Catégorie : Italie (Page 1 of 7)

Visitez le vignoble Montresor dans le Valpolicella avec Edoardo Montresor et Corrado Eridani!

En octobre dernier je rencontrais Edoardo Montresor ambassadeur de la marque à Montréal pour les 50 ans de l’Amarone Montresor qui est le plus populaire au Québec. Vous pouvez accéder à l’article que j’avais alors écris sur sa visite ainsi que les notes de dégustation de certains de ses vins : http://bit.ly/338we0V

Edoardo Montresor et Corrado Eridani (droite)

Suite à sa visite, nous nous étions donné rendez-vous chez eux dans la région de Valpolicella. J’y suis donc allé le 22 novembre dernier et j’ai eu le plaisir de visiter leur chai en compagnie d’Edoardo et de Corrado Eridani œnologue et winemaker de la maison et de déguster de leurs vins dont le Recioto 1974 dont je me souviendrai toujours.

J’ai conçu cet article tout comme si vous y étiez lors de ma visite. Évidemment ce n’est pas le genre de visite touristique mais bien une visite en profondeur avec Edoardo et Corrado. J’ai enregistré l’ensemble de cette visite et je l’ai retranscrite dans cet article. Je leur ai posé plusieurs questions sur divers aspects de la vinification des vins surtout pour les Amarone et le Ripasso. Avec la lecture de cet article vous en apprendrez beaucoup sur ces types de vins. Vous aurez aussi leur perspective sur le futur de ces types de vins.

La visite du chai

Winery Montresor

Lors de notre visite le Chai était en totale reconstruction suite a la vente du vignoble.

Edoardo Montresor (EM) : « En fait la moitié de l’arrière du chai a été mis à terre pour un agrandissement important qui comprendra une nouvelle ligne d’embouteillage qui devrait être prête fin février 2020 juste à temps pour embouteiller le dernier millesime. On ajoutera aussi sur le dessus une grande terrasse pour y faire plein d’événements sûrement à temps pour Vinitaly ».

Réception et pressoirs (derrière)

‘’La réception du Chai n’accueille présentement que des petits camions avec les fruits des vendanges pour l’opération de pressage. Les raisins proviennent autant de nos propres vignobles que des viticulteurs avec lesquels nous avons des ententes qui sont en place depuis de 60 à 70 ans. Puis nous avons 2 presses et ensuite les cuves de fermentation ou nous avons des cuves spéciales pour les vins avec à l’intérieur un cône cylindrique. Le CO2 produite durant la fermentation repousse le moût le long de ce cône qui agit comme une forme de remuage naturel ce qui fait beaucoup de différence pour un vin blanc car on conserve ainsi environ 7% de plus de polyphenols ».

Montresor – Méthode Charmat pour vins mousseux

Ce qui est inusité pour un Chai dans Valpolicella est le fait qu’on y fait des bulles depuis 1946 à partir de la méthode Charmat (Martinotti).

C’est ici que nous faisons connaissance avec Corrado Eridani qui est le Winemaker chez Montresor. Corrado Eridani (CE) :

« Nous produisons un vin tranquille qui sera clarifié et par la suite inoculé avec des levures (pour la seconde fermentation) puis introduit dans les cuves sous pression (saturé de nitrogène). Ces cuves ont des parois beaucoup plus épaisses car on a jusqu’à 6 bars de pression ce qui est énorme.

L’embouteillage doit être fait dans un environnement sous vide afin de conserver les bulles dans les bouteilles. Montresor a le droit de produire un Prosecco en dehors de la zone de production. Celui-ci est vieilli 6 mois en bouteille ce qui en fait une longue méthode Charmat. Plus on laisse vieillir le vin mousseux plus fines seront les bulles. Normalement cette période sera d’un mois mais quand on le laisse vieillir plus longtemps on obtient plus de complexité et de saveurs.

Ces mousseux ne sont jamais en contact avec l’air ambiant afin de conserver les caractéristiques du vin ».

Winery Montresor

EM : « Le Chai mesure 20,000 mètres carrés sur chaque étage et est en complète rénovation. Venez voir, ici nous avons découverts lors de ces rénovations un énorme trou dans un mur. Nous avons d’abord cru à de l’érosion majeure ce qui aurait signifié de graves problèmes. Il s’est avéré que ce trou était un genre de réfrigérateur fin XIX siècle utilisé par la famille. La porte est originale. La glace provenait des montagnes environnantes. Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que les vrais réfrigérateurs sont arrivés. Toute une surprise!

Montresor – séchages des raisins pour Amarone

…Nous somme montés vers la nouvelle salle de séchage pour les raisins qui seront utilisés pour élaborer les Amarone.

EM : ‘’Vous êtes les premiers à visiter la nouvelle salle de séchage pour les raisins utilisés pour l’Amarone. Ces rénovations se sont terminées une semaine avant les vendanges. Nous étions nerveux c’est le moins qu’on puisse dire. Toutes les poutres vieilles de 120 ans ont été réutilisées ainsi que les murs de pierres. Vous pouvez voir les raisins en train de sécher. On ne met qu’une couche de raisins sans les bacs de séchage pour qu’ils sèchent bien. Il est bien important de bien identifier les divers cépages lors de ce processus pour les retrouver lors de l’assemblage.

(NDLR : essayez de vous imaginer 20,000 mètres carrés de casseaux en plastiques tous remplis de raisins empilés jusqu’à 6 à 7 bacs de haut. Tout un spectacle…)

EM : « Le temps de séchage est de 4 à 5 mois ce qui est très élevé. Les raisins sont très sucrés à ce stage-ci. Le challenge avec l’Amarone est de bien balancer le niveau de sucre avec le niveau d’alcool. On ne veut pas trop de l’un ni de l’autre. Donc le temps des vendanges et la période de séchage jouent un rôle primordial. Durant ce temps le Winemaker est pas mal nerveux. Le niveau de sucre résiduel désiré est d’environ 4 g/l ce qui en fait un vin sec. La perception de sucre dans l’Amarone ne vient pas du sucre résiduel mais bien du côté fruité du vin. La texture moelleuse du vin vient des tannins bien ronds et non pas du sucre. Notre challenge est d’expliquer cela au consommateur car ces derniers deviennent réfractaires au sucre et il n’y en a pas plus dans l’Amarone que dans d’autres vins rouges secs. Une trop grande quantité de sucre dans le vin impacte la sapidité du vin. S’il est trop sucré, on n’en veut pas d’un deuxième ou troisième verre.

Le consommateur s’y connait de plus en plus en vin. On doit aller vers plus de qualité et un minimum de sucre. Les consommateurs recherchent des produits intéressants pour eux. Si on baisse le niveau de sucre on doit travailler encore plus fort dans le vignoble pour aller chercher un niveau de maturité qui va donner une texture bien ronde…Les terroirs qui sont le plus en altitude vont donner des textures plus intéressantes et plus rondes. C’est un challenge à long terme : les vendanges doivent être faites au bon moment, on doit choisir les bons cépages, les bons clones, on doit avoir le bon terroir, le temps de séchage doit être approprié, le temps de fermentation doit être optimisé etc.

Faire un bon vin d’Amarone c’est quand les gens apprécient le vin et oublient de boire de l’eau…j’aime bien voir un couple dans un restaurant avec un de mes vins et que la bouteille d’eau est encore pleine!

…Depuis un certain temps on voit les producteurs de la région réduire les niveaux de sucre dans l’Amarone. Ils retournent vers les recettes plus anciennes. Les Amarone d’aujourd’hui sont effectivement moins sucrés qu’il n’y a pas si longtemps. Les goûts des consommateurs évoluent. La philosophie va vers cette direction.

Quelquefois les consommateurs croient que l’Amarone est un vin difficile, super concentré alors qu’en réalité il doit absolument être élégant. Nous sommes contents de ce mouvement de la part des producteurs car ça aide l’appellation et ça aide tout le monde. L’élégance de ce type de vin est capitale pour la continuité du succès. Quand les gens commencent à boire du vin ils vont vers des vins plus sucrés. Mais avec le temps leurs goûts évoluent et ils vont vers moins de sucre.

…on continue la visite…

EM : ‘’Dans les rénovations on essaye le plus possible de garder le caractère historique du Chai. Ici Toutes les cuves sont thermorégulées, en inox avec 3 plis. Ici nous avons la collection des vieux millésimes. On y retrouve même un Recioto Spumante qu’on ne fait plus.

Toutes les barriques sont usagées car on n’utilise pas de nouvelles barriques. On les utilise seulement pour ajuster l’oxygénation du vin. Certaines années on ne les utilise pas du tout lorsque ce n’est pas nécessaire. On utilise surtout des foudres. Nous avons que peu de ces barriques, environ 200 toutes de chêne français.

…Ici nous avons un Soave 1943. Je ne sais pas s’il est encore buvable.

C’était le denier millesime produit car ma famille qui a du se sauver durant la deuxième guerre mondiale. Les allemands ont essayé de tuer mon grand-père car il a participé à sauver des gens qui étaient recherchés par eux.

…continuation de la visite…

Ici ce sont les caves ou nous sommes entourés de cuves en ciment sur lesquelles ont a peint des dessins. Ces cuves en ciment agissent comme les fondations du Chai. En fait les cuves de ciment ont été bâties avant le Chai. Puis ce dernier a été bâti dessus. On peut voir certaines failles dans les cuves qui proviennent d’un tremblement de terre. Beaucoup d’histoire avec ces quatre générations des Montresor.

…Ici ce sont des barriques de 55 hectolitres faites de chênes français et de Slavonie.

Chaque barrique est différente car dans les années 30 on produisait nous-mêmes les barriques. Tout dépendait du type de bois qu’on pouvait trouver. On les utilise pour les cuvées haut de gamme.

Pour les Amarone en général on fait vieillir 2 ans en barrique et un an en bouteille avant de commercialiser (pour un total de 3 ans après les vendanges).

L’oxygénation est plus lente dans les foudres que dans les barriques. On obtient alors plus d’élégance mais c’est plus long. On veut éviter les notes boisées dans le vin.

…C’est ici qu’on laisse vieillir le vin en bouteilles toutes empilées les unes sur les autres selon la méthode catasta. C’est une des pires job dans le Chai qu’avoir à empiler les bouteilles les unes sur les autres. Vraiment fatiguant et monotone.

Traditionnellement nous avions un groupe qui dégusait les vins avant la commercialisation et s’ils étaient optimales alors on mettait les étiquettes sur les bouteilles et on les vendait.  Maintenant c’est la responsabilité de Corrado’’.

…continuation de la visite…

EM : ‘’Nous avons de très petites cuves pour expérimenter différentes cuvées. Nous croyons toujours que les cuves en ciment sont les meilleures pour entreposer le vin. L’inox et le bois sont excellents pour « travailler » le vin mais il n’y a rien de mieux que le ciment pour l’entreposer. On peut garder les vins jusqu’à 15 ans sans altérer le vin. Plusieurs vignobles ont détruit les cuves en ciment quand les cuves en inox sont arrivées car c’était la modernité. Maintenant plusieurs rebâtissent ces cuves en ciment.

Dans ces cuves, il n’y a pas de changement de température ni de pression. On peut voir sur les parois des résidus d’acide tartrique qui provient du vin rouge. Au début on tapissait ces cuves avec des parois de verre. De nos jours on utilise une résine d’epoxy.

Trois barriques qui représentent chacune une étape de la fabrication du vin et ont été peintes dans les années 60 et 70. Nous avons réussi à en conserver que ces trois.

…À l’intérieur de la maison principale pour la dégustation :

EM : « C’était la maison de la famille. Maintenant elle sert pour l’administration et les dégustations. Mes grands-parents demeuraient ici. Vous voyez dans ce plancher de la chambre de mes grands-parents il y a comme un trou . En 1944 mon grand-père (Bruno Montresor) est allé à la gare de Vérone sauver des juifs qui étaient dans les trains.

Un de ceux qui y participait a dénoncé mon grand-père et les allemands sont arrivés pour l’arrêter. Il s’est sauvé dans les montagnes alors que ma grand-mère a décidé de rester dans la maison pour confronter les allemands et s’assurer que rien ne serait volé. Un soldat allemand a avec ses éperons de bottes frappé la parquet et fait un trou dans le plancher pour essayer de trouver mon grand-père. Les cheveux de ma grand-mère sont devenus blancs en deux semaines à l’âge de 36 ans. Elle a été arrêtée puis a été libérée quelques semaines plus tard.  

Château Montresor – Loire

Par la suite les allemands ont fait de la maison leur bureau-chef. On a alors cessé de faire du vin durant cette période. Puis les canadiens sont arrivés et les allemands ont fui en apportant tout le vin et tous les objets de métal. C’était un désastre total.

Quand mon grand-père est retourné, il n’y avait plus rien. Et c’est M. Bertani de Bertani Domains qui lui a donné de l’équipement pour recommencer à faire du vin. Malgré le fait qu’ils étaient concurrents, c’est M. Bertani qui a fait qu’on fait maintenant du vin chez Montresor.

Certaines des pièces de la maison sont demeurées telles qu’au décès de mes grands-parents. Rien n’a changé.

…Une des plus vieilles bouteilles d’Amarone que nous avons est cette bouteille de 1946 et c’est la dernière’’.

La dégustation

Les vins de la maison Montresor sont représentés par l’agence Noble Sélections. Vous pouvez accéder à l’ensemble des vins disponibles tant à la SAQ qu’en importation privée en cliquant sur le lien.  :

Une recherche des vins disponibles à la SAQ donne les résultats suivants lors de l’écriture de cet article.

Capitel della Rosara, Valpolicella Classico. Non disponible

Capitel della Rosara, Valpolicella Classico

Le Montresor Capitel della Crosara est disponible à la SAQ

Ce vin provient d’une seule et même parcelle située à 450 mètres d’altitude. Que des raisins frais sont utilisés. Il est vieilli pendant 6 mois dans des barriques qui ont servi pour l’Amarone.

CE : « On ne veut qu’un peu de structure avec le vieillissement de ce vin ».  Sur des effluves de figues de fruits rouges, d’épices douces et de belles notes florales. En bouche la texture est bien veloutée, l’acidité est assez présente et les tannins sont bien charpentés ce qui donne une belle structure au vin. Très élégant avec une belle et longue finale. C’est un vin bien frais, facile à boire Et tout en équilibre.

EM : ‘’Quant au futur de Valpolìcella, je crois que l’Amarone se doit d’être le produit le plus important. En termes de qualité la meilleure expression de Valpolicella c’est avec l’Amarone qu’on peut la traduire. C’est toute la tipicité de la région qui s’y retrouve. Dans le Valpolicella on retrouve le fruit, l’acidité et un niveau d’alcool peu élevé du vin.

On a commencé à sécher le raisin car la Vénétie avait une température assez froide et pour obtenir des vins plus concentrés il fallait faire sécher les raisins. Et avec ce séchage des raisins on fait aussi le Ripasso. On ne peut oublier le Valpolicella qui va si bien avec la nourriture locale autant les poissons que la viande.

La grande différence entre les autres pays qui utilisent la méthode appassimento (séchage des raisins) ce sont les cepages de Corvina, Molinara et Rondinella. Ils ne peuvent pas faire sécher leurs raisins pendant de 90 à 100 jours parce que nos cépages sont des raisins à peau épaisse si on compare au Merlot, Sangiovese et au Pinot Noir qui ont la peau plus mince. Après un mois de séchage, la peau de ces raisins se fendille et s’oxyde ce qui n’est pas le cas avec nos cépages locaux. On obtient alors un produit naturel avec une belle concentration.

Avec un Amaron le vin change à chaque 30 minutes tellement il est complexe. Quand on ouvre une bouteille d’Amarone, il se remet à vivre. C’est comme un bébé. Ça commence sur des de fruits bien frais et ça se termine sur des notes de cuir, de cacao, de chocolat noir un peu amer ‘’.

DE : ‘’Le Valpolicella c’est un peu le petit frère des vins de la région. C’est la base des vins de la région. Si je veux impressionner quelqu’un j’ouvre une bouteille d’Amarone. Mais pour un vin de tous les jours, j’ouvre un Valpolicella’’.

EM : ‘’C’est plus facile de vendre un Amarone à cause de l’élégance et de la concentration. On a une histoire à raconter avec un Amarone.

Cependant de plus en plus de producteurs poussent le Valpolicella Superiore parce que c’est véritablement un vin de terroir et c’est unique à la région. Les choses sont en train de changer. Pendant les 20 dernières années tout était concentré à obtenir des ventes et des scores (notes) qui aideraient aux ventes. C’est maintenant le terroir qui est en train de reprendre le dessus.

Faire un vin de Valpolicella est assez simple puisqu’on n’a pas à le faire vieillir en barrique et on a pas à faire sécher les raisins. Tout passe par la sélection des raisins. Beaucoup de producteurs se demandent s’ils ne devraient pas faire revivre les vins de Valpolicella’’.

Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016, $26.50, Corvina 70%, Rondinella 25%, Molinara 5%, sucre: 5.0 g/l, code SAQ: 12207527. Présentement non disponible.

Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016
Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016

CE : « C’est la fermentation d’un Valpolicella sur Les peaux utilisés pour faire de l’Amarone ce qui crée une deuxième fermentation (Ripasso). Pour le faire on utilise le meilleur des Valpolicella et sur les meilleures peaux des meilleurs Amarone. On peut utiliser les peaux d’Amarone deux fois donc on fait normalement deux bouteilles de Ripasso avec le moût d’Amarone. Primo veut dire que c’est le premier passage des peaux et non pas la deuxième. Le vin est donc un peu plus riche et plus profond au niveau de son profil aromatique. Puis on il vieillit 2 ans en barrique. On veut qu’il soit concentré mais avec de l’élégance et un bel equilibre. Quant à l’étiquette de ce vin on peut facilement l’enlever, écrire des notes de dégustation et la conserver. Ça vous aide à vous rappeler du vin que vous bu chez des amis ou au restaurant’’.

On sent ici beaucoup de concentration, les tannins sont charpentés et souples et le tout culmine en une belle élégance. La texture est bien veloutée, beaucoup de fraîcheur, des flaveurs assez intenses et complexes. Bien que ce vin ait 14.5% d’alcool, on ne le sent pas. Beaucoup de longueur ainsi qu’une belle acidité. Très séducteur comme vin. Grand potentiel de garde.

Amarone della Valpolicella, Monopolio Montresor, Capitel della Crosara, Classico, $84.25, 2013, 2008 et 2003, code SAQ : 12711256. Le 2010 est disponible.

Amarone della Valpolicella, Monopolio Montresor, Capitel della Crosara, Classico

EM : ‘’Il faut commencer par le plus jeune si on veut voir son évolution. Dans ce vignoble qui est assez grand on ne possède pas toutes les vignes mais au début du XIX siècle on administrait le tout pour plusieurs producteurs. On parlait donc de Monopole et le nom est resté. Ça fait donc plus de 80 ans qu’on utilise ce nom sur nos étiquettes.

Bien que ce soient des millesimes différents on sent que ces vins ont la même signature et le même style. Les vignes ont plus de 50 ans et les cépages ont été co-plantés’’.

Le 2013 est encore bien jeune avec quelques notes herbacées, tout en fraîcheur, beaucoup de structure, des tannins particulièrement charpentés, il a besoin d’être encore vieilli même après 6 ans. Le sucre résiduel est très bas et on ne sent pas l’alcool. Très élégant et d’une longueur plus qu’appréciable. On sent vraiment le terroir dans ce vin. En fait on devrait attendre de 15 à 20 ans avant de boire un Amarone. Beaucoup d’émotions dans ce vin!

Le 2008 est carrément tout en élégance avec beaucoup de volume te d’amplitude en bouche. Simplement incroyable! Superbe sensation de mineralite, acidité assez présente

Ces vins sont secs et ronds à cause des tannns qui sont bien souples.

Je n’ai pas senti beaucoup d’évolution dans le 2003 ce qui témoigne de son potentiel de garde. De plus je n’ai senti l’effet de la chaleur torride qui a sévi en 2003. Le vin demeure bien frais.

EM : ‘’La raison est que le Vignoble se situe à environ 400 mètres d’altitude. De plus les plus vieilles vignes supportent mieux les changements climatiques. Même le 2003 aurait besoin d’un passage en carafe afin d’éveiller son ensemble aromatique. De plus aucune sensation d’oxydation. En fait plus le vin sera sucré plus ses chances de réagìr a l’oxydation est élevée car les sucres sont d’excellents capteurs d’oxygène’’.

Dans cette dégustation on sent clairement la signature de la maison et l’effet du terroir que je ne croyais pas voir avec un Amarone qui est un surtout un vin de méthode. Dans les années 90 beaucoup de producteurs ont commencé à beaucoup concentrer leurs vins. Ce mouvement est en train de complètement changer.

Recioto 1974

Recioto 1974

EM : ‘’Ce vin n’est plus vendu et fait partie de notre librairie personnelle. Si mon père savait qu´on ouvre une telle bouteille il me tuerait…’’.

On sent des notes de fruits rouges, de tabac, de cuir, de raisins de corinthe avec une petite touche de notes boisées ainsi que des épices méditerranéennes. Vraiment des plus exceptionnel. La texture est des plus veloutée et les tannins complètement fondus. On ne sent aucunement d’alcool (14.5%) et quelque peu d’oxydation. Ce vin a encore beaucoup de vie.

Montresor – salle de dégustation

Entrevue avec Andrea Lonardi de Bertani Domains sur le futur de la région de Valpolicella

Andrea Lonardi (source Winenews.it)

J’ai eu le plaisir tout récemment, de revoir Andrea Lonardi COO de Bertani Domains et personnalité influente dans l’industrie du vin en Italie. Il est aussi administrateur du Consorzio Tutela Vini Valpolicella. J’ai visité et dégusté les vins de la maison Bertani et j’en ai profité pour faire une entrevue avec lui sur le futur de l’appellation. Véritable érudit, j’ose croire que vous apprécierez sa vision et sa philosophie.

Vous pouvez accéder à mes notes de visites et de dégustation des vins de Bertani en cliquant sur le lien suivant :  http://bit.ly/38Nj2lP. Vous pouvez aussi accéder à l’entrevue que j’ai faite avec Andrea Sartori président du Consorzio Tutela Vini Valpolicella et président de Casa Vinicola Sartori S.pA. : http://bit.ly/34e59d0

Source: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

Entrevue avec Andrea Lonardi

V (Vinformateur): Selon vous quelle est l’évolution de la région de Valpolicella?

AL (Andrea Lonardi) : Nous devons comprendre qu’il y a une séparation entre ce qui constitue l’Amarone et le Ripasso des vins de Valpolicella. Quant au futur de la région je crois qu’il doit passer par des vins qui exprimeront le mieux et le plus possible le terroir et ça inclut évidemment les vins d’Amarone.

On doit cesser de produire des Amarone de facture commerciale car plusieurs régions dans le monde peuvent produire des vins à partir de la même méthode (appassimento) qui coûtent passablement moins cher à produire. Nous devons renforcir notre identité en passant par la spécificité du chaque terroir. Sinon si vous faite un vin qui peut être copié assez facilement par quelqu’un d’autre à quoi ça sert? Il y aura toujours quelqu’un qui produira un vin de style similaire à moindre coût.

Séchage des raisins (appassimento)

Nous devons donc transmettre un message commun de la région qui s’adresse aux consommateurs et qui facilitera la reconnaissance de nos vins pour leur qualité intrinsèque.

Je ne sais pas pour le Ripasso, c’est rendu un produit qu’on pourrait appeler un produit de ‘’commodité’’ et par le fait même, c’est un segment qu’il est plus difficile à cerner. C’est un produit qui a un nom facile à retenir, c’est un produit qui combine un style particulier ainsi qu’un caractère bien spécifique car il est bien facile d’approche (…NDLR et les gens l’aiment pour son intensité aromatique et ses tannins bien souples). Je ne crois pas qu’il soit le focus de notre approche à long terme mais bon, il s’en vend beaucoup.

Je crois que beaucoup de notre futur dépend des vins de Valpolicella. Pas facile à faire car un tel virage vers ces vins demanderait pas mal de changement au niveau production. Valpolicella c’est une région, qui grâce aux changements climatiques et grâce aux améliorations point de vue de la viniculture avec de nouvelles ‘’wineries’’ et vignobles, on peut y produire des vins qualité auxquels on aurait pas pu penser il y a quelques années.

Ces types de vins (qui proviennent de la région de Valpolicella) sont particulièrement distinctifs dans le marché pour plusieurs raisons. Ils ont des niveaux d’alcool qui avoisinent les 12 à 12.5%, ils sont plus légers, plus frais avec une acidité assez élevée et avec beaucoup de complexité tant au niveau des saveurs que des arômes. De plus ils ont ce caractère, cette texture bien souple au niveau du palais. Ils ont souvent cette finale légèrement saline qu’on pourrait appeler ‘’minéralité’’. La salinité c’est une des façons dont on peut interpréter la ‘’minéralité’’.

Pour le consommateur, il n’est facile présentement de trouver des vins qui ressemblent à ce que je viens de décrire. Beaucoup de régions dans le monde produisent encore des vins avec des niveaux d’alcool assez élevés. Un des cépages qui connaît beaucoup de succès justement avec ce type de profil de vin est le Pinot Noir qui pousse surtout dans des conditions et des climats plus frais et qui exprime bien la légèreté, la finesse et l’élégance du vin.

Cépage Corvina (source: SAQ magazine)

Le profil des vins de Valpolicella y ressemble beaucoup car le Corvina (un des cépages prévalent dans l’élaboration des vins de Valpoplicella) possède moins de polyphénols et d’anthocyanes que le Pinot Noir. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle chez Bertani nous avons investi beaucoup en recherche afin d’optimiser les vins de la région.

Parlant de recherche et plus spécifiquement au niveau de l’Amarone ‘’the show must go on’’! Derrière ce ‘’show’’, nous devons supporter notre succès avec de la recherche, avec une vision claire et avoir en tête ce que nous devons changer et améliorer dans nos vins. Ce n’est pas qu’il faille s’adapter aux goûts du marché, ce qui a malheureusement été fait dans les dernières années et qui selon moi, n’est pas la meilleure stratégie à suivre.

Bertani Domains

Il faut plutôt mieux comprendre ce qui constitue notre identité et constamment l’améliorer surtout avec l’impact des changements climatiques et de certaines pratiques de viticulture qu’il faut changer. Par exemple, probablement que nous n’avons plus à faire sécher les raisins pour une période 90 à 100 jours pour l’Amarone, que nous n’avons plus à les faire sécher à la machine et autres, possiblement que nous pouvons nous contenter d’une période de séchage de 40 à 45 jours. Avec la recherche nous devons mieux comprendre ces choses-là. C’est ça dont nous avons besoin derrière le ‘’show’’ de l’Amarone.

Ce ‘’show’’ doit constamment s’améliorer selon une philosophie et une image qui soient claires. Si vous allez au cabaret ‘’Moulin Rouge’’ vous savez pertinemment ce à quoi vous vous attendez. Chaque année le spectacle change, s’améliore mais c’est toujours selon une philosophie claire et nette. Même chose pour les vins de la région.

Bertani Domains

V : Est-ce que votre philosophie en est une de chez Bertani, est-elle partagée par plusieurs producteurs?

AL : Il n’est pas facile de gérer un groupe de producteurs via un Consorzio. Il y a plusieurs années c’était probablement plus facile car le marché était en forte croissance, il y avait de 15 à 20 producteurs et les autres étaient surtout des viticulteurs. Maintenant il y a environ de 200 à 300 producteurs de tailles différentes, des coopératives, des négociants, de grosses marques, des embouteilleurs et de combiner les besoins de tous et chacun n’est pas une mince tâche. C’est très difficile. Ce qui a été perdu dans le processus au fil des années c’est l’importance dans ce tout ce qui se passe derrière le ‘’show’’.

Une partie de ce qui doit être fait peut provenir du Consorzio. Ils veulent promouvoir les vins de la région dans le monde entier et je ne suis pas sûr que ce soit la bonne chose à faire. Je crois qu’il y a d’autres structures et méthodes de promotions disponibles. Le Consorzio doit plutôt se concentrer sur ce qui se passe derrière le ‘’show’’ pour le supporter. Il doit déterminer la direction que l’appellation doit prendre, comment mieux supporter l’appellation pour atteindre ses buts, comment développer une image commune à tous, comment déterminer quelles sont les valeurs qui sont communes à tous et que nous pourrons retrouver et échanger entre producteurs. Bertani aura toujours son identité propre, mais je suis certain que nous pouvons identifier ces valeurs communes entre producteurs. Ceci doit selon moi être le rôle du Consorzio.

Bertani Domains

Ceci représente une nouvelle approche de mise en marché (marketing) qui exige de déterminer les valeurs communes entre producteurs et comment les utiliser, les communiquer. Nous avons une appellation bien complexe. Nous avons l’Amarone et le Ripasso qui sont des vins reliés à la méthode de production. Et nous avons les vins de Valpolicella  qui sont des vins de terroirs dont la relation avec le sol et avec le lieu est identitaire. Les producteurs doivent comprendre cet état des choses spécialement au niveau de la communication. On ne peut communiquer un vin de Valpolicella de la même façon qu’un Amarone ou un Ripasso. Les deux derniers sont reliés aux méthodes de production et le Valpolicella est relié au lieu et au terroir. Ce sont deux approches marketing qui sont complètement différentes l’une de l’autre et il est important pour tous de bien comprendre ces différences.

Dégustation des vins de Bertani Domains

Des suggestions de vins effervescents de moins de $20.00 pour les Fêtes!

Un Cava, Un Prosecco et un Lambrusco pleins de bulles de gaieté et de réjouissance!

Anna de Codorniu, Blanc de blancs, Brut, Reserva, Espagne, $18.40, cépages : Chardonnay 70%, Paradella 15%, Macabeo et Xa-rello 15%, sucre : 8 à 10 g/l, code SAQ : 14222608.

Il s’agit d’un vin effervescent élaboré selon la même méthode de double fermentation (la même qu’en champagne) la deuxième étant en bouteille. Ce vin passe 15 mois sur lies ce qui est plus élevé que le minimum de l’appellation qui est de 9 mois.

Sur des arômes de pêches, d’abricots, de fruits tropicaux, un soupçon d’agrumes et de pain grillé (les 18 mois sur lies). Bien crémeux en bouche avec une belle acidité qui créé un beau contraste avec cette sensation de minéralité.

Anna de Codorniu, Blanc de blancs, Brut, Espagne

Brilla! Prosecco, Extra Dry, $19.95, cépages : Glera 100%, sucre : 13 g/l, code SAQ: 14216291.

Ce vin effervescent est élaboré selon la méthode Martinotti (ou Charmat) qui consiste à une fermentation en cuve sous pression. Il n’y a pas de fermentation en bouteille comme les Cava, Crémants et Champagnes. De plus, tous les Prosecco utilisent le même cépage soit le Glera. Donc pour tous les Prosecco même méthode de fermentation et même cépage. C’est là ou la viticulture et le  terroir peuvent  jouer un rôle de différentiation entre les divers Prosecco.

Au nez de belles notes florales, des notes de fruits blancs surtout sur la pomme, la pêche avec un soupçon d’agrumes et en filigrane des notes de fruits exotiques. En bouche, beaucoup de fraîcheur avec une belle acidité un peu mordante, pas mal aromatique, des notes florales et de fruits, une belle sensation de minéralité, bel équilibre entre l’acidité et le niveau de sucre et une finale appréciable.

Brilla! Prosecco, Extra Dry

Concerto Reggiano, Lambrusco, Italie, Emilie-Romagne, 2018, $19.45, cépage : Lambrusco 100%, sucre : 9.0 g/l, alc. 11.5%, code SAQ : 733261.

J’ai eu le plaisir de déguster tout récemment ce vin en compagnie d’Alessandro Medici co-propriétaire et winemaker chez Medici Ermete. Quel plaisir nous avons eu!

Alors le Lambrusco, qu’est-ce que c’est? C’est un vin rouge ou rosé effervescent des plus originaux qui provient d’Émilie-Romagne (Lambrusco DOC) élaboré à partir du cépage lambrusco. Pour vous faire une idée, imaginez-vous un beaujolais effervescent plein de bulles fines, de notes fruits frais, légèrement sucré avec un beau niveau d’acidité et des tannins bien ronds, bien souples. Quand même assez original non? Ce vin est élaboré à partir du cépage lambrusco et est vinifié selon la méthode ancestrale ou méthode Martinotti/Charmat (la même méthode que le prosecco).  Celui-ci provient de la méthode ancestrale. De plus, ce vin vient sous plusieurs formes telles dolce, secco, dry, extra dry, frizzante, spumante et autres. Donc beaucoup de choix!

C’est particulièrement aromatique! Sur des effluves assez intenses de fruits rouges bien frais (fraises, framboises, cerises). La bouche est tellement fraîche et éclatante de flaveurs de fruits rouges entremêlées de tannins équilibrés et d’une acidité surprenante. Ça vous nettoie un palais et c’est tellement jouissif! Un vin à acheter si vous recherchez quelque chose de différent.

Concerto Reggiano, Lambrusco, Italie, Emilie-Romagne, 2018
À Vérone, novembre 2019

Bertani : Le passé, le présent et le futur des vins de la région de Valpolicella

Dégustation des vins Bertani

Quelle visite intéressante de la maison Bertani ou j’ai eu le plaisir de revoir Andrea Lonardi qui est COO (Chief Operating Officer) de Bertani Domains. J’ai eu le plaisir de le rencontrer cet été lors de notre visite chez TreRose lors de l’événement Enovitis In Campo organisé par Unione Italia Vini. Quel érudit du vin! Je l’écouterais pendant des heures…

Andrea Lonardi

Visitez avec moi la  »winery » Bertani et profitez des commentaires d’Andrea Lonardi tout au long de cette visite. En fait, la majorité du texte est constitué des commentaires d’Andrea qui nous a accompagné tout au long de notre visite. J’ai ajouté ici et là quelques observations. Les notes de dégustation sont les miennes.

Bertani

Bertani

Bertani est la plus vieille  »winery » dans la région de Vérone. C’est un endroit assez unique car il combine une approche française entremêlée de culture italienne. Les 2 frères (Giovan Battista et Gaetano Bertani) qui ont fondé la maison ont étudié l’œnologie et la viticulture avec le célèbre professeur Guillot.

Étant issus d’une famille riche et étant amateur de grands vins ils ont été naturellement attirés vers la viticulture. C’est en 1857 que la  »winery » a été fondée par les deux frères à Quinto di Valpantena au nord de Vérone. Elle a été une des premières à voir le potentiel de vins embouteillés. En 1923 la maison reçoit un décret royal comme signe de la qualité et l’excellence de ses vins.

Carte vinicole Valpolicella – Source: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

‘’Au début de Bertani entre 1920 et 1950 le vin le plus vendu était le Soave. En 1957 ils ont décidé de transformer leur production de vins sucrés vers des vins secs et c’est à ce moment que la culture de l’Amarone a débutée. Il faut savoir que tout comme les Petrus de ce monde, l’Amarone de Bertani n’a jamais changé depuis ses débuts tant au niveau de la bouteille, que de l’étiquette que de la vinification.

Il y a eu depuis les tout débuts des changements au niveau du goût des consommateurs. Malgré cela Bertani est demeuré fidèle à ses origines et c’est certainement une des raisons de son succès.

Et ce qui caractérise entre autres, les vins de Bertani c’est la précision avec lesquels ils sont élaborés.

Bertani

Chez Bertani 40% de nos ventes se font en Italie alors que chez d’autres on exporte de 80 à 90% de la production. Il est donc probablement plus important chez nous de raconter notre histoire et de conserver nos traditions qu’ailleurs…

En Italie le Valpolicella et le Superiore ont plus d’importance. Bertani c’est plus que l’Amarone. C’est le Soave, c’est le Valpolicella, c’est le Seco, ça c’est Bertani. Nous ne sommes pas que juste de l’Amarone et du Ripasso’’.

Et ces Ripasso sont aussi élaborés selon la méthode classique qu’on pourrait qualifier « d’ancienne ». D’ailleurs les Ripasso de Bertani sont passablement différents des autres Ripasso qu’on peut retrouver sur le marché ce qu’on verra lors de la dégustation.

Soave Bertani – couronnement de George VI

‘’Quant au Soave, lors du couronnement de Georges VI c’est du Soave de Bertani qu’on a servi. Et en 2012 on a recréé ce même vin selon les mêmes méthodes de cette période. Lors de cet exercise beaucoup de documents sur les méthodes de vinification ont été retrouvés. Ces vins étaient initialement fermentés avec les peaux et n’étaient pressés que lorsque le niveau de CO2 était assez élevé pour protéger le vin de l’oxydation. Ça en fait comme un vin orange mais qui a gardé ses caractéristiques et le respect du Soave. Depuis 2015 le niveau de qualité est vraiment optimisé.

Le Chai est situé dans le Valpatena. Et c’est la seule Vallée qui peut être identifiée comme tel sur la bouteille tout comme un grand cru en Bourgogne.

Le Valpolicella Classico est élaboré dans 5 communes (noms…) qui sont appelées « la main » avec un système de vallées. Dans une de ces villes il y a Tenuta Novare qui est particulièrement qualitative . Tous les vignobles sont situés sur des parties des plus qualitatives orientées sud-ouest. Une des zones entière est la propriété de Bertani ce qui permet l’élaboration de vins de qualité supérieure.

Chai Bertani

(Dans le Chai…) ’’Quant à la vinification des Amarone nous utilisons depuis longtemps des cuves en ciment recouvertes à l’intérieur de verre provenant de Murano ce qui est excellent pour la vinification de nos vins. C’est très dispendieux à réparer et nous l’utilisons qu’une fois par année. Toute la vinification est parcellaire.

Pour la vinification du Soave on utilise des foudres simplement pour l’oxygénation et surtout pas pour avoir des arômes boisés. Ce vieillissement en foudre ajoute de la complexité aux vins…

Chai Bertani

Nous avons terminé les vendanges vers la fin d’octobre et nous avons débuté le pressage des Amarone de 1ère sélection. En fait nous faisons plusieurs sélections des raisins pour les Amarone.

Nous les sélectionnons tout d’abord avant le séchage des raisins puis par la suite lors de la vinification. Seules les meilleures grappes sont sélectionnées. Le temps de séchage des raisins pour l’Amarone est d’environ 100 jours ce qui est un peu plus court qu’autrefois.

Personnellement je suis très impliqué dans la recherche en ce qui a trait au vieillissement du vin en barrique. En fait j’essaye de mieux en comprendre le processus et l’impact sur le vin.

Andrea Lonardi – Chai Bertani

Nous avons présentement 8 millésimes en stock qui vieillissent en barriques et nous nous devons de mieux comprendre le processus de vieillissement sous-bois. Il existe différentes philosophies quant à l’utilisation du bois. C’est un sujet qui m’intéresse particulièrement car certains de nos vins vieillissent sous-bois pendant 8 ans. Tout comme la vinification en Bourgogne, notre processus est similaire car il utilise le bois et ce milieu est particulièrement réducteur.

Alors nous devons développer un modèle d’utilisation du bois pour ajouter plus de précision à l’élaboration de nos vins. Nous soutirons un minimum de 2 fois durant ces 8 années. Un Amarone peut demeurer dans la même barrique pendant sept ans. Durant ce temps nous procédons à l’ouillage deux fois par mois. Le vin utilisé pour l’ouillage provient de vignes élevées à cet effet. C’est un milieu très réducteur même en utilisant des foudres…

Chai Bertani

Nous accordons beaucoup d’importance au vieillissement en bouteille. C’est une étape importante dans l’élaboration du vin chez nous. Par exemple les Amarone vieillissent sous-bois de 7 à 8 ans puis de 1 à 3 ans en bouteille. Lorsqu’il est prêt à être consommé le vin a déjà vieilli plus de 10 ans. La librairie de nos vins contient le millésime 1939 qui n’est pas à vendre. Les millésimes qui suivent 1960 le sont…

Un des facteurs distinctifs des vins de Bertani est le style de la maison qui se perpétue à travers les âges. Si on ouvrait des Amarone de différentes années le style serait plus que probablement le même…

Chai Bertani

Travailler dans une vieille  »winery » comme celle-ci n’est pas toujours facile. Ëtre traditionnel ne veut pas dire que l’endroit doive être rustique et poussiéreux. Les conditions hygiéniques doivent être méticuleuses. On ne veut pas de vins ‘’funky’’ avec un goût de ‘’Brett’’ car selon moi c’est une grave erreur de faire de tels vins. Beaucoup de vins dits nature créent des déviations de l’expression du terroir. Les consommateurs qui ont un certain intérêt pour de tels vins devraient faire attention à ce qu’ils boivent. C’est la grande différence entre le ‘’storytelling’’ (se raconter des histoires) et faire des vins de façon sérieuse’’.

Chai Bertani

Les vins de chez Bertani sont en conversion bio et ne sont pas présentement certifiés comme tels. De plus chez Bertani on utilise plusieurs approches quant à l’agriculture durable. Ils sont présentement à travailler avec leurs fournisseurs afin que ces derniers supportent cette philosophie d’agriculture durable. Ce processus prendra encore quelques années car il implique plusieurs intervenants. ‘’Depuis 2012 n’ont n’utilisons plus aucun insecticide, d’herbicide, on n’utilise que des produits naturels. Je ne crois pas que le bio est le futur de l’agriculture durable.

Les niveaux de cuivre utilisés sont énormes et dangereux pour l’environnement. Ces niveaux de cuivre sont hors de contrôle. Ceux qui utilisent ces systèmes ou labels veulent en réduire les montants mais c’est très difficile et ça prendra beaucoup de temps afin de trouver une alternative efficace. Le cuivre n’est pas une approche durable pour la viticulture. C’est un métal lourd qui a un niveau de dégradation dans le sol qui est très long.

Concentrations de cuivre dans les sols – Unione Italia Vini – Tergeo

Ceci pose un challenge aux  »wineries » de trouver des solutions holistiques et durables. Derrière une belle image, le mouvement bio engendre de réels et graves problèmes dont le souffre et le cuivre.

Notre approche dépasse largement la simple vitiviniculture. On implique le sort de nos travailleurs dans l’équation tant au niveau de la sécurité que des bénéfices sociaux’’.

La dégustation

Cette dégustation s’est déroulée en quatre étapes soient le Soave puis le Valpolicella, le Ripasso et enfin l’Amarone. Ce qui est remarquable tout au long de cette dégustation c’est le fameux style Bertani qui est tout en fraîcheur, possède beaucoup d’équilibre, donne des niveaux d’alcool bien contrôlés et célèbre la finesse et l’élégance. C’est aussi la consécration du terroir surtout en ce qui a trait aux vins de Valpolicella.

Les des vins de Bertani qui sont disponibles à la SAQ offent des rapports qualité/prix exceptionnels. Surprenant qu’ils soit à des prix si bas. Profitez-en! Quant aux vins dégustés à la  »winery » je vous suggère de contacter Marguerite Aghaby par couriel chez VinsFins l’Agence afin d’en déterminer leur disponibilité: marguerite.aghaby@vinsfins.ca.

Soave Bertani, Cavv., Giov., Batt., 2017

Soave Bertani 2017

Ce vin est un exemple de vin orange, c’est-à-dire qu’il est fait selon la même méthode de vinification donc le jus est en contact avec la peau des raisins pendant presqu’une semaine.

Sur des arômes de fruits blancs (poires), de fruits jaunes (pêches, abricots) ainsi que des notes bien florales. En bouche beaucoup de structure avec une acidité bien fraîche et de légers tannins au niveau du palais. De plus, il n’est pas oxydatif et procure une belle sensation de minéralité. La meilleure période pour le boire serait d’ici 3 à 5 ans. Il pourra vieillir pendant presque de 15 à 20 ans.

Bertani Valpolicella

Bertani Valpolicella

Le Valpolicella est le niveau d’entrée des vins de Valpolicella incluant le Valpolicella Superiore et le Classico. Puis suivent le Ripasso et enfin l’Amarone en termes de gradation qualitative. Depuis le développement de l’Amarone par Masi et par la suite le Ripasso, les vins de Valpolicella ont un peu perdu la cote.

C’est en 2014 que Bertani a commencé à élaborer des vins de Valpolicella à partir de raisins spécifiquement identifiés pour faire un vin de qualité de Valpolicella au lieu de sélectionner des raisins qui étaient dédiés à faire de l’Amarone. C’est à partir de ce moment que chez Bertani on s’est penché de façon plus sérieuse sur le Valpolicella pour en faire véritablement des vins de terroir.

‘’Le Valpolicella élaboré par Bertani au niveau profil aromatique se situe entre les vins du nord de la France et le sud de la Bourgogne. Il ressemble beaucoup à un Pinot Noir du Nouveau Monde. On y trouve un caractère assez épicé, beaucoup de fraîcheur, un vin quand même assez léger mais avec beaucoup de complexité. On y retrouve une finale légèrement salée qui provient du type de sol dont il provient. Ces sols ressemblent aux sols qu’on retrouve en Champagne et en Bourgogne qui font toute une différence’’.

Belle intensité des arômes de fruits rouges (cerises) et d’épices douces ainsi qu’une belle trame florale un peu comme un Pinot Noir. Beaucoup de fraîcheur, belle structure sur des flaveurs de cerises et une superbe acidité en fin de bouche.

Ces vins de Valpolicella sont importants pour le futur des vins de la région. Les consommateurs sont attirés par des vins qui tirent avec des niveaux plus faibles d’alcool qui sont élégants, complexes et tout en finesse et qui livrent une belle concentration de saveurs et d’arômes.

‘’Pour faire de tels vins il faut s’y connaître en géologie et justement j’ai passé mes 10 dernières années à étudier cette science des sols. Il faut bien connaître les corrélations entre cette géologie et les différents cépages. Quand on fait du Valpolicella il faut toujours se rappeler que le cépage Corvina possède moins d’anthocyanes et de polyphénols que le Pinot Noir’’.

Bertani Cru, Le Miniere di Novare, Valpolicella Classico, 2018

Bertani Cru, Le Miniere di Novare, Valpolicella Classico, 2018

Ce vin est issu d’un tout nouveau projet dont le but est d’élaborer des vins de terroir de qualité qui reflètent le désir de redorer le blason des vins de Valpolicella. Il provient de la ferme intention de la maison Bertani de tourner une nouvelle page dans l’histoire des vins de la région. C’est une toute nouvelle interprétation de cette lignée de vins que sont les Valpolicella.

‘’Donc en 2015 nous avons décidé de développer un tout nouveau projet dont les vins ont tout récemment été lancés. Ces vins sont issus de raisins bien frais qui n’ont pas été utilisés pour le Ripasso ni l’Amarone ce qu’on retrouve un peu partout présentement. Ces raisins proviennent à 100% de parcelles uniques qui ont identifiées pour ce type de vin et non au préalable pour l’Amarone. Donc qui proviennent de sols qui optimisent le profil aromatique des vins de Valpolicella. C’est un vin qui va dans une direction carrément opposée à ce qui se fait maintenant’’.

Ce vin s’ouvre sur des arômes assez subtils de fruits rouges bien frais (cerises, fraises) et d’épices douces (poivre). En bouche beaucoup d’élégance et de finesse sur des flaveurs de noyaux de cerises, avec une texture veloutée, une acidité assez prononcée et des tannins équilibrés et tissés assez serré. Beaucoup de longueur en bouche. Tellement différent du Valpolicella précédent avec beaucoup de complexité et de finesse.

Superbe interprétation du terroir de Valpolicella qui devrait ramener les consommateurs vers ce type de vin. À quand ce vin au Québec? Bientôt j’espère!

Les Ripasso

« Les consommateurs veulent boire des vins qui sont connectés avec le terroir et qui respectent les traditions. Ce style est la vraie expression des vins de Bertani. Après avoir goûté à des Ripasso assez robustes, les consommateurs sont prêts pour autre chose. Surtout les plus jeunes qui sont attirés par le style de Bertani. C’est notre point de vue chez Bertani.

Et la nouvelle génération boit moins mais mieux alors donnons leurs ce qu’il y a de mieux. Ils veulent avoir plus d’info sur vous, qui vous êtes, la philosophie derrière vos vins, vos pratiques en viticulture, si vous êtes durable etc. Ce sont des changements importants qui s’intensifient. Les vins que nous élaborons sont selon nous résolument modernes et par le fait même attirent les plus jeunes clientèles’’.

Valpolicella Ripasso, 2017.

Valpolicella Ripasso, 2017

Disons d’emblée que tous les Ripasso ne sont pas nés égaux. La sélection des raisins, les différents terroirs et les diverses méthodes de vinification en font une myriade de styles.

‘’Ce Ripasso est élaboré selon notre nouvelle approche plus moderne et basé sur un ratio 1 :2 c’est-à-dire qu’une bouteille d’Amarone donnera deux bouteilles de Ripasso (on pourra repasser deux fois)’’.

Au nez, des arômes de fruits rouges et noirs assez intenses et d’épices douces. D’une texture des plus veloutée, une acidité assez marquée et des tannins presque charpentés côtoient des flaveurs assez intenses. Très beau volume et une belle amplitude et d’une très belle longueur.

Catulo Valpolicella Ripasso, Classico Superiore, 2016.

Catulo Valpolicella Ripasso, Classico Superiore, 2016.

‘’Ce vin est élaboré selon une philosophie plus ancienne qui utilise le moût de nos meilleurs Amarone et est basé sur le ratio 1 :1 c’est-à-dire une bouteille d’Amarone donne une bouteille de Ripasso’’.

Le premier est résolument plus moderne alors que le deuxième est définitivement plus sec.

D’un profil aromatique un peu plus discret, des tannins charpentés et bien souples, une acidité un peu moins élevée que le précédent mais des flaveurs plus intenses et surprenantes de cerises et de chocolat. Beaucoup de volume et d’amplitude et quelle longueur! Vraiment très beau vin.

Les Amarone

Amarone della Valpolicella, Classico, 2010

Amarone della Valpolicella, Classico, 2010

Le profil de ce vin ressemble à un Châteauneuf-du-Pape. Sur des effluves de prunes, tout en élégance et en douceur, doux et suave. La texture est particulièrement veloutée, l’acidité bien présente et les tannins sont charpentés. Sur des notes d’épices, d’une belle intensité et d’une belle profondeur. Surprenante fraîcheur du fruit et beaucoup de structure.

Reciotto della Valpolicella, Classico Superiore, 1967

Reciotto della Valpolicella, Classico Superiore, 1967

Quel plaisir que de déguster ce vin, ce nectar dis-je! Sur des notes de tabac, de cassonade avec une certaine évolution comme sur des raisins de Corinthe. Beaucoup d’équilibre sur des tannins équilibrés, superbe longueur et super volume en bouche.

Les produits disponibles à la SAQ

Vins disponibles à la SAQ

Tenuta Carobbio. Des vins d’émotions!

Dégustation des vins de Tenuta Carobbio

Très belle rencontre avec Dario Faccin Winemaker chez Tenuta Carobbio qui est située à Panzano dans ce qu’on appelle la vallée d’Or du Chianti entre Florence et Sienne. C’est un petit producteur qui élabore des joyaux de vins avec environ 80,000 bouteilles par an à partir de 15 hectares de vignes sur des sols particulièrement qualitatifs composés d’argile et de craie.

Dario Faccin – Tenuta Carobbio

Ce qui m’a le plus marqué de ma rencontre avec Dario c’est sa philosophie axée sur la recherche constante de la qualité. Et cette qualité, elle dépend du travail incessant de ses collaborateurs. L’attention portée à la vigne et aux vins dépassent de loin ce qui est fait par la moyenne des autres producteurs de la région. Pour vous donner une idée, un producteur moyen mettra environ 200 heures de travail par hectare de vigne alors que chez Tenuta Carabbio, on y mettra environ de 300 à 350 heures. La vigne est travaillée et bichonnée pour en tirer ce qu’il y a de mieux et le tout se transmet dans les vins.

Dario porte une attention particulière à la santé de ses vignes et à la recherche de l’optimisation de la maturité. En général il vendangera plus tard que les autres. C’est son travail de la vigne et la gestion méticuleuse de la canopée (feuillage) qui lui permettent d’atteindre cet objectif. Eh bien qu’il pratique une agriculture bio, il préfère ne pas l’indiquer sur les bouteilles car ce serait une approche marketing qui contrevient à sa philosophie. Pour lui faire du vin c’est bien plus que de faire de l’argent.

Le respect de la vigne et de ses collaborateurs transpirait lors de notre conversation. L’attention qu’il porte aux gens et à l’importance du côté relationnel m’a grandement impressionné. Pas étonnant que ses collaborateurs l’aient suivi alors qu’il a décidé d’accepter l’offre de se joindre à Tenuta Carabbio il y a quelques années. Un exemple qui m’a marqué c’est ce programme qu’il a mis sur pied avec des enfants autistes afin de les intégrer dans les activités de la vigne. Lorsqu’il en parlait, l’émotion était palpable.

La dégustation

Toute la personnalité et la philosophie de Dario Faccin se transmettent dans ses vins. C’est la recherche de la fraîcheur, de l’élégance et de l’équilibre qu’il vise. Ses vins ne sont pas donnés. Mais quand on sait toute l’attention que son équipe et lui mettent à les élaborer, on comprend mieux ce qu’on boît. Ce sont des joyaux de qualité qui génèrent beaucoup d’émotions.

Nous avons goûté à 6 de ses vins dont le Chianti Classico 2015 est disponible à la SAQ. Les autres sont disponibles en importation privée. SVP contacter l’agence Vitis : tél : 418-683-5618, info@vitiscanada.com, www.vitisagencedevins.com.

Tenuta Carobbio, Pinot Bianco, Toscana, Piluka, 2018, $44.50, caisse de 6 bouteilles. Production : 1,000 bouteilles/an. Importation privée.

Probablement un des meilleurs Pinot Bianco que j’aie eu la chance de goûter! Alors que plusieurs vins de ce cépage ont tendance à avoir une acidité relativement faible, celui-ci est d’une acidité particulièrement ‘’vibrante’’. C’est un vin plein d’énergie avec au nez des effluves de pommes jaunes, de notes florales et un soupçon d’abricots. Quelle belle sensation de minéralité entremêlée avec de belles flaveurs de noyaux de pêches et de pommes. Doté d’une belle structure il se prolonge en une longueur des plus appréciable.

Tenuta Carobbio, Pinot Bianco, Toscana, Piluka, 2018

Tenuta Carobbio, Chianti Classico DOCG, 2015, $23.00, cépage : Sangiovese 100%, code SAQ : 13694486. À venir en mars 2020.

Ce vin est bien typé Chianti Classico avec ses arômes d’épices douces et de cerises noires bien fraîches. Son acidité remarquable s’harmonise de façon très agréable avec ses tannins charpentés tissés bien serré. Les notes boisées lui apportent une certaine complexité sans dominer les saveurs fruitées. Juteux, d’un bel équilibre il offre sans contredit un très beau rapport qualité/prix.

Tenuta Carobbio, Chianti Classico DOCG, 2015

Tenuta Carobbio, Chianti Classico Riserva DOCG, 2013, $49.00, cépage : Sangiovese 100%, caisse de 6 bouteilles. Importation privée.

Ce vin est élevé pendant 24 mois en barrique française (2e passage) suivi d’un vieillissement de 6 mois en bouteille. La finesse et l’élégance de ce vin sont remarquables. Ce vin s’ouvre sur des parfums de cerises noires, de figues, de prunes ainsi que sur des notes florales. La texture bien veloutée est toute en équilibre avec une acidité bien fraîche et des tannins assez charpentés. Quel beau volume en bouche avec cette expression toute en finesse. La longueur de ce vin est généreusement soutenue.

Tenuta Carobbio, Chianti Classico Riserva DOCG, 2013

Tenuta Carobbio, Sangiovese Leone IGT, 2013, $108.00, cépage : Sangiovese 100%, caisse de 6 bouteilles. Importation privée.

L’expression du Sangiovese à son meilleur! Ce vin aurait potentiellement droit à l’appellation Gran Selezione qui est le niveau d’appellation le plus élevé. Il provient d’un seul vignoble ce qui est une marque des plus qualitative. Plus intense au nez avec des notes de cerises, de figues, de prunes, d’épices douces et de tabac blond. Très beau volume et amplitude en bouche tout en demeurant élégant, ce vin possède des tannins bien charpentés tissés bien serré. Les flaveurs de fruits s’harmonisent avec la complexité des notes boisées le tout dans un bel équilibre.

Tenuta Carobbio, Sangiovese Leone IGT, 2013

Tenuta Carobbio, Cabernet-Sauvignon, Pietraforte, IGT, 2013, $108.00, cépages : Cabernet-Sauvignon 98%, Cabernet franc 2%, caisse de 6 bouteilles. Importation privée.

Bien que je ne sois pas un fan des vins italiens élaborés à partir de cépages internationaux alors que l’Italie regorge de centaines de cépages autochtones, ce vin m’a séduit! Si j’avais à choisir entre un Cabernet-Sauvignon de Californie ou celui-ci, alors aucune hésitation, c’est le Pietraforte qui l’emporterait. C’est un vin structuré, intense, élégant et doté d’une belle puissance. La texture est bien moelleuse, l’acidité bien fraîche et les tannins sont souples et charpentés. Tout en fraîcheur et d’un bel équilibre et d’une longueur appréciable.

Tenuta Carobbio, Cabernet-Sauvignon, Pietraforte, IGT, 2013

Tenuta Carobbio, Rosso Tocana IGT, Magaldo, Merlot, 2015, $75.00, caisse de de 6 bouteilles. Importation privée.

Un autre exemple du savoir-faire de Dario Faccin! Décidément ce vin a tout pour me faire changer d’idée quant aux cépages internationaux. Mon préféré, il se présente avec des accents de fruits rouges bien charmeurs, d’épices douces ainsi qu’un soupçon de vanille. Quelle souplesse et quelle élégance avec des tannins bien ronds, une texture veloutée et d’un équilibre sans pareil. On parle ici d’un vin riche d’émotions et d’une longueur bien soutenue.

Tenuta Carobbio, Rosso Tocana IGT, Magaldo, Merlot, 2015

Restaurant Per Te

Nous avons été reçus dans ce restaurant italien qui offre une fine cuisine exquise. Luigi de Rose propriétaire est définitivement un restaurateur dans l’âme!

Restaurant Per Te
Dario Faccin, Luigi De Rose (droite)

À la découverte de très beaux vins italiens qui offrent d’excellents rapports qualité/prix!

Les vins Umani Ronchi

On cherche toujours des bons vins qui offrent d’excellents rapport qualité/prix. Souvent cette quête nous amène vers des appellations moins connues qui produisent des vins tout aussi bons que ceux des appellations plus connues mais à prix beaucoup plus raisonnable. Et c’est le cas avec l’ensemble des vins de la maison Umani Ronchi qui élabore des vins depuis plus d’une cinquantaine d’années dans les appellations Marches et Abruzzo.

Chai Umani Ronchi

Fondée en 1957 par les familles Bianchi et Bernetti, Massimo Bernetti en devient propriétaire unique dans les années 70. Lui et son fils gèrent l’entreprise familiale depuis et fait à souligner, ils produisent des vins selon les préceptes de l’agriculture organique.

Michele Bernetti (gauche) et Massimo Bernetti

Les vins proviennent d’une dizaine de vignobles établis sur environ 215 hectares dont 110 hectares de cépage Verdicchio dans les Marches (ou ils représentent environ 10% de l’appellation), 70 hectares de cépage Montepulciano (environ 20% de l’appellation) dans les Marches et 35 hectares à Abruzzo de cépages Montepulciano, Pecorino et Trebbiano. Ces vignobles sont établis sur 3 districts soient Conero, Castelli di Jesi et Abruzzo. Chaque vignoble produit donc des vins uniques qui reflètent bien leur terroir propre.

Les vins sont vinifiés dans 3 chais soient celui d’Osimo pour le cépage Montepulciano et autres cépages rouges des Marches, de Castelbellino pour les blancs de Verdicchio et de Montipagano pour les rouges de Montepulciano d’Abruzzo. Ceci permet de conserver en vinification la nature même des cépages et les terroirs d’où ils proviennent.

Cartes des vignobles Umani Ronchi

Ce que j’apprécie beaucoup c’est le fait que la grande majorité des cépages que la maison utilise sont indigènes (cépages italiens). Tant qu’à faire des vins, pourquoi ne pas miser sur les cépages qui sont propres au pays! C’est un fait – ils sont excellents!

Vins blancs Umani Ronchi
Vins rouges Umani Ronchi

Les vins que nous avons dégustés sont donc élaborés de ces cépages indigènes : dans les blancs le Pecorino (Abruzzo) et le Verdicchio le cépage emblématique des Marches. En rouge nous avons dégusté les vins issus du cépage Montepulciano de la région des Marches et celui des Abruzzes qui sont assez différents. Celui d’Abruzzo est plus connu mais celui des Marches m’a semblé un peu moins tannique et plus en finesse.

Nous avons aussi goûté des vins issus de Sangiovese des Marches, un vin provenant du cépage Lacrima vraiment différent et le dernier qui est assemblé de Cabernet-Sauvignon, de Montepulciano et de Merlot, le seul élaboré avec des cépages internationaux mais avec tout de même 40% du cépage Montepulciano.

La dégustation

Dégustation vins Umani Ronchi

Rarement voit-on dans des dégustations de ce genre une lignée de vins à $15.00 ou moins dont 2 pratiquement sous la barre des $10.00. Il faut faire confiance à ses vins pour les livrer en pâture à des journalistes et chroniqueurs. Moi j’aime bien, car ça me permet de trouver des pépites, ou si vous préférez des vins avec d’excellents rapports qualité/prix. Et ici il y en a!

Les vins blancs

Umani Ronchi, Velodoro, Pecorino, IGT, Terre di Chieti, 2018, $17.90, sucre : 4.6 g/l, code SAQ : 12883200.

Bien aromatique et d’une belle complexité pour un vin de ce prix avec une myriade d’effluves tant florales que de fruits exotiques, de fruits blancs (pommes), d’amandes et un soupçon d’agrumes. Un vin bien polyvalent doté d’une belle acidité surtout en fin de bouche.

Umani Ronchi, Velodoro, Pecorino, IGT, Terre di Chieti, 2018

Umani Ronchi, Casal di Serra, Verdicchio dei Castelli di jesi, 2017, $19.90, sucre : 5.2 g/l, code SAQ : 10254725.

Umani Ronchi, Casal di Serra, Verdicchio dei Castelli di jesi, 2017

Le cépage Verdicchio est moins aromatique au nez mais il c’est pour mieux nous charmer en bouche…texture veloutée, flaveurs de pêches, d’abricots de noyaux de pêches (légère amertume), superbe acidité et une belle sensation de minéralité. Un vin de bouffe!

Umani Ronchi, Vecchie Vigne, Verdicchio dei Castelli di Jesi, 2016, $26.15, sucre : 2.2 g/l, code SAQ : 12941086.

Umani Ronchi, Vecchie Vigne, Verdicchio dei Castelli di Jesi, 2016

Les vignes dont proviennent ce vin ont plus de 40 ans et d’un seul vignoble. Un vin élégant que j’ai beaucoup apprécié surtout à cause de la pureté de ses arômes de fruits qui n’ont pas été altérés d’aucune façon par le bois. Saveurs de pêches, d’abricots, soupçon d’épices douces d’une texture veloutée et d’une belle structure. Et que dire de sa longueur…très beau! Achetez ce vin sans retenue!

Les vins rouges

Umani Ronchi, Medoro, Sangiovese, IGT Marches, $8.75, sucre : 8.1 g/l, code SAQ : 565283.

Des arômes de fruits rouges comme une crème de fruits avec des tannins charpentés et une finale sur des notes de fruits noirs et de noyaux de fruits.

Umani Ronchi, Medoro, Sangiovese, IGT Marches

Umani Ronchi, Podere, Montepulciano d’Abruzzo, 2017, $10.65, sucre : 5.7 g/l, code SAQ : 14044670.

Ce vin fait partie du programme pépinière. Il est donc en test avec la SAQ pour en évaluer son succès. C’est un excellent achat avec un rapport qualité/prix appréciable! Des accents de cerises et d’épices douces dominent dans ce vin. Doté d’une belle acidité et de tannins équilibrés mais bien serrés, il présente des saveurs d’une belle profondeur pour un vin de ce prix. Bien goûteux et savoureux.

Umani Ronchi, Podere, Montepulciano d’Abruzzo, 2017

Umani Ronchi, Jorio, Montepulciano d’Abruzzo, 2017, $15.45, sucre : 4.6 g/l, code SAQ : 862078.

Bien typé Montepulciano d’Abruzzo sur des notes de fruits rouges au nez puis de fruits noirs en bouche, des tannins charpentés tissés bien serré, beau volume et belle amplitude. C’est juteux, goûteux et pas mal beau. Excellent rapport qualité/prix!

Umani Ronchi, Jorio, Montepulciano d’Abruzzo, 2017

Umani Ronchi, San Lorenzo, Rosso Conero, 2016, $19.25, cépage: Montepulciano,  sucre: 3.1 g/l, code SAQ: 397174.

Vraiment très beau! Un Montepulciano bien différent de ceux d’Abruzzo. Un accueil des plus charmeur sur des accents d’épices douces, de fruits rouges bien mûrs ainsi qu’un soupçon de prunes. D’une texture bien veloutée en harmonie avec une acidité bien fraîche et des tannins charpentés mais toujours souples. Finesse et une certaine élégance en bouche avec une belle sensation de minéralité et finale d’une amplitude savoureuse. En route vers la SAQ!! Excellent rapport qualité/prix!

Umani Ronchi, San Lorenzo, Rosso Conero, 2016

Umani Ronchi, Fonte del Re, Lacrima di Morro d’Alba, 2017, $20.15, sucre : 6.1 g/l, code SAQ : 12883314.

Tellement différent et intéressant!! Des parfums floraux sur la violette et le muguet ainsi que quelques notes de fruits rouges. Un vin peu corsé dont les saveurs florales se prolongent en bouche de façon inattendue mais oh combien agréable! Vous ferez un malheur avec des charcuteries. Moi j’ai flippé sur ce vin!

Umani Ronchi, Fonte del Re, Lacrima di Morro d’Alba, 2017

Umani Ronchi, Cumaro, Conero Riserva DOCG, 2014, $30.75, cépage : Montepulciano, sucre : 2.1 g/l, code SAQ : 710632.

Mon genre de vin! Celui-ci dégage des notes animales, de torréfaction avec comme un soupçon de ‘’smoked meat’’ et de fumée. Wow! C’est velouté, d’une belle acidité bien fraîche, des tannins bien charpentés et tissés bien serré et beaucoup de volume et d’amplitude mais tout en gardant une bonne dose de finesse typique de ce cépage de la région des Marches.

Umani Ronchi, Cumaro, Conero Riserva DOCG, 2014

Umani Ronchi, Pelago, IGT Marches, 2015, $40.75, cépages : Cabernet-Sauvignon 50%, Montepulciano 40%, Merlot 10%, sucre : 2.3 g/l, code SAQ : 735977.

Ce vin n’est produit que lors des années exceptionnelles. J’avoue que je l’ai pas mal aimé…bon beaucoup aimé, malgré le fait qu’il est élaboré avec des cépages internationaux. Il prouve tout au moins qu’il est possible de faire d’excellents vins avec ces cépages. Attirants ces arômes de chocolat au lait, ces notes florales, de prunes et de tabac. Humm…et ajoutez à cela des flaveurs de torréfaction mais pas trop tout en équilibre avec des notes de noisettes et de vanille. C’est un vin sphérique et volumineux d’ine longueur des plus persistante.

Umani Ronchi, Pelago, IGT Marches, 2015

Caparzo, superbe expression de la Toscane!

La maison Caparzo couvre approximativement 200 hectares dont 90 hectares de vignes sur différentes parties de la région de Montalcino une des régions des plus qualitatives d’Italie et reconnue pour ses Brunello. Ces hectares de vignes se répartissent sur trois parcelles : Caparzo, La Casa et La Caduta. Ceci permet de choisir les raisins de ces 3 parcelles selon les divers millésimes et d’offrir un certain niveau de stabilité au profil aromatique des vins.

Vignoble et Chai Caparzo

C’est Elizabetta Gnudi Angelini qui en a fait l’acquisition en 1998 après avoir fait l’acquisition de la maison Borgo Scopito en 1997 avec 493 hectares située dans le Chianti et de Doga delle Clavule située dans la région de Maremma en Toscane.  De plus elle a ajouté la maison Altesino en 2003 à son portfolio et tout récemment l’acquisition d’un autre vignoble dont les détails suivront.

Vignoble et Chai Caparzo

Accompagné de Mirco Biliorsi Directeur export pour les maisons Caparzo, Doga delle Clavule et de Borge Scopeto, nous avons dégusté 12 vins dont 8 sont disponibles à la SAQ.

Chai Caparzo

La dégustation

Dégustation des vins de la maison Caparzo

Chardonnay, Toscana IGT, 2018, $14.85, disponible en importation privée en contactant l’agence Montalvin.

Ce vin en blanc et en rouge provient de raisins issus des 3 domaines soient Caparzo, Borgo Scopeto et Doga delle Clavule. Il s’ouvre sur des effluves de poires et de pêches qui se retrouvent en bouche sur une texture veloutée et une acidité assez présente. L’intensité des saveurs de fruits enveloppe bien la bouche et perdure de façon satisfaisante.

Chardonnay, Toscana IGT, 2018

Sangiovese, Toscana IGT, 2018, $14.85, disponible en importation privée en contactant l’agence Montalvin.

Une belle entrée en matière sur des arômes de fruits bien mûrs tels la fraise, les mûres ainsi que des notes d’épices douces. C’est un vin bien rond sur des tannins équilibrés soutenus par un fruité assez intense de noyaux de cerises, de fraises, de mûres et d’épices.

Sangiovese, Toscana IGT, 2018

Borgo Scopeto, Chianti Classico, DOCG, 2016, $18.70, code SAQ: 13460647. Excellent rapport qualité/prix!

Bien typé sur des arômes de fruits bien mûrs, quelques notes boisées et d’épices sur la muscade. D’un bel équilibre entre l’acidité bien fraîche, les tannins assez charpentés et une belle structure en bouche qui procure une belle sensation de volume. Belle et généreuse fine de bouche sur des flaveurs de noyau de cerise, d’épices et de cacao.

Borgo Scopeto, Chianti Classico, DOCG, 2016

Borgo Scopeto, Chianti Classico Riserva, DOCG, 2015, $28.95, code SAQ: 10560351.

Ce vin vieillit entre 18 à 24 mois en barriques de bois de Slavonie de 30hl et en tonneaux de chêne français de 500l. Ceci a pour effet de bien oxygéner le vin sans en transmettre des notes boisées trop intenses ce qui laisse toute la place aux saveurs et arômes de fruits at apporte une belle complexité au vin.

Un très beau vin qui s’est laissé découvrir car il était au départ un peu fermé. Sur des notes animales, de fruits bien mûrs, de légère torréfaction (le bois) ainsi qu’un soupçon d’épices. La bouche est élégante, moyennement complexe sur des tannins bien charpentés, une acidité fraîche. Les flaveurs de fruits noirs bien juteux se prolongent dans une persistance agréable.

Borgo Scopeto, Chianti Classico Riserva, DOCG, 2015

Borgonero, Borgo Scopeto, Toscana IGT, 2016, $20.35, code SAQ: 13210939.

Un vin agréablement épicé tant à l’olfactif qu’en bouche avec comme un soupçon d’eucalyptus qui lui apporte beaucoup de fraîcheur. Les tannins bien charpentés tissés bien serré et quelque peu astringents sont en équilibre avec une belle acidité et de belles saveurs de fruitées.

Borgonero, Borgo Scopeto, Toscana IGT, 2016

Ca’del Pazzo, Caparzo, 2015, $32.50, cépages : Sangiovese 50%, Cabernet-Sauvignon 50%, code SAQ : 12721809.

Le vieillissement de ce vin dure 24 mois en barrique de chêne français et est conservé un minimum de 12 mois en bouteille. C’est un vin bien structuré qui s’exprime tant par la sensation de volume et d’amplitude qu’il laisse en bouche que par sa persistance. On parle d’un vin dont la moitié est élaboré avec du Cabernet-Sauvignon qui lui apporte de la structure et des tannins charpentés et de Sangiovese qui lui apporte une autre dose de structure et des saveurs et arômes épicés et de fruits noirs.

Un vin bien en chair qui exhale des notes boisées assez présentes, des arômes d’épices douces et un soupçon de vanille. Les tannins sont particulièrement charpentés et la persistance gustative est passablement longue.

Ca’del Pazzo, Caparzo, 2015

Rosso di Montalcino, DOC, Caparzo, 2017, $18.90, code SAQ : 713354. Excellent rapport qualité/prix!

Ce vin vous accueille avec de jolis accents de cerises bien fraîches et de fleurs. Puis se développent des saveurs gourmandes de noyaux de cerise en harmonie avec des tannins charpentés assez denses et une fraîcheur accentuée par son beau niveau d’acidité. Des plus juteux et bien salivant.

Rosso di Montalcino, DOC, Caparzo, 2017

Brunello di Montalcino, Caparzo, Green label, 2014, $49.75, code SAQ : 10270178.

Ce vin vieilli 3 ans en tonneaux traditionnels de chêne de Slavonie et français puis 12 mois en bouteille ce qui lui apporte beaucoup de complexité. Que d’élégance, de volume et d’amplitude! Il nous laisse découvrir ses arômes de prunes et d’épices douces puis s’envole en bouche sur des tannins bien charpentés tissés serré et sur des airs de fraîcheur grâce à son acidité bien dosée.

Le 1997 était exceptionnel avec son soupçon de menthe, de sous-bois et de cuir et ses tannins très présents et une persistance en bouche interminable.

Brunello di Montalcino, Caparzo, Green label, 2014

Brunello di Montalcino Riserva, Caparzo, 2013, $87.25, code SAQ : 859892.

La cuvée Riserva n’est produite que lors des meilleurs années et c’est tant mieux pour nous puisque 2013 en fut une excellente!!  Un effluve de caramel m’a tout d’abord accueilli suivi par des arômes de prunes bien fraîches. Tout en élégance et finesse avec des tannins bien charpentés et un certain volume en bouche bien équilibré.

Brunello di Montalcino Riserva, Caparzo, 2013

La Casa, Brunello di Montalcino, Caparzo, 2013, $79.75, code SAQ : 11098752.

Caparzo a été une des premières maisons de cette appellation à élaborer ce qu’on appelle un ‘’Single Vineyard’’ ou un grand cru. C’est un qui provient des raisins d’une même parcelle qualitative celle de La Casa.

Dans ce vin ce sont la structure et les saveurs autres que le fruit qui dominent, tout comme chez certains Bordeaux bien que certains arômes de fruits soient présents en filigrane. Ce sont donc les odeurs d’épices douces qui dominent le tout dans une harmonie élégante et toute en finesse.

Le 1988 était sur des notes tertiaires telles le tabac, le champignon et le cuir et les tannins étaient encore bien charpentés.

La Casa, Brunello di Montalcino, Caparzo, 2013

Restaurant le Muscadin

Les gens raffolent du Prosecco!! Pourquoi donc??

Quelques suggestions de Prosecco

Quelles sont donc les raisons pour lesquelles il se vend presque deux fois plus de Prosecco que de Champagne dans le monde et trois fois plus de Cava ?? Il faut savoir que le Prosecco est un phénomène rarement vu dans le domaine du vin. Il y a 10 ans il s’en vendait environ 140 millions de bouteille et selon les dernières statistiques il s’en est vendu autour de 500 millions de bouteilles. Et on vogue vers les 600 millions !!

Luca Giavi, président du Consorzio Prosecco DOC et Guenael Revel, personnalité des plus connue dans le monde du vin et expert reconnu dans le domaine des vins effervescents (on ne l’appelle pas M. Bulles pour rien) nous ont expliqué le pourquoi de ce succès mondial lors d’un événement mis sur pied par la Chambre de Commerce italienne au Canada :

Pour sa fraîcheur:

Le cépage Glera (cépage semi-aromatique) qui est utilisé dans son élaboration est assez acidulé et donne beaucoup de fraîcheur au vin. Il doit représenter 85% du contenu et l’autre 15% provient d’autres variétés.

Cépage Glera

Pour sa buvabilité:

Avez-vous remarqué qu’un verre de Prosecco en attire toujours un autre. C’est un vin effervescent des plus digeste. Il n’est jamais lourd.

Pour sa versatilité:

On s’en sert énormément en mixologie pour faire des drinks. On n’a qu’a penser au phénomène des Spritz. Il peut être consommé de l’apéritif jusqu’à la fin du repas selon qu’on consomme un Brut, un Extra Dry ou autre niveau de dosage.

Spritz (crédit photo site web Zonin)

Pour sa disponibilité:

Il y en a toujours à la SAQ. On obtient 66 résultats quand on fait une recherche avec le mot prosecco sur le site de la SAQ. Son processus de production (méthode Martinotti ou Charmat) pour l’obtention des bulles lui permet d’élaborer des Prosecco plus rapidement et donc d’être plus facilement disponible. Il n’a pas à passer par une deuxième fermentation en bouteille (qui prend un minimum de 9 mois pour un Cava) pour l’obtention des bulles.

Méthode Martinotti

Pour son prix:

La majorité des Prosecco se retrouvent dans la fourchette des $15.00 à $20.00. On en retrouve aussi qui proviennent d’appellations un peu plus prestigieuses (i.e.DOCG Conegliano Valdobbiadene Prosecco) pour autour de $25.00.

Pour son goût qui plaît:

On ne retrouve pas les notes lactées du champagne mais plutôt une fraîcheur vive, un fruité estival ainsi qu’une légère amertume en fin de bouche comme un arôme de peau d’amande. C’est un vin effervescent qui a un peu de mordant à cause de son acidité.

Au nez : de belles notes florales, des notes de fruits blancs surtout sur la pomme, la pêche et la poire, un soupçon d’agrumes (citron, pamplemousse) et en filigrane des notes de fruits exotiques surtout sur la banane et l’ananas

En bouche : Beaucoup de fraîcheur avec une belle acidité un peu mordante, pas mal aromatique, des notes florales et de fruits, une belle sensation de minéralité, bel équilibre entre l’acidité et le niveau de sucre et une finale appréciable.

Arômes et saveurs du Prosecco

Pour sa qualité stable:

Avez-vous remarqué que le goût du Prosecco est pratiquement toujours le même. Pas de surprises !! On retrouve très peu d’effet du millésime. On est loin des années 50 et 60 ou le Prosecco était de qualité variable. Les producteurs se sont repris en main et le Consorzio a établi des pratiques que l’ensemble des producteurs suivent. Étant donné le très grand succès de l’appellation, les producteurs voient bien qu’il est payant d’adhérer à ces pratiques.

C’est en fait dans les années 70, qu’on a concrétisé l’IGT avec le nom Prosecco et c’est en 2009 qu’on a fondé la DOC Prosecco afin d’en protéger le nom. Cette DOC se subdivisera ainsi :

Prosecco DOC, Prosecco Superiore Conegliano-Valdobbiadene DOCG, Prosecco Asolo DOCG.

Si les vendanges, la vinification et l’embouteillage sont tous faits dans les provinces de Trieste et de Treviso, les  dénominations spéciales de Prosecco DOC Treviso et Prosecco DOC Trieste peuvent être attribuées.

Enfin, on créera le label (collet autour de la bouteille) Prosecco en 2012. Étant donné le succès fulgurant du Prosecco, certains pays ont commencé à en produire de façon illégale. Ce collet assure donc la certification de la provenance.

Collet – Prosecco DOC

J’ajouterais que le Consorzio Prosecco DOC fait un travail remarquable à promouvoir le Prosecco. Certaines appellations qui élaborent des vins effervescents pourraient s’en inspirer. Pour en savoir plus sur le Prosecco cliquez sur le lien

Quelques Proseccos que je vous suggère :

Camul, Prosecco superiore, Spumante, DOCG, millesimato 2017, $22.15, code SAQ : 12797846.

Au nez de belles notes florales et de fruits blancs tels la pêche, les pommes, un peu de poire et en filigrane un soupçon d’agrumes. En bouche, la texture est bien crémeuse, l’acidité est bien fraîche et le tout culmine en une belle sensation de minéralité. Très belle longueur.

Camul, Prosecco superiore, Spumante, DOCG, millesimato 2017

Prosecco DOC, Modello, Brut, Masi Agricola, $16.95 (spécial $15.95), cépage: Glera 100%, code SAQ: 13572729.

Ce Prosecco est bien typé avec des notes de fruits blancs surtout sur la pomme et la poire ainsi qu’un soupçon d’agrumes. En bouche, c’est tout en fraîcheur avec un bel équilibre entre l’acidité bien fraîche et le niveau de sucre qui n’est pas trop élevé (8.6 g/l). Il est assez aromatique avec un rappel des notes florales et fruitées ainsi qu’une une belle sensation de minéralité.

Prosecco DOC, Modello, Brut, Masi Agricola

Ottopiu Vineyard, V8+ Sior Carlo, Prosecco Millesimato 2018, $17.95, cépage: Glera 100%, code SAQ: 13734177.

Ce Prosecco m’est apparu plus délicat, plus fin avec ses notes de pêches, d’agrumes et une certaine sensation de minéralité. En bouche il était bien crémeux avec un beau rappel des arômes de fruits perçus au nez et une légère amertume en fin de bouche.

Ottopiu Vineyard, V8+ Sior Carlo, Prosecco Millesimato 2018

Le Colture, Sylvoz, DOC Prosecco, $16.55, cépage: Glera, sucre: 9.0 g/l, code SAQ: 13961759.

Un Prosecco bien aromatique sur des notes de fruits blancs, soupçon d’agrumes avec comme un côté ‘’cream soda’’ aux pêches. Très belle acidité.

Le Colture, Sylvoz, DOC Prosecco

Astoria, Fano Asolo, Prosecco Superiore DOCG, Extra Brut, 2017, $18.95, code SAQ: 13056370.

Sur des notes bien pures de fruits blancs et de fruits exotiques. Fraîcheur en bouche exceptionnelle!

Astoria, Fano Asolo, Prosecco Superiore DOCG, Extra Brut, 2017

Nino Franco, Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG, Brut, $22.30, cépage : Glera 100%, code SAQ: 349662.

Au nez de belles notes bien aromatiques de fruits blancs (pommes et poires) avec soupçon de fruits exotiques et une sensation de minéralité qui est confirmée en bouche. C’est frais, incisif, bien droit et assez sec (sucre résiduel 7.8 g/l) avec un rappel des notes de fruits blancs qui se terminent en une très belle longueur. Un peu plus cher que l’ensemble des Prosecco mais qui provient de l’appellation DOCG parmi les plus qualitatives.

Nino Franco, Valdobbiadene Prosecco Superiore DOCG, Brut

Santa Margherita, Valdobbiadene, Prosecco Superiore, $18.75, sucre: 10 g/l, code SAQ: 12509154 .

 Bien satisfaisant et rafraîchissant que ce Prosecco Superiore de la maison Santa Margherita. Élaboré à partir du cépage Glera, ce vin mousseux provient de l’appellation Valdobbiadene en Vénitie dans le Nord-est de l’Italie. À $18.75, ce Prosecco représente certainement un beau rapport qualité/prix.  

Une mousse assez crémeuse d’où se dégage des notes de pommes et quelques notes florales. En bouche, c’est bien droit avec une certaine sensation de minéralité, pas trop sucré avec ses 10 g/l de sucre résiduel et bien équilibré. On retrouve les notes de pommes ainsi qu’une très belle acidité qui fait saliver. La longueur en bouche est appréciable.

Agricola San Felice: Chianti Classico, Brunello di Montalcino et Bolgheri!

Dégustation des vins Agricola San Felice

Quelle belle rencontre avec Leonardo Bellaccini Directeur de la production, œnologue et maître de chai chez Agricola San Felice. Nous avons dégusté 11 vins dont ceux de l’appellation Chianti Classico et ceux de Brunello di Montalcino deux des régions des plus qualitatives de l’Italie.

Leonardo Bellaccini

Cette maison a vu le jour vers la fin des années 1960 en Toscane dans l’appellation Chianti Classico avec 145 hectares puis a procédé au début des années 80 à une expansion dans l’appellation Brunello di Montalcino avec la maison Campogiovanni à l’époque avec 9 hectares et maintenant 65 hectares. Plus récemment on a fait l’acquisition de la maison Bell’aja dans l’appellation Bolgheri avec 6 hectares. La maison produit environ 1.4 millions de bouteilles.

Agricola San Felice

Leonardo Bellaccini a une philosophie bien à lui. Celle d’allier ce que la technologie offre de mieux à une tradition qui est propre à la maison et à la viticulture italienne. Il pratique une ‘’agriculture de précision’’ à partir de données acquises au moyen de drones qui sillonnent constamment les vignes. On peut donc suivre l’évolution de la vigne presque plant par plant. Il peut donc à partir de ces données, précisément déterminer ou la vigne a besoin de soins et de plus d’attention et ce, de façon presque chirurgicale.

Donc plus besoin de traiter l’ensemble d’un vignoble ou d’une parcelle entière. S’il y a besoin, on déploie des moyens mécaniques et/ou humains pour régler le problème. Le tout dans le désir d’optimiser la qualité car comme Leonardo le dit : ‘’Tout commence dans la vigne’’. Avec ces moyens on peut créer un meilleur équilibre dans le vignoble. Il veut, entre autres, réduire les intrants chimiques au maximum et instaurer une philosophie durable.

Agricola San Felice

Il a participé de 1994 à 2008 au replantage des vignes dans l’appellation Chianti Classico. Il faut savoir que nombre de ces vignes ont été plantées dans les années 50 et 60 pour faire des vins qui autrefois étaient particulièrement légers et qui manquaient de structure. On en a profité pour sélectionner les meilleurs clones de Sangiovese afin de hausser la qualité des raisins et des vins. Maintenant ce cépage représente 84% des cépages plantés et cette proportion ne cesse d’augmenter.

Agricola San Felice

De plus Leonardo privilégie les cépages autochtones comme par exemple le Pugnitello qu’il ajoute au Il Grigio, Chianti Classico, Gran Selezione. Il exerce des pressions pour aussi modifier le cahier de charge de l’appellation Chianti Classico, Gran Selezione en voulant augmenter la proportion de Sangiovese de 80% à 90% et n’utiliser que des cépages autochtones pour les autres 10%. On verra si le cahier sera modifié.

La dégustation

Dégustation vins Agricola San Felice

Cette dégustation s’est concentrée sur les vins de Chianti Classico et sur ceux de Brunello di Montalcino. Pour chaque vin on a dégusté un vieux millésime et un plus récent afin de se faire une idée de l’évolution des vins. On a aussi pu voir l’évolution de la philosophie de la vinification vers plus de fraîcheur et ce, malgré l’impact des changements climatiques qui poussent vers des vendanges de plus en plus hâtives et qui impactent de plus en plus les niveaux d’acidité des vins à la baisse.

Dégustation vins Agricola San Felice

Agricola San Felice, Il Grigio, Chianti Classico, Riserva, DOCG, 2015, $26.85, cépage: Sangiovese 100%, code SAQ: 703363.

Ce vin vieillit dans des fûts de chêne pendant 24 mois (dont 25% dans des petites barriques de chêne français) puis pendant un autre 6 mois en bouteille. Au nez, des notes bien aromatiques de fruits rouges surtout sur la cerise, d’épices douces et boisées et de notes florales. En bouche les flaveurs de cerises et d’épices assez intenses dominent. On sent un beau moelleux assez velouté, une acidité bien présente, beaucoup de fraîcheur et des tannins charpentés bien corsés. J’ai senti un peu d’astringence en bouche ce qui me porte à croire que ce vin bénéficiera d’un passage en carafe et d’une période de vieillissement en cave ou au cellier. Il est bâti pour durer!!

Le 1999 était encore sur la fraîcheur, des notes de tabac, de fruits mûrs et d’épices. L’acidité était encore dominante avec des tannins charpentés tissés bien serré. Superbe longueur !! Étonnant de millésime !!

Agricola San Felice, Il Grigio, Chianti Classico, Riserva, DOCG, 2015

Agricola San Felice, Il Grigio, Chianti Classico, Gran Selezione, DOCG, 2015, $46.50, cépages: Sangiovese 80%, autres cépages autochtones 20%, code SAQ: 12480291. 60 caisses à venir.

Environ 5% des vins de Chianti Classico sot élaborés selon le cahier de charge des plus rigoureux de l’appellation Gran Selezione. Au nez, des notes florales, de tabac, de créme de fruits rouges et d’épices douces. En bouche le moelleux est quelque peu ferme, l’acidité assez présente maisn un peu plus modérée que le vin précédent et les tannins sont bien charpentés. Et que dire de la sensation de volume et d’amplitude en bouche avec beaucoup de fraîcheur. Un peu d’amertume en fin de bouche. Il est encore bien jeune malgré le fait que c’est un 2015.

La preuve c’est la dégustation du 2010! Sur des notes de vanille, de torréfaction, de cèdre,de prunes et de cerises. Les tannins sont particulièrement charpentés, les flaveurs assez intenses avec beaucoup de volume et d’amplitude. Beaucoup de potentiel de vieillissement!!

Agricola San Felice, Il Grigio, Chianti Classico, Gran Selezione, DOCG, 2015

Agricola San Felice, Poggio Rosso, Chianti Classico, Gran Selezione DOCG, 2015, $72.00, disponible en importation privée en contactant l’agence.

Agence Charton Hobbs

Ce vin a vieilli pendant 20 mois dans des foudres de chêne de 500 l et puis 15 mois en bouteille, Au nez des notes de prunes, de mûres, de tabac blond et d’épices douces. En bouche c’est la texture veloutée qui charme avec des tannins bien charpentés et toujours une certaine finesse. Quelques notes de fruits rouges et noirs ainsi qu’une touche de torréfaction. Superbe amplitude en bouche et beaucoup de longueur.

Le 2007 présentait quelques notes tertiaires de cuir, de tabac avec des tannins très charpentés presque tanniques, quelques notes de fruits et de notes de torréfaction. Beaucoup de volume et d’amplitude en bouche! Encore bon pour plusieurs années!

Agricola San Felice, Poggio Rosso, Chianti Classico, Gran Selezione DOCG, 2015

Agricola San Felice, Campogiovanni, Brunello di Montalcino DOCG, 2014, $65.75, code SAQ: 634881. 150 caisses à venir.

Au nez des notes de prunes, de cuir, d’épices douces ainsi qu’une légère torréfaction. Superbe velouté et beaucoup de richesse en bouche avec une acidité moyenne et des tannins charpentés des plus soyeux. Très belle longueur avec une finale sur l’ensemble des notes perçues au nez (cuir, tabac, torréfaction).

Le 2008 était sur des notes de vanille, de prunes et de raisins bien frais. Superbe velouté, une acidité moyenne et des tannins charpentés bien soyeux. Beaucoup de finesse et de délicatesse et quelle longueur!

Agricola San Felice, Campogiovanni, Brunello di Montalcino DOCG, 2014

Agricola San Felice, Il Quercione, Brunello di Montalcino Riserva DOCG, 2011, $331.50, 1.5 l, disponible en importation privée.

Au nez des notes de fruits rouges, de tabac blond, de prunes, une touche herbacée et un soupçon de chocolat noir. En bouche, superbe velouté, une acidité équilibrée et des tannins charpentés assez corsés. Vraiment superbe avec pas mal de volume et d’amplitude.

Agricola San Felice, Il Quercione, Brunello di Montalcino Riserva DOCG, 2011

Agricola San Felice, Le viti del 1976, Brunello di Montalcino Riserva DOCG, 2007, non disponible.

Dommage qu’il ne soit pas disponible car il m’a donné beaucoup d’émotions. Le genre de vin dont la note approcherait le 100/100.

Agricola San Felice, Le viti del 1976, Brunello di Montalcino Riserva DOCG, 2007

Une dégustation exceptionnelle! Les vins de Fattoria dei Barbi!

Dégustation des vins de Fattoria di Barbi

Je rencontrais à nouveau Raffaella Guidi Federzoni Export Manager de la Fattoria dei Barbi une des maisons les plus réputées de l’appellation Brunello di Montalcino. Comme à chaque fois nous dégustons ce qu’il y a de mieux dont des verticales (le même vin sur des millésimes différents) de Brunello Blu Label, de Brunello Riserva et de Brunello Vigna del Fiore.

Raffaella Guidi Federzoni, Claude Lalonde (Vinformateur)

Qu’y a-t-il à savoir de la Fattoria dei Barbi?

Fattoria dei Barbi s’étend sur 306 hectares à Montalcino et Scansano. Stefano Cinelli Colombini, héritier de l’ancienne lignée siennoise présente à Montalcino depuis 1352, gère la propriété familiale.

La Cantina dei Barbi ouverte depuis environ 50 ans produit environ 800,000 bouteilles dont approximativement 200,000 sont des Brunello et la grande majorité du Rosso et autres vins. La superficie du vignoble s’étend sur 66 hectares avec une densité de plantation de 5,000 vignes. Quand on considère qu’un plant de vigne donne à près l’équivalent d’un peu plus qu’une bouteille…La Cantina possède une des plus grande collection de Brunello avec des vins datant de 1870 à nos jours.

Fattoria dei Barbi

Vivaio dei Barbi, propriété dont Fattoria dei Barbi a fait l’acquisition en 1997, est située à Scansano à environ 1h30 de Montalcino. On y produit surtout du Morellino di Scansano DOCG (sur 28 hectares de vignes) élaboré principalement de Sangiovese.

Un peu d’histoire…

Les Colombini étaient une des familles nobles de Sienne, actives dans le gouvernement siennois depuis le début des années 1000. Le premier membre cité dans les chroniques fut Tignoso Colombino, après que ses enfants eurent été nommés Colombini et que le nom de la famille soit resté depuis. Sa résidence était un château dans le village d’Uopini, juste à l’extérieur de Sienne. Le même château est devenu un hôpital au Moyen Age et il existe toujours.

En 1200, la famille a été autorisée à avoir un blason avec les quatre petites colombes peintes sur un champ bleu et séparées par une croix d’or. Le logo de Fattoria dei Barbi s’en est donc inspiré et on le retrouve toujours sur les bouteilles.

Au début du XiX siècle, la famille vivait à Carmignano près de Lucques. Ils ont continué à entretenir de solides relations avec Sienne. Pour cette raison, Paolo Colombini, un juriste, a décidé de devenir notaire. Il a suivi l’évêque de Lucca qui a déménagé à Montalcino, afin de gérer également ses propriétés agricoles mineures situées là-bas. Ce fut un choix chanceux, en commençant un nouveau chapitre de l’histoire de la famille, qui dure jusqu’à aujourd’hui. Son fils, Pio Colombini, est celui qui a produit les premières bouteilles de Brunello. Il a épousé Elina Padelletti, d’une ancienne et noble famille de Montalcino, qui a augmenté la possession avec la villa Podernovi, où se trouvent aujourd’hui la cave et les laboratoires.

Leur fils Giovanni Colombini, né en 1906, était un innovateur, un pionnier de la viticulture moderne. L’ouverture du premier magasin de vin public italien dans la forteresse de Montalcino, en 1936, était son idée. La même forteresse a été restaurée pendant ses années en tant que maire de la ville.

C’est lui qui a lancé la première vente par correspondance de vins toscans et aussi les premières ventes à l’étranger sur de nombreux marchés. Il a également innové en vendant des centaines de milliers de bouteilles à un prix très élevé, changeant l’avenir d’un vin, passant d’une catégorie limitée de consommateurs à une catégorie beaucoup plus large.

Localisation de Fattoria dei Barbi – Montalcino

L’ouverture de la cave Fattoria dei Barbi aux visiteurs dans les années 50 est l’une des premières étapes de l’œnotourisme.

Après la mort de Giovanni Colombini en 1976, la Fattoria dei Barbi a été gérée d’abord par sa fille Francesca et ensuite par son fils Stefano. Ils ont tous deux développé et élargi la propriété, ce qui en fait ce qu’il est possible de voir aujourd’hui.

Source : Site de Fattoria dei Barbi

La dégustation

Dégustation des vins de Fattoria dei Barbi

Fattoria dei Barbi produit une superbe panoplie de vins tels les Brunello di Montalcino DOCG – Blue Label, les Brunello di Montalcino DOCG ‘’Vigna del Fiore’’ – White Label, les Brunello di Montalcino DOCG, Riserva – Red Label, les Rosso di Montalcino DOC, les Morellino di Scansano DOCG, les Chianti DOCG, les Brusco dei Barbi IGT Toscana Rosso, les Birbone IGT Toscana Rosso, les Bianco dei Barbi IGT Toscana Bianco, les Vinsanto, leur Grappa di Brunello, Grappa dei Barbi, Grappa Riserva, Grappa di Chianti, et la Fattoria dei Barbi Extra Virgin Olive Oil.

Le Brusco dei Barbi, 2016 IGT Toscana, $23.15. Disponible en importation privée (IP) en contactant l’agence Montalvin : https://www.montalvin.com/fr

Ce vin et cette appellation sont chers à la Fattoria puisqu’elle en est propriétaire. Ce vin a été réintroduit dans les années 70 avec l’idée maîtresse de mettre en valeur l’expression du Sangiovese. On y a intégré la méthode Governo dans son élaboration (une partie des raisins est élaboré selon la méthode appassimento puis ajouté au moût en fermentation). Il n’y a aucun vieillissement en barrique pour s’assurer de la pureté du fruit. C’est un vin d’entrée de gamme des plus approchable, idéal avec la pizza.

Des notes de cerises bien intenses bien pures et d’épices douces. En bouche le tout est bien équilibré, de facture classique, avec une texture un peu ferme, de beaux tannins presque charpentés qui lui donnent une belle structure, belle fraîcheur avec une finale sur des notes de noyaux de cerises. La longueur est assez soutenue.

Le Brusco dei Barbi, 2016 IGT Toscana

Fattoria dei Barbi, Morellino di Scansano, Toscana, 2016, $24.70, cépages : Sangiovese 85%, Merlot 15%, disponible en IP.

Un peu plus austère sur des notes de fruits rouges surtout sur la cerise et d’épices douces. En bouche un peu d’amertume sur une dominante de noyaux de cerises sur des tannins assez charpentés et d’une belle longueur. À mon avis il bénéficiera d’un passage en carafe.

Fattoria dei Barbi, Morellino di Scansano, Toscana, 2016

Fattoria dei Barbi, Maremma Toscana, 2017, $26.40, cépages : Sangiovese 60%, autres cépages – Cabernet Sauvignon, Syrah, Petit Verdot, Alicante, disponible en IP.

Sur des notes de fruits rouges surtout sur la cerise, de prunes ainsi que d’épices douces. La texture est bien veloutée, l’acidité assez présente et les tannins sont passablement charpentés. La finale assez longue est sur les noyaux de cerises. J’ai beaucoup apprécié ce vin.

Fattoria dei Barbi, Maremma Toscana, 2017

Fattoria dei Barbi, Rosso di Montalcino, 2017, $25.95, code SAQ : 13668552. Disponible à la SAQ à partir de Novembre 2019.

Comme le disait Rafaella, le Rosso di Montalcino est probablement un des vins les plus passe partout offrant une des meilleur rapport qualité/prix qui soit. Ces vins goûteux et élégants peuvent vieillir passablement longtemps. Ils bénéficient de tout le savoir faire qui va dans l’élaboration des Brunello.

Des notes de fruits rouges frais, sur des notes de noyaux de cerises et d’épices douces. En bouche, bel équilibre entre le moelleux et l’acidité assez présente du vin. Les tannins sont presque charpentés, denses et bien serrés. Un vin goûteux avec de belles notes de noyaux de cerises. Une certaine élégance dans ce vin des plus satisfaisant. Avec plats de bœuf grillé, côtes de veau aux herbes fraîches.

Fattoria dei Barbi, Rosso di Montalcino, 2017

Brunello di Montalcino (Blu Label), 2014, cépage : Sangiovese 100%, $48.85, code SAQ :11213343.

Ce millésime a bénéficié de températures plus chaudes et plus clémentes. Il présentait encore plus de structure que le 2013 et possède possiblement une capacité à vieillir supérieure au 2013. Des notes de fruits rouges assez mûrs, de prunes. En bouche, c’est superbement équilibré avec une texture ferme  de flaveurs un peu moins fruitées que le 2013 et d’une longueur persistante…

Brunello di Montalcino (Blu Label), 2014

Brunello di Montalcino, (Blu Label), 2013, Cépage : Sangiovese 100%, $48.85, code SAQ :11213343.

Au premier nez, des notes animales sur le cuir qui se dissipent assez rapidement pour laisser la place aux belles notes de fruits rouges, d’épices douces, de fleurs avec un peu de torréfaction. En bouche c’est le mariage de la puissance, de l’élégance et du classicisme. La texture est veloutée, enveloppante sur de belles notes de fruits. Superbe équilibre entre l’acidité et le moelleux du vin. Les tannins sont superbement bien serrés, denses sans être asséchants. Vraiment très beau!

Brunello di Montalcino, (Blu Label), 2013

Brunello di Montalcino, Vigna del Fiore, 2013, $87.50, code SAQ : 10217300. Disponible à la SAQ à partir de l’automne 2020.

Ce vin provient de Vigna del Fiore un vignoble de 5.7 hectares situé dans une région ou la vigne est cultivée depuis le XVI siècle. La production de ce vin est relativement limitée avec environ seulement 5,000 bouteille/année. Il est situé dans une des régions le plus au sud de l’appellation (une des plus qualitatives) de Montalcino. Les vins qui en sont issus sont caractérisés par la finesse et l’élégance.

Un peu plus austère sur des notes de cerises et de prunes. La texture est légèrement ferme, l’acidité équilibrée et les tannins sont particulièrement charpentés et tissés bien serré. Une finale sur les fruits ainsi que quelques notes de torréfaction.

Brunello di Montalcino, Vigna del Fiore, 2013

Brunello di Montalcino, Vigna del Fiore, 2012, $85.50, code SAQ : 10217300. Disponible à la SAQ à partir du printemps 2020.

Sur des notes de cerises et d’un peu de prunes pas trop intenses. De l’élégance, une texture veloutée, de facture très classique doté d’une belle structure, de la longueur, du volume en bouche…Superbe capacité de vieillissement.

Brunello di Montalcino, Vigna del Fiore, 2012

Brunello di Montalcino, Vigna del Fiore, 2006, $82.50, disponible à la SAQ code : 13600761.

Un de mes préférés!! Un vin bien souple d’un bel équilibre, très complexe et voluptueux ! Sur des notes de prunes et de boisé assez discret. Superbe structure, d’une longueur qui ne finit pas sur des notes de chocolat noir. Encore en jeunesse avec une grande capacité de vieillissement.

Brunello di Montalcino, Vigna del Fiore, 2006

Brunello di Montalcino, Riserva, 2013, $109.00, code SAQ : 13621674, disponible à la SAQ arrivage automne 2020.

Les Riserva de Fattoria dei Barbi sont des vins élaborés à partir du Sangiovese provenant des meilleures parcelles de la maison. Ils représentent ce qu’il y a de mieux de chaque millésime.

Les Brunello doivent vieillir un minimum de 2 ans en barrique ou en foudre et un minimum de 4 mois en bouteille Pour les Riserva on parle de 6 mois pour les Riserva. On peut mettre les Brunello en marché le 1erjanvier de la 5ième année suivant les vendanges alors que cette période est de 6ans pour les Riserva.

Sur des notes de prunes, de cerises et de torréfaction. Les tannins sont particulièrement charpentés et tissés bien serré et que dire de la longueur…De facture plus moderne in brin plus exhubérant!

Brunello di Montalcino, Riserva, 2013

Brunello di Montalcino, Riserva, 2012, $99.75, code SAQ : 13621674. Disponible à la SAQ Mars 2020.

Le nez est plus traditionnel, un brin plus austère sur des notes de crème de fruits rouges. La texture est bien veloutée et les tannins sont bien charpentés. De belles de moka, de torréfaction et de truffes témoignent de sa complexité. Comme le disait Raffaella : ‘’C’est criminel de boire ce vin maintenant’’. Car il a tellement de potentiel de vieillissement!

Brunello di Montalcino, Riserva, 2012

Brunello di Montalcino, Riserva, 2010, $136.00. Disponible en importation privée.

Mon préféré!!! Quelques notes d’évolution mais quand même tout en jeunesse. Superbe! Des notes d’épices douces, de prunes vieillies bien mûres, de tabac et de chocolat noir. En bouche, les tannins sont très charpentés, beaucoup de volume, d’amplitude et de la longueur, de la longueur et encore…

Brunello di Montalcino, Riserva, 2010

Brunello di Montalcino, Riserva, 2001, ce vin n’est pas disponible.

Comme un vin de cet âge doit être!! Exceptionnel avec tellement de longueur…

http://www.fattoriadeibarbi.it/en/   https://www.montalvin.com/fr

Restaurante Da Vinci

Page 1 of 7

Fièrement propulsé par WordPress & Thème par Anders Norén