Catégorie : Italie (Page 1 of 7)

Des Coups de Coeur de la Sicile! Les vins de la maison Cusumano.

Il faut souvent se fier à la réputation d’un producteur pour la qualité de ses vins. Et la maison Cusumano en est une que j’apprécie particulièrement car année après année ils offrent un excellent rapport qualité/prix. Cette perception s’est concrétisée suite à ma rencontre avec Diego et Arturo Cusumano les deux propriétaires de la maison dont la philosophie en est une de recherche constante de qualité. Voici deux de leurs vins que vous allez sûrement apprécier.

Cusumano, Agimbé, Insolia, Chardonnay, Italie, Sicile DOC, Tenuta Ficuzza (Piana degli Albanesi), 2019, $13.65, cépages: Insolia 70%, Chardonnay 30%, sucre : 1.5 g/l, alc.: 13.5%, code SAQ : 11097101.

Cusumano, Agimbé, Insolia, Chardonnay, Italie, Sicile DOC, Tenuta Ficuzza (Piana degli Albanesi), 2019

Un vin particulièrement aromatique dont émanent des effluves de pêches, d’abricots, de poires rehaussés de belles notes florales. La bouche est goûteuse, énergique avec des flaveurs d’abricots et de pommes entremêlées d’une belle acidité et d’une agréable perception de minéralité. Belle finale légèrement acidulée et agréable persistance.

Vous ferez de beaux accords avec des poissons, fruits de mer et viandes blanches grillées.

Cusumano, Benuara, Syrah, Nero d’Avola, Italie, Sicile DOC, Tenuta Presti & Pegni (Monreale), 2017, $16.95, cépages: Nero d’Avola 70%, Syrah 30%, sucre : 2.5 g/l, alc.: 14.5%, code SAQ : 10539915.

Cusumano, Benuara, Syrah, Nero d’Avola, Italie, Sicile DOC, Tenuta Presti & Pegni (Monreale), 2017

Un vin généreux, goûteux et tout en fraîcheur! Il s’ouvre sur des parfums de fruits bien mûrs tels les cerises, les mûres, les framboises agrémentés de notes boisées ainsi qu’une touche d’épices douces. La bouche est savoureuse et charnue avec des tannins charpentés, une acidité bien fraîche et des flaveurs de fruits noirs tels les mûres ainsi qu’une bonne dose de poivre et d’épices douces. Généreux, d’une belle amplitude et s’exprimant en une finale assez persistante dominée par des notes de fruits bien juteux, c’est un vin qui offre un excellent rapport qualité/prix.

Vous ferez de beaux accords avec des viandes rouges bien grillées et BBQ.

VinsFins l’Agence – échantillons

Les vins de Sicile

Disons-le d’emblée, la Sicile a connu une révolution depuis une vingtaine d’année avec sa nouvelle génération de viniculteurs qui ont littéralement apporté un vent de fraîcheur et de renouveau aux vignobles de la Sicile. Et on le sent et on le goûte!

Carte vinicole de la Sicile

Ces vins qui autrefois étaient particulièrement rustiques ont gagné en finesse et en fraîcheur. On ressent de plus en plus le fruit et de moins en moins le bois. Les cépages tels les Nero d’Avola en Sicile produisent des vins goûteux, assez capiteux et complexes alors que les cépages tels le Nerello Mascalese dans la région de l’Etna font dire de cette région que c’est ‘’La Bourgogne de la méditerranée’’ avec sa myriade de petits vignobles. On ne parle plus de vins de Sicile mais bien d’un ensemble de terroirs qui produisent une grande variété de vins aussi distincts les uns des autres.

La maison Cusumano

Tenuta San Carlo

La maison familiale vieille d’une soixantaine d’années possède l’entièreté de ses vignobles qui font au-delà de 500 hectares et produit ses vins strictement à partir de ses propres raisins ce qui est un gage de qualité puisqu’on peut contrôler l’ensemble du processus de l’élaboration de vins. Vers la fin des années 90 on a replanté les vignes selon l’optimisation des terroirs et des cépages et on a produit la première cuvée en 2001. Puis par la suite on a procédé à l’acquisition de divers vignobles jusqu’à aujourd’hui. La maison est constituée des Tenuta suivantes qui reflètent la myriade de terroirs différents :

Tenuta Ficuzza, Piana degli Albanesi dans la province de Palerme.

Tenuta Presti e Pegni, sur les collines de Monreale.

Tenuta San Giacomo, à Butera dans la province de Caltanissetta.

Tenuta Monte Pietroso, dans le territoire de Monreale

Tenuta San Carlo, Partinico

Vignoble Tenuta Monte Pietroso

Quand on demande à Diego Cusumano (co-propriétaire) combien de bouteilles la maison produit, il nous répond par le nombre d’heures par hectare de vigne qu’ils mettent pour produire leurs vins. Ce que j’ai retenu c’est quand ils se comparent à une autre région qualitative d’Italie, le Piémont (qui produit les fameux Barolos), ils utilisent plus d’heures par hectare de vigne pour produire leurs propres vins que dans le Piémont. On arrive à une production d’environ 2.5 millions de bouteilles avec des rendements d’environ 35-37 hectolitres par hectare de vigne ce qui en fait des rendements assez bas.

L’approche au niveau de la vinification se fait selon une approche parcellaire. Ceci implique que les raisins de chaque parcelle sont vinifiés séparément puis assemblés afin d’obtenir le produit optimal. Comme Diego le mentionnait ‘’quand vous visitez un chai prêtez attention au nombre de cuves. Ça vous donnera une bonne idée si on pratique vraiment l’approche parcellaire’’

Quatre expressions du cépage Nebbiolo avec la caisse panachée de l’agence Vinatovin!

Le cépage Nebbiolo, roi et maître du Piedmont, situé dans le nord de l’Italie, confirme la qualité et l’unicité des vins de cette région. Cette caisse mixte démontre bien les multiples facettes du cépage avec un vin de la DOC Torino, de Barolo DOCG, de Barbaresco Reserva DOCG et de Barolo Reserva DOCG. Ce sont tous des vins qui sauront bien garnir votre cave ou cellier.

Pour commander

Pour commander ces caisses panachées cliquez sur le lien suivant.

Vous aurez accès à toutes les modalités ainsi que les détails de livraison en succursale ou à domicile selon la région. Vous pouvez aussi appeler au 1-819-472-5282 ou envoyer un email à information@vinatovin.com

Caisse #4: Italie – Nebbiolo dans toutes ses formes : $820.00 – 12 bouteilles

3 bouteilles Torino DOC 2016

3 bouteilles Barolo DOCG 2014

3 bouteilles Barbaresco Riserva DOCG 2012

3 bouteilles Vinorum Barolo Riserva DOCG 2011 (ou 2012 selon inventaire)

Torino, Nebbiolo, Italie, Piémont, Langhe, Torino DOC, Salvano, 2016, $38.40, cépage : Nebbiolo, , alc. : 13.5%.

Torino, Nebbiolo, Italie, Piémont, Langhe, Torino DOC, Salvano, 2016

Notes de dégustation Vinformateur (échantillon) :

Ce vin s’ouvre sur des effluves d’une belle intensité tant sur les fruits rouges bien mûrs, que de notes d’épices douces et un soupçon de vanille. La bouche est d’une texture veloutée, l’acidité assez présente typique au cépage et les tannins sont charpentés et tissés bien serrés et assez ronds pour du Nebbiolo. Le vieillissement de 18 mois en barrique libère de belles notes boisées qui avec le temps s’intégreront harmonieusement à l’ensemble du vin. C’est juteux, d’une belle amplitude en bouche et d’une très belle persistance. C’est un vin de Nebbiolo qui a une très bonne capacité de vieillissement bien qu’on puisse l’apprécier immédiatement.

Vous ferez de beaux accords avec des viandes rouges et du gibier.

Barolo, Italie, Piémont, Langhe, Barolo DOCG, cépage : Nebbiolo, 2014, $62.90, alc. : 14%.

Barolo, Italie, Piémont, Langhe, Barolo DOCG, cépage : Nebbiolo, 2014

Notes de dégustation du producteur :

Ce vin est un des plus prestigieux de la région du Langhe. D’un rouge éclatant avec quelques reflets violacés il dégage des accents typiques de tabac et de chocolat. La texture est bien veloutée et le vin est bien sec.

Vous ferez de beaux accords avec les viandes rouges et sera parfait avec du gibier. Il est particulièrement raffiné avec des plats typiques des Langhe, tels que «Brasato al Barolo» (bœuf braisé au vin rouge) et «Lepre al civet» (lièvre sauvage cuit au vin rouge). Excellent entre les repas comme «vin de méditation».

Barbaresco, Italie, Piémont, Langhe, Barbaresco, Riserva DOCG, Salvano, 2012, $82.20, cépage : Nebbiolo, alc. : 14%.

Barbaresco, Italie, Piémont, Langhe, Barbaresco, Riserva DOCG, Salvano, 2012

Notes de dégustation du producteur :

Robe rouge grenat intense et profonde. Bouquet caractéristique de fruits rouges mûrs avec des notes de bois et de vanille. Le profil aromatique est bien sec et austère rappelant le pays de Langhe.

C’est un vin adapté aux rôtis, au gibier et à diverses spécialités piémontaises. Excellent avec les fromages à pâte dure et épicée.

Barolo, Riserva, Vinorum, Italie, Piémont, Langhe, Barolo DOCG, 2012 ou 2011, $92.45, cépage : Nebbiolo, alc. : 14%

Barolo, Riserva, Vinorum, Italie, Piémont, Langhe, Barolo DOCG

Notes de dégustation du producteur :

Robe rouge grenat intense et profonde. Bouquet typique, intense et très persistant avec un parfum de bois doux et de vanille. Goût sec et velouté.

Vous ferez de beaux accords avec les viandes rouges et sera parfait avec du gibier. Il est particulièrement raffiné avec des plats typiques des Langhe, tels que «Brasato al Barolo» (bœuf braisé au vin rouge) et «Lepre al civet» (lièvre sauvage cuit au vin rouge). Excellent entre les repas comme «vin de méditation».

Cantine Salvano

Cantine Salvano

Les origines de Cantine Salvano remontent à des temps anciens. Dans les années 30, Angelo Salvano a commencé à produire des vins dans la ferme «Grillo» dans les vignobles de Diano d’Alba, au cœur des Langhe.

Ses produits, le résultat du travail acharné dans les vignobles et le dévouement à une terre dure et riche en même temps, commencent à être connus de beaucoup. Immédiatement après la guerre, la volonté de fer de son fils Xavier lui a permis d’agrandir la cave et de déplacer Valle Talloria. D’où le nom «Salvano» devient synonyme de vins de qualité.

Vignobles Salvano

En 1982 commence une nouvelle phase de croissance décisive, lorsque deux garçons des paysans d’origine décident de capitaliser sur leur enthousiasme et de réaliser leur rêve en tiroir. Luciana Agnello et Piero Sobrero apportent à l’entreprise et à leurs ambitions des expériences personnelles, en perpétuant la tradition, les saveurs et les arômes d’un art ancien, liés à la valeur de la terre des Langhe.

De nos jours, l’entreprise possède des vignobles à Ricca, Roddino, Barbaresco, Treiso, Serralunga, Monforte, à Roero et à Diano d’Alba (la terre historique du premier siège de la cave). Les vignobles sont traités et transformés par les agriculteurs, selon la tradition, afin de préserver les différentes caractéristiques de chaque terre.

Les autres caisses panachées

Poliziano! Des vins de Toscane de qualité supérieure!!

En juin dernier je visitais l’Italie et plus particulièrement la région de Montepulciano qui est située en Toscane. C’est à l’invitation du Consorzio Vino Nobile di Montepulciano que j’ai visité cette superbe région. Vous pouvez accéder à mon article sur la région qui mérite d’ailleurs qu’on y aille au moins une fois dans sa vie. Tellement beau! Cliquez sur le lien.

Lors de ce voyage j’en ai profité pour visiter plusieurs vignobles dont celui de Poliziano. Rencontrez donc avec moi ce producteur bien connu au Québec dont une dizaine de références sont disponibles à la SAQ.

Il faut savoir que lors de ma visite j’ai enregistré l’ensemble des commentaires de Margherita Pallecchi Directrice à l’Export et du Dott. Federico Carletti propriétaire du Domaine. C’est donc pratiquement sous forme d’entrevue que je vous livre cet article.

VF (Vinformateur) : ‘’L’Italie possède tant de cépages indigènes et ça me surprend toujours qu’on persiste à utiliser des cépages dits internationaux dans l’élaboration des vins’’.

MP (Margherita Pallecchi) : ‘’Il est vrai que de temps à autres nous allons assembler du Merlot avec du Sangiovese car les deux vont si bien ensemble. Le Merlot ajoute un côté plus rond et plus velouté au vin final. Cependant notre but ultime pour les prochaines années est d’utiliser de 90 à 95% de Sangiovese si ce n’est 100% comme nous le faisons maintenant pour nos deux vins provenant de Single Vineyards (vins provenant d’une seule parcelle).

Nous voulons donc être des producteurs de Sangiovese dans le terme le plus pur. Pour le moment nous sommes entre 80 et 90% de Sangiovese et nous sommes en constante et rapide évolution.

Visite du vignoble

VF : note – nous nous dirigeons vers les vignes…

MP : ‘’Je me présente. Mon nom est Margherita Pallecchi et je suis Export Manager pour Poliziano Winery depuis 14 ans pour les marchés européens. Il y a 5 ans je m’occupais de tous les marchés.

La Winery est la propriété privée de Dott. Federico Carletti que nous allons rencontrer plus tard. Federico fait partie de la deuxième génération de la famille. Il a déjà été président du Consorzio Vino Nobile di Montepulciano et est une personne influente en viticulture italienne. Son background est ingénieur agronome et il a dévoué toute sa carrière depuis sa graduation en 1978 à l’élaboration du vin.

Son père a débuté la Winery en 1961 avec environ 22 ha et c’est lui qui planté toute la vigne. Poliziano c’est réellement une affaire de famille! D’autres membres de la famille sont bien impliqués dans les opérations.

Nous avons maintenant ici 127 ha de vignes avec un autre 27 ha dans le secteur de Maremma et Cortona. Nous produisons de 800,000 à 1 million de bouteilles. Nous vendons nos vins dans environ 45 pays incluant le Québec. On peut dire que la Winery a connu une forte croissance surtout due à l’acquisition de vignobles au fil des années.  Approx. 50% de la production est exportée alors que le reste est vendu localement. Ces pourcentages peuvent varier un peu d’année en année.

Les vignes sont plantées en Cordon Royat (Spur Cordon) à 80% de Sangiovese (Prugnolo Gentile).  

Les vignes sont plantées à haute densité donc très près l’unes de l’autre avec 6,000 plants/ha. Dans les années 60 et 70 cette densité était de 3,000 à 3,500 plants/ha. Ceci philosophie contribue au fait que chaque plant est en complétion pour la nourriture du sol. Les grappes résultantes sont plus petites, sont plus concentrées avec un profil aromatique plus riche.

Nous procédons à une vendange verte vers la fin d’août afin de bien gérer les rendements et la maturité des grappes que nous voulons optimales.

Cette année (2019) nous sommes 10 jours en retard puisque le mois de mai a été froid et pluvieux et ce, malgré le fait que le débourrement a été hâtif au printemps. Nous n’avons jamais rien vu de tel depuis des années.

Les changements climatiques ont été si drastiques que nous sommes passés du chauffage de la maison à l’air climatisé en une journée. Finalement nous n’avons pas eu de printemps.

Notre type d’agriculture est durable et nous ne sommes pas organiques. Cependant nous n’utilisons pas d’insecticides et utilisons plutôt les méthodes de « confusion sérielle » chez les insectes. Nous limitons aussi l’utilisation de produits phytosanitaires.  Nous pensons nous convertir un de ces jours.

Visite du Chai

Le Chai principal vient des années 70 et il a été restauré au fil des années. Nous recevons environ de 10 à 15,000 visiteurs chaque année. Nous avons 2-3 personnes qui s’occupent des visites sur au moins 6 mois par année.

Réception des raisins

Nous arrivons à la réception des raisins qui ont tous été vendangés à la main. Les raisins sont égrappés avec une nouvelle technologie qui utilise l’oscillation des grappes. Les baies sont traitées plus doucement et ne génèrent donc aucun stress. Puis elles sont triées depuis 2014 par scanner optique ainsi qu’à la main.

Nous sommes que quelques vignobles en Toscane à utiliser cette technologie de pointe. Dans les bonnes années l’efficacité de ces scanners ne semble pas optimale car la grande majorité des raisins sont beaux. Mais dans les moins bons millésimes ils aident beaucoup. Il est très important de bien calibrer ces machines car elles sont extrêmement rapides. Les vins Premium dont les Signe Vineyards ne sont triés qu’à la main afin d’optimiser la qualité des baies.

Égrappeuse – Poliziano

Cette portion du Chai a été rénové dans les années 90. Le tout utilise la gravité pour ne pas à avoir à pomper les raisins. Il n’y a qu’un étage vers le sous-sol. Tous les raisins sont fermentés dans des cuves en acier. Pour la fermentation malolactique, nous utilisons une partie des barriques de chêne’’.

La salle de fermentation

VF : note – Nous rentrons à l’intérieur…

MP : ‘’Au début, alors que nous n’avions que 22 ha cette partie du Chai suffisait pour le vieillissement du vin. Au fil des années le Chai a été agrandi. On s’est longtemps posé la question si au lieu d’agrandir le Chai original, il n’aurait pas été mieux d’en bâtir un autre afin d’améliorer la logistique. Ça a été finalement été une décision émotionnelle d’agrandir le Chai original ou tout a débuté. Au fil des années la Winery a beaucoup changée. Des 22 ha du début, on a maintenant 125 ha. Ces parcelles sont dispersées et tout revient ici.

Même les raisins de Maremma sont vinifiés ici ce qui est une bonne distance. Ils sont transportés dans des camions réfrigérés et ça prend de 2 à 2.5 hres pour arriver ici’’.

VF : note – Nous descendons vers les cuves de fermentation…

MP : ‘’Les cuves ont une forme conique ce qui aide au chapeau à constamment se désintégrer. Tout le moût arrive dans ces cuves par gravité. Nous avons ici deux sections. La première est pour les vins haut de gamme ou les cuves sont passablement plus petites avec 9,000 litres ce qui permet la vinification parcellaire. Les vins sont « punchés » lentement plusieurs fois par jour afin d’extraire les bons tannins. Nous ne voulons de vins avec des tannins astringents. Les cuves sont toutes thermorégulées afin d’optimiser la vinification.

Dans cette deuxième section nous avons des cuves plus grandes. Et il y a beaucoup de ces cuves pour une production de 800,000+ bouteilles. … Vraiment tout est fait afin de produire des vins de qualité. Le Rosso sera fait dans des plus grandes cuves. Ici la vinification et la fermentation sont automatisés. On utilise plus de « pump over » pour ces vins afin d’aller chercher une belle extraction de saveurs et de couleur’’.

VF : Observation : En comparaison avec d’autres vignobles ce qui surprend c’est la qualité, la qualité et le haut niveau de sophistication de l’équipement de pointe dans le Chai. En fait les investissements sont beaucoup plus effectués au niveau technologique qu’au niveau marketing.

MP : ‘’En 2005 nous avons agrandi pour accueillir encore plus de barriques pour le vieillissement. Même les barriques et foudres ont une forme conique. On peut les utiliser pour la fermentation malolactique car c’est une forme de barrique qui facilite le processus. Il est en fait plus facile de nettoyer ces barriques. Ce sont donc des barriques à double usage.

Nous ne faisons pas de Riserva mais nous avons des Single Vineyards.

Vieillissement en barriques et bouteilles

Plusieurs corridors sont utilisés pour le vieillissement en bouteille. Nous avons de beaucoup d’espace. La majorité des vins vieillissement en bouteille pour de 3 à 6 mois ou plus. Le vieillissement total en barrique est d’un an à 1.5 an plus le vieillissement en bouteille.

Au sous-sol nous utilisons l’air climatisé afin de bien contrôler la température et de plus c’est bien sombre ce qui est parfait pour le vieillissement. Tout cet endroit a été créé dans les années 70 . Vous voyez des cuves en ciment mais nous ne les utilisons plus pour la fermentation mais bien pour effectuer les assemblages. La fermentation n’est faite qu’en cuve d’inox.

Peux-être qu’un jour on réutilisera les cuves de ciment mais pour le moment nous sommes à l’inoxydable.

Bibliothèque des vins – Poliziano

VF : note – Devant nous La bibliothèque des vins! Ça ressemble à La Banca de Vino que j’ai vu à Bra dans le Piémont. C’est ici qu’on rassemble tous les millésimes.

MP : ‘’Puis nous arrivons dans la salle des barriques où sont disposées 2,000 barriques et tonneaux. Au fil des années nous utilisons de moins en moins de petites barriques et de moins en moins de barriques neuves afin de laisser la place aux arômes et saveurs fruitées et ainsi accentuer la complexité des vins.

Si on comparait un 2000 à un 2015 on verrait que les notes boisées sont beaucoup moins présentes. C’est véritablement un changement de style dans nos vins. Nous utilisons des barriques et des foudres de chêne français. Deux millésimes sont à vieillir présentement soient le 2017 et le 2018. Sous peu nous allons embouteiller le 2017 et nous libérerons de l’espace pour le 2019 qui s’en vient. Ici il y a toujours 2 millésimes qui vieillissent côte à côte. Nous contrôlons la température ainsi que l’humidité avec les ‘’sprinklers’’. ‘’

Rencontre avec Dott. Federico Carletti

VF : note – Nous sommes de retour à la réception ou nous rencontrons Dott. Federico Carletti le propriétaire de Poliziano pour la dégustation des produits de la maison.

VF : « Je suis impressionné par le nombre élevé de petites cuves qui vous permettent la vinification parcellaire.  Vraiment une orientation qualité ».

FC (Dott. Federico Carletti ):  ‘’Nous avons débuté il y a 20 ans cette approche parcellaire et ce dans tous les aspects de la Viti et viniculture incluant le vieillissement. Nous vendangeons à la main et nous respectons la typicité des cépages et des terroirs.

Dans les 10 dernières années nous avons fait beaucoup d’analyse de sols afin d’optimiser les bons cépages avec les bons sols. Il y a de ça 20 ans, nous avons fait ce que nous voyons maintenant comme une grosse erreur.

Nous avons 2 Single Vineyards dans le Vino Nobile et nous avons décidé alors de faire les vins dans un style Bordelais. Le terroir de Bordeaux est bien spécifique et finalement n’est pas du tout le même qu’on retrouve dans notre appellation. Nous avons une myriade de sols, d’altitudes, d’expositions etc. Finalement nous avons réalisé qu’il fallait mieux mettre en valeur ces variations en respectant les cépages et les sols qu’en essayant de copier le style d’une autre région. Maintenant j’ai changé de philosophie. Je ne tente plus de faire des vins comme à Bordeaux. J’étudie les sols, j’essaye de comprendre les particularités de chaque terroir et de voir ce qu’il me donne comme vin. Maintenant l’approche pour moi ce que nous faisons avec nos Single Vineyards.

Et vous serez aujourd’hui les premiers canadiens à déguster le deuxième Single Vineyards de Poliziano qui n’a jamais été vendu en Amérique du Nord’’.  

VF : ‘’Quelle est votre position sur le pourcentage de Sangiovese à être utilisé dans l’élaboration de vos vins et sur l’utilisation des cépages internationaux’’?

FC : ‘’Il à y 40 ans il n’était pas facile de faire un bon vin avec le Sangiovese. Les plants de vignes et les types de Sangiovese étaient différents. Dans notre Rosso nous avons par exemple 20% de Merlot. Je veux faire de bons vins. Maintenant nous envisageons des clones différents et ce dans les meilleurs terroirs ce qui permet l’utilisation de Sangiovese à 100%.

D’ailleurs, les vins que nous allons donc déguster sont le : Rosso di Montepulciano 2017 avec 20% de Merlot , Vino Nobile di Montepulciano 2016 avec 15% Merlot, Asinone Single Vineyard Vino Nobile di Montepulciano 2016 avec 10% d’autres cépages et le Caggiole Vinio Nobile di Montepiulciano 2016 est élaboré avec  100% de Sangiovese.

Nous faisons 1,000,000 de bouteilles avec 130 ha à Montepulciano et 27 ha à Maremma et Cortona. À chaque année dans ma tête j’améliore la qualité de nos vins. Par exemple nous avons augmenté la densité de plantation avec 6,000 plants/ha et ce depuis les années 90.

Avec les changements climatiques nous avons réduit à environ 5,000 plants/ha. Nous évaluons l’agriculture organique dont nous implantons certains des principes. Nous sommes experts dans beaucoup de ce qui touche la vitiviniculture pour avoir constamment expérimenté au fil des années.

Nous avons introduit beaucoup de technologies de pointe comme par exemple la sélection (tri) optique. Mais je ne l’utilise que surtout pour le Rosso. Pour les autres vins nous faisons le tri à la main. Le tri optique est extrêmement rapide et brasse un peu le raisin durant le processus.

J’ai visité l’année dernière le Château Montrose et j’étais fier de voir qu’ils appliquaient la même philosophie au niveau du tri entre autres.

Mais, ce qu’il y a de plus important c’est le terroir. Nos deux Single Vineyard proviennnet de deux sols totalement différents et on peut voir de grandes différences lors de la dégustation’’.  

VF : « Et le futur réside où selon vous? »

FC : « Avec des vins élaborés à partir de 100% de Sangiovese. Dans un autre ordre d’idée il ne faut pas oublier le réchauffement climatique qui nous a forcé d’apporter plusieurs changements. Nous coupons par exemple les feuilles plus jeunes qui ont tendance à produire du sucre ce que nous ne voulons pas. Nous gardons les plus vieilles feuilles et on protège les grappes avec. La gestion du feuillage a complètement changé. Auparavant ou « ouvrait » les feuilles le 10 juillet. Maintenant nous faisons cette opération le 10 septembre. Il ne faut pas que les grappes de Sangiovese cuisent sur le plant.

J’ai mis beaucoup de temps à sélectionner les clones de Sangiovese et je crois avoir trouvé les meilleurs. Ça nous permet de focaliser sur le Sangiovese et ajouter ainsi de la typicité à nos vins.

Nous utilisons entre autres seulement nos levures que nous produisons nous même.

La maturation du fruit est très importante pour moi. Je ne fais jamais l’analyse des baies. J’y goûte plutôt pour mieux comprendre ou le raisin est rendu . Donc je me promène dans les vignes avec mon oenologue et nous goûtons aux raisins. Nous prenons nos décisions sur le niveau de sucre, d’acidité , la maturation phénolique et nous sommes capables de dire quand il faut débuter les vendanges.

J’aime les vins qui sont riches et qui ont du corps. Je n’aime pas les vins verts avec des arômes herbacés.

La dégustation

Poliziano, Rosso di Montepulciano, 2017, $22.50, cépages : Sangiovese (Prugnolo Gentile) 80%, Merlot 20%, sucre : 2.4 %, alc. : 14.5%, code SAQ : 13630343.

J’ai été surpris par la structure de ce vin. De plus, les notes de chêne sont très discrètes (vieillissement de 6 mois de 20% du vin). Il a du corps, de la mâche, la texture est bien veloutée

et les notes de fruits (cerises noires) sont bien mûres. J’ai de plus perçu quelques notes florales. Les tannins sont charpentés et tissés bien serré et l’acidité est bien présente. Aucune note herbacée. Tellement beau, c’est définitivement un vin à acheter!!

FC : ‘’En 2009 nous avons commencé à vendanger alors que tous les autres vignerons avaient terminé. Nous avons quand même à vendanger 89 ha de Sangiovese et ça nous prend 2 semaines. Je prends des risques pour atteindre cette maturité’’.

Poliziano, Vino Nobile di Montepulciano 2016, $32.00, cépages: Sangiovese 85%, Merlot 5%, Cannaiolo 5%, Colorino 5%, sucre : 1.5 g/l, alc. : 13.5%, code SAQ: 11194832.

Ce vin a effectué un vieillissement de 15 mois en barrique. Le millésime 2016 en est un bien classique. C’est un vin dans lequel on perçoit beaucoup d’équilibre, une très belle acidité ainsi que de beaux arômes de cerises et d’épices douces. La structure tannique est superbe et il dégage une belle impression de volume en bouche. Un vin bien sphérique. On perçoit la complexité sans les saveurs et arômes boisées.

FC : ‘’On utilise des barriques de 500 à 600 litres. Il n’y a qu’une petite partie des barriques qui sont neuves. À ce sujet nous avons beaucoup évolué au fil des années.’’

Poliziano, Asinone, Vino Nobile di Montepulciano, 2016, (le 2015 est disponible à $63.75), cépages : Sangiovese 90%, Colorino 10%, code SAQ : 13787543.

FC : ‘’C’est le plus vieux des deux Single Vineyards. Les sols de cette parcelle sont particulièrement pauvres avec des sols d’argile et de roches rouges. La production de ce vin est très limitée’’.

Un vin qui s’ouvre sur des effluves de fruits bien mûrs, d’épices douces, de cuir. La bouche volumineuse est veloutée, la texture élégante sur des tannins bien charpentés et tissés bien serré. Tout est en équilibre et en finesse!! D’une longueur et persistance assez incroyable!!

Poliziano, Le Caggiole, Vino Nobile di Montepulciano, 2015, non disponible au Québec.

FC : ‘’Le Caggiole provient de sols composés de fossiles et de coquillages. On y retrouve de l’argile (29%) et aussi pas mal de sable. Nous avons débuté la sélection en 2013. Nous n’en avons pas fait en 2014. Puis 2015 le vin était beau et en 2016 nous avons  finalement décidé d’en faire notre deuxième vin Single Vineyard’’.

Élaboré à partir de 100% Sangiovese ce vin est très élégant, fin avec un côté féminin. Le vieillissement est fait dans des barriques un peu plus grande que pour l’Asinone.

Ces deux parcelles ne sont qu’à 500m l’une de l’autre ce qui est assez surprenant étant donné le profil aromatique tellement différent entre les deux vins. L’impact des sols sur ce vin est remarquable.

Dott. Federico Carletti et Claude Lalonde (Vinformateur) à droite

Les vins de la maison Carpineto, des classiques de la Toscane!!

En juin dernier je visitais l’Italie et plus particulièrement la région de Montepulciano qui est située en Toscane. C’est à l’invitation du Consorzio Vino Nobile de Montepulciano que j’ai visité cette superbe région. Vous pouvez accéder à mon article sur la région qui mérite d’ailleurs qu’on y aille au moins une fois dans sa vie. Tellement beau!

Lors de ce voyage j’en ai profité pour visiter plusieurs vignobles dont Carpineto. Rencontrez donc avec moi ce producteur bien connu au Québec dont plusieurs de ses vins sont disponibles à la SAQ.

Il faut savoir que lors de ma visite j’ai enregistré l’ensemble des commentaires de Antonio Michael Zaccheo Jr propriétaire des Domaines. C’est donc pratiquement sous forme d’entrevue que je vous livre cet article.

Antonio Michael Zaccheo Jr et Claude Lalonde (Vinformateur) à droite

Lors de notre visite, le Chai était pratiquement désert car les heures d’été étaient en vigueur, les employés ayant tous quitté à 14 :00 hres.  Antonio était fin seul pour nous recevoir.

VF (Vinformateur) : ‘’Parlez nous de Carpineto et de ses débuts’’.

AZ (Antonio Zaccheo Jr) : ‘’C’est en 1967 à Greve in Chianti lors d’un encan que mon père Antonio Mario Zaccheo et son partenaire Giovanni Carlo Sacchet ont fait l’acquisition de 12 ha d’un vignoble dont l’église était propriétaire. C’est comme ça que nous avons commencé. Mon père nous dit toujours que dans les années 60 c’était un vignoble qui avait été grandement négligé. Les gens des campagnes durant cette période partaient pour la ville pour trouver du travail et une vie meilleure. La vie sur la ferme était très dure. Vers la fin des années 60 pour le prix d’une Alfa Romeo ou d’une Ferrari vous pouviez acheter 40 ha incluant le Château ce qui assez extraordinaire.

Imaginez-vous le prix des propriétés qui a tellement augmenté depuis. En Toscane il y avait la possibilité de faire de bonnes affaires. C’était du au fait que l’économie viticole était peu développée à cette époque.

Giovanni Carlo Sacchet et Antonio Mario Zaccheo (droite)

Le problème c’est que nous n’avions que peu d’argent juste assez en fait pour acheter 12 ha et certainement pas assez pour acheter un Château et ses 40 ha. Donc nous avons fait l’acquisition de ces 12 ha avec une maison qui avait besoin de beaucoup de réparations. Le Chai avait aussi besoin de beaucoup d’amour. 

Des deux partenaires, mon père qui avait beaucoup d’expérience en agriculture et Giovanni Carlo Sacchet avait beaucoup d’expérience comme Winemaker. Leur vision était d’élaborer des vins de facture classique de régions reconnues telles Chianti Classico, puis Vino Nobile et par la suite le Brunello. Maintenant nous avons 5 domaines dont 2 dans le Chianti Classico, un dans le Vino Nobile, un à Montalcino et un à Maremma. Nous sommes maintenant propriétaire de 500 hectares de terres dont 200 sont constituées de forêts.

En dedans de 50 ans nous sommes partis de petits producteurs que personne ne connaissait (et qui n’était pas d’origine noble) à un producteur reconnu dans le monde qui a réussi à se positionner parmi les meilleurs vins du monde et qui gagne des prix tels meilleur Winemaker au monde. Vous savez, la grande majorité des producteurs en Toscane ont des origines parmi la noblesse. Il a été difficile pour nous de faire notre place. Nous n’étions que de simples agriculteurs, des « rednecks ».

Carpineto peut être considéré une « Winery » moderne. On ne sent pas l’odeur du vin quand on visite le chai car tout est très propre. Il n’y a aucun fil d’araignée nulle part. Ce n’est pas particulièrement romantique, mais si vous voulez faire d’excellents vins, c’est le genre d’environnement qui est nécessaire. Et cet environnement permettra aux vins de vieillir de nombreuses années.

Nous produisons au total environ 3,500,000 de bouteilles avec environ 30 vins différents.

Dans l’appellation Vino Nobile nous avons 22 ha et la Winery elle-même en a 110 ha. Tous les vins sont vendus sous la marque Carpineto. Quelques autres vignobles nous fournissent les quantités nécessaires pour répondre à la demande.

Nous sommes en croissance et nous ne pouvons acheter d’autres vignobles assez vite pour répondre à la demande. L’appellation Vino Nobile n’a que 1200 ha et c’est tout. Nous voudrions bien en avoir un autre 100 ha mais ce n’est pas possible. L’accès aux vignes ce n’est pas une chose simple qui est en fait géré par l’UE. Et si c’est compliqué avec l’UE, dites-vous que ce l’est encore plus en Italie.

Au Canada si vous décidez de planter de la vigne en Gaspésie alors tout est beau. Ici en Italie c’est une autre histoire….’’

Vignoble Carpineto

VF : ‘’Quelle est votre approche à la viticulture et à la viniculture?’’

AZ : ‘’Nous avons une approche durable face à l’agriculture avec l’utilisation de panneaux solaires, de réduction d’émission de CO2, de réduction du poids de nos bouteilles (de 420 à 360 grammes) . La bouteille de Riserva est passée de 600 grammes à 500 grammes. On sauve donc 20% en émissions en prenant les bonnes décisions. Nous prenons un grand nombre de telles décisions qui soutiennent une philosophie durable.

Ultimement, nous sommes positifs de 26%. C’est-à-dire que nous absorbons 26% de plus de CO2 qu’avant. Nous en sommes très fiers.

Une approche organique ou bio n’est pas absolument nécessaire selon moi. Nous pratiquons une agriculture de précision dans nos vignes et ce d’une manière durable. C’est aussi loin que nous voulons aller. Notre approche est même plus stricte que ce que prescrivent les cahiers de charge de l’appellation. Finalement le facteur décisionnel est ce qu´il y a dans votre verre. Il faut que ce soit bon. Une fois que vous avez démontré que vous êtes « Carbon positive » quoi d’autre devez-vous faire? Alors dans mon âme et conscience nous sommes satisfaits avec toutes nos décisions dans ce domaine et nous sommes confiants à passer le tout à la prochaine génération. Une fois ces décisions prises, nous mettons tous nos efforts à améliorer nos vins.

Cette approche holistique nous permet de faire d’excellent vins qui sont en symbiose l’environnement et le terroir.

Vignobles Carpineto

VF : ‘’Je vois que vous avez beaucoup de cuves. Est-ce pour permettre une vinification parcellaire’’?

AZ : ‘’En effet, la grandeur de chaque parcelle est alignée avec la capacité approximative des cuves ou de multiples de cuves. Il est fondamental chez nous de garder la vinification des parcelles de façon séparée.

Quand vous regardez l’ensemble de la vinification vous voyez que nous avons tout en double au niveau de l’équipement. C’est beaucoup plus facile pour les pièces de rechanges.  

Nous sommes une Winery ISO 9000. Nous adhérons donc à des principes très stricts. Pour nous la traçabilité des vins est importantes et tout ça commence dans la vigne et à la réception des raisins.

Quant à la traçabilité et à la communication aux consommateurs, il suffit de savoir que nous faisons partie d’une DOCG dont les critères de qualité sont assez élevés. Et on nous suit de très près quant à notre adhérence aux cahiers de charge.

Vignoble Carpineto

La visite

Vignoble et chai à Montepulciano – Carpineto

AZ : ‘’Alors voyons voir le processus de la vinification. Le tracteur arrive avec les raisins et est automatiquement identifié quant à sa provenance dans la vigne. On procède à la pesée puis le tout bascule et on pèse encore une autre fois. Nous savons en temps réel combien de kilos de fruits nous traitons. Nous savons donc dans quelle cuve vont ces raisins et c’est là que commence toute la planification de la vinification.

Une fois que nous avons identifié le numéro de parcelle, nous pouvons suivre l’évolution des raisins et du vin qui en résulte : la date et l’heure de la vendange, les conditions de la vendange, ou le vin est rendu dans le processus de vinification, le niveau de sucre, le niveau d’alcool etc. On contrôle donc tout.

Avec toutes ces analyses, Nous voulons savoir ce que nous faisons de mal et ce que nous faisons de bien. Nous voulons toujours apprendre afin d’optimiser nos vins. Au fil des années nous avons beaucoup amélioré nos processus. Mais il ne faut jamais oublier que les millésimes sont tellement différents les uns des autres et il faut constamment s’ajuster.

Cuves inox Carpineto

Nous avons jusqu’à date fait des vins chez Carpineto depuis 52 millésimes et aucun n’a été pareil à un autre. Nous ne sommes pas Pfizer ou le produit est constamment le même. Nous travaillons avec la nature et nous n’avons pas ce luxe. C’est sûr qu’il y a une part de sciences dans l’élaboration d’un vin mais il y a aussi beaucoup de ‘’gutfeel’’. ‘’

VF : ‘’Avec les changements climatiques beaucoup sont à la recherche de solution. Quant est-il pour vous à ce niveau’’?

AZ : ‘’Les changements climatiques sont bons pour le Canada et pour le Québec…non? Quant à nous, du au fait que notre terroir est sur des sols d’argile, nous sommes dans une bonne situation. Ces sols retiennent bien l’eau et dans notre cas, nous apprécierions que le climat demeure comme il est ce qui est un vœu pieux. Déjà pour répondre aux challenges climatiques, nous avons changé nos stratégies de taille de la vigne et plein d’autres choses. Nous voulons éviter entres autre que les raisins cuisent sur la vigne.  Nous n’avons pas droit à l’irrigation donc il n’est pas question la gestion de l’eau.

Chai Carpineto – Montepulciano

Nous avons des stations météorologiques depuis une quinzaine d’années qui nous permettent de suivre toute l’évolution climatique. Nous avons aussi des sondes qui sont disséminées un peu partout dans la vigne. Certaines sont dans les plants de vignes et d’autres sont dans le sol. Ceci nous aide grandement à la gestion de notre viticulture.

VF : note – Nous montons dans une tour qui est en fait une énorme cuve qui sert à l’embouteillage…

AZ : ‘’Nous avons eu un printemps assez étrange avec des températures fraîches et pluvieuses et depuis un mois plus aucune précipitation. Pour le moment ça fait bien notre affaire car nous avons besoin de chaleur. Au début Juin, nous étions quelques semaines en retard point de vue de la maturité.

Nous avons de nouvelles plantations avec surtout du Sangiovese qui a été planté en mars dernier. Nous n’avons pas à irriguer ces nouveaux plants car nous sommes sur des sols d’argile qui retiennent bien l’eau.

Vignoble Carpineto – Montepulciano

Quant aux bâtiments que vous voyez, un est pour les 18 tracteurs que nous possédons, cet autre bâtiment tient l’inventaire des bouteilles de Riserva qui est une de nos spécialités ce qui requiert beaucoup d’espace puisque nous en avons assez pour deux millésimes. Il y aussi deux familles d’employés qui demeurent dans la maison que vous voyez ci-bas.

Quand vous regardez le Chai vous remarquerez qu’il y a des panneaux solaires sur tous les toits orientés sud qui génèrent en tout 150 kilowatts de puissance. C’est un Chai très Hi-Tech qui a été complété il y a environ 6 ans et qui s’intègre dans notre philosophie d’agriculture durable.

Alors, d’ici on voit très bien Montepulciano qui est une petite ville vraiment magnifique. Ça paraît que suis originaire de Montepulciano non? En tant que village de montagne, c’est un des plus spectaculaire d’Italie’’.

VF : ‘’Vous parliez il y a quelques instants de la difficulté d’obtenir de nouvelles terres pour y planter de la vigne. Je vois plein de forêts et je me demande pourquoi vous ne pouvez les défricher comme on fait dans le Piedmont’’?

AZ : ‘’Dans le Chianti Classico ou nous avons 2 domaines, il y a environ 7,000 ha de vignes mais le potentiel est au moins 10 fois ce montant. Ça force les producteurs et les consommateurs à ne prendre que le « filet mignon » de l’appellation à partir des meilleurs vignobles. Si on augmentait beaucoup la production, je ne suis pas sûr que la qualité suivrait. Et d’ailleurs, ça crée un beau panorama à visiter et ça apporte beaucoup de biodiversité ce qui est bon pour la vigne. Si vous allez à Napa, on ne voit que des vignes. Peux être un peu trop. Cette mosaïque est plus durable si on regarde à long terme.

Cette situation force les producteurs à choisir les meilleurs endroits pour la vigne. Nous avons aussi une oliveraie et nous devons décider des emplacements compte tenu des vignes nécessaires pour rencontrer la demande.

Nous avons de la nouvelle vigne à partir de droits que nous avons acheté d’un propriétaire terrien de Maremma. C’est un processus d’acquisition très compliqué en Italie.

Notre vignoble à Montepulciano est le plus grand vignoble à haute densité de plantation en continu (d’un seul tenant) d’Italie avec près de 90 ha. Vous voyez tout juste ici vous avez la parcelle ou nous faisons le Farnito. La valeur de ce vignoble est très élevée. Au bas de la vallée nous avons les blancs.

La grande majorité est composée de Sangiovese. Nous avons un peu de Cabernet et du Merlot.

Nous sommes des producteurs de vins classiques qui respectent les terroirs et les cépages indigènes.

Quant aux vins que nous produisons, nous avons au fil du temps fait face à plusieurs challenges. Notre style n’était pas bien compris de tous. Les médias étaient il n’y a pas si longtemps, plus intéressés par des vins profonds avec beaucoup d’extraction ce qui n’était pas notre style. Et le Sangiovese n’est simplement pas le genre de cépage qui va donner de tels vins. Ça joue plus sur l’élégance et la finesse.

Chez Carpineto, nous avons des sols surtout composés d’argile et c’est la raison pour laquelle nous nous concentrons à faire des Riserva car les sols d’argile sont propices à produire des vins qui sont en puissance. Et finalement le vieillissement est plus long en barrique et en bouteille ce qui est un processus bien spécial.

Nous sommes dans la partie la plus basse de l’aire de l’appellation Vino Nobile et vous voyez qu’il vente beaucoup. C’est toujours comme ça ici. Nous n’avons jamais de problème d’humidité et donc moins de problèmes phytosanitaires. Finalement nous n’avons pas ou peu de mildiou.

Avec ces vents, la température sentie est donc plus fraîche et c’est vraiment superbe pour les raisins. On peut avoir des soirées avec des températures entre 13 et 18 degrés ce qui est une grande différence thermique avec les températures en plein jour. Çeci est excellent pour créer une bonne acidité dans les baies.

VF : note – Nous redescendons de la tour pour nous diriger vers le chai principal et la salle de dégustation

AZ : ‘’Ma famille fait du vin depuis plus de 100 ans et au fil des années nous avons accumulé de belles pièces qui composent comme un petit musée familial. Des pompes manuelles qui sont vieilles de 100 ans, de l’équipement pour produire de l’huile d’olive et du vin.

Puis nous avons ici cette charrette qui permettait le transport de « fiasco » qui étaient ces grosses bouteilles entourées de paille. On allait jusqu’à Florence avec ça.  Alors qu’on transportait le vin il fallait payer des taxes de transport.  Pas facile de faire du vin dans ces temps-là. Ici on a un filtreur des années 50. Comme on voit, le principe n’a pas changé mais la technologie s’est nettement améliorée. Puis une vieille ligne d’embouteillage des années 60.

VF : note – Nous allons visiter le Chai lui-même…vraiment très beau!

AZ : ‘’Nous avons donc ici le Vino Nobile Riserva, dans le centre, le Farnito Cabernet ainsi que le Vino Nobile provenant d’un seul vignoble (single vineyard). Nous utilisons des foudres de 50 et de 100 hectolitres. Dans l’autre chai nous avons des foudres de 60 hectolitres. La ligne de vinification est tout juste à côté.

La dégustation

Quelle générosité que celle d’Antonio! J’ai eu l’occasion de déguster une verticale du  Carpineto, Vino Nobile Riserva 1989, 1995, 2010 et 2015 ainsi que le  Carpineto, Vigneto Poggio Sant’Enrico, Vino Nobile 2001 et 2010 lequel est issu d’un seul vignoble (single vineyard)

J’ai bien apprécié sa philosophie de dégustation. Comme il le dit : ‘’J’aime bien commencer avec les plus vieux vins et procéder vers les plus jeunes car le palais s’acclimate progressivement aux vins plus jeunes et plus puissants. Plusieurs autres professionnels de l’industrie préfèrent débuter par les plus jeunes ce qui n’est pas mon cas’’.

Les vins de la maison Carpineto sont très bien représentés dans les succursales de la SAQ avec environ 40 références.

Dégustation Carpineto Montepulciano – juin 2019

Carpineto, Vino Nobile di Montepulciano, Riserva, 1989

Ce vin démontre une très belle évolution. On retrouve un soupçon du fruit d’origine et beaucoup de complexité avec des notes de sous-bois, de champignons, de prunes, de tabac, ainsi que de belles notes d’épices comme le cumin, le poivre et quelques notes de cuir. Avec le temps j’ai senti un superbe arôme de torréfaction.  Très complexe au fil de la dégustation. Très élégant et bien sphérique, il maintient une acidité encore vibrante bien typique de l’appellation.  

Ce vin a permis à la maison Carpineto de gagner le titre de meilleur Winemaker au monde. Le 1989 était un très beau millésime avec lequel Giovanni Sacchet le Winemaker a adoré travailler. Il a gagné le titre de meilleur Winemaker au monde en 1994 avec le 1989 Vino Nobile et le 1990 Chianti Classico Riserva. Quelques années plus tard, il a gagné le titre de meilleur Winemaker d’Italie. Giovanni est décédé il y 4 ans.

Carpineto, Vino Nobile di Montepulciano, Riserva, 1995

Le millésime 1995 était excellent tout dépendant de l’appellation. Chez Carpineto, on trouvait qu’il méritait la note maximale de 5. Ça été un millésime avec des hauts et des bas car la température est passé de fraîche à très chaude rapidement un peu comme en 2019. La composition du 1995 est bien classique avec 90% de Sangiovese 10% Cannaiolo et un peu de Colorino.

Ce vin a conservé beaucoup de fraîcheur avec des notes de fruits rouges un peu en retrait sur la bouteille que nous avons dégusté. C’est normal car avec de vieux vins on peut retrouver des variations d’une bouteille à l’autre. Normalement les notes de fruits rouges sur ce millésime sont plus évidentes alors que cette bouteille est un peu plus sur les fruits noirs. En fait, il est plus sur les prunes, des notes de tabac et est très floral. Les tannins sont très présents pour un 1995 et il a encore une très belle acidité qui fait saliver. C’est un vin qui démontre une belle tension et pas mal de ‘’vibrance’’ et de sapidité.

Il est encore en jeunesse et démontre un très grand potentiel de garde. Ce vin ferait de beaux accords avec des plats de risotto et avec des truffes.

Carpineto, Vino Nobile di Montepulciano, Riserva, 2010

Le millésime 2010 est un autre millésime 5 étoiles. Ce vin a fait partie du top 100 de Wine Spectator en 26ieme place. D’ailleurs, les vins de Carpineto ont  fait partie de cette liste 4 fois , 3 fois avec le Vino Nobile et une fois avec le Cabernet Sauvignon. Quand on compare les vins de Carpineto aux autres vins de cette liste, ils sont pratiquement toujours de loin le moins cher du groupe.

VF : Comment expliquez-vous cette situation?

AZ : ‘’C’est en plein notre philosophie. Nous produisons environ 30 vins différents avec 3.5 millions de bouteilles. C’est un bon montant de bouteilles qui aide à générer des économies d’échelle. Nous sommes donc capables de passer au consommateur ces économies ce qui génère des vins qui coûtent moins cher.

Une fois que nous avons compris et bien gérés nos coûts de production, si un vin obtient un score élevé avec Wine Spectator, ça ne nous coûte pas plus cher à le produire. Notre but est de produire les meilleurs vins au meilleur coût pour les consommateurs.

Ce que ça implique c’est que si le consommateur aime notre vin il n’aura pas peur d’en commander une deuxième à cause du prix. De plus, nous voulons que les consommateurs essaient plusieurs de nos vins.

Ce qui nous a amené à produire des vins qui offrent un excellent rapport qualité/prix. Ça été le secret de notre succès.

Ce 2010 est excellent et commence tout juste à se laisser découvrir. Sur les sols d’argile, les vins importants se boivent plus facilement lorsqu’ils atteignent 10 ans.  

Au nez il dégage des effluves de cerises, de notes boisées, de torréfaction. Très élégant et bien complexe avec beaucoup de balance et d’équilibre.  Il possède un très beau volume en bouche, est bien sphérique avec des tannins bien charpentés. Très belle longueur en bouche. Après 20 secondes de persistance il laisse la bouche bien fraîche et propre et n’a aucune amertume. Il possède encore le profil d’un vin en jeunesse et qui pourra vivre 30 ans et plus.

Carpineto, Vino Nobile di Montepulciano, Riserva, 2015, $30.85, cépages : Sangiovese 80%, Cannaiolo 20%, sucre : 2.3 g/l, alc. : 13%, code SAQ : 10319912.

Carpineto, Vino Nobile di Montepulciano, Riserva, 2015

C’est possiblement le plus simple des vins que nous avons dégustés. Il possède tous les attributs d’un vin jeune tout en ayant une certaine complexité. Les notes de fruits sont bien évidentes avec une dominante sur les prunes et les cerises au marasquin. De beaux arômes floraux bien typés au Sangiovese viennent compléter le tout. Les tannins sont beaucoup plus serrés et corsés que les autres vins et l’acidité est bien présente. Il a besoin d’un peu plus de vieillissement même s’il est déjà très bon. C’est un vin qui gagnera en complexité avec le temps car il est bâti pour durer plusieurs années.

Vigneto Poggio Sant’Enrico, Vino Nobile 2001 et 2010

Les deux autres vins proviennent d’un ‘’Single Vineyard’’ soit le Vigneto Poggio Sant’Enrico, Vino Nobile. Nous avons dégusté le 2001 et le 2010. Ces vins ne sont pas disponibles au Québec.

Ce vin est élaboré à 100% de Sangiovese. Carpineto a été parmi les premières maisons (depuis 1998) à n’utiliser 100% de Sangiovese.

Les raisins de cette parcelle étaient autrefois utilisés pour des assemblages. Les gens de Carpineto trouvaient que cette parcelle était excellente et suite à des tests de vinification probants en ont fait uen superbe vin issu d’un « « Single Vineyard’’. Environ 150,000 bouteilles de ce Vino Nobile Riserva sont produites.

Le 2010 est le millésime actuel qui est mis en marché. Nous avons dégusté aussi au 2001 afin de jauger le potentiel de garde de ce vin.  

Ce vin est vraiment un vin de Sangiovese pur. Ce qui est intéressant c’est que si le 2010 était dégusté à l’aveugle, base juste sur sa couleur on n’aurait jamais cru que c’était du Sangiovese .

Quand on observe la couleur du 2001 on perçoit des traces d’évolution alors que le 2010 est tout en jeunesse.

Chez Carpineto on le niveau de couleur selon une méthode reconnue (gallic acid equivalent) et ces mesures indiquent que les chiffres sont plus élevés pour ce vin que pour le Farnito Cabernet-Sauvignon. Surprenant pour du Sangiovese. C’est donc un vin qui provient d’un vignoble planté à haute  densité avec 8600 plants par hectare.

Chez Carpineto même avec les blancs on va jusqu’à 7,000 plants par hectare (55 he/ha). C’est ce que permettent des sols d’argile. Ceci donne un peu moins qu’une bonne bouteille par plant de vigne. Par contre, la qualité est au rendez-vous.

Ce vin va vieillir pendant 10 mois dans des barriques neuves avec un médium toast. Puis il est transféré dans des cuves en inox et puis finalement en bouteille. Il est donc en bouteille depuis le printemps 2012 donc depuis 7 ans et disponible dans le marché depuis l’automne dernier (2018).  

Le 2010 démontre des effluves de cerises, de tabac et des notes bien florales. En bouche c’est un vin bien sphérique et tout en volume avec des tannins charpentés. De belles flaveurs d’épices douces, de tabac, de fruits rouges et florales viennent ajouter beaucoup de complexité.

Le 2001 est carrément sur des notes champignonnées et balsamiques ainsi que des notes florales et fruitées. Très complexe en bouche avec des saveurs de poivre noir, de cuir et de fruits rouges. Les tannins sont passablement corsés et tissés bien serré pour un vin de cet âge. Bien sphérique avec une persistance assez incroyable. C’est un vin qui parle d’une voix.

Allez et payez-vous du bonheur!! Un beau Barolo Riserva de Batasiolo pour faire baisser le stress et la tension!!

Beni di Batasiolo, Barolo DOCG, Riserva, Italie, Piémont, 2011

Beni di Batasiolo, Barolo DOCG, Riserva, Italie, Piémont, 2011, $38.35, cépage: Nebbiolo 100%, sucre : 2.6 g/l, alc. : 15%, code SAQ : 11599231.

Ce vin est un Riserva qui doit, selon le cahier de charge de l’appellation, vieillir au moins 5 ans avant d’être mis sur le marché. Celui-ci élaboré selon la méthode traditionnelle et a vieilli dans de grands foudres. Ce vin respecte en tous points le cépage Nebbiolo qui nous donne ces vins qui ont fait et à juste titre leur renommée mondiale.

Au nez des notes de fruits rouges bien mûrs focalisé sur la cerise ainsi que des effluves de prunes et de cuir qui s’allient à des arômes de torréfaction et de belles notes florales (pétales de rose). On sent un peu une certaine évolution dans ce vin qui malgré tout est bâti pour durer une vingtaine d’années.

En bouche c’est costaud avec des tannins bien charpentés et tissés bien serré mais quand même bien soyeux, une superbe structure, une acidité bien présente et des flaveurs de fruits noirs ainsi que quelques traces d’évolution tel le tabac. Superbe longueur en bouche, beaucoup de volume et d’amplitude!

Vous ferez de beaux accords avec des viandes rouges grillées, gibiers, rôtis, plat de porc aux champignons.

Agence Charton Hobbs – échantillon

La maison Beni di Batasiolo – La Morra

En avril dernier lors d’un voyage vinicole de 3 semaines en France et en Italie, j’ai réalisé un rêve que je caressais depuis quelque temps c’est – à – dire visiter le Piedmont et dégusté ses fameux Barolos, Barbera et Barbaresco. Un des vignobles que j’ai visité est celui de Batasiolo un des plus important producteur de l’appelation Barolo.

C’est avec Gabriele Pezzuto que s’est effectuée cette visite. Par la suite lors de la dégustation Fiorenzo Dogliani  de la  famille propriétaire de la maison s’est joint à nous. Mon ami Luc Marier sommelier et représentant d’une agence d’importation était mon ‘’partner in crime’’ durant ce voyage.

Beni di Batasiolo – une histoire de famille

Beni di Batasiolo c’est l’histoire de la famille Dogliani. La famille vit le monde du vin depuis cinq générations dans le Langhe. C’est en 1978 que la famille Dogliani a acheté la cave historique Kiola avec ses sept «Beni», ou «domaine», dans la zone de renommée internationale pour la culture du célèbre raisin Nebbiolo da Barolo.

La maison élabore des vins qui proviennent des 5 des ‘’Grands Crus’’ du Barolo sur environ 135 hectares de vignes. Parmi ceux-ci, Cerequio, Bussia, Brunate, Briccolina et Boscareto sont les «crus» qui font la renommée de la maison

Carte 3D Barolo – Pierre le Hong Infofraphe

La visite de Beni di Batasiolo

J’ai commencé notre visite selon l’ordre de la vinification c’est-à-dire de la réception des raisins jusqu’à l’expédition des bouteilles. Devant nous alors se dressent 3 tables de tri des raisins qui utilisent la nouvelle technologie au laser (sélection optique).

Réception Batasiolo

B : ‘’Chaque baie de raisin est comparée au modèle idéal et le système rejettera toute baie qui ne s’y conforme pas. Chaque table reçoit les raisins pour des vins bien précis. Par exemple, la table 2  sera pour le Barbera, le Dolcetto, l’Arneis, le Giavi di Gavi et autres variétés de Cortese. Nous commencerons avec les cépages les plus hâtifs donc Roero Arneis . La table 3 est pour le Nebbiolo.

Les vins proviennent de 5 vignobles couvrant diverses régions’’.

Vignoble Batasiolo

VF : Faites-vous une distinction de la provenance des raisins soient qu’ils proviennent du haut d’une colline ou du bas?

B : ‘’Effectivement! Sur le dessus des collines nous plantons le plus souvent qu’autrement le Nebbiolo pour le Barolo pour aller un maximum de maturité. Dessous nous plantons par exemple le Chardonnay. Ce dernier ressemblera beaucoup au Chardonnay de Napa Valley’’.

VF : Pourriez-vous en profiter pour nous parler de Batasiolo et de son histoire?

B : ‘’M. Dogliani le propriétaire a exporté la 1ere bouteille de vin de Barolo dans les années 1970. Nous sommes probablement un des plus importants producteurs dans la région de Barolo avec nos 135 ha de vignes et environ 5 millions de bouteilles produites. De ces hectares environ 76 ha sont des vignes de Nebbiolo.

On voit de plus en plus de vins issus d’un seul et unique vignoble dans une recherche constante de qualité. Ces vins se rajoutent aux vins d’entrée de gamme. Barolo est donc la pierre angulaire de Batosiolo. Les Barolo et Barbaresco sont des plus importants pour la maison et puis suivent le Dolcetto, la Barbera et les autres vins. Nous y avons ajouté les vins effervescents élaboré selon la « Metodo Classico »’’.

Vignoble Batasiolo

VF : Quel type d’agriculture utilisez-vous?

B : ‘’Il y a très peu de bio dans la région car les différentes parcelles sont très nombreuses et proches les unes des autres. Si un producteur fait des vins bio et ses voisins non, ça ne vaut pas la peine. Il faudrait que tous ou au moins un plus grand nombre le fassent. Il est donc très difficile d’y introduire l’agriculture bio. En plus il y a pas mal d’humidité et pas nécessairement de vent partout pour assécher la vigne.

Avec le challenge des changements climatiques je ne suis pas sûr que la philosophie bio est faisable ici.

Ici on retrouve la même philosophie qu’en Bourgogne avec beaucoup de petites parcelles de quelques hectares ici et la. On retrouvera souvent des similitudes avec justement la Bourgogne quant au profil aromatique de nos vins.

Par exemple, La Morra ou on produit notre Brunate Cerequio, le vin sera plus féminin de caractère. Le vin de Seralunga ressemblera au Gevrey Chambertin alors que La Morra ressemblera au Chambolle Musigny avec des arômes floraux surtout sur la violette’’.

Notre visite progresse vers le Chai et les lieux de vinification qui inclut la salle de fermentation avec les cépages blancs tels Gavi di Gavi et le Cortese. Ce sont des vins que j’apprécie énormément et qui font partie de vins blancs préférés. Les arômes d’agrumes de pêches et la texture assez grasse de ces vins en font de véritables délices.

B : ‘’On retrouve l’Arneis, le Dolcetto et le Barbera d’Alba en fermentation. Puis suivent le Nebbiolo. Pour les blancs on s’assure d’une fermentation d’environ 6 jours en cuves inox à basse température afin de préserver les arômes de fruits.

Pour les Nebbiolo on pourra aller vers les 30 jours de fermentation afin d’aller chercher le maximum. D’ailleurs en 2013 et en 2008 on a eu des fermentations assez longues’’.

On aperçoit des cuves en inox d’un forme que je n’ai jamais vue.

Chai batasiolo

B : ‘’Ces cuves sont rotatives à l’intérieur et sont utilisées pour la fermentation des vins blancs. Puis suit l’endroit où nous effectuons la fermentation malolactique ce qui ajoute beaucoup de rondeur aux vins. Mais pas tous les vins en ont besoin. Pour le Nebbiolo ça va mais pour l’Arneis et le Cortese et dans plusieurs cas le Dolcetto,  ils n’en ont pas besoin ce qui aide à préserver le niveau d’acidité et la fraîcheur et à préserver l’identité du cépage et du terroir.  L’ensemble du vin voyage dans le Chai par gravité ce qui affecte moins le vin’’.

Et là on se retrouve la fameuse salle de vieillissement qui est d’une architecture incomparable et d’une grande beauté.

Chai Batasiolo

B : ‘’On utilise ici beaucoup de barriques de chêne français de 1er et 2ieme passage avec un toast « easy à medium ». Quant on utilise la méthode traditionnelle pour le Barolo, celui se polymérisé de façon bien lente. Ce prend donc du temps. Nous élaborons aussi des vins de facture plus moderne.

En fait, les Barolo élaborés selon la méthode traditionnelle vieilliront dans des foudres de Chêne de Slavonie qui ont une capacité de 10,000 litres.

Le vieillissement des Barolo de facture plus moderne se fera dans des plus petites barriques ce qui aura pour effet de transféré dans certains cas de notes boisées aux vins.

Chai Batasiolo

Plusieurs parcelles sont Vinifiées et vieillies séparément. On procédera dans certains cas à l’assemblage final des diverses parcelles selon le profil de vin désiré. Par exemple, On prendra du Barolo de La Morra et de Serralunga dans l’assemblage. Évidemment ce n’est pas le cas pour les vins issus d’une seule parcelle.

Chai Batasiolo

Pour les Barolo Riserva qui doivent vieillir un minimum de 5 ans, on utilisera 85% du Nebbiolo de Serralunga et 15% de La Morra.

Certains des vins iront par la suite dans des cuves en acier inox ou les assemblages seront faits. On passera par la clarification et un certain filtrage avant l’assemblage’’.

La dégustation

Dégustation Batasiolo
Salle de dégustation Batasiolo
Gauche: Claude Lalonde (Vinformateur), Centre: Fiorenzo Dogliani – Batasiolo, Luc Marier

Entrevue avec Alberto Zenato co-propriétaire de Zenato Azienda Agricola Vitivinicola et président de Famiglie Storiche.

Alberto Zenato

Lors de ma visite de la région de Valpolicella en novembre dernier, j’en ai profité pour aller visiter Alberto Zenato que j’avais rencontré à quelques reprises lors de différents salons à Montréal.

J’avais entendu parler qu’il était devenu le nouveau président de l’association ‘’Famiglie Storiche’’ qui a été créée en Juin 2009 par l’union des dix caves historiques et familiales. J’avais d’ailleurs eu l’occasion de rencontrer ce groupe lors d’une visite à Montréal en 2018. Vous pouvez pouvez accéder à mon article à cet effet en cliquant sur le lien : http://bit.ly/3akWx7H.

Rencontre avec Famiglie Storiche à Monréal en Janvier 2018

Lors de ma rencontre avec Alberto Zenato, j’ai fait une entrevue avec lui sur l’appellation de Valpolicella.

(VF) : (Vinformateur) – Bonjour M. Zenato, pourriez-vous nous brosser un portrait de l’appellation Valpolicella, de ses plus récents développements et de son futur?

(AZ) : (Alberto Zenato) – Vous réalisez que nous ne faisons pas partie du Consorzio della Valpolicella. Nous faisons partie du groupe Famiglie Storiche et depuis le mois de mai j’en suis le nouveau président. Nous avons quitté le Consorzio il y a de ça 5 ou 6 ans car nous nous sommes retrouvés en cour avec eux.  Le contentieux portait sur notre utilisation par notre groupe de l’appellation ‘’Famiglie dell’Amarone d’Arte’’ pour identifier nos vins car nous croyions produire de meilleurs vins.

Quelques années plus tard la cour a décidé contre nous et nous avons changé notre nom pour « Famiglie Storiche » et depuis lors, nous continuons le développement des vins de la région selon notre propre philosophie. A cet effet j’étais tout récemment à Londres lors d’un événement que notre groupe a mis sur pied avec l’Institut « Masters of Wine’’ et leurs étudiants. Un très bel événement!

Carte de Famiglie Storiche et de ses membres

Nous croyons que la région de Valpolicella est particulièrement unique. Elle est très versatile car dans la même appellation vous pouvez produire 4 types de vins bien différents. Il y a les vins de Valpolicella incluant le Classico et le Superiore lesquels sont simples, faciles à boire, qui offrent d’excellents rapports qualité/prix et qui peuvent se marier à plusieurs plats. Ces vins représentent fidèlement les cépages de la région et notre terroir.

Puis on augmente de qualité avec les vins élaborés avec la méthode Ripasso bien typique de la région de Valpolicella. Cette méthode était historiquement utilisée pour ajouter de la structure aux vins de Valpolicella qui en avaient besoin. Il faut savoir que durant les années 50 et 60 les vins de Valpolicella étaient produits en très grande quantité et devaient être bus bien jeunes. Afin donc de leur permettre de tenir la route plus longtemps on a introduit cette méthode de vinification.

Séchage des raisins – méthode appassimento pour Amarone

Chez Zenato nous utilisons cette méthode Ripasso que depuis 1992. Mon père Sergio a en fait décidé de l’améliorer avec des vins de Valpolicella Superiore avec un plus haut niveau potentiel d’alcool et une période de vieillissement minimum de 12 mois (suivant le 1er janvier). Donc il a commencé avec un meilleur vin de base et pouvait donc faire un bien meilleur Ripasso. Ce n’est pas un Amarone mais il en possède certaines des caractéristiques et un profil aromatique qui rappelle l’Amarone.

Famille Zenato

Et puis le vin le plus iconique de la région, l’Amarone et le Reciotto d’où tout est parti. De nos jours le nom Amarone a surpassé l’utilisation du nom Recioto. Il est en fait plus sec et c’est ce que les consommateurs veulent de nos jours. Évidemment il n’y a pas d’Amarone sans la méthode Appassimento qui est unique à notre région.

On retourne dans le passé de deux mille ans pour retrouver ces vins sucrés qui étaient alors produits. Les niveaux d’alcool et de sucre étaient élevés ce qui permettait de les conserver assez longtemps.

De nos jours nous continuons cette tradition et nous voulons garder l’Amarone et le Recioto au haut de notre pyramide de qualité. Depuis 2010 ces deux vins sont devenus DOCG le plus haut niveau de qualité.

Ces vins doivent représenter la plus haute expression de nos cépages locaux, de notre terroir et notre capacité et expertise à faire de tels vins. Ce ne sont pas toutes les régions qui peuvent produire les raisins nécessaires pour faire de l’Amarone et nous devons sélectionner les meilleurs avec des rendements bas.

Pour moi Valpolicella possède beaucoup de cartes à jouer sur l’échiquier mondial avec ces types de vins. Il est primordial d’utiliser ces atouts de la meilleure façon. Nous ne pouvons pas produire des Amarone partout. Nous devons sélectionner les régions les plus propices à produire les vins de Valpolicella .

Visite vignoble Zenato

(VF) : y a-t-il des changements qui ont été effectués pour les Amarone pour répondre aux  goûts changeants des consommateurs et surtout au niveau des milleniaux?

(AZ) : Quant aux consommateurs milléniaux, possiblement qu’ils ne peuvent se permettre les vins d’Amarone et que leurs goûts doivent évoluer vers ce type de vin. Ils sont probablement plus familiers avec les vins de Valpolicella et les Ripasso. Ils évolueront vers les Amarone au fil des années.

Les Amarone ont beaucoup changé depuis les années 2000. Les méthodes de viticulture ont changé. Nous n’utilisions que les Pergolas et de nos jours nous utilisons approximativement de 50 à 60% de pergolas et le reste la méthode Guyot. Cette dernière méthode a augmenté le potentiel de nos raisins surtout dans des vignobles ou les rendements par plant de vigne étaient plus faibles.

Méthode Pergola

On a mis plus d’attention aux niveaux des concentrations de sucre et d’alcool potentiel. Les raisins atteignent une plus belle maturité au moment des vendanges. Auparavant les raisins n’avaient pas la maturité optimale que nous avons maintenant. Ils avaient besoin d’une longue période de séchage afin d’obtenir les niveaux de sucre désirés.

Donc on a changé la viticulture ainsi que la méthode de vieillissement des vins. Auparavant on utilisait que des foudres maintenant on commence à voir plus de barriques et des tonneaux de 300 l. Certains utilisent les barriques françaises. En général je vois que les méthodes de production ont passablement changées et ce se reflète sur la qualité des raisins.

Un autre exemple. Autrefois, dans les endroits où on fait sécher les raisins n’ont n’utilisions pas de ventilateurs ni de machinerie ce qui représentait donc un grand risque de production . Quelquefois la température devenait très humide et il n’y avait pas assez de ventilation pour faire sécher les raisins correctement. Certaines moisissures pouvaient apparaître lors du processus. Ceci impliquait des pertes au niveau de la production. De nos jours nous utilisons un système de ventilation et ce 24 heures par jour et les niveaux d’humidité sont controlés centralement .

Je ne crois pas qu’on puisse réduire le taux d’alcool car il faudrait vendanger lorsque les raisins ne sont pas tout à fait bien mûrs, il faudrait tout accélérer le processus et ça n’a pas d’allure. Ce n’est certainement pas la chose à faire. Ces cépages ont besoin d’environ 100 jours de séchage afin de pleinement exprimer leur plein potentiel. La concentration des sucres s’effectue pleinement après cette longue période. Si vous écourtez cette période de séchage vous n’obtenez la pleine expression de ces cépages.

Dégustation Zenato

Quant à moi je suis dans le sens traditionnel quant à cette philosophie. Évidemment la technologie moderne peut grandement nous aider et nous donner une meilleure garantie de production et nous donner des résultats plus constants d’une année à l’autre.

(VF) Et les vins de Valpolicella ? Quelques vignerons m’ont dit que les vins de Valpolicella reflétait plus le terroir que les vins Amarone et Ripasso qui considérés comme des vins de « méthode’’?

(AZ) : Ce ne sont pas que les vins de Valpolicella qui reflète le terroir. En fait, quelques-uns de nos Amarones proviennent de parcelles et de terroirs bien spécifiques ce qui implique même les Amarone peuvent êtres des vins de terroir. Ce n’est pas juste la méthode de production. Nos Amarone Reserva sont nos meilleurs exemples des spécificités de nos terroirs.

(VF): Un grand merci Alberto pour votre temps et votre hospitalité!!

Dégustation des vins de Zenato

Vous pouvez accéder aux notes de dégustation en cliquant sur le lien suivant: http://bit.ly/2VtAKX8

Découvrez les superbes vins de la maison Zenato!!

Dégustation des vins de la maison Zenato

Lors de ma visite de la région de Valpolicella en novembre dernier, j’en ai profité pour aller visiter Alberto Zenato que j’ai rencontré à quelques reprises lors de différents salons à Montréal.

J’avais entendu parler qu’il était devenu le nouveau président de l’association ‘’Famiglie Storiche’’ qui a été créée en Juin 2009 par l’union des dix caves historiques et familiales . J’ai en profité pour faire une entrevue avec Alberto sur l’avenir de l’appellation de Valpolicella. Cette entrevue fera partie d’un article spécifique à ce sujet qui paraîtra plus tard.

Alberto Zenato

Alors, j’ai visité le vignoble et le chai puis nous avons dégusté une sélection bien représentative des vins de la maison. Quel bonheur!!

Zenato Azienda Vitivinicola – L’âme de Lugana et le cœur de Valpolicella

Visitez avec moi le vignoble et le chai et benéficiez des commentaires de notre guide…

‘’Toute l’aventure vinicole la famille Zenato a débutée dans la région de Lugana qui possède maintenant le Domaine Santa Cristina situé à San Benedetto di Lungana avec 65 hectares de vignes qui sont surtout concentrées autour du cépage Trebbiano di Lugana (dans la partie sud du Lac de Garde) avec lequel nous faisons notre Lugana Santa Cristina et notre San Benedetto.

Famille Zenato

Ce sont nos ‘’porte-étendards’’ en termes de vins blancs. On parle ici de vignes qui ont autour d’une cinquantaine d’années et vous voyez que nous ne sommes qu’à 10 kilomètres du lac. Beaucoup de gens viennent nous visiter’’.

‘’Dans la région de Lugana, nous produisons aussi du cépage Merlot et du Cabernet-Sauvignon pour nos vins issus d’un seul terroir/parcelle (single vineyard) et aussi pour d’autres vins issus d’assemblages.

Dans la région, les sols sont surtout composés d’argile qui apportent beaucoup de fraîcheur et de minéralité aux vins.

Carte de la région

Évidemment la proximité au lac apporte un effet de microclimat. Le vent nous aide à garder les vignes bien au sec. Santa Cristina représente environ la moitié des 65 hectares.

En viticulture, nous utilisons surtout la méthode Guyot et les vendanges sont faites à la main même si nous pouvons le faire de façon mécanisée. C’est une philosophie que nous appliquons aussi dans la région de Valpolicella’’.

Vignobles Zenato

‘’La famille possède aussi des vignes avec leur Domaine Costalunga situé à Sant’Ambrosio avec 30 hectares dans la partie de Valpolicella Classico. C’est là qu’on produit notre fameux Ripassa et nos Amarone Classico et Riserva.

Les vins ne sont pas produits selon des labels bio, mais selon les principes d’une agriculture durable’’.

Le Chai du Domaine Santa Cristina

Domaine Santa Cristina

‘’Lors des vendanges les raisins n’ont aucun contact avec l’oxygène car ils sont saturés de nitrogène ce qui nous aide à garder le caractère fruité de nos vins. On apporte les raisins surtout le matin et vers la fin de l’après-midi afin de garder la fraîcheur des raisins.

Tous les vins sont vieillis au chai de Santa Cristina même ceux qui sont vinifiés dans la région de Valpolicella. Ces derniers, selon la loi, doivent être vendangés et élaborés dans la région de Valpolicella. Une fois la fermentation terminée on le transporte ici à Santa Cristina pour être vieilli. Ça on peut faire ça en dehors de l’appellation. C’est la raison pour laquelle vous verrez les barriques et foudres des vins de Valpolicella dans le chai’’.

La vinification, le vieillissement

‘’Nous avons ici des cuves à température contrôlée d’une capacité de 20,000 à 50,000 litres pour faire la fermentation des vins. Nos vins rouges de Valpolicella doivent passer par une période de stabilisation car ils sont transportés de la région de Valpolicella jusqu’ici. Puis ils passent à la période de vieillissement. Nous avons présentement des Amarone du millésime 2015 qui sont dans des cuves et qui passeront vers des barriques’’.

Nous voyons des amphores…’’Certains tests sont effectués avec des amphores afin de voir l’effet sur les vins. Les tests sont faits avec pas mal tous les types de vins. Ces tests prendront encore quelques années afin d’en mesurer l’impact sur le profil aromatique.

Zenato Azienda Vitivinicola

Le seul vin blanc qui est vieilli en barrique est le Lugana Riserva, 70% en barrique et 30% en cuve inox. Puis il vieillit encore 6 mois dans des foudres et puis un an en bouteille.

La majorité des autres foudres sont pour les Amarone. Nous voulons que ce soient les arômes de fruit qui s’expriment et non pas les notes boisées. Les foudres ont une capacité de 3,000 à 5,000 litres et les bois utilisés proviennent surtout de Slavonie puis de France et des État-Unis. Nous avons aussi des foudres qui vont jusqu’à 7,500 litres de capacité. Nous y vieillissons tous les Amarone (Classico et Riserva) et le Lugana Riserva.

Zenato Azienda Vitivinicola

Tous les autres assemblages de rouges incluant les Valpolicella, les Ripasso, certains Recioto vieillissent dans des plus petites barriques.

La majorité des foudres ont 7,500 litres de capacité. Plusieurs des Amarone de Zenato se sont issus parmi les meilleurs vins du monde selon les Suckling, Decanter et Wine Spectator.

Zenato Azienda Vitivinicola

Les rouges vieillissent dans des barriques de 225 l à 500 l . Le niveau d’acidité des rouges de Valpolicella leur permet de bien vieillir et de tenir la route grâce à leur structure.

Zenato Azienda Vitivinicola

La dégustation

La salle de dégustation était particulièrement belle et se situe au même niveau que les salles de vieillissement des Amarone.

Zenato Azienda Vitivinicola

Les vins dégustés représentaient bien la panoplie des vins de la maison. Nous avons autant goûté aux vins de la région de Lugana que ceux de Valpolicella. Et pour votre plus grand plaisir, la marque Zenato est bien représenté à la SAQ avec 15 vins. Cinq des six vins dégustés y sont disponibles.

Zenato, Metodo Classico, Brut, Lugana DOC, vin mousseux. Ce vin n’est pas disponible au Québec

Ce vin est élaboré à partir du cépage Trebbiano di Lugana. Il s’ouvre sur de belles notes de fruits blancs et d’arôme floraux. La bouche est dominée par une très belle acidité et une belle sensation de minéralité. C’est un vin bien droit, incisif et d’une très belle fraîcheur.

Zenato, Metodo Classico, Brut, Lugana DOC

Zenato, Lungana DOC, San Benedetto, 2018, $17.90, vin blanc, sucre: 7.4 g/l, code SAQ: 10705055.

Ce vin s’ouvre sur des effluves bien aromatiques et assez intenses d’agrumes, de pommes et de poires ainsi qu’un soupçon de vanille. En bouche la texture est veloutée, l’acidité bien présente et les flaveurs de zeste de citron, d’agrumes et de pommes créent une belle harmonie.

Zenato, Lungana DOC, San Benedetto, 2018

Zenato, Lungana, Riserva, Sergio Zenato, 2016, $31.75, sucre: 5.4 g/l, code SAQ: 13505403

Superbe vin bien aromatique, intense, charmeur et doté d’une belle profondeur. 70% de ce vin a vieilli dans des foudres pendant une période de 6 mois puis de 12 mois en bouteille.

C’est un vin d’une belle richesse doté d’une texture suave,  d’une acidité assez marquée avec quelques flaveurs boisées mais discrètes, de notes d’épices douces, de saveurs d’agrumes et de vanille. Et quelle belle finale toute en longueur…Un vin qu’il vous faut acheter sans faute!!

Zenato, Lungana, Riserva, Sergio Zenato, 2016

Zenato, Ripassa, Valpolicella DOC Superiore, 2016, $26.95, sucre : 10 g/l, code SAQ: 974741.

Possiblement un des plus beaux Ripasso! Au nez il dégage des arômes de fruits frais et mûrs axés sur les cerises noires, de fruits rouges et d’épices douces. En bouche c’est un vin suave et riche qui nous enchante tant par sa texture des plus veloutée que par ses tannins bien ronds, charnus et d’une créent une très belle structure. C’est un vin sensuel, comme une caresse. Et quelle belle profondeur des arômes avec cette finale quelque chocolatée. Humm….

Zenato, Ripassa, Valpolicella DOC Superiore, 2016

Zenato, Amarone della Valpolicella, Classico, 2015, $48.10, sucre: 7.0 g/l, alc.: 16.5%, code SAQ: 879445.

Un vin superbe et d’une belle élégance! Ce vin possède une belle intensité aromatique marquée par des effluves de prunes, de figues bien fraîches et quelques notes d’épices douces. En bouche c’est…charmeur, élégant, volumineux, d’une très belle amplitude, tout en fraîcheur le tout étant supporté par des tannins bien charpentés. Quelle belle intensité et quelle belle finale.

Zenato, Amarone della Valpolicella, Classico, 2015

Zenato, Amarone della Valpolicella, Classico Riserva, 2013, $96.25, sucre: 7.8 g/l, alc.: 16.5%, code SAQ : 11491933.

Ce vin n’est produit que lorsque les conditions optimales se présentent. Ce vin est vieilli pendant 4 ans en barriques puis passe un an en bouteille avant d’être mis en marché. Complexe, élégant, des arômes d’une rare intensité, d’un volume en bouche exceptionnel et des tannins très charpentés. Vous pourrez l’attendre une vingtaine d’années et plus bien qu’il soit superbe dès maintenant.

Zenato, Amarone della Valpolicella, Classico Riserva, 2013

Quelle belle découverte que ces vins d’Arnaldo Rivera. Une ode aux 11 crus de l’appellation Barolo!

Quelle belle rencontre avec Gabriele Oderda responsable du projet pour Terre del Barolo coopérative qui représente au-delà de 300 viticulteurs dans cette région. Alors que ce sont les viticulteurs qui sont responsables de faire pousser les raisins, c’est la coopérative qui vinifie les vins, élabore les cuvées et fait la promotion des vins partout sur la planète.

Cette coopérative est née d’un constat qu’Arnaldo Rivera a fait dans les années 50 afin d’aider socialement et économiquement ces familles. Ce qui est particulier c’est que la taille de chaque vignoble est d’environ de 2 à 3 hectares ce qui en fait de petites opérations artisanales d’où l’importance cruciale de cette coopérative. Cette cave indépendante est en fait la gardienne de la tradition viticole.

Arnaldo Rivera

Ces familles de viticulteurs sont présentes partout sur les 11 communes qui constituent les crus de Barolo. Pratiquement aucun autre producteur peut se targuer d’avoir accès à des raisins de qualité qui proviennent de l’ensemble des crus de Barolo. Et c’est cette force et cette distinction qui est à la base de ce projet d’élaborer des vins qui représenteraient chaque cru de la région de Barolo sous la marque Arnaldo Rivera, comme une ode au fondateur. Donc, on voulait faire des vins de terroir haut de gamme qui soient représentatifs de chaque cru, de chaque commune de Barolo.

Carte des crus de Barolo

Et pour ce faire on sélectionnerait les meilleurs terroirs et les meilleurs viticulteurs de chaque village, de chaque commune, de chaque cru. Ultimement environ une trentaine de ces 300 producteurs ont été sélectionnés pour faire partie du projet. Les vignobles des délimitations historiques ont été privilégiés dans le choix des terroirs afin d’en augmenter le potentiel de qualité.

Tout un projet qui a fait appel aux connaissances de plusieurs car il s’agissait de bien cerner l’essence même de ces crus, chose qui n’avait jamais été faite auparavant. Du moins pas au sein d’un tel projet. Il fallait donner une identité à ces vins, à ce projet et on a décidé de célébrer le fondateur de la coopérative ce qui était bien naturel. 

Afin de traduire graphiquement l’ensemble des crus et des vins, des étiquettes que je trouve très belles ont été développées par un groupe d’artistes sympathiques à la cave, à la cause et au projet. Chaque cru du Barolo d’où provient le vin est identifié graphiquement sur la bouteille. Il faut savoir dans le Piedmont (et en Italie) qu’on ne peut identifier un vin et par son cru et son lieu-dit. On a trouvé une façon créative de faire le tour de cette règle.

Je vous en dirai beaucoup plus sur le Barolo et ses crus et villages dans un texte qui suivra sous peu. Car pour comprendre l’entièreté et l’importance du projet il faut mieux comprendre la composition de l’appellation Barolo et de ses 11 crus. Ce projet c’est une ode à ces crus comme on en a jamais vu!.

La dégustation

Nous avons eu le bonheur de déguster ces 11 vins représentatifs de chaque cru. L’exercice en a été un pratiquement didactique car je ne crois qu’aucun des professionnels du vin qui étaient présents à cette dégustation n’avait jamais goûté à l’ensemble de ces grands crus au moins de cette façon c’est-à-dire côte à côte. Gabriele nous a d’ailleurs mentionné que chaque cru était ‘’didactique’’ en ce sens qu’il était des plus représentatif de sa commune ou village.

Je me concentrerai sur les deux vins disponibles à la SAQ. Les autres suivront sous peu. Disons d’emblée que ces vins sont produits en petites quantités et sont par le fait même peu disponible et c’est dommage. Mais on ne peut vendre que ce que la terre voudra bien nous donner. Car disons-le, c’est la sélection rigoureuse des terroirs qui a délimité les quantités disponibles.

Alors voici mes notes de dégustation des deux vins qui sont présentement disponibles à la SAQ.

Arnaldo Rivera, Nascetta del Comune di Novello, Langhe, Terre del Barolo, vin blanc, 2018, $29.00, sucre : 3.8 g/l, code SAQ : 14027079.

Ce vin a été élaboré à 100% avec le cépage autochtone Nascetta. Il s’ouvre sur des accents d’agrumes, de fruits blancs, de pêches bien fraîches avec comme en plus un soupçon de cire d’abeille.  La bouche est éclatante de fraîcheur et offre une superbe sensation de minéralité ainsi qu’une acidité presque vive. Quel beau contraste! On parle d’un vin bien droit, bien tendu, plein d’énergie qui se termine en une finale longue et fraîche.

Arnaldo Rivera, Nascetta del Comune di Novello, Langhe, Terre del Barolo, vin blanc, 2018

Arnaldo Rivera, Undicicomuni, Barolo, Piedmont, Terre del Barolo, 2015, $49.75, cépage : Nebbiolo 100%, sucre : 1.8 g/l, code SAQ : 14027087.

Ce vin provient des 11 communes de Barolo. Ce vin se laisse découvrir sur des effluves bien profondes de roses, d’épices douces de fruits rouges et de prunes. La bouche est fabuleuse avec une texture bien velouté, une acidité assez présente et des tannins puissants, bien charpentés et tissés bien serré. De belles flaveurs d’épices douces, de fruits rouges et de réglisse s’en dégagent en une belle harmonie. Et quelle finale interminable! Beaucoup d’équilibre et de caractère dans ce vin.

Arnaldo Rivera, Undicicomuni, Barolo, Piedmont, Terre del Barolo, 2015

ITHQ

Cette dégustation avait lieu à l’ITHQ. Un gros merci pour les plats qui étaient excellents et le service toujours à la hauteur de la réputation de cet établissement.

L’agence Céleste Levure

L’ensemble des vins d’Arnaldo Rivera est disponible en importation privée en contactant l’agence au 514-948-5050 ou via www.celestevin.ca. Les notes de dégustation des vins disponibles en IP suivront sous peu.

Visitez le vignoble Montresor dans le Valpolicella avec Edoardo Montresor et Corrado Eridani!

En octobre dernier je rencontrais Edoardo Montresor ambassadeur de la marque à Montréal pour les 50 ans de l’Amarone Montresor qui est le plus populaire au Québec. Vous pouvez accéder à l’article que j’avais alors écris sur sa visite ainsi que les notes de dégustation de certains de ses vins : http://bit.ly/338we0V

Edoardo Montresor et Corrado Eridani (droite)

Suite à sa visite, nous nous étions donné rendez-vous chez eux dans la région de Valpolicella. J’y suis donc allé le 22 novembre dernier et j’ai eu le plaisir de visiter leur chai en compagnie d’Edoardo et de Corrado Eridani œnologue et winemaker de la maison et de déguster de leurs vins dont le Recioto 1974 dont je me souviendrai toujours.

J’ai conçu cet article tout comme si vous y étiez lors de ma visite. Évidemment ce n’est pas le genre de visite touristique mais bien une visite en profondeur avec Edoardo et Corrado. J’ai enregistré l’ensemble de cette visite et je l’ai retranscrite dans cet article. Je leur ai posé plusieurs questions sur divers aspects de la vinification des vins surtout pour les Amarone et le Ripasso. Avec la lecture de cet article vous en apprendrez beaucoup sur ces types de vins. Vous aurez aussi leur perspective sur le futur de ces types de vins.

La visite du chai

Winery Montresor

Lors de notre visite le Chai était en totale reconstruction suite a la vente du vignoble.

Edoardo Montresor (EM) : « En fait la moitié de l’arrière du chai a été mis à terre pour un agrandissement important qui comprendra une nouvelle ligne d’embouteillage qui devrait être prête fin février 2020 juste à temps pour embouteiller le dernier millesime. On ajoutera aussi sur le dessus une grande terrasse pour y faire plein d’événements sûrement à temps pour Vinitaly ».

Réception et pressoirs (derrière)

‘’La réception du Chai n’accueille présentement que des petits camions avec les fruits des vendanges pour l’opération de pressage. Les raisins proviennent autant de nos propres vignobles que des viticulteurs avec lesquels nous avons des ententes qui sont en place depuis de 60 à 70 ans. Puis nous avons 2 presses et ensuite les cuves de fermentation ou nous avons des cuves spéciales pour les vins avec à l’intérieur un cône cylindrique. Le CO2 produite durant la fermentation repousse le moût le long de ce cône qui agit comme une forme de remuage naturel ce qui fait beaucoup de différence pour un vin blanc car on conserve ainsi environ 7% de plus de polyphenols ».

Montresor – Méthode Charmat pour vins mousseux

Ce qui est inusité pour un Chai dans Valpolicella est le fait qu’on y fait des bulles depuis 1946 à partir de la méthode Charmat (Martinotti).

C’est ici que nous faisons connaissance avec Corrado Eridani qui est le Winemaker chez Montresor. Corrado Eridani (CE) :

« Nous produisons un vin tranquille qui sera clarifié et par la suite inoculé avec des levures (pour la seconde fermentation) puis introduit dans les cuves sous pression (saturé de nitrogène). Ces cuves ont des parois beaucoup plus épaisses car on a jusqu’à 6 bars de pression ce qui est énorme.

L’embouteillage doit être fait dans un environnement sous vide afin de conserver les bulles dans les bouteilles. Montresor a le droit de produire un Prosecco en dehors de la zone de production. Celui-ci est vieilli 6 mois en bouteille ce qui en fait une longue méthode Charmat. Plus on laisse vieillir le vin mousseux plus fines seront les bulles. Normalement cette période sera d’un mois mais quand on le laisse vieillir plus longtemps on obtient plus de complexité et de saveurs.

Ces mousseux ne sont jamais en contact avec l’air ambiant afin de conserver les caractéristiques du vin ».

Winery Montresor

EM : « Le Chai mesure 20,000 mètres carrés sur chaque étage et est en complète rénovation. Venez voir, ici nous avons découverts lors de ces rénovations un énorme trou dans un mur. Nous avons d’abord cru à de l’érosion majeure ce qui aurait signifié de graves problèmes. Il s’est avéré que ce trou était un genre de réfrigérateur fin XIX siècle utilisé par la famille. La porte est originale. La glace provenait des montagnes environnantes. Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que les vrais réfrigérateurs sont arrivés. Toute une surprise!

Montresor – séchages des raisins pour Amarone

…Nous somme montés vers la nouvelle salle de séchage pour les raisins qui seront utilisés pour élaborer les Amarone.

EM : ‘’Vous êtes les premiers à visiter la nouvelle salle de séchage pour les raisins utilisés pour l’Amarone. Ces rénovations se sont terminées une semaine avant les vendanges. Nous étions nerveux c’est le moins qu’on puisse dire. Toutes les poutres vieilles de 120 ans ont été réutilisées ainsi que les murs de pierres. Vous pouvez voir les raisins en train de sécher. On ne met qu’une couche de raisins sans les bacs de séchage pour qu’ils sèchent bien. Il est bien important de bien identifier les divers cépages lors de ce processus pour les retrouver lors de l’assemblage.

(NDLR : essayez de vous imaginer 20,000 mètres carrés de casseaux en plastiques tous remplis de raisins empilés jusqu’à 6 à 7 bacs de haut. Tout un spectacle…)

EM : « Le temps de séchage est de 4 à 5 mois ce qui est très élevé. Les raisins sont très sucrés à ce stage-ci. Le challenge avec l’Amarone est de bien balancer le niveau de sucre avec le niveau d’alcool. On ne veut pas trop de l’un ni de l’autre. Donc le temps des vendanges et la période de séchage jouent un rôle primordial. Durant ce temps le Winemaker est pas mal nerveux. Le niveau de sucre résiduel désiré est d’environ 4 g/l ce qui en fait un vin sec. La perception de sucre dans l’Amarone ne vient pas du sucre résiduel mais bien du côté fruité du vin. La texture moelleuse du vin vient des tannins bien ronds et non pas du sucre. Notre challenge est d’expliquer cela au consommateur car ces derniers deviennent réfractaires au sucre et il n’y en a pas plus dans l’Amarone que dans d’autres vins rouges secs. Une trop grande quantité de sucre dans le vin impacte la sapidité du vin. S’il est trop sucré, on n’en veut pas d’un deuxième ou troisième verre.

Le consommateur s’y connait de plus en plus en vin. On doit aller vers plus de qualité et un minimum de sucre. Les consommateurs recherchent des produits intéressants pour eux. Si on baisse le niveau de sucre on doit travailler encore plus fort dans le vignoble pour aller chercher un niveau de maturité qui va donner une texture bien ronde…Les terroirs qui sont le plus en altitude vont donner des textures plus intéressantes et plus rondes. C’est un challenge à long terme : les vendanges doivent être faites au bon moment, on doit choisir les bons cépages, les bons clones, on doit avoir le bon terroir, le temps de séchage doit être approprié, le temps de fermentation doit être optimisé etc.

Faire un bon vin d’Amarone c’est quand les gens apprécient le vin et oublient de boire de l’eau…j’aime bien voir un couple dans un restaurant avec un de mes vins et que la bouteille d’eau est encore pleine!

…Depuis un certain temps on voit les producteurs de la région réduire les niveaux de sucre dans l’Amarone. Ils retournent vers les recettes plus anciennes. Les Amarone d’aujourd’hui sont effectivement moins sucrés qu’il n’y a pas si longtemps. Les goûts des consommateurs évoluent. La philosophie va vers cette direction.

Quelquefois les consommateurs croient que l’Amarone est un vin difficile, super concentré alors qu’en réalité il doit absolument être élégant. Nous sommes contents de ce mouvement de la part des producteurs car ça aide l’appellation et ça aide tout le monde. L’élégance de ce type de vin est capitale pour la continuité du succès. Quand les gens commencent à boire du vin ils vont vers des vins plus sucrés. Mais avec le temps leurs goûts évoluent et ils vont vers moins de sucre.

…on continue la visite…

EM : ‘’Dans les rénovations on essaye le plus possible de garder le caractère historique du Chai. Ici Toutes les cuves sont thermorégulées, en inox avec 3 plis. Ici nous avons la collection des vieux millésimes. On y retrouve même un Recioto Spumante qu’on ne fait plus.

Toutes les barriques sont usagées car on n’utilise pas de nouvelles barriques. On les utilise seulement pour ajuster l’oxygénation du vin. Certaines années on ne les utilise pas du tout lorsque ce n’est pas nécessaire. On utilise surtout des foudres. Nous avons que peu de ces barriques, environ 200 toutes de chêne français.

…Ici nous avons un Soave 1943. Je ne sais pas s’il est encore buvable.

C’était le denier millesime produit car ma famille qui a du se sauver durant la deuxième guerre mondiale. Les allemands ont essayé de tuer mon grand-père car il a participé à sauver des gens qui étaient recherchés par eux.

…continuation de la visite…

Ici ce sont les caves ou nous sommes entourés de cuves en ciment sur lesquelles ont a peint des dessins. Ces cuves en ciment agissent comme les fondations du Chai. En fait les cuves de ciment ont été bâties avant le Chai. Puis ce dernier a été bâti dessus. On peut voir certaines failles dans les cuves qui proviennent d’un tremblement de terre. Beaucoup d’histoire avec ces quatre générations des Montresor.

…Ici ce sont des barriques de 55 hectolitres faites de chênes français et de Slavonie.

Chaque barrique est différente car dans les années 30 on produisait nous-mêmes les barriques. Tout dépendait du type de bois qu’on pouvait trouver. On les utilise pour les cuvées haut de gamme.

Pour les Amarone en général on fait vieillir 2 ans en barrique et un an en bouteille avant de commercialiser (pour un total de 3 ans après les vendanges).

L’oxygénation est plus lente dans les foudres que dans les barriques. On obtient alors plus d’élégance mais c’est plus long. On veut éviter les notes boisées dans le vin.

…C’est ici qu’on laisse vieillir le vin en bouteilles toutes empilées les unes sur les autres selon la méthode catasta. C’est une des pires job dans le Chai qu’avoir à empiler les bouteilles les unes sur les autres. Vraiment fatiguant et monotone.

Traditionnellement nous avions un groupe qui dégusait les vins avant la commercialisation et s’ils étaient optimales alors on mettait les étiquettes sur les bouteilles et on les vendait.  Maintenant c’est la responsabilité de Corrado’’.

…continuation de la visite…

EM : ‘’Nous avons de très petites cuves pour expérimenter différentes cuvées. Nous croyons toujours que les cuves en ciment sont les meilleures pour entreposer le vin. L’inox et le bois sont excellents pour « travailler » le vin mais il n’y a rien de mieux que le ciment pour l’entreposer. On peut garder les vins jusqu’à 15 ans sans altérer le vin. Plusieurs vignobles ont détruit les cuves en ciment quand les cuves en inox sont arrivées car c’était la modernité. Maintenant plusieurs rebâtissent ces cuves en ciment.

Dans ces cuves, il n’y a pas de changement de température ni de pression. On peut voir sur les parois des résidus d’acide tartrique qui provient du vin rouge. Au début on tapissait ces cuves avec des parois de verre. De nos jours on utilise une résine d’epoxy.

Trois barriques qui représentent chacune une étape de la fabrication du vin et ont été peintes dans les années 60 et 70. Nous avons réussi à en conserver que ces trois.

…À l’intérieur de la maison principale pour la dégustation :

EM : « C’était la maison de la famille. Maintenant elle sert pour l’administration et les dégustations. Mes grands-parents demeuraient ici. Vous voyez dans ce plancher de la chambre de mes grands-parents il y a comme un trou . En 1944 mon grand-père (Bruno Montresor) est allé à la gare de Vérone sauver des juifs qui étaient dans les trains.

Un de ceux qui y participait a dénoncé mon grand-père et les allemands sont arrivés pour l’arrêter. Il s’est sauvé dans les montagnes alors que ma grand-mère a décidé de rester dans la maison pour confronter les allemands et s’assurer que rien ne serait volé. Un soldat allemand a avec ses éperons de bottes frappé la parquet et fait un trou dans le plancher pour essayer de trouver mon grand-père. Les cheveux de ma grand-mère sont devenus blancs en deux semaines à l’âge de 36 ans. Elle a été arrêtée puis a été libérée quelques semaines plus tard.  

Château Montresor – Loire

Par la suite les allemands ont fait de la maison leur bureau-chef. On a alors cessé de faire du vin durant cette période. Puis les canadiens sont arrivés et les allemands ont fui en apportant tout le vin et tous les objets de métal. C’était un désastre total.

Quand mon grand-père est retourné, il n’y avait plus rien. Et c’est M. Bertani de Bertani Domains qui lui a donné de l’équipement pour recommencer à faire du vin. Malgré le fait qu’ils étaient concurrents, c’est M. Bertani qui a fait qu’on fait maintenant du vin chez Montresor.

Certaines des pièces de la maison sont demeurées telles qu’au décès de mes grands-parents. Rien n’a changé.

…Une des plus vieilles bouteilles d’Amarone que nous avons est cette bouteille de 1946 et c’est la dernière’’.

La dégustation

Les vins de la maison Montresor sont représentés par l’agence Noble Sélections. Vous pouvez accéder à l’ensemble des vins disponibles tant à la SAQ qu’en importation privée en cliquant sur le lien.  :

Une recherche des vins disponibles à la SAQ donne les résultats suivants lors de l’écriture de cet article.

Capitel della Rosara, Valpolicella Classico. Non disponible

Capitel della Rosara, Valpolicella Classico

Le Montresor Capitel della Crosara est disponible à la SAQ

Ce vin provient d’une seule et même parcelle située à 450 mètres d’altitude. Que des raisins frais sont utilisés. Il est vieilli pendant 6 mois dans des barriques qui ont servi pour l’Amarone.

CE : « On ne veut qu’un peu de structure avec le vieillissement de ce vin ».  Sur des effluves de figues de fruits rouges, d’épices douces et de belles notes florales. En bouche la texture est bien veloutée, l’acidité est assez présente et les tannins sont bien charpentés ce qui donne une belle structure au vin. Très élégant avec une belle et longue finale. C’est un vin bien frais, facile à boire Et tout en équilibre.

EM : ‘’Quant au futur de Valpolìcella, je crois que l’Amarone se doit d’être le produit le plus important. En termes de qualité la meilleure expression de Valpolicella c’est avec l’Amarone qu’on peut la traduire. C’est toute la tipicité de la région qui s’y retrouve. Dans le Valpolicella on retrouve le fruit, l’acidité et un niveau d’alcool peu élevé du vin.

On a commencé à sécher le raisin car la Vénétie avait une température assez froide et pour obtenir des vins plus concentrés il fallait faire sécher les raisins. Et avec ce séchage des raisins on fait aussi le Ripasso. On ne peut oublier le Valpolicella qui va si bien avec la nourriture locale autant les poissons que la viande.

La grande différence entre les autres pays qui utilisent la méthode appassimento (séchage des raisins) ce sont les cepages de Corvina, Molinara et Rondinella. Ils ne peuvent pas faire sécher leurs raisins pendant de 90 à 100 jours parce que nos cépages sont des raisins à peau épaisse si on compare au Merlot, Sangiovese et au Pinot Noir qui ont la peau plus mince. Après un mois de séchage, la peau de ces raisins se fendille et s’oxyde ce qui n’est pas le cas avec nos cépages locaux. On obtient alors un produit naturel avec une belle concentration.

Avec un Amaron le vin change à chaque 30 minutes tellement il est complexe. Quand on ouvre une bouteille d’Amarone, il se remet à vivre. C’est comme un bébé. Ça commence sur des de fruits bien frais et ça se termine sur des notes de cuir, de cacao, de chocolat noir un peu amer ‘’.

DE : ‘’Le Valpolicella c’est un peu le petit frère des vins de la région. C’est la base des vins de la région. Si je veux impressionner quelqu’un j’ouvre une bouteille d’Amarone. Mais pour un vin de tous les jours, j’ouvre un Valpolicella’’.

EM : ‘’C’est plus facile de vendre un Amarone à cause de l’élégance et de la concentration. On a une histoire à raconter avec un Amarone.

Cependant de plus en plus de producteurs poussent le Valpolicella Superiore parce que c’est véritablement un vin de terroir et c’est unique à la région. Les choses sont en train de changer. Pendant les 20 dernières années tout était concentré à obtenir des ventes et des scores (notes) qui aideraient aux ventes. C’est maintenant le terroir qui est en train de reprendre le dessus.

Faire un vin de Valpolicella est assez simple puisqu’on n’a pas à le faire vieillir en barrique et on a pas à faire sécher les raisins. Tout passe par la sélection des raisins. Beaucoup de producteurs se demandent s’ils ne devraient pas faire revivre les vins de Valpolicella’’.

Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016, $26.50, Corvina 70%, Rondinella 25%, Molinara 5%, sucre: 5.0 g/l, code SAQ: 12207527. Présentement non disponible.

Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016
Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016

CE : « C’est la fermentation d’un Valpolicella sur Les peaux utilisés pour faire de l’Amarone ce qui crée une deuxième fermentation (Ripasso). Pour le faire on utilise le meilleur des Valpolicella et sur les meilleures peaux des meilleurs Amarone. On peut utiliser les peaux d’Amarone deux fois donc on fait normalement deux bouteilles de Ripasso avec le moût d’Amarone. Primo veut dire que c’est le premier passage des peaux et non pas la deuxième. Le vin est donc un peu plus riche et plus profond au niveau de son profil aromatique. Puis on il vieillit 2 ans en barrique. On veut qu’il soit concentré mais avec de l’élégance et un bel equilibre. Quant à l’étiquette de ce vin on peut facilement l’enlever, écrire des notes de dégustation et la conserver. Ça vous aide à vous rappeler du vin que vous bu chez des amis ou au restaurant’’.

On sent ici beaucoup de concentration, les tannins sont charpentés et souples et le tout culmine en une belle élégance. La texture est bien veloutée, beaucoup de fraîcheur, des flaveurs assez intenses et complexes. Bien que ce vin ait 14.5% d’alcool, on ne le sent pas. Beaucoup de longueur ainsi qu’une belle acidité. Très séducteur comme vin. Grand potentiel de garde.

Amarone della Valpolicella, Monopolio Montresor, Capitel della Crosara, Classico, $84.25, 2013, 2008 et 2003, code SAQ : 12711256. Le 2010 est disponible.

Amarone della Valpolicella, Monopolio Montresor, Capitel della Crosara, Classico

EM : ‘’Il faut commencer par le plus jeune si on veut voir son évolution. Dans ce vignoble qui est assez grand on ne possède pas toutes les vignes mais au début du XIX siècle on administrait le tout pour plusieurs producteurs. On parlait donc de Monopole et le nom est resté. Ça fait donc plus de 80 ans qu’on utilise ce nom sur nos étiquettes.

Bien que ce soient des millesimes différents on sent que ces vins ont la même signature et le même style. Les vignes ont plus de 50 ans et les cépages ont été co-plantés’’.

Le 2013 est encore bien jeune avec quelques notes herbacées, tout en fraîcheur, beaucoup de structure, des tannins particulièrement charpentés, il a besoin d’être encore vieilli même après 6 ans. Le sucre résiduel est très bas et on ne sent pas l’alcool. Très élégant et d’une longueur plus qu’appréciable. On sent vraiment le terroir dans ce vin. En fait on devrait attendre de 15 à 20 ans avant de boire un Amarone. Beaucoup d’émotions dans ce vin!

Le 2008 est carrément tout en élégance avec beaucoup de volume te d’amplitude en bouche. Simplement incroyable! Superbe sensation de mineralite, acidité assez présente

Ces vins sont secs et ronds à cause des tannns qui sont bien souples.

Je n’ai pas senti beaucoup d’évolution dans le 2003 ce qui témoigne de son potentiel de garde. De plus je n’ai senti l’effet de la chaleur torride qui a sévi en 2003. Le vin demeure bien frais.

EM : ‘’La raison est que le Vignoble se situe à environ 400 mètres d’altitude. De plus les plus vieilles vignes supportent mieux les changements climatiques. Même le 2003 aurait besoin d’un passage en carafe afin d’éveiller son ensemble aromatique. De plus aucune sensation d’oxydation. En fait plus le vin sera sucré plus ses chances de réagìr a l’oxydation est élevée car les sucres sont d’excellents capteurs d’oxygène’’.

Dans cette dégustation on sent clairement la signature de la maison et l’effet du terroir que je ne croyais pas voir avec un Amarone qui est un surtout un vin de méthode. Dans les années 90 beaucoup de producteurs ont commencé à beaucoup concentrer leurs vins. Ce mouvement est en train de complètement changer.

Recioto 1974

Recioto 1974

EM : ‘’Ce vin n’est plus vendu et fait partie de notre librairie personnelle. Si mon père savait qu´on ouvre une telle bouteille il me tuerait…’’.

On sent des notes de fruits rouges, de tabac, de cuir, de raisins de corinthe avec une petite touche de notes boisées ainsi que des épices méditerranéennes. Vraiment des plus exceptionnel. La texture est des plus veloutée et les tannins complètement fondus. On ne sent aucunement d’alcool (14.5%) et quelque peu d’oxydation. Ce vin a encore beaucoup de vie.

Montresor – salle de dégustation

Entrevue avec Andrea Lonardi de Bertani Domains sur le futur de la région de Valpolicella

Andrea Lonardi (source Winenews.it)

J’ai eu le plaisir tout récemment, de revoir Andrea Lonardi COO de Bertani Domains et personnalité influente dans l’industrie du vin en Italie. Il est aussi administrateur du Consorzio Tutela Vini Valpolicella. J’ai visité et dégusté les vins de la maison Bertani et j’en ai profité pour faire une entrevue avec lui sur le futur de l’appellation. Véritable érudit, j’ose croire que vous apprécierez sa vision et sa philosophie.

Vous pouvez accéder à mes notes de visites et de dégustation des vins de Bertani en cliquant sur le lien suivant :  http://bit.ly/38Nj2lP. Vous pouvez aussi accéder à l’entrevue que j’ai faite avec Andrea Sartori président du Consorzio Tutela Vini Valpolicella et président de Casa Vinicola Sartori S.pA. : http://bit.ly/34e59d0

Source: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

Entrevue avec Andrea Lonardi

V (Vinformateur): Selon vous quelle est l’évolution de la région de Valpolicella?

AL (Andrea Lonardi) : Nous devons comprendre qu’il y a une séparation entre ce qui constitue l’Amarone et le Ripasso des vins de Valpolicella. Quant au futur de la région je crois qu’il doit passer par des vins qui exprimeront le mieux et le plus possible le terroir et ça inclut évidemment les vins d’Amarone.

On doit cesser de produire des Amarone de facture commerciale car plusieurs régions dans le monde peuvent produire des vins à partir de la même méthode (appassimento) qui coûtent passablement moins cher à produire. Nous devons renforcir notre identité en passant par la spécificité du chaque terroir. Sinon si vous faite un vin qui peut être copié assez facilement par quelqu’un d’autre à quoi ça sert? Il y aura toujours quelqu’un qui produira un vin de style similaire à moindre coût.

Séchage des raisins (appassimento)

Nous devons donc transmettre un message commun de la région qui s’adresse aux consommateurs et qui facilitera la reconnaissance de nos vins pour leur qualité intrinsèque.

Je ne sais pas pour le Ripasso, c’est rendu un produit qu’on pourrait appeler un produit de ‘’commodité’’ et par le fait même, c’est un segment qu’il est plus difficile à cerner. C’est un produit qui a un nom facile à retenir, c’est un produit qui combine un style particulier ainsi qu’un caractère bien spécifique car il est bien facile d’approche (…NDLR et les gens l’aiment pour son intensité aromatique et ses tannins bien souples). Je ne crois pas qu’il soit le focus de notre approche à long terme mais bon, il s’en vend beaucoup.

Je crois que beaucoup de notre futur dépend des vins de Valpolicella. Pas facile à faire car un tel virage vers ces vins demanderait pas mal de changement au niveau production. Valpolicella c’est une région, qui grâce aux changements climatiques et grâce aux améliorations point de vue de la viniculture avec de nouvelles ‘’wineries’’ et vignobles, on peut y produire des vins qualité auxquels on aurait pas pu penser il y a quelques années.

Ces types de vins (qui proviennent de la région de Valpolicella) sont particulièrement distinctifs dans le marché pour plusieurs raisons. Ils ont des niveaux d’alcool qui avoisinent les 12 à 12.5%, ils sont plus légers, plus frais avec une acidité assez élevée et avec beaucoup de complexité tant au niveau des saveurs que des arômes. De plus ils ont ce caractère, cette texture bien souple au niveau du palais. Ils ont souvent cette finale légèrement saline qu’on pourrait appeler ‘’minéralité’’. La salinité c’est une des façons dont on peut interpréter la ‘’minéralité’’.

Pour le consommateur, il n’est facile présentement de trouver des vins qui ressemblent à ce que je viens de décrire. Beaucoup de régions dans le monde produisent encore des vins avec des niveaux d’alcool assez élevés. Un des cépages qui connaît beaucoup de succès justement avec ce type de profil de vin est le Pinot Noir qui pousse surtout dans des conditions et des climats plus frais et qui exprime bien la légèreté, la finesse et l’élégance du vin.

Cépage Corvina (source: SAQ magazine)

Le profil des vins de Valpolicella y ressemble beaucoup car le Corvina (un des cépages prévalent dans l’élaboration des vins de Valpoplicella) possède moins de polyphénols et d’anthocyanes que le Pinot Noir. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle chez Bertani nous avons investi beaucoup en recherche afin d’optimiser les vins de la région.

Parlant de recherche et plus spécifiquement au niveau de l’Amarone ‘’the show must go on’’! Derrière ce ‘’show’’, nous devons supporter notre succès avec de la recherche, avec une vision claire et avoir en tête ce que nous devons changer et améliorer dans nos vins. Ce n’est pas qu’il faille s’adapter aux goûts du marché, ce qui a malheureusement été fait dans les dernières années et qui selon moi, n’est pas la meilleure stratégie à suivre.

Bertani Domains

Il faut plutôt mieux comprendre ce qui constitue notre identité et constamment l’améliorer surtout avec l’impact des changements climatiques et de certaines pratiques de viticulture qu’il faut changer. Par exemple, probablement que nous n’avons plus à faire sécher les raisins pour une période 90 à 100 jours pour l’Amarone, que nous n’avons plus à les faire sécher à la machine et autres, possiblement que nous pouvons nous contenter d’une période de séchage de 40 à 45 jours. Avec la recherche nous devons mieux comprendre ces choses-là. C’est ça dont nous avons besoin derrière le ‘’show’’ de l’Amarone.

Ce ‘’show’’ doit constamment s’améliorer selon une philosophie et une image qui soient claires. Si vous allez au cabaret ‘’Moulin Rouge’’ vous savez pertinemment ce à quoi vous vous attendez. Chaque année le spectacle change, s’améliore mais c’est toujours selon une philosophie claire et nette. Même chose pour les vins de la région.

Bertani Domains

V : Est-ce que votre philosophie en est une de chez Bertani, est-elle partagée par plusieurs producteurs?

AL : Il n’est pas facile de gérer un groupe de producteurs via un Consorzio. Il y a plusieurs années c’était probablement plus facile car le marché était en forte croissance, il y avait de 15 à 20 producteurs et les autres étaient surtout des viticulteurs. Maintenant il y a environ de 200 à 300 producteurs de tailles différentes, des coopératives, des négociants, de grosses marques, des embouteilleurs et de combiner les besoins de tous et chacun n’est pas une mince tâche. C’est très difficile. Ce qui a été perdu dans le processus au fil des années c’est l’importance dans ce tout ce qui se passe derrière le ‘’show’’.

Une partie de ce qui doit être fait peut provenir du Consorzio. Ils veulent promouvoir les vins de la région dans le monde entier et je ne suis pas sûr que ce soit la bonne chose à faire. Je crois qu’il y a d’autres structures et méthodes de promotions disponibles. Le Consorzio doit plutôt se concentrer sur ce qui se passe derrière le ‘’show’’ pour le supporter. Il doit déterminer la direction que l’appellation doit prendre, comment mieux supporter l’appellation pour atteindre ses buts, comment développer une image commune à tous, comment déterminer quelles sont les valeurs qui sont communes à tous et que nous pourrons retrouver et échanger entre producteurs. Bertani aura toujours son identité propre, mais je suis certain que nous pouvons identifier ces valeurs communes entre producteurs. Ceci doit selon moi être le rôle du Consorzio.

Bertani Domains

Ceci représente une nouvelle approche de mise en marché (marketing) qui exige de déterminer les valeurs communes entre producteurs et comment les utiliser, les communiquer. Nous avons une appellation bien complexe. Nous avons l’Amarone et le Ripasso qui sont des vins reliés à la méthode de production. Et nous avons les vins de Valpolicella  qui sont des vins de terroirs dont la relation avec le sol et avec le lieu est identitaire. Les producteurs doivent comprendre cet état des choses spécialement au niveau de la communication. On ne peut communiquer un vin de Valpolicella de la même façon qu’un Amarone ou un Ripasso. Les deux derniers sont reliés aux méthodes de production et le Valpolicella est relié au lieu et au terroir. Ce sont deux approches marketing qui sont complètement différentes l’une de l’autre et il est important pour tous de bien comprendre ces différences.

Dégustation des vins de Bertani Domains

Page 1 of 7

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén