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Superbes expressions de Chablis! Les vins des Domaines Jean Durup Père et Fils – Château de Maligny.

Il faut que je dise d’emblée! Les vins blancs de l’appellation Chablis en Bourgogne sont parmi mes préférés surtout ceux qui ne touchent pas le bois. Ils sont caractérisés par une belle sensation de minéralité, de notes pierreuses quelquefois de silex (pierre à feu) avec de belles notes pures de fruits blancs, parfois exotiques. Et ceux des Domaines Paul Durup Père et Fils sont un parfait exemple de ces vins qui me charment.

J’ai eu a chance de déguster 9 de ces vins dont 4 sont disponibles à la SAQ soit en spécialité en continu soit en spécialité par lot. Et quel bonheur d’écouter les commentaires et anecdotes de M. Jean-Paul Durup propriétaire des Domaines. Un conteur hors pair qui sait saupoudrer les descriptions de ses vins de propos des plus savoureux autant historiques qu’anecdotiques. Quelle belle expérience!

L’invitation provenait de l’agence Charton Hobbs.

Jean-Paul Durup et Claude Lalonde (Vinformateur)

Domaines Paul Durup, Père et Filsh

Château de Maligny

Avec ses 205 hectares dans l’appellation Chablis, c’est le Domaine le plus étendu en Bourgogne distribué sur 11 des 17 communes de Chablis et avec 35 hectares en Chablis 1er Cru. Les parcelles sont parmi les plus belles de l’appellation du au fait que le père de Jean-Paul a su reconnaître le potentiel de la région.

L’histoire dit que suite au phylloxéra plusieurs vignes avaient été abandonnées dans la région. Il y a approximativement 50 ans le Domaine était propriétaire de 2 hectares et allait procéder à la vente de ces vignobles. Le père de Jean-Paul a alors décidé de garder ces 2 hectares et de procéder à l’acquisition de parcelles dont personne ne voulait à l’époque. Celles-ci étant très pentues, certaines entre 45 et 52 degrés, elles étaient jugées trop difficiles à travailler. Ce sont ces parcelles qui de nos jours sont considérées parmi les plus qualitatives. Pas mal pour un type qu’on appelait ‘’Le Fou de Maligny’’.

Domaines Paul Durup Père et Fils

Il est à noter que les vins de Château de Maligny ne touchent pas le bois i.e. ils ne sont pas vieillis en barriques. Parmi les raisons évoquées on note le désir de préserver le caractère fruité et minéral des vins. Son côté organoleptique. Il faut savoir que lorsqu’on utilise la barrique, les premiers éléments affectés par le bois sont la fraîcheur et la minéralité lesquels sont considérés comme les pierres angulaires du style de la maison. Alors on vinifie en cuves inox.


Domaines Paul Durup Père et Fils

La maison produit environ 1,500,000 bouteilles avec 12 vins différents dont un en négoce. La maison ne produit pas de Grand Cru. Cette quantité varie passablement d’année en année du au fait que la région a connu depuis 3 ans des conditions climatiques extrêmes qui ont grandement affecté les quantités de vins produits. Par exemple en 2017 on a perdu les 2/3 de la récolte et en 2016 les rendements ont été pratiquement réduits de 50% et plus. Pas facile de faire du vin à Chablis! Malgré ces conditions difficiles les meilleures maisons se démarquent toujours. On en a un vibrant exemple avec les vins du Château de Maligny.

Par contre, l’année 2018 s’annonce sublime autant en qualité qu’en quantité. Pour 2019, le débourrement des vignes a jusqu’à date été hâtif et on annonce en fin de semaine des possibilités de gel assez importantes. Avec seulement 40 hectares de protégés soit par aspersion ou avec des bougies, il y a lieu d’être quelque peu anxieux.

La dégustation

Dégustation Château de Maligny, Chablis

Nous avons dégusté 9 vins du millésime 2017 tous excellents et bien typés provenant des appellations Petit Chablis, Chablis et Chablis 1er Cru. Évidemment les vins sont tous issus du cépage chardonnay.

Quatre de ces vins sont disponibles à la SAQ. Ils représentent à mon avis un très beau rapport qualité/prix bien qu’entre $24.95 et $40.75. La dégustation avait lieu au restaurant La Chronique sur la rue Laurier.

Alors commençons par les vins disponibles à la SAQ :

Château de Maligny, La Vigne de la Reine, Chablis, 2017, $24.95, code SAQ : 560763. Disponible en continu à la SAQ (75 succursales).

Un vin des plus soyeux, des plus élégants et tout en équilibre. On a au nez des notes de fruits blancs légèrement sur la pêche ainsi que de belles notes florales. En bouche le moelleux est légèrement gras et l’acidité bien équilibrée. Très belle longueur et belle sensation de minéralité. Ce vin représente un excellent rapport qualité/prix. Un vin qu’il vous faut acheter!!

Château de Maligny, La Vigne de la Reine, Chablis 1er CRu, 2017

Les 3 vins suivants sont des Chablis 1er Crus provenant de parcelles des plus qualitatives.

Château de Maligny, Montée de Tonnerre, Chablis 1er Cru, 2017, $40.75, code SAQ : 895110. Disponible à la SAQ en spécialité par lot dont 110 caisses arriveront en octobre 2019. Présent dans 20 succursales.

Le plus frais, le plus minéral, le plus iodé et pierreux des 3 1er Crus. C’est un vin qui a du caractère tout en étant élégant. Au nez, de belles notes de fruits blancs bien mûrs. En bouche la texture est équilibrée avec une acidité bien fraîche. La sensation de minéralité est bien présente dans ce vin avec des notes de silex (pierre à fusil) et d’agrumes. D’une longueur plus qu’appréciable !!


Château de Maligny, Montée de Tonnerre, Chablis 1er Cru, 2017

Château de Maligny, Homme Mort, Chablis 1er Cru, 2017, $40.25, code SAQ : 872986. Disponible à la SAQ en spécialité par lot dont 110 caisses arriveront en octobre 2019. Présent dans 32 succursales.

Beaucoup de minéralité, intense et bien droit! Ce vin provient d’un des lieux dits ou le calcaire est omniprésent. La texture est légèrement grasse et riche et l’acidité bien fraîche. Quelques notes d’agrumes et d’une superbe longueur!


Château de Maligny, Homme Mort, Chablis 1er Cru, 2017

Château de Maligny, Fourchaume, Chablis 1er Cru, 2017, $38.25, code SAQ : 480145. Disponible à la SAQ en spécialité par lot dont 110 caisses arriveront en octobre 2019. N’est pas présent actuellement à la SAQ.

C’est le plus floral, le plus élégant et le plus délicat des 1er Crus. C’est aussi un vin qui a malgré tout ‘’des épaules’’, une belle structure. Un peu plus austère au nez, il se laisse découvrir avec ses belles notes florales et quelques notes d’agrumes. En bouche c’est frais et bien minéral avec une finale sur le zeste de citron. Superbe!


Château de Maligny, Fourchaume, Chablis 1er Cru, 2017

Les autres vins dégustés ne sont malheureusement pas disponibles à la SAQ :

Château de Maligny, Petit Chablis, 2017

Petit est ici un terme affectif et non pas une version moindre de l’appellation Chablis. C’est le vin d’entrée de gamme qui offre une belle droiture, minéralité et de belles notes de poires. Un beau vin de soif.


Château de Maligny, Petit Chablis, 2017

Château Maligny, La Marche du Roi, Chablis, 2017

Un peu plus austère mais avec un beau caractère fruité avec un fruit un peu plus mûr et un aspect un peu plus rond. Très belle sensation de minéralité.


Château Maligny, La Marche du Roi, Chablis, 2017

Château de Maligny, Carré de César, Chablis, 2017

Probablement le plus typé des 3 Chablis avec de belles notes d’agrumes ainsi qu’une belle minéralité et beaucoup de fraîcheur. Beaucoup d’équilibre!


Château de Maligny, Carré de César, Chablis, 2017

Château de Maligny, Vieilles Vignes, Chablis, 2017

Ici, changement de registre! Bien aromatique au nez avec une perception de fruits plus mûrs beaucoup de richesse et d’une belle intensité.


Château de Maligny, Vieilles Vignes, Chablis, 2017

Château de Maligny, Vau de Vey, Chablis 1er Cru, 2017

Coup de cœur que ce vin!! Chaleureux et bien riche et tout en équilibre! Quelques pointe d’agrumes sur le pamplemousse. C’est minéral et d’une belle finesse. Superbe structure et acidité bien fraîche. J’aimerais bien voir et boire ce vin dans 20 ans.


Château de Maligny, Vau de Vey, Chablis 1er Cru, 2017

Restaurant La Chroniqueh

Arrivée à Paris!

Ça y est nous arrivons à Paris vers 09:00 le matin avec une assez bonne de jet lag dans mon cas . Après avoir été chercher à l’aéroport ma carte SIM bonne pour l’ensemble des pays de l’EU (2 sem. 40 euros) nous partons pour rejoindre notre petit hôtel (Hôtel Aviatic) tout près de la Gare Montparnasse. Il ne paye pas de mine mais il n’est pas cher et est bien central. On y laisse alors les bagages pour aller commencer une bonne marche de plusieurs kilomètres qui nous amènera vers la Tour Eiffel, le Champ de Mars, les Invalides, le Trocadéro. Quelques café bien tasses bu ici nous permettent de bien absorber le fait qu’effectivement nous somme à Paris et que le voyage que nous attendions tant est bien commencé.

En soirée nous allons avec des amis de Luc qui nous amènent dans un « bar clandestin » le Moonshine Bar situé dans la quartier de la Bastille. Quel concept! A l’entrée un beau petit restaurant italien d’une vingtaine de la places. Pour accéder au bar il faut passer par la chambre froide qui est comme cachée et qui ouvre la porte d’un bar dit « clandestin ». La faune de Paris s’y retrouve pour déguster des cocktails tous aussi variés les uns que les autres tous et qui couten de 10 à 15 euros. Et ils étaient très bons. Puis on retourne vers la Restaurant pour la pizza qui était excellente et des plus généreuse en ingrédients de qualité. Je vous le dis c’est un endroit à visiter absolument.

Ce matin nous quittons pour Angers dans la Loire où nous rencontrerons Julien Fouet du Domaine Fouet. A+

Voyage vinicole de 21 jours en France et en Italie !!

Deux sommeliers québécois dans la Loire, la Bourgogne, le Beaujolais, la Vallée du Rhône Septentrionale et le Piedmont!!

Et voila pour moi le voyage d’une vie!! Ça faisait longtemps que je voulais faire un voyage de vin ! Pas de musées, pas de grandes villes, que des vignobles dans la campagne à discuter avec des vignerons, à déguster leurs vins et à écouter leurs histoires. Le genre de voyage ou on se laisse porter par la grande aventure du vin.

Alors je pars avec un collègue sommelier, Luc Marier, avec qui j’ai fait mon cours en sommellerie. Ce sera l’immersion des senteurs et des odeurs du vin et de la campagne avec le Chenin Blanc et le Sauvignon Blanc de la Loire, le Pinot Noir et le Chardonnay de la Bourgogne, le Gamay du Beaujolais, la Syrah de la Vallée du Rhône et le Nebbiolo du Piedmont.

Luc et Claude (Vinformateur) lors d’un souper de notre classe de sommellerie – les deux gars en chemise bleue à gauche de la photo.

J’essaierai le plus possible de partager avec vous cette belle aventure sur une base quotidienne. Alors le départ est demain soir avec arrivée à Paris vers 9:00 hres mardi matin. On se repose du décalage horaire à Paris et on repart mercredi matin pour la Loire avec par la suite des visites chez Domaine Fouet, Nicolas Joly et sa Coulée de Serrant, Domaine Beaumard, Henry Marionnet Domaine de la Charmoise, Jacky Blot et le Domaine de la Taille aux Loups et finalement le Domaine de l’Écu le tout saupoudré de quelques châteaux et quelques bons souper avec de bonnes fioles…

Je vous en reparle!!!

Des vins de Bordeaux en biodynamie !! Les superbes vins de Château Roland La Garde, Blaye, Côtes de Bordeaux.

cLors du Salon Slow Food (vins bio, en biodynamie, vegan et ‘’nature’’) qui s’est tenu à Montréal, j’ai eu la chance de m’entretenir avec Guillaume Martin du Château Roland La Garde de l’appellation Blaye, Côtes de Bordeaux avec ses domaines en biodynamie. Alors cet article se subdivise en 3 sections. La première porte sur le domaine. La deuxième sur les notes de dégustation de 3 vins du Château et enfin la dernière est une entrevue effectuée avec Guillaume. Et puisque nous allons parler de biodynamie, si vous voulez en savoir un peu plus sur cette philosophie, allez à la fin de l’article ou vous trouverez un résumé de quelques notions importantes à savoir. Bonne lecture et merci pour vos commentaires.

Agence Divin Paradis

Château Roland La Garde

Château Roland La Garde

Situés sur deux magnifiques terroirs du Nord de la Gironde à Blaye et Saint Seurin de Cursac, Le Château Roland La Garde et Le Château Sainte-Luce Bellevue se trouvent sur l’appellation Blaye, Côtes de Bordeaux. Ce qui les distingue des autres vignobles à Bordeaux c’est le fait qu’ils appliquent les principes de la biodynamie depuis 2008 sur l’ensemble du vignoble. Il faut savoir que les cahiers de charge de la biodynamie sont beaucoup plus contraignants que ceux des vins conventionnels et même de l’agriculture dite bio.

Château Roland La Garde s’étend aujourd’hui sur 29 hectares avec des vignes datant d’une vingtaine d’années en moyenne sur un terroir calcaire. Cultivant à 74% des Merlots, 20% des Cabernets Sauvignons et 6% Malbec, ces cépages permettent de produire une gamme à 3 vins rouges dont vous trouverez les notes de dégustation.

Château Roland La Garde

Comme le dit Guillaume Martin :  ‘’Etre au plus proche de la nature et de ce qu’elle nous donne chaque année a toujours été notre priorité. Faire les plus beaux vins le plus naturellement possible et permettre à nos terroirs de s’exprimer sans artifices est une de nos motivations.

Guillaume Martin, Château Roland La Garde

«Depuis toujours la culture de la vigne a existé sur notre propriété. De nombreuses parcelles ont été regroupées pour former une belle entité. Les sols ont été labourés avec le cheval puis avec les tracteurs mais jamais mon père ou moi n’avons songé à utiliser du désherbant chimique. La vie du sol a été respectée.

Château Roland La Garde

Fort de ces pratiques, nous passons tout l’ensemble du vignoble en culture biologique et ce n’est qu’une étape. On a une transmission à faire à nos enfants, il ne s’agit pas d’offrir un cadeau empoisonné.
On veut simplement respecter les lois naturelles de la nature. L’objectif reste le vin : sa valeur, son originalité et sa pureté.
‘’Le vin a un sens, il est vivant, il doit nous envahir de son énergie. Le chemin de la découverte est encore long et j’espère que la voie de la biodynamie nous aidera.
Pour moi vigneron, ma vie c’est le vin, je ne regrette jamais tout ce que je peux lui donner. Il faut avoir des convictions et ne jamais céder à la facilité ».

La dégustation

Château Roland La Garde, Tradition, 2014, Blaye Côtes de Bordeaux, vin en biodynamie, $19.95, cépages : Merlot 80%, Cabernet-Sauvignon 20%, code SAQ : 10388344.

Des notes de fruits rouges frais bien mûrs de fruits rouges (fraises, framboises), soupçon de fruits noirs (mûres). L’utilisation du bois est très bien dosé et ne masque pas les notes de fruits en lui ajoutant une certaine complexité. En bouche, tout est en équilibre avec une texture bien lisse et veloutée, une acidité équilibrée et des tannins charpentés mais pas trop. Beau rappel des notes de fruits ainsi que quelques notes épicées. Très beau rapport qualité/prix!


Château Roland La Garde, Tradition, 2014, Blaye Côtes de Bordeaux, vin en biodynamie

Château Roland La Garde, Prestige, 2014, Blaye Côtes de Bordeaux, vin en biodynamie, $25.65, cépages : Merlot 75%, Cabernet-Sauvignon 20%, Malbec 5%, code SAQ : 10388336.

De belles notes de fruits bien mûrs et frais sur les fruits noirs et rouges avec une belle touche de vanille et de torréfaction. En bouche, ce vin a un peu plus de structure que le Tradition et est d’un bel équilibre avec des tannins un peu plus structurés et charpentés sans être asséchants. De belles notes de cacao et d’épices douces viennent couronner le tout. Très beau respect du fruit et belle longueur. Assez incroyable que ce vin soit à ce prix.


Château Roland La Garde, Prestige, 2014, Blaye Côtes de Bordeaux, vin en biodynamie

Château Roland La Garde, Grand Vin, 2014, Blaye Côtes de Bordeaux, vin en biodynamie, $39.75, cépages : Merlot 70%, Cabernet-Sauvignon 20%, Malbec 10%, code SAQ : 912907.

J’ai dans mon cellier un 2000, ma dernière bouteille d’une caisse de 12 qui m’attends. Croyez-moi ce vin sait durer et livrer de superbes notes tertiaires tout en conservant son fruit. Et avec l’apport de la biodynamie, le caractère du fruit n’en est que rehaussé.

Au nez de belles notes de fruits bien frais surtout sur les fruits rouges avec belle torréfaction bien dosée et bien intégrée. En bouche c’est superbe avec un moelleux bien riche, une acidité des plus équilibrée et des tannins bien structurés, charpentés et d’une belle finesse. Le vin est sphérique avec un beau volume et une belle amplitude. Rt quelle longueur…Vraiment très beau! Faites comme moi et achetez-en une caisse et regardez le évoluer au fil des années.


Château Roland La Garde, Grand Vin, 2014, Blaye Côtes de Bordeaux, vin en biodynamie

Château Roland La Garde, Grand Vin, 2000

Entrevue avec Guillaume Martin :

Guillaume Martin, Château Roland La Garde, Salon Slow Food Montréal

Vinformateur (V) : Je ne savais pas que Château Roland La Garde était en biodynamie. Vous êtes en biodynamie depuis combien de temps?

Guillaume (G) : Alors nous sommes certifiés agriculture biologique depuis 2012 et nous somme certifiés Demeter depuis 2014. Mon père a commencé la conversion de ses labels depuis 2008.

V : Et la conversion s’est opérée sur combien d’années?

G : Elle s’est passée sur 3 ans. Trois ans pour le bio et trois ans pour Demeter. Nous avons toujours eu un historique à travailler sainement la vigne et d’utiliser le moins d’intrants possible et mon père en 2007 a rencontré un autre vigneron qui travaillait en biodynamie à St-Émilion (M. Moueix) . Lui travaillait en biodynamie depuis pas mal de temps et donc il a montré à mon père à quoi ça correspondait la biodynamie , comment il s’occupait de ses vignes, comment il s’occupait des vins etc. Et pour mon père ça a été le déclic tout de suite. C’était ce qu’il voulait faire. Par la suite nous avons commencé sur nos propriétés.

V : Etes-vous passé de l’agriculture raisonnée à la biodynamie ou de bio à la biodynamie ?

G : Nous étions bio sans être certifés disons et nous sommes passés à la biodynamie. Nous sommes passés par la phase bio certifiée parce que c’est obligatoire pour accéder à la biodynamie. On ne peut avoir le label Demeter si on n’est pas certifié au préalable bio. Donc on est passé de 3 ans de certification en bio puis en biodynamie. Déjà on appliquait plusieurs des principes de la biodynamie.

V : Combien d’hectares possédez-vous?

G : Au total on a 40 hectares de vignes qui sont à 100% en biodynamie.

V : Avez-vous eu des baisses de rendement ou des impacts économiques suite à votre conversion?

G : Alors pas forcément pour nous car on avait déjà des habitudes d’agriculture bio et biodynamie depuis quelque temps. On travaillait déjà sainement les vignes et on avait déjà des rendements plus bas que la moyenne. On a toujours eu de l’herbe entre les rangs de vignes, on a toujours préféré la qualité à la quantité donc on avait des rendements qui étaient plus raisonnables que la moyenne et en dessous de ce qui est autorisé. Donc passer en biodynamie, nos vignes n’ont pas eu de contrecoups violents parce que la base du travail était déjà faite. Donc, on n’a pas eu de changements de rendements et on a avancé en biodynamie sans craindre d’avoir trop de pertes.

Château Roland la Garde

V : Trouvez-vous que c’est un avantage point de vue consommateur ou est-ce quelque chose que vous mettez de l’avant de toute façon ?

G : Je crois que de nos jours les consommateurs recherchent de plus en plus ce style de produit mais ce n’est pas ce qui nous a motivé. La motivation vient de l’aspect cultural de la vigne. Pour nous un vrai agriculteur c’est quelqu’un qui soutient ses sols, qui les cultive avec respect, qui les préserve et non pas les tuer avec des tonnes de produits. Cette philosophie là on la suit pendant la vinification de nos vins pour avoir en final un vin qui vient ultimement que du raisin et pas de 36,000 autres produits.

V : Etes-vous entouré de vignerons encore en conventionnel? Comment ça vous affecte?

G : Nous sommes entourés par des vignerons encore en conventionnel avec une seule voisine en bio. Ça fait une grosse différence avec nous. Moi ce que je dis toujours, notre force ce qu’on a une grande surface pratiquement d’un seul tenant, d’un seul bloc. Donc les perturbations apportées par nos voisins on s’en ressent moins. On lutte assez pour limiter l’impact de nos voisins. Si on a des parcelles trop proches d’un voisin en chimique on va élargir les allées, on va gérer le végétal. Si on peut racheter des morceaux de vignes alors on le fait. Notre grande force c’est les 30 hectares de Roland La Garde qui sont d’un seul tenant. Sinon ce serait plus difficile.

V : Donc pas d’écoulement de produits chimiques de la part des voisins?

G : Nous sommes situés les plus haut sur une petite butte et donc le plus en hauteur. Tout le secteur nord Gironde est assez plat et il y a très peu d’altitude et nous on a la chance d’être dans un petit village qui domine le secteur. Donc on a que des coteaux descendants ce qui donne de bonnes expositions, de très beaux terroirs et on rien au-dessus de nous.

V : Quelle est donc la réaction des autres vignerons à votre approche en biodynamie?

G : Autour de nous je dirais que les Girondins ont tendance à être très conservateurs et traditionalistes alors au début ça a beaucoup surpris que de gens comme nous allions dans cette direction. Peut-être parce qu’ils ne comprenaient pas encore ce que ça voulait dire et ce que ça impliquait. Je pense qu’on a eu beaucoup d’information sur ce mode de culture là dernièrement et sur l’utilisation à outrance de produits chimiques qui sont très dangereux. Donc je pense qu’il y a une prise de conscience. C’est pour ça qu’on voit de plus en plus de conversions vers le bio mais ce n’est pas encore majoritaire mais ça arrive de plus en plus.

V : Il doit y avoir très peu de vignerons à Bordeaux qui vont carrément vers la biodynamie?

G : À Bordeaux il n’y en a que très peu. Le climat fait que ce n’est pas évident de maîtriser la vigne. Il y a beaucoup de maladies de la vigne avec un climat océanique et humide et parfois chaud en même temps alors que le niveau de prolifération de mildiou peut-être élevé. On est quelquefois dans les pires conditions qui existent. L’année dernière on a perdu presque 50% de notre production. Même les vignerons en conventionnel ont beaucoup perdu aussi. La maladie a été tellement puissante que même les produits chimiques n’ont pu lutter contre tout ça. Quand je vois des années comme ça pourquoi utiliser des tonnes de produits chimiques pour essayer de lutter contre la maladie alors qu’au final ça ne change rien. Le produit chimique il a aussi ses limites.

V : Et la limitation du Glyphosate en France qu’en est-il?

G : On y a droit encore pour 5 ans mais bon dans 5 ans il y aura toujours beaucoup de discussions. Il y a des très gros producteurs qui comptent beaucoup sur ce type de produit pour continuer à cultiver. Ces gens-là ont une puissance énorme. Les discussions ne sont pas encore terminées. Il faudra de l’accompagnement beaucoup plus sérieux pour ceux qui veulent s’en départir. Des gens qui utilisent ces produits depuis des générations pour un maximum de rendement devront se remettre en question un moment donné. Le glyphosate c’est une sécurisation des cultures pour plusieurs. Les effets sur la terre sont très très nocifs.

V : Selon vous les applications de la biodynamie sont-elles les mêmes partout dans le monde?

G :  L’approche n’est pas technique, elle est philosophique et conséquemment tous, à quelques exceptions près, suivent les préceptes de cette philosophie qui est la même pour tout le monde. C’est ça qui est intéressant. Moi je trouve qu’on peut aller parler à un vigneron qui vient d’Argentine, de France d’Espagne ou autre et il aura les mêmes fondamentaux. Chaque vigneron aura sa façon de faire qui va s’adapter à son terroir, son eco-système, son environnement qui va s’appuyer sur les mêmes principes de base.

V : Que se passe-t-il avec les vins dits ‘’nature’’?

G : Il y a effectivement un mouvement sur les vins nature. Pour moi je suis assez méfiant sur cette appellation parce que c’est pas reconnu par quoi que ce soit. C’est pas contrôlé c’est pas labellisé. Donc pour nos vins on ne verra pas vin nature à moins qu’un jour il y ait une règlementation qui nous convienne. Présentement ce n’est qu’un argument commercial. Le côté économique et commercial a pris le dessus sur le vin lui-même et on s’est attaché à faire un vin qui n’aura pas de sulfite, qui n’aura pas quoi pour vendre absolument. Au final, le vin est instable, il peut-être oxydé avec tout un tas de trucs. Non c’est pas ça le vin. Le vin que ce soit en conventionnel, bio, en nature ou biodynamie il faut que ce soit stable, que le vin puisse voyager et qu’on puisse le garder à peu près dans les mêmes conditions ou qu’on soit.

V : Quel pourcentage des vins de Bordeaux sont bio?

G : En bio c’est 6% donc c’est pas beaucoup. On est la région la plus en retard de France la moyenne nationale de mémoire est entre 10 et 11% de vin bio. Et après la biodynamie je n’ai pas de pourcentage mais à Bordeaux on est à peu près 40 producteurs certifiés 100% Demeter sur près de 10,000 donc c’est vraimment pas beaucoup.

V : Est-ce que les vignerons en biodynamie et bio se rencontrent de temps à autres?

G : On se regroupe avec d’autres vignerons pour produire les préparation ensemble. C’est des choses qu’on peut acheter qui sont prêtes et qui sont vendues par des organismes dont c’est le rôle de préparer ce genre de chose la en accord avec les principes de la biodynamie. Nous on a pas un regroupement ou un club mais on se retrouve avec plusieurs vignerons une deux ou trois fois par an pour faire ces préparations. Les quantités sont alors subdivisées selon les besoins de chaque propriété. Ça réduit les coûts et ça permet en dehors des coûts des échanges et des discussions intéressantes pour faire évoluer certaines choses.

V : Petite question sur les cornes et la bouse de vache? Qui fait ça?

G : Les cornes elles arrivent vides et c’est nous qui remplissons une à une chaque corne avec un petit bâton et de la bouse de vache. Ça fait partie de la biodynamie. On pourrait le faire faire par quelqu’un d’autre ou par une entreprise mais alors là ça perd de son sens. Les cornes remplies de bouse il faut les enterrer dans le sol et creuser le trou avec des pelles parce qu’avec un tracto-pelle ça perd tout son sens. Ce genre de chose, ça paraît pas ragoûtant de premier abord mais c’est quelque chose qu’on fait un après-midi tous ensemble. Souvent les vignerons amènent des amis et enfants pour qu’ils comprennent à quoi ça sert et c’est un moment convivial.

Château Roland La Garde

V : Oui mais des cornes pour 40 hectares ça en beaucoup?

G : Ça prend pas tant de cornes que ça. Une fois desséché ça en prend quelques grammes par hectare. Toutes les préparations qu’on va utiliser s’apparentent à de l’homéopathie. On va pas miser sur de l’inondation de matières. Pour donner quelque chose on va miser sur la diffusion d’information. On va détecter une carence dans la vigne et alors on va aller chercher telle plante parce qu’elle contient tel élément et on va apporter cette information à notre vigne, on va la pulvériser à quelques grammes par hectare et on va penser que la vigne va intégrer ce message plus facilement si c’est des petites quantités. C’est l’imprégnation d’information. La biodynamie ce n’est pas que ça, c’est un tout. Il faut suivre le calendrier lunaire, pas utiliser de produits chimiques. C’est tout ce bloc la qui fait que la vigne se sent de mieux en mieux et réagit positivement à tous les stimuli qu’on peut lui envoyer.

Château Roland La Garde

V : Et les variations extrêmes de climat, la biodynamie elle aide comment?

G : La biodynamie ça rend le vigneron plus observateur, plus critique de ce qui se passe sur son terroir. On va ressentir plus ces variations plus que les autres vignerons. On se dit alors il faut changer quelque chose, il faut s’adapter. Dans ma région à Bordeaux, avec mon père, ça fait des années qu’on se dit que le merlot allait être compliqué à cultiver dans les dizaines d’années qui viennent. On ramasse des merlots de plus en plus mûrs, de plus en plus sucrés alors ça fait des vins de plus en plus alcooleux. Donc c’est très compliqué.

Avec mon père on a commencé une transition ou on plante de plus en plus de cabernet-sauvignon, cabernet franc et malbec. Et même on commence à se poser des questions à peut-être planter des cépages qui ne sont pas encore à Bordeaux qui viennent de pays ou les climats sont beaucoup plus chauds. On espère que les INAO vont peut-être aussi évoluer un jour. Parce que ça fait X années qu’ils sont bloqués dans leur système. Va falloir avancer. On prévoit faire des tests.

Bruno Martin, Château Roland La Garde

‘’On est une famille implantée sur ces terres depuis longtemps, la huitième génération, on est attaché à nos terres et on veut pouvoir cultiver demain. On ne veut pas faire des millions et des millions de bouteilles. On veut faire la juste quantité que la vigne veut bien nous donner. Mais si on ne s’adapte pas, on ne pourra pas. Donc il faut réfléchir par en avant, plus vite que les organisations bordelaises et d’autres endroits et peut-être un peu forcer la main dans certaines voies pour une agriculture plus saine, de nouveaux pieds de vigne, des cépages, des hybrides, des pieds oubliés. Avec ça, peut-être on pourra continuer à produire des vins qui ressembleront à du Bordeaux mais qui seront plus adaptés au climat de demain. Maintenant c’est chaque année qu’on a des catastrophes dans la région.

V : Merci beaucoup de votre temps.

G : Avec grand plaisir

La Biodynamie

Source: site du Château Roland La Garde

C’est en 1924, lors de 8 conférences données à des agriculteurs, que le philosophe Rudolf Steiner énonce pour la première fois les principes de la Biodynamie. Cette nouvelle façon de penser l’agriculture résulte de l’inquiétude grandissante des agriculteurs et agronomes sur les effets des méthodes de culture de l’époque notamment sur la faune et la flore.
La biodynamie fonde ses principe sur le fait que l’ont ne doit pas considérer uniquement que la plante que l’on cultive mais tout son organisme environnant comme faisant partie d’une seule et unique entité (plante, terre, faune). 
En conséquent, Rudolf Steiner explique que si l’on regarde l’environnement de notre plante comme un tout, la maladie de cette plante ne pourrait être en fait que la résultante d’un déséquilibre situé ailleurs dans le système autour de cette plante.

Le but de la biodynamie est donc de conserver ou recréer un environnement non pollué et non hostile à la faune, la flore, et à la terre de nos cultures. Il faut aussi éviter à terme un épuisement des sols à cause d’exploitations intensives et non réfléchies. 
La biodynamie prévoit plusieurs préparats issus de matières végétales, animales et minérales que l’on peut appliquer sur nos cultures afin de renforcer les échange entre la plante et le sol. Grâce à sa proximité avec la Terre, la Lune ainsi que les astres influent sur la plante, la faune, la terre.
La  biodynamie est tout d’abord une prise de conscience des interactions existantes à tous les niveaux. Une vigne est définie par la plante,son sol son espace ,son environnement, sa relation avec la faune et la flore , le vigneron.

Les travaux réalisés par Maria Thun ont prouvé l’impact des mouvements cosmiques sur la pousse d’une plante. Cet impact est lié à plusieurs facteurs tels que la position de la Lune par rapport à la Terre, la position du Soleil et des planètes par rapport aux constellations.
Ainsi Maria Thun a pu établir un calendrier grâce à ses observations. 
Ce calendrier a permis de définir plusieurs types de jours qui favorisent une partie différente de la plante :

Jour fleur / Jour feuille / Jour racine / Jour fruit 

 Ces quatre parties de la plante vont être stimulées à différentes périodes suivant tous les paramètres énoncés ci dessus.
Le calendrier de Maria Thun est aujourd’hui un outil très utilisé par les biodynamistes car il regroupe toutes les informations nécessaires pour optimiser les actions que l’homme va vouloir effectuer sur sa plante.

Comme avec d’autres cultures, l’utilisation de la biodynamie dans la vigne permet de renforcer les interactions entre le sol et la plante dans son système racinaire et foliaire. 

Deux préparats sont particulièrement utilisés :

               – Préparation 500 à base de bouse de corne : renforcement et structuration du sol et des racines
               – Préparation 501 à base de silice de corne / renforcement de la partie aérienne de plante

Il existe d’autres préparations utilisées dont la plupart à base de plante, chacune avec pour but de régler un déséquilibre précis. Toutes les préparations utilisées sur la vigne doivent être dynamisées, c’est à dire qu’elles sont diluées dans de l’eau de pluie dans une dynamiseur puis mis sous agitation très rapide de façon à former un vortex et en changeant de sens d’agitation subitement une fois le vortex formé, afin de créer un chaos énergique. Ces préparations dynamisées sont ensuite pulvérisées directement sur la vigne.

Les vins bio
Les vins bio

Découvrez le classicisme des vins des Vignobles de Larose. Superbes Crus Bourgeois!

J’ai eu le plaisir de déguster quelques vins des Vignobles de Larose au restaurant La Prunelle avec le Directeur Général et Maître de Chai, Franck Bijon, l’ambassadrice de la marque Manon Morel et  Kenneth Edward Gunn de l’agence Marchands des Amériques. 

Franck Bijon, Claude Lalonde (Vinformateur)

Nous avons en fait dégusté 5 vins, tous des Crus Bourgeois, dont le Château Larose Trintaudon 2011 et 2015, Château Larose Perganson 2008 ainsi que les nouveaux arrivages pour le marché du Québec du Château Arnauld 2012 et 2014.

Vignobles de Larose

Tous les vins exhibaient la finesse, l’élégance et l’équilibre résultats d’une maîtrise quasi-parfaite du processus de vinification qui comporte entre autres, une ‘’extraction maîtrisée’’, un contrôle minutieux de la maturation des raisins, l’instauration d’une agriculture durable exemplaire et des investissements importants avec un objectif qualitatif. Étant donné le haut niveau de qualité des vins, on peut dire sans se tromper, que ces derniers offrent un excellent rapport qualité/prix.

La dégustation

Château Larose Trintaudon, Cru Bourgeois, Haut-Médoc, 2011, cépages : Merlot 58%, Cabernet-Sauvignon 42%, $33.01.

Ce vin est disponible en importation privée en contactant l’agence: https://goo.gl/jy3hEP

Le millésime 2011 est considéré comme un millésime classique tout comme les 85, 88, 2001 et 2011. Le climat a été frais ce qui a ralenti la maturation des raisins et par le fait même, a donné ce qu’on pourrait appeler ‘’le vrai profil d’un vin de Bordeaux’’.

Des notes de fruits rouges mûrs (fraises) et bien frais, des notes épicées, de cèdre, de tabac ainsi qu’un soupçon de vanille et de notes boisées bien intégrées. En bouche, le vin est sphérique avec un beau volume, une texture riche et des tannins charpentés tissés bien serré. Des notes de fruits sur le cassis, la cerise, bien juteux et croquant. Superbe longueur, bien aérien et d’une grande buvabilité. Essayez de n’en boire qu’une bouteille… Excellent rapport qualité/prix.


Château Larose Trintaudon, Cru Bourgeois, Haut-Médoc, 2011

Château Larose Trintaudon, Cru Bourgeois, Haut-Médoc, 2015, $26.80, cépages : Merlot 60%, Cabernet-Sauvignon 40%, code SAQ : 11835388.

Le millésime 2016 sera disponible à l’automne 2019 en approvisionnement continu.

Le millésime 2015 est caractérisé par un profil aromatique particulièrement intense avec beaucoup de charme et de séduction. Un excellent millésime qui a permis de produire des vins sphériques tout en fraîcheur avec des tannins soyeux et bien enrobés et d’une longueur interminable.

L’équilibre est quasi-parfait entre les tannins d’un grain bien fin et la délicatesse et l’élégance. Il a été élaboré selon une extraction bien maîtrisée qui ne produit rien de sec ni de dur. En fait, rien d’asséchant ici.

Des notes de fruits mûrs bien frais bien dominantes et quelques notes boisées bien intégrées qui ajoutent à la complexité du vin sans masquer le fruit. En bouche, la texture est bien riche, l’acidité bien fraîche et les tannins presque charpentés, assez ronds et tissés serré. Beaucoup d’équilibre, de finesse et d’élégance pour un vin de ce prix. En fait, si vous avez un vin de Bordeaux à acheter, ce serait bien celui-ci!


Château Larose Trintaudon, Cru Bourgeois, Haut-Médoc, 2015

Château Larose Perganson, Cru Bourgeois, Haut-Médoc, 2008, $39.08, cépages : cabernet-Sauvignon 50%, Merlot 45%, Petit Verdot 5%.

Le millésime 2008 est disponible en importation privée en contactant l’agence. Pour les autres millésimes, ce vin est disponible à la SAQ en approvisionnement par lots. Le millésime 2010 ($34.75) est disponible dans 11 succursales SAQ. Le 2012 sera disponible en 2019. À suivre…

Le millésime 2008 a été un peu plus difficile et plus compliqué surtout quant à l’obtention de la maturité des raisins pour le Cabernet-Sauvignon. On aura réussi à faire du très beau malgré le climat.

Au nez des notes viandées, de cèdre, de tabac avec quelques notes d’évolution et de notes boisées bien intégrées. En bouche le vin est assez intense et d’une matière plus dense avec passablement de volume et d’amplitude et des tannins plus charpentés et tissés bien serré. De belles notes de fruits noirs bien juteux et croquants et quelques notes sur les noyaux de cerises.


Château Larose Perganson, Cru Bourgeois, Haut-Médoc

Château Larose Perganson, Cru Bourgeois, Haut-Médoc

Les vins de Château Arnaud – une nouveauté au Québec

Château Arnaud

‘’C’est au cœur du Médoc, sur le plateau d’Arcins, que nous avons choisi de faire renaître religieusement le Château Arnaud, un cru d’exception, d’un terroir d’exception. Entre Margaux et Moulis, cette propriété est située sur une des plus belles croupes de graves qui fait aussi la réputation de ses voisins, les Châteaux Chasse-Spleen et Poujeaux’’.

Cette propriété de 17 hectares a été acquise en 2007 et est constituée de vignes qui ont en moyenne 45 ans plantées avec 10,000 pieds de vignes à l’hectare tout comme les Grands Crus (Mouton Rothschild par exemple). Les vins de ce Château sont vendangées à la main, les raisins sont sélectionnés avec tri optique, ils sont vinifié avec macération à froid puis vieillissement dans des barriques 100% neuves.

Château Arnaud

Château Arnaud, Cru Bourgeois, Haut-Médoc, 2012, autour de $60.00, , cépages : Cabernet-Sauvignon 64%, Merlot 36%, disponible à la SAQ début mai 2019.

Quelques notes mentholées, de cèdre et de fruits rouges et noirs frais et bien mûrs. En bouche, beaucoup d’équilibre et d’élégance avec des tannins charpentés bien souples et tissés serré. ‘’Une main de fer dans un gant de velours’’. Pratiquement les deux-tiers de ce vin sont élaborés avec du Cabernet-Sauvignon ce qui lui donne plus de puissance et de tension. Très belle réussite!


Château Arnaud, Cru Bourgeois, Haut-Médoc, 2012

Château Arnaud, Cru Bourgeois, Haut-Médoc, 2014, cépages : Cabernet-Sauvignon 63%, Merlot 27%, Petit Verdot 10%.

Ce millésime est disponible en importation privée en contactant l’agence.

Au nez quelques notes mentholées et herbacées bien fraîches ainsi qu’un soupçon de torréfaction. D’un très bel équilibre avec des tannins charnus assez puissants bien élégants et des notes de fruits noirs et réglissées. Superbe longueur…


Château Arnaud, Cru Bourgeois, Haut-Médoc, 2014

Vignobles de Larose

Restaurant La Prunelle

La structure, la finesse et l’élégance des vins de Paul Jaboulet Aîné!

Hier avait lieu une dégustation des vins de Domaines Paul Jaboulet Aîné avec M. Adrien Laurent, Directeur de Opérations du Domaine. Maison fondée en 1834, cette dernière a été vendue à la famille Frey en 2006 et Caroline Frey Oenologue et propriétaire, en a l’entière responsabilité. Fait à noter, elle a donné une impulsion qualitative et bio au Domaine lequel est entièrement bio depuis 2016. Même les vignobles de Crozes-Hermitage et de l’Hermitage sont en biodynamie. L’agence LBV organisait cette dégustation à leurs nouvelles facilités à Beloeil. http://www.lbvinternational.com/

Caroline Frey, Oenologue et propriétaire

Un total de 9 vins étaient à déguster provenant autant de la Vallée du Rhône Septentrionale que Méridionale. En général, ils étaient tous d’un très bel équilibfre entre la structure et la finesse et l’élégance surtout en ce qui concerne les vins de Crozes-Hermitage et de Saint-Joseph. Le rapport qualité/prix de l’ensemble des vins dégustés est vraiment très bon.

Dégustation des vins de Domaine Paul Jaboulet Aîné, agence LBV

La dégustation

Vin Blanc

Les Sauvagères, 2017, Saint-Péray, Vallée du Rhône Septentrionale, $28.75, cépages : Marsanne, Roussanne.

Disponible en importation privée en contactant l’agence. Ce vin est à venir

Belle sensation de minéralité avec des notes de fruits blancs, de noisettes avec un soupçon d’agrumes. En bouche c’est cette sensation de minéralité qui prédomine avec une texture assez riche, un soupçon d’agrumes ainsi qu’une très belle longueur.


Les Sauvagères, 2017, Saint-Péray, Vallée du Rhône Septentrionale

Vin Rouges

Les Traverses. 2016, Ventoux, Vallée du Rhône Méridionale, $16.70, cépages : Grenache 80%, Syrah 20%, code SAQ : 543934. Spécialité par lot.

De belles notes de cerises, de fraises, de framboises avec un léger soupçon de fruits noirs. En fait c’est le fruit qui prédomine. En bouche, c’est d’un bel équilibre avec une belle fraîcheur et des tannins équilibrés. On a un rappel des notes de fruits bien frais sur la cerise, c’est juteux, croquant avec un peu de notes épicées. Ce vin offre un excellent rapport qualité/prix.

Les Traverses, 2016, Ventoux

Parallèle 45, 2016, Côtes du Rhône, $16.05, cépages : Grenache 60%, Syrah 40%, code SAQ : 332304. Produit courant.

La cuvée de ce vin suit le mouvement apporté à l’ensemble du Domaine et devient maintenant en bio. Le label sera maintenant identifié avec une abeille, emblème de l’engagement de la maison dans l’agriculture biologique.


Parallèle 45, 2016, Côtes du Rhône

Au nez, des notes de cerises, de noyaux de cerises et de fruits rouges bien frais comme on le retrouve souvent dans les vins issus de l’agriculture bio. Toute la place est laissée aux fruits. En bouche, on ressent les notes de la Syrah avec des tannins plus structurés et des notes d’épices qui s’entremêlent avec les notes de fruits noirs et un soupçon de notes herbacées. Une valeur sûre dans le paysage vinicole !!


Parallèle 45, 2016, Côtes du Rhône

Biographie, 2015, Côtes du Rhône, $22.55, cépages : Grenache, Syrah, Mourvèdre.

Ce vin est disponible en importation privée en contactant l’agence.

Au nez, comme une crème de fruits rouges et de fruits noirs avec une dose de fraîcheur qui provient de notes d’eucalyptus. En bouche, bel équilibre entre la texture et l’acidité bien fraîche et les tannins presque charpentés. Quelques notes chocolatées entremêlées de notes d’eucalyptus qui lui confèrent cette belle fraîcheur. Vraiment très beau!


Biographie, 2015, Côtes du Rhône

De Père en Filles, 2016, Côtes du Rhône Villages, Plan de Dieu, $26.45, cépages : Grenache 80%, Syrah 10%, Mourvèdre 10%.

Ce vin disponible en importation privée en contactant l’agence. À venir.

Des notes d’épices, de prunes ainsi qu’un soupçon de caramel. En bouche la texture est riche et le vin est généreux avec un beau volume et une belle amplitude. Belle structure avec des tannins charpentés et une longueur appréciable. Un de mes préférés!


De Père en Filles, 2016, Côtes du Rhône Villages, Plan de Dieu

Les Jalets, 2015, Crozes-Hermitage, $27.85, cépage : Syrah 100%, code SAQ : 13390597. Spécialité par lot.

De belles notes animales, viandées ainsi que des notes de fruits noirs, de prunes et de réglisse. En bouche la texture est bien riche avec des tannins bien charpentés tissés bien serré. Beaucoup de volume et d’amplitude, c’est juteux et délicieux!


Les Jalets, 2015, Crozes-Hermitage

Les Cyprès, 2016, Vacqueyras, $28.95, cépages : Grenache, Syrah, Mourvèdre.

Ce vin est disponible en importation privée en contactant l’agence. À venir.

Des notes de prunes, de mûres bien mûres ainsi qu’un soupçon de cassis. D’un bel équilibre, les tannins sont bien charpentés avec quelques notes de cèdre, de notes herbacées, d’épices et beaucoup de fraîcheur, de volume et d’amplitude.


Les Cyprès, 2016, Vacqueyras

Le Grand Pompée, 2016, Saint-Joseph, $32.50, cépage : Syrah 100%, code SAQ : 14095371. Spécialité par lot. À venir.

Des notes animales, viandées bien typées, de fruits rouges bien mûrs ainsi qu’une note de réglisse. D’un superbe équilibre entre la structure et la finesse du vin. Belle élégance!!


Le Grand Pompée, 2016, Saint-Joseph

Domaine de Thalabert, 2016, Crozes-Hermitage, $47.50, cépage : Syrah 100%, code SAQ : 12746571. Spécialité par lot.

De belles animales, viandées, de fruits noirs bien mûrs, d’olives noires et d’épices. Mon vin préféré avec son bel équilibre entre la puissance et la finesse et l’élégance. D’une superbe structure avec des tannins fins mais bien présents. Bel exemple d’un très beau Crozes-Hermitage.


Domaine de Thalabert, 2016, Crozes-Hermitage

Pour en savoir plus sur le Domaine Paul Jaboulet Aîné : https://www.paul-jaboulet-aine.fr/

M. Adrien Laurent, Directeur des Opérations, Paul Jaboulet Aîné, La Chapelle Hermitage, Château La Lagune, Château Corton C.

Déguster les Champagnes Vintage et La Grande Dame Veuve Clicquot. Une expérience inoubliable!!

Champagnes Veuve Clicquot

Quelle jouissance que de déguster les grands Champagnes de Veuve Clicquot en compagnie de Dominique Demarville, Chef de Caves Veuve Clicquot. L’invitation nous provenait de l’agence Moet Hennessy du groupe Charton Hobbs. Nous nous sommes donc rencontrés à l’Auberge Le St-Gabriel dans le Vieux Montréal afin de déguster 5 des champagnes Veuve Clicquot soient : le Veuve Clicquot, Vintage 2008 en Brut et en Brut Rosé, La Grande Dame, 2008 en Brut et en Brut Rosé ainsi que La Grande Dame, 2006, Brut.

Dégustation Champagnes Veuve Clicquot

Fait à noter, nous avons eu droit à déguster en primeur le champagne La Grande Dame millésime 2008 en Brut et en Brut rosé qui seront disponibles en deuxième partie d’année à la SAQ. Ces derniers ont été élaborés par Dominique Demarville dont c’était la première cuvée sous son entière responsabilité. Comme il le dit lui-même : ‘’Présenter un nouveau millésime de Grand Dame ça n’arrive pas si souvent surtout quand c’est le premier dans sa carrière. C’est assez émouvant!’’.

Dominique Demarville et Claude Lalonde (Vinformateur)

Une brève histoire de Veuve Clicquot : https://www.veuveclicquot.com/fr-ca

A l’âge de 27 ans en 1805, Barbe Nicole – Veuve Clicquot reprend de son mari qui vient de décéder, les rennes de l’entreprise Maison Clicquot. Femme d’audace, de rigueur de ténacité et d’intuition, elle fera de Maison Clicquot un succès planétaire avec son produit phare : Carte Jaune. ‘’La Grande dame de la Champagne’’ est une pionnière : c’est elle qui introduit le premier champagne millésimé, le premier champagne rosé, qui introduit la table de remuage qui permet d’améliorer la clarté de ses champagnes.

Madame Clicquot

Veuve Clicquot possède une collection de vins de réserve des plus imposantes en Champagne, composée d’environ 400 cuves sur 17 millésimes et divers cépages. Ceci permet à Veuve Clicquot d’assurer lors des assemblages, la constance recherchée au niveau du goût Veuve Clicquot, de lui assurer une belle minéralité/tension ainsi que de l’harmonie – les trois piliers du développement chez Veuve Clicquot.

Les Crayères Veuve Clicquot

Au-dela de 350 hectares de vignes fournissent approximativement 20% des besoins de la maison alors que des ententes avec des partenaires-vignerons fournissent le restant des besoins en raisins.

Ce qui est aussi intéressant à noter c’est le mouvement généralisé vers une agriculture plus raisonnée presque bio. Chez Veuve Clicquot on utilise présentement aucun herbicide et on vise à n’utiliser aucun anti-botrytis ni aucun anti-mildiou le tout dans le respect du sol.

Champagne Carte Jaune, Brut

On ne peut pas parler de Veuve Clicquot sans parler du Carte Jaune lequel est d’une importance capitale pour la Maison puisqu’il représente approximativement 85% du volume vendu sur la planète. Le Champagne Carte Jaune, Brut, non millésimé est le plus complexe à élaborer. De 60 à 80 crus différents peuvent être utilisés lors de son élaboration. On peut assembler jusqu’à 400 vins différents. Traditionnellement, il est composé de 50-55% de pinot noir, de 15-20% de pinot meunier et 28-33% de chardonnay. De 30 à 45% de vins de réserve sont utilisés de la collection afin d’en assurer la continuité du style. Le pinot noir lui donnera sa structure, sa générosité, le chardonnay lui donne un côté aérien, de l’agrume, un côté tendu et exotique alors que le pinot meunier lui ajoutera de la gourmandise, un côté croquant.

Champagne Carte Jaune, Brut, Veuve Clicquot

Il est important d’assurer la régularité et la pérennité de la signature du goût ce qui peut être un gros challenge quand on a deux millésimes (par exemple le 2017 et le 2018) extrêmement différents d’une année à l’autre, 2017 étant plus difficile alors qu’en 2018 tout est bon. Les vins de réserve sont indispensables pour régulariser ces différences qui peuvent être majeures d’une année à l’autre.

Bien que nous n’ayons pas dégusté ce Champagne lors de cette dégustation, je vous fais part de mes dernières notes de dégustation : ‘’Quel plaisir à déguster !! Suivent de si belles bulles, de belles notes briochées, des notes de fruits blancs et exotiques, de l’élégance, une belle acidité, un côté croquant et en même temps crémeux! Puissance aromatique, délicatesse et beaucoup de fraîcheur’’.

Le millésime 2008

Puisque le millésime 2008 était en primeur pour La Grande Dame, voyons le de plus près avec les mots de Dominique Demarville : ‘’Le millésime 2008 est à retenir. Tout s’est bien passé cette année-là. À part le printemps qui a été très pluvieux, très froid, dès le mois de juin les conditions sont devenues idéales et on a obtenu une maturité qui s’est déroulée très lentement et très naturellement, sans excès avec des journées chaudes et des nuits très fraîches, ce qu’on aime beaucoup en Champagne pour la maturité des raisins. On a pu cueillir les raisins dans des conditions sanitaires parfaites, pas de pourriture, avec un bel équilibre au niveau du degré et de l’acidité.

Les premières dégustations sur les vins de base, cette qualité de 2008 on ne l’a pas vu venir tout de suite. Ça a pris quelques mois pour s’apercevoir de la très grande qualité du millésime et plus on dégustait les vins, plus on s’est rendu compte qu’on avait un véritable trésor entre les mains. On sentait que les vins étaient légèrement fermés qu’ils prenaient un certain temps pour s’ouvrir. Mais ceci est parfois le signe d’un beau potentiel et quand ils sont ouverts ils sont vraiment superbes’’.

Le millésime 2008 marque aussi le retour de la vinification sous-bois. Cette vinification sous-bois avait été abandonnée dans les années 60 chez Veuve Clicquot. Une quarantaine de foudres neuves ont été achetées et environ 5% des vins ont été vinifiés dans ces foudres. Ce bas pourcentage a été choisi car les foudres étaient encore neuves et avaient tendance à boiser les vins un peu trop et on ne voulait surtout pas masquer le vin. On ne voit pas le bois dans les vins. On le perçoit un peu dans quelques notes toastées.

Pour le millésime 2008 on recherchait l’intensité, la complexité et une certaine corpulence et c’est ce qu’on y retrouve. Ce millésime offre un très beau potentiel de garde.

Dominique Demarville

Fort de son diplôme en Viticulture et en Œnologie et de son expérience dans d’autres maisons champenoises, Dominique est arrivé chez Veuve Clicquot en 2006 et est devenu Chef de Caves en 2009. Il a eu la chance de travailler pendant 2.5 ans avec son prédécesseur Jacques Peters qui est parti à la retraite en mars 2009. Six mois avant de quitter, Jacques dit à Dominique que dans six mois c’est lui qui allait élaborer La Grande Dame en commençant évidement avec La Carte Jaune, produit phare de la Maison. Dix ans après, Dominique inaugure sa première cuvée de La Grande Dame ce qui est un moment assez émouvant.

Dominique Demarville, Chef de Caves Veuve Clicquot

La dégustation

Veuve Clicquot, Vintage, Brut, 2008, $101.50, cépages : Pinot Noir 61%, Chardonnay 34%, Pinot Meunier 5%), code SAQ : 508614.

Disponible dans 74 succursales de la SAQ.

Un champagne millésimé correspond à un grand champagne résultant d’une année exceptionnelle et provenant uniquement de la récolte de l’année. C’est ainsi la marque d’une cuvée de grande qualité. Et ce 2008 est d’une qualité exceptionnelle et d’un très bon potentiel de garde. Ce vin est un assemblage d’une vingtaine de Grands Crus et de Premiers Crus dont la grande majorité provient de Montagne de Reims et de Côte des Blancs pour le Chardonnay. 


D’une couleur or clair et brillant, de fines bulles persistantes, quelques notes très aromatiques de fruits blancs (pêche, abricot) sur fond d’agrumes (citron confit), aromatique, légèrement oxydatif (c’est quand même un 2008) ainsi que de belles notes toastées et de pain d’épices. Superbe structure et longueur en bouche, très belle acidité, superbe sensation de minéralité, bien défini et ciselé. Un champagne de gastronomie qui allie puissance, fraîcheur et délicatesse! ‘’Un vin qui a des épaules’’…et qui a du volume. Très beau potentiel de garde. Définitivement un champagne pour de grands plats !!


Veuve Clicquot, Vintage, Brut, 2008

Veuve Clicquot, Vintage Rosé, 2008, $108.25, cépages : Pinot Noir 45%, Pinot Meunier 35%, Chardonnay 20%, code SAQ : 325688.

Disponible dans 85 succursales de la SAQ.

Ce champagne a comme un côté masculin, bien droit avec une belle structure ainsi qu’une bonne dose de minéralité. En dégustation, ce qui surprend ce sont les tannins assez présents et charnus de ce champagne qui soutiennent des arômes de fruits rouges (fraises, framboises, cerises), un soupçon d’agrumes ainsi que quelques notes briochées et épicées. D’ailleurs dans l’assemblage de Pinots Noirs on aura tendance à les sélectionner sur la Côte de Beaune genre Pommards bien assis, bien structurés alors que pour La Grande Dame on ira vers les Chambolle qui sont un peu plus aériens.


Veuve Clicquot, Vintage Rosé, 2008

Veuve Clicquot, La Grande Dame, Brut, 2008, $276.50, cépages : Pinot Noir 92%, Chardonnay 8%, code SAQ : 354779.

Le millésime 2006 est disponible dans 66 succursales de la SAQ. Le 2008 sera disponible vers le milieu de l’année 2019.

On a passablement augmenté la proportion de Pinot Noir dans ce millésime à 92% alors que le 2006 en avait 53%. Ce vin est élaboré à partir de 100% Grands Crus sur 5 Grands Crus de Pinot et un de Chardonnay. Cette évolution vers une importance plus marquée de Pinot Noir est un peu une révolution chez Veuve Clicquot! On recherche le tranchant, la finesse, l’élégance et la tension. On ne veut pas des Pinots qui soient trop vineux ou trop structurés. On veut en faire un vin de plaisir, un vin apéritif. On a aussi changé l’habillage avec une étiquette plus rectangulaire et avec plus d’emphase sur la Marque La Grande Dame ce qui rend ce vin plus distinctif.

Cette prépondérance sur le Pinot Noir lui confère une superbe sensation de minéralité, de tension avec beaucoup de structure. Cet assemblage en fait un champagne bien droit, ciselé, tout en finesse et en élégance. Surprenant pour un vin à 92% de Pinot Noir. À la première approche le champagne était fermé et on doit lentement le laisser venir vers nous. Au nez quelques notes de fruits blancs et un soupçon de notes toastées. En bouche la texture est bien riche et crémeuse et l’acidité fraîche même un peu vive avec de beaux arômes d’agrumes qui viennent charmer notre palais. Une réussite que cette nouvelle Grande Dame !! Très grand potentiel de garde.


Veuve Clicquot, La Grande Dame, Brut, 2008

Veuve Clicquot, La Grande Dame, Rosé, Brut, 2008, $521.00, cépages : Pinot Noir 92%, Chardonnay 8%, code SAQ : 464966.

Le millésime 2004 est disponible dans 27 succursales de la SAQ. Le 2008 sera disponible vers le milieu de l’année 2019.

Un Champagne de base à 92% de Pinot Noir ainsi qu’un assemblage de 14% de Pinot Noir du Clos Colin lui confèrent beaucoup de structure, de minéralité ainsi que des arômes assez intenses de fruits rouges, de pain d’épices ainsi que quelques notes florales et toastées.  En bouche la texture est des plus riche, l’acidité bien fraîche et les tannins tissés serré. On sent bien la touche de Pinot Noir dans cette superbe structure.


Veuve Clicquot, La Grande Dame, Rosé, Brut, 2008

Veuve Clicquot, La Grande Dame, 2006, $276.50, cépages : Pinot Noir 53%, Chardonnay 47%, code SAQ : 354779.

Ce millésime est disponible dans 66 succursales de la SAQ.

Ce millésime a été le dernier élaboré par Jacques Peters. Ce millésime a été très solaire et assez riche avec un profil comme celui de 1989 et de 2002 des années assez chaudes. Au nez, de belles notes de fruits blancs, d’agrumes et de notes briochées et de noisettes. Beaucoup de complexité et de longueur en bouche. Une merveille!


Veuve Clicquot, La Grande Dame, 2006



Des vins tout en fruits et en équilibre, juteux et croquants! Domaine Fouet, Saumur Champigny.

Surprise aujourd’hui que cette belle dégustation des vins du Domaine Fouet avec Julien Fouet vigneron dans l’appellation Saumur Champigny en Val de Loire. Surprise car j’ai eu l’appel le matin même de la dégustation et de plus, celle-ci avait lieu à mon Alma Mater – l’École d’Hotellerie des Laurentides à Ste-Adèle (EHDL) avec un groupe d’étudiants en sommellerie. L’invitation venait de Benoît Lecavalier de l’agence Benedictus. Tellement heureux d’avoir été disponible. J’ai en plus, sauté sur l’occasion pour revoir mon professeur de sommellerie Jean Beaudin.

Salle de classe EHDL, à gauche au fond Jean Beaudin – professeur, au centre (manteau rouge) Julien Fouet et à droite Benoît Lecavalier

Domaine Fouet

Domaine Fouet

Julien Fouet perpétue la tradition familiale du Domaine depuis 6 générations. Celui-ci est situé en plein cœur de l’appellation Saumur Champigny sur 15 hectares de vignes sur un terroir très calcaire. La production viticole est en bio et on n’y pratique pas le désherbement. En fait on fait tout juste le contraire – on enherbe car cette technique dite de ‘’la maîtrise du gazon au sol’’ permet des avantages qualitatifs : diminution des rendements, degré alcoolique supérieur, diminution de la pourriture et autres. Pour en savoir plus sur le Domaine Fouet cliquez sur le lien

Les vins dégustés

J’ai eu l’occasion de déguster 5 de ses vins avec Julien Fouet. Disons d’emblée que les caractéristiques prédominantes des vins blancs sont la belle sensation de minéralité qu’on ressent lors de la dégustation et le niveau d’acidité qui leur confère une très belle fraîcheur. Quant aux rouges c’est la pureté du fruit, la sensation de minéralité et la grande buvabilité. De très beaux vins!

Domaine Fouet, Pour ma Gueule (P.M.G.), Petnat (pétillant naturel), $23.10, cépage : Chenin Blanc, méthode ancestrale, taux de sucre : 2.6 g/l, code SAQ : 13497802.

J’aime toujours ce vin! Au nez, vous découvrirez des notes de pommes, un soupçon d’agrumes ainsi que de belles notes florales (tilleul, acacia). En bouche c’est tout en finesse et en délicatesse avec des bulles très fines, une acidité presque vive et une belle sensation de minéralité. C’est un vin effervescent bien droit, rectiligne comme je les aime. Vraiment savoureux et satisfaisant. Pour le faire, Julien doit vendanger assez tard dans la saison presqu’à la mi-octobre pour aller chercher toute la maturité du raisin. La méthode ancestrale implique qu’une seule fermentation au lieu de deux pour la méthode traditionnelle.

Domaine Fouet, P.M.G. Petnat, Chenin Blanc

Domaine Fouet, L’Ardillon, 2017, $21.10, cépage : Chenin Blanc, taux de sucre : 2,1 g/l, code SAQ : 13585407.

Des notes de miel, de fruits blancs (pomme), soupçon d’agrumes ainsi que de belles notes florales. En bouche ce vin est caractérisé par une acidité bien présente, presque vive ainsi qu’une sensation de minéralité. C’est un vin bien droit et rectiligne. On y perçoit aussi de belles notes de noyaux de pêches, de poires ainsi que des notes de miel. Belle longueur et des plus rafraîchissant. Fera un malheur avec un fromage de chèvre et des fruits de mer!

Domaine Fouet, L’Ardillon, Chenin Blanc, 2017

Les vins suivants sont disponibles en importation privée en caisses de 6 bouteilles auprès de l’agence Benedictus. Contactez Benoît Lecavalier : benlecavalier@sympatico.ca, 514-913-5405.

Domaine Fouet, Cuvée Buvons des Fruits, 2018, $25.85 plus taxes, cépage : Cabernet Franc.

Ce vin est élaboré en macération carbonique ce qui en fait ressortir toute la pureté du fruit. Quand on appelle son vin ‘’Cuvée Buvons des Fruits’’… De plus aucun souffre n’a été ajouté lors de son élaboration ce qui en fait un vin ‘’nature’’.

Vous voulez du fruit dans votre vin? Avec ce vin, vous serez ravis et des plus satisfaits! Au nez vous serez accueilli par des plein de notes de fraises et de framboises ainsi qu’une note légèrement épicée. En bouche, tout est en équilibre avec une belle acidité bien fraîche et des tannins équilibrés, tissés serré. Belle sensation de minéralité ainsi qu’un beau rappel des notes de fruits. Légère amertume en fin de bouche. Un vin sensationnel!!

Domaine Fouet, Cuvée Buvons des Fruits, Cabernet Franc, 2018

Domaine Fouet, Cuvée l’Amarante, 2018, $24.15 plus taxes, cépage : Cabernet Franc.

Au nez, les notes sont sur la crème de fruits rouges bien mûrs tels la fraise, la framboise et un soupçon de bleuets assez intenses et en filigrane comme une note mentholée. En bouche c’est d’un bel équilibre avec une acidité bien fraîche et des tannins presque charpentés tissés bien serré. Très beau vin!

Domaine Fouet, Cuvée l’Amarante, Cabernet Franc, 2017

Domaine Fouet, Cuvée La Rouge et Noire, 2017, $29.30 plus taxes, cépages : Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon.

Ce vin est le vin prestige du Domaine. Son vieillissement en fût de chêne lui confère des notes de crème de fruits rouges (cassis, fraises, framboises), quelques notes lactées et un soupçon de vanille. Vraiment très charmeur! Ce vin a fait un mois de macération pour maximiser l’extraction. Pas surprenant qu’en bouche ce soit si juteux, croquant avec des notes bien fruitées et légèrement épicées. Vraiment très bon!!!

Domaine Fouet, La Cuvée La Rouge et Noire, 2017

Alors il ne vous reste qu’à essayer ces vins qui sauront vous satisfaire pleinement.

Bonne dégustation!

Suggestions pour agrémenter votre temps des Fêtes!

Hier avait lieu une dégustation pour la Presse mise sur pied par A3Québec (anciennement l’AQAVBS) d’une quarantaine de produits pour le temps des Fêtes. Je vous fait part des quelques produits qui ont retenu mon attention.

Ottopiu Vineyard, V8+ Sior Carlo, Prosecco Millesimato 2017, $19.85, cépage: Glera 100%, code SAQ: 13734177.

Bien que tous les Prosecco me semblent pareils, celui-là m’est apparu plus délicat, plus fin avec ses notes de pêches, d’agrumes avec une certaine sensation de minéralité. En bouche il était bien crémeux avec un rappel de fruits perçues en bouche et une légère amertume en fin de bouche. Un des rares Prosecco millésimé.

J.Laurens, Crémant de Limoux, Clos des Demoiselles, Tête de Cuvée, 2016, $22.90, cépages : Chardonnay 60%, Chenin Blanc 25%, Pinot Noir 15%, code SAQ : 10498973.

J’apprécie ce vin effervescent depuis assez longtemps car je le considère comme une valeur sûre. Des notes de pain grillé, d’amandes, de fruits blancs et d’agrumes avec une pointe de fruits exotiques. En bouche c’est frais, bien crémeux et d’une belle longueur.

Segura Viudas Heredad, Cava Reserva, $30.25, cépages: Maccabeu 67%, Parellada 33%, code SAQ : 12883461.

Je l’ai ajouté sur ma liste bien que je le trouve un peu cher. Sur des notes de pain grillé et de fruits blancs et d’agrumes. J’ai particulièrement apprécié son équilibre et sa longueur en bouche.

Champagne Devaux Blanc de Noirs, Brut, $52.25, cépage : Pinot Noir 100%, code SAQ : 11588381.

Des notes de fruits blancs bien frais surtout sur la pomme, d’agrumes, de fruits exotiques et de pain grillé. Bien équilibré avec une belle acidité, une certaine tension et d’une belle longueur.

Champagne Fleury Rosé de Saignée, Brut, $74.50, cépage : Pinot Noir 100%, code SAQ : 11010301.

Des notes de silex qui procurent une belle sensation de minéralité. Un véritable Champagne de bouffe avec beaucoup de structure, de tension, d’amplitude et de longueur en bouche.

Domaine Marcel Deiss, Pinot Gris (vin blanc moelleux), Beblenheim, 2015, $27.15, 39 g/l,  code SAQ : 11544476.

De belles notes de litchi, de roses, d’épices et de pommes cuites avec un soupçon de bothrytis. D’une belle complexité avec un moelleux assez gras, une acidité équilibrée et une longueur en bouche plus qu’appréciable.

Château du Tariquet, Dernières Grives, 2016, Vin de dessert, $29.00, 98 g/l, cépage : Petit Manseng, code SAQ : 13034808.

Des notes d’abricots et de pêches confites ainsi que des notes de miel. En bouche c’est gras avec quand même une certaine acidité rafraîchissante. Assez délicat et très bon!

Vin de Constance, Klein Constantia, 2014, Vin de dessert, $75.25, 160 g/l, cépage : Muscat à petits grains, code SAQ: 10999655.

Un vin mythique jadis un des préférés de Napoléon. Des notes très intenses d’épices et de gingembre et d’agrumes. Assez gras en bouche avec une belle acidité équilibrée,  des notes de pêches bien mûres confites.  Et que dire de la longueur…

Madisson Dry Pink Gin, Distillerie 1769, $32.75, code SAQ: 13666362.

Bien classique avec des notes de genièvre assez intenses. Je l’ai bien aimé.

 

La Maison E. Guigal : De Côte-Rôtie à Châteauneuf-du-Pape.

Fondée en 1946 par Étienne Guigal, la Maison Guigal deviendra un phare de la Vallée du Rhône septentrionale avec ses cuvées mythiques telles La Landonne, La Turque, La Mouline, Ex Voto Ermitage, La Doriane et bien d’autres que nous avons eu le bonheur de déguster avec Philippe et Ève Guigal cette semaine.

Pendant que la Maison ne cessait de croître à l’international elle caressait depuis une vingtaine d’années le rêve de posséder un domaine à Châteauneuf-du-Pape et d’y faire des vins à la hauteur de la renommée de la Maison. Bien qu’elle élaborait déjà des vins dans l’appellation, elle n’y possédait pas de domaine. Une opportunité s’est présentée en 2017 et la famille a fait l’acquisition du Domaine de Nalys dont les terroirs sont dignes de grands crus. Nous avons donc eu l’occasion de déguster, entre autres, les quatre nouveaux vins du Domaine : Saintes Pierres de Nalys et Château de Nalys en blanc (millésime 2016) et en rouge (millésime 2017) qui sont, soit dit en passant, exceptionnels.

Ais-je besoin de vous dire que ce n’était pas une dégustation ordinaire mais bien une expérience gustative que l’agence Sélections Fréchette a su nous faire vivre. Que d’émotions! http://www.selectionsfrechette.com/

La maison Guigal : http://www.guigal.com/fr/

C’est en 1946 qu’Étienne Guigal achète 10 hectares de son employeur à Ampuis dans l’appellation Côte-Rôtie dans la Vallée du Rhône septentrionale. À la fin de sa carrière il y aura vinifié pas moins de 67 récoltes. En 1961 alors frappé de cécité, son fils Marcel prendra le flambeau. Ce dernier a su mettre en valeur ces deux grands terroirs viticoles que sont la Côte Brune et la Côte Blonde. Il a su élever à un niveau jamais atteint auparavant le niveau de qualité des vins issus du cépage de Syrah. Pionnier et visionnaire il fera ‘’des vins sérieux’’ qui démontreront au monde entier la finesse et l’élégance de ce cépage. Il introduira la philosophie de la Bourgogne qui est de faire des vins issus de parcelles uniques en plus d’introduire une viticulture organique. Se joindra à la famille Philippe œnologue qui viendra poursuivre l’œuvre familiale.

Les grandes étapes de la croissance de la Maison sont marquées par l’acquisition dans les années 80 des établissements Vidal-Fleury, puis en 1995 avec l’acquisition du fameux Château d’Ampuis qui deviendra le siège social de la Maison tandis les caves demeurent dans le petit village d’Ampuis. En 2001, c’est l’acquisition du domaine Jean-Louis Grippat à Saint-Joseph et l’ancien domaine de Vallouit en Côte-Rôtie, l’Hermitage, Saint-Joseph et Crozes-Hermitage. En 2006 on procède à l’acquisition du domaine de Bonsérine.

Le vignoble de Côte-Rôtie s’étend sur pas moins de 230 hectares avec entre autres La Côte Brune et la Côte Blonde.  Le domaine Guigal est propriétaire à Condrieu et à Côte-Rôtie sur des parcelles illustres donnant entre autres la Doriane à Condrieu avec son célèbre viognier, les célèbres crus de la Côte-Rôtie la Mouline, la Turque, la Landonne avec ses pentes de près de 45 degrés et le côte-rôtie Château d’Ampuis.

Sur la colline de l’Hermitage, les Ex-Voto blancs et rouges, produits exclusivement dans les grands millésimes sont issus de parcelles telles Bessards, Hermite, Greffieux, Murets….Puis sur la rive droite du Rhône trônent les propriétés de l’appellation Saint-Joseph issues de l’ancien domaine de Jean-Louis Grippat.

La maison Guigal vinifie et élève dans ses caves à Ampuis les appellations septentrionales de la Vallée du Rhône (Côte-Rôtie, Condrieu, Hermitage, Saint-Joseph et Crozes-Hermitage). L’élevage des grandes appellations méridionales (Châteauneuf-du-Pape, Gigondas, Tavel et Côtes-du-Rhône) est aussi fait dans les caves d’Ampuis.

Le Domaine de Nalys : http://www.domainedenalys.com/

 

La famille Guigal fait l’acquisition en 2017 du Domaine lequel jouit d’une situation exceptionnelle au cœur de l’appellation Châteauneuf-du-Pape. Comme le dit Philippe Guigal : ‘’ Cet investissement, mon grand-père en avait toujours rêvé. Mon père et moi aussi. Mais les opportunités étaient rares, nous n’avions jusqu’à présent vu passer que de petites offres qui ne correspondaient pas à ce que nous voulions faire’’.

Réticent au départ quant à la qualité de cette opportunité, c’est suite à la visite du vignoble qu’ils ont tous compris le vaste potentiel qualitatif du domaine. ‘’J’étais renversé, dit Philippe. Je n’en ai pas dormi pendant une semaine. Nous ne l’avons pas acquis pour le prestige de ses vins, mais en raison de son immense potentiel’’.

Trois parcelles sur 53 hectares (d’un seul bloc qui se touche ce qui est rare dans l’appellation) encerclent le Château, la première lui a donné son nom’ ‘’Nalys’’, les deux autres sont situées sur deux terroirs majeurs de l’appellation : ‘’Le Bois Sénéchal’’ (13 hectares) et ‘’La Crau’’ (20 hectares). Chacun de ces trois terroirs supporte la totalité des 13 cépages de l’appellation ce qui porte à 39 les expressions potentielles à intégrer.

L’empreinte de la philosophie de la maison Guigal a déjà fait son œuvre au prix de beaucoup d’efforts : on double la taille de l’équipe attribuée aux vignobles, tout le système de treillis est changé, on replante toutes les vignes manquantes ou mortes, on ajoute quelques cuves plus petites pour augmenter les possibilités d’assemblage. On réalise en chemin que pour en tirer le plein potentiel il faudra refaire le chai ce qui sera fait sous peu et par le fait même, multiplier le nombre de cuves. On passera aussi à la viticulture bio dans un avenir rapproché.

Le millésime 2016 a été le premier à porter l’empreinte du style Guigal avec un rouge dominé par le grenache au lieu de la syrah et avec une saine dose de mourvèdre. Le millésime 2017 est le premier entièrement vinifié par la nouvelle administration. Pour bien délimiter le changement de garde, la marque Domaine de Nalys a été abandonnée pour devenir Château de Nalys. Un second vin est aussi produit en rouge et en blanc, le Saintes Pierres de Nalys ce qui apporte beaucoup de flexibilité d’adaptation à n’importe quel millésime.

La ‘’dégustation’’

Nous avons dégusté 17 des vins de la maison. La ligne directrice du style : ‘’des vins qui donnent du plaisir’’ comme le dit Philippe Guigal, rien de lourd, de la finesse, la pureté du fruit et l’expression absolue des terroirs. Ce sont des vins d’émotions.

Les blancs :

E.Guigal, Côtes-du Rhône, 2016, $19.70, code SAQ : 290296. Noté 91 pts Wine Advocate, Guide Phaneuf 3 étoiles et demi.

On note ici l’expression aromatique bien distinctive du Viognier qui compose 65% de ce vin. On y perçoit des notes florales, de fruits blancs tels la pêche et l’abricot. La texture est veloutée, légèrement grasse avec une acidité bien équilibrée avec en rappel les notes de fruits frais d’abricot et de pêches. Quel rapport qualité/prix! C’est bon, c’est goûteux, c’est particulièrement satisfaisant.

E.Guigal, Châteauneuf-du-Pape, 2017, $68.75, cépage prédominant : Grenache Blanc 45%, code SAQ : 13940325. Disponible dès décembre 2018. Noté 17/20 par Jancis Robinson.

De belles notes de pêches, d’abricots ainsi que des notes florales et un léger boisé à peine perceptible. En bouche la texture est légèrement grasse, onctueuse, un vin généreux mais pas lourd avec un rappel de notes de fruits blancs. Que c’est goûteux, élégant, frais et quelle longueur.

Saintes Pierre de Nalys, Châteauneuf-du-Pape, E. Guigal, 2017, $48.75, cépages dominants : Clairette 36%, Bourboulenc 29%, Grenache Blanc 25%, code SAQ : 13905626. Disponible en décembre 2018. Noté 17/20 par Jancis Robinson.

Son profil aromatique est un peu plus intense que le précédent avec des notes de fruits blancs, un soupçon d’agrumes ainsi qu’une sensation de minéralité. La texture est grasse avec une belle acidité bien équilibrée qui lui confère une belle fraîcheur. On a un rappel des notes de fruits blancs avec un léger boisé le tout en une longueur plus qu’appréciable.

Château de Nalys, Châteauneuf-du-Pape, E. Guigal, 2017, $87.00, cépages dominants : Roussanne 43%, Grenache Blanc 33%, code SAQ : 13905677. Disponible en décembre 2018.  Noté 17.5 par Jancis Robinson.

De belles notes florales, d’agrumes et de fruits blancs. Beaucoup de structure, d’élégance et de finesse en bouche, un grand vin de bouffe! Complexe avec pas mal de volume et d’amplitude le tout dans une finale des plus persistante.

 

E.Guigal, Condrieu, 2015, $78.50, cépage : Viognier 100%, code SAQ : 13260856. Disponible en décembre 2018. Noté 95 points Wine Advocate, 94 points James Suckling, 92 points Wine Spectator.

Superbe année que ce 2015 qui a apporté son lot de maturité dans les fruits. Quelle concentration d’arômes sur la pêche, l’abricot, léger boisé ainsi que quelques notes florales bien typées. C’est opulent, gras, d’une texture veloutée, un peu de notes d’évolution sur la noisette et beaucoup de longueur. Très beau!

E.Guigal, La Doriane, Condrieu, 2017, $148.00, cépage : Viognier 100%, code SAQ : 13260899. Disponible Courrier Vinicole 2019. Noté 96 points James Suckling, 17.5 points Jancis Robinson, 95 points Wine Spectator, 94 points Wine Advocate.

Des notes assez intenses de fruits blancs sur la pêche, l’abricot, un boisé légèrement plus intense, de belles notes florales. Gras, opulent, on pourrait pratiquement dire qu’il a ‘’de la mâche’’, de la puissance aromatique mais tout en finesse et une longueur interminable.

E.Guigal, Ex Voto, Ermitage, 2013, $287.25, cépages dominants : Marsanne 90%, Roussanne 10%, code SAQ : 13319512. Disponible Courrier Vinicole de septembre 2018, ‘’Rhône en vedette’’. Noté 97 points Wine Advocate, 97 points Wine Spectator, 17 points Jancis Robinson.

Vous dire combien j’ai aimé !!! Des notes de miel entremêlées de notes florales et de noisettes. Opulent en bouche avec une texture grasse. Ce qui surprend c’est cette belle acidité qui procure un heureux contraste entre le gras et la fraîcheur du vin. Sublime!!

Les rouges

E.Guigal, Côtes-du-Rhône, 2015, $20.40, cépages prédominants : Syrah 50%, Grenache 40%, code SAQ : 259721. Noté de 89 à 91 points par Wine Advocate.

Notes de fruits rouges frais et d’épices. C’est un vin qui a de la chair, du fruit et de la rondeur avec des tannins presque charpentés et une belle fraîcheur. Une valeur ‘’refuge’’ qui offre un très beau rapport qualité/prix.

 

E.Guigal, Châteauneuf-du-Pape, 2015, $67.50, cépages prédominants : Vieux Grenache 70%, code SAQ : 11528151. Disponible en décembre 2018. Noté de 91 à 93 points par Wine Advocate et 16.5 par Jancis Robinson.

Ce vin est issu d’un style assez puissant pour un vin de cette appellation. C’est un vin qui a de la mâche et de la matière. Des notes de fruits rouges et noirs bien mûrs ainsi que des notes d’épices. Avec des tannins charpentés et bien ronds et une fraîcheur surprenante, ce vin laisse toute la place à la pureté du fruit.

Saintes Pierres de Nalys, Châteauneuf-du-Pape, E. Guigal, 2016, $67.50, code SAQ : 13905600. Disponible en décembre 2018. Noté 16+ points par Jancis Robinson.

J’ai noté au premier nez comme un soupçon de caramel des plus charmeurs avec des notes de fruits rouges et noirs ainsi que des notes d’épices douces. C’est un vin joufflu, généreux avec de belles notes d’épices douces et de fruits rouges assez intenses. La texture est veloutée et les tannins sont presque charpentés. C’est tout en équilibre, goûteux et d’une belle longueur.

Château de Nalys, Châteauneuf-du-Pape, E. Guigal, 2016, $116.25, cépages prédominants : Grenache 59%, Syrah 32%, code SAQ : 13905651. Disponible en décembre 2018. Noté 17.5 points par Jancis Robinson.

D’une facture bien classique avec des notes de fruits rouges et noirs ainsi que des notes d’épices douces et un soupçon de notes boisées. D’un équilibre irréprochable avec une texture veloutée, une belle fraîcheur et des tannins bien charpentés ainsi qu’une certaine puissance mais tout en élégance.

E.Guigal, Crozes-Hermitage, 2015, $27.35, cépage: Syrah 100%, code SAQ: 739243. Noté 90-92 points Wine Advocate, 16.5 points Jancis Robinson.

Des notes de fruits rouges bien mûrs assez intenses. La texture est veloutée, une acidité bien fraîche et les tannins sont charpentés et tissés serré. Passablement de volume et d’amplitude avec des notes de fruits frais et belle longueur. Très beau rapport qualité/prix.

 

E.Guigal, Vignes de l’Hospice, Saint-Joseph, 2014, $105.25, cépage : Syrah 100%, code SAQ : 13319571. Disponible Courrier Vinicole de Septembre 2018, ‘’Rhône en vedette’’. Noté 94 points Wine Spectator, 92 points Wine Advocate, 17.5/20 Jancis Robinson.

Nez complexe de fruits noirs ainsi qu’un léger boisé. En bouche, beaucoup de structure avec un moelleux velouté, une belle acidité et des tannins assez charpentés mais tout en finesse et en élégance.

E.Guigal, Château d’Ampuis, Côte-Rôtie, 2013, $152.25, cépages : Syrah 93%, Viognier 7%, code SAQ : 13319491. Disponible Courier Vinicole de septembre 2018 ‘’Rhône en vedette’’. Noté 95 points Wine Spectator, 94+ points Wine Advocate, 17.5 points Jancis Robinson.

Une période de vieillissement de 38 mois assouplit les tannins assez carrés de ce vin. Tout en volume et en amplitude ce superbe vin est caractérisé par sa puissance et sa profondeur. De belles notes de torréfaction et de fruits noirs, de pruneaux et de mûres ainsi qu’une touche de vanille; c’est un vin dense et intense que j’ai adoré.

E.Guigal, La Mouline, Côte-Rôtie, 2014, $493.00, cépages : Syrah 89%, Viognier 11%, code SAQ : 13733844. Disponible Courrier Vinicole 2019. Noté de 95-97 points par Wine Advocate, 96 points par Wine Spectator, 18/20 par Jancis Robinson.

L’archétype du vin de Côte-Rôtie qui exprime totalement son terroir. Des notes de torréfaction, de moka, un soupçon de notes fumées ainsi que des notes de fruits rouges et florales. Un vin suave, élégant, séduisant avec une texture veloutée, une acidité bien fraîche et des tannins presque charpentés. Longueur assez incroyable et très belle profondeur.

E.Guigal, La Turque, Côte Brune, Côte-Rôtie, 2013, $475.50, cépages : Syrah 93%, Viognier 7%, code SAQ : 13319563. Disponible Courier Vinicole de septembre 2018 ‘’Rhône en vedette’’. Noté 98 points par Wine Spectator, de 96-98 points Wine Advocate, 18.5 par Jancis Robinson.

Un de mes vins préféré de cette dégustation (en tenant compte du fait que je les ai tous aimé). Des notes de fruits rouges passablement intenses ainsi que des notes d’épices douces. Quel équilibre et quelle finesse! Belle harmonie entre la texture des plus veloutée, une acidité bien fraîche et les tannins presque charpentés et fins. Puissance et finesse…

E.Guigal, Ex Voto, Ermitage, 2013, $475.50, cépage : Syrah 100%, code SAQ : 13319521. Disponible Courrier Vinicole de Septembre 2018, ‘’Rhône en vedette’’. Noté 97 points Wine Spectator, 94 à 97 points Wine Advocate, 18/20 points Jancis Robinson.

Quelle expression du terroir! Comme une apothéose, un pinacle…De belles notes de fruits noirs, de cuir, de réglisse, de torréfaction ainsi que des notes d’épices douces. Beaucoup de matière, de richesse et de structure en bouche avec des tannins particulièrement charpentés mais tout en finesse et en élégance. Quel bonheur!

 

 

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