Catégorie : Voyage vinicole 21 jours France et Italie – 2019

Une rencontre avec Jacky et Jean-Philippe Blot au Domaine de la Taille aux Loups à Montlouis sur Loire.

Lors de notre voyage en Loire Luc Marier et moi avions prévu nous arrêter au Domaine de la Taille aux Loups. Nous ne nous doutions pas de la qualité de l’accueil que nous avons reçu. Jean-Philippe Blot a pratiquement pris une bonne partie de sa journée pour nous faire visiter le vignoble et le chai.

Jacky et Jean-Philippe Blot

Nous avons dégusté avec lui et son père, Jacky Blot, de superbes vins. Nos conversations nous ont mieux fait comprendre la philosophie qui les anime et la spécificité de l’appellation Montlouis.

Pour vous relater cet accueil, nous avons décidé de vous livrer l’entièreté de notre rencontre sous forme d’entrevue. Le texte est long, mais il ne peut que mieux réfléter notre expérience. Si vous le désirez, vous pouvez aller directement aux notes de dégustation qui sont à la fin de cet article.

Entrevue

J.P.Blot (Jean-Philippe) : Mon père était grand amateur de Bourgogne à l’époque et se demandait si on pouvait faire nous aussi des vins sympas dans la Loire. C’était en 88. On avait pas de gros moyens et on a acheté 5 hectares de vignes à Montlouis. Au début on se fait sortir de l’appellation car nos vins étaient atypiques. Souvent à Montlouis les vins de cette époque n’étaient pas toujours mûrs. Maintenantça va mieux dans l’appellation car on vient tout juste de faire faire une carte des terroirs. Il y a eu au fil des années une grande évolution. Maintenant la philosophie est de faire des vins de terroir avec des lieux-dits. La tendance est de faire des vins de plus en plus secs. Rien à voir avec des montants élevés de sucre résiduel.

La plupart de nos vins sont entre 5 et 8 g/l et on ne fait pas de Malo (fermentation malolactique). Ce n’est pas demi-sec car on a toujours un peu de sucre résiduel.

CL/LM (Claude Lalonde et Luc Marier) : Qu’est-ce qui vous a fait revenir dans l’appellation Montlouis suite à votre exclusion?

Blot : Mon père a toujours eu beaucoup d’énergie et il n’a jamais quitté son chemin. Il aime bien l’adversité car elle fait sortir toute l’énergie. Et les médias ont été interpellés quand on a été exclus. L’absurdité de la situation détonnait avec les médias. On a un cahier de charge pour mettre en valeur l’appellation, on a quelqu’un qui travaille d’arrache-pied en bio et il n’a pas ce qu’on appelle un môule qualitatif et ça crée une incohérence car nos vins n’étaient pas pareils aux autres, mais meilleurs.

Jacky Blot

CL/LM : jusqu’à quel point êtes-vous bio?

Blot : Depuis 95, on a toujours eu des méthodes qui entreraient dans un cahier de charge bio mais qui n’avait pas le but d’être bio. Et mon père a toujours fait comme ça. Et à un moment donné on s’est dit qu’on prendrait un label tant qu’y être. On ne voulait pas au début, on ne voulait se mettre dans un carcan. Et maintenant nous sommes certifiés Ecocert. Et on ne le communique pas trop. Quant au souffre on en met le moins possible même moins que ce que permet le label.

On ne sa base pas sur le cahier des charges Ecocert puisqu’on fait ce qu’on pense être le mieux. On a même perdu une part de récolte car le vin n’était pas assez sulfité et il a tourné. On a dû écarter ce vin. On essaye toujours d’être au plus bas mais on ira jusqu’à ce qu’on garde un vin sous forme de vin. Pas des volatiles qui montent trop haut et on ne veut pas d’oxydations. On ramasse nos raisins dans des petites caisses, quand on remplit nos barriques après pressurage on les remplit à ras bord. Et quand la fermentation commence on est obligés d’enlever du jus. C’est plein de petits travaux de fourmis un peu partout.

CL/LM : Et a l’exportation, est-ce vous vous permettez de mettre plus de sulfites?

Blot : Non on utilise les mêmes doses pour l’export. Alors on va visiter le vignoble? (On saute dans la voiture).

Au total nous avons 70 hectares et c’est assez morcelé. Les deux gros morceaux ce sont le Clos de Monys 12 hectares et le Domaine La butte avec 15 hectares. On ne voit pas beaucoup de ces vins au Québec car les acheteurs achètent ici et pas sur les rayons.

Domaine de la Taille aux Loups

CL/LM : L’année 2019 se présente comment?

J.P.Blot : (NDLR : nous somme début avril 2019) . Au début nous avons eu peur car il y a deux semaines il a fait doux très tôt. On a un hiver pas froid du tout donc ça amène les bougeons à gonfler très tôt  et heureusement depuis 2 semaines on a des matinées aux alentours de zéro et ça çalme la végétation. La grosse angoisse c’est que ça pousse trop maintenant parce qu’on pourrait avoir des périodes de gels qui pourraient être néfastes. Cette température ce n’est pas normal. On est environ 2 semaines en avance et ces 2 semaines sont en plein dans une période de gel potentiel. C’est ça le problème.

CL/LM : Les cépages sont subdivisés comment?

J.P.Blot :Montlouis et Vouvray c’est que du Chenin et vous trouverez des fois du gamay, du Cot qui sont dans l’appellation Touraine. Plus personne n’appelle le Chenin le Pinot de la Loire. Nous allons dans le Clos de Monique.

CL/LM : Que pensez-vous de la biodynamie?

J.P.Blot : Alors nous on est beaucoup plus cartésiens et il y a beaucoup de choses qu’on prend pas. Notamment la tenue du Vignoble c’est une des choses des plus importantes pour que la vigne soit bien dans son éco-système . J’ai souvent gouté des vins issus de la biodynamie qui étaient oxydés qui correspondent moins à notre philosophie parce que nous on est vraiment attachés au terroir et au côté immuable de l’endroit ou le raisin pousse.

Alors le clos de Monique notre plus grande parcelle avec 12 hectares. On va marcher un peu…

Jean-Philippe Blot – ventilateurs

CL/LM : Nous voyons ici que vous avez des ventilateurs. On en a vu très peu dans la région.

J.P.Blot : En 2016 on récolte 9 he/ha au lieu de 30 à 35 ce qui nous a causé une grosse perte. Suite à ça on a acheté 3 éoliennes mobiles qu’on a utilisé dès 2017 et qui nous ont permis de moins geler qu’on aurait pu. Ces éoliennes sont efficaces sur environ 3 ha alors qu’on les vend pour 4 à 5 ha. Vous savez quand on gèle on ne récolte qu’un hectolitre à l’hectare.

CL/LM : Avez-vous des problèmes avec la brume? On en a vu pas mal dans la région?

J.P.Blot : Ici il y en a moins qu’à Angers. Ce n’est pas un problème. On ne recherche pas du tout le bothrytis même sur les vins moelleux. Ces vins sont passerillés. On voit souvent des cas d’oxydation surtout dans l’Anjou avec des acidités basses et le vin tient moins bien.

Alors vous voyez sur une des premières parcelles les Perruches ils ont fait leurs propres sélections massales. Ils ont sélectionné les pieds qui leur paraissaient les plus intéressants et maintenant on des sélections massales qu’on utilise quand on a à replanter dans les cas des nouvelles vignes.

Et c’est important parce qu’on parle de Chenin et des Chenins il y en a plein. On ne peut pas généraliser. On utilise des sélections massales qui ont grandi ici dans leur terroir. Ce sont des pieds de vigne qui font partie du milieu. Ils ne viennent pas d’un endroit puis qui sont envoyés partout comme les clones. On maintient donc la diversité originale des individus. De plus ils ont été choisis pour leur qualité.

Domaine de la Taille aux Loups

Tous les clones d’un pépiniériste comme le fait 95% des vignobles français ont été choisis dans les années 70 pour le volume de leur production pas autant la qualité. Les sélections massales ce sont des petites grappes et des petits raisins. Des fois on s’en mord les doigts sur les rendements qui sont pas mal plus petits. Mais ça fait toute la différence.

Quand on note un plant de vigne qui donne de superbes grappes bien qualitatives, on l’identifie avec comme un petit ruban et quand on est sûrs qu’il est vraiment bien au moment de la taille en hiver on prend les bois et on les apporte chez le pépiniériste qui les conserve au frais puis les greffe sur des porte greffes et il nous les redonne en racines nues (on préfère) parce qu’il y a une meilleure reprise et nous on le plante. C’est des marcottes. Si on remet sur du Franc de Pied, à moins d’être sur des terroirs de sable, on risque le phylloxéra. Il y en a chez Marionnet en Franc de Pied. Ça tient bien car il a des terroirs de sable.

Jean-Philippe Blot

CL/LM : Quels types de sols avez-vous?

J.P.Blot : Ce sont des dépôts sédimentaires d’il y a 90 millions d’années. Il y avait la mer juste au-dessus, et elle a empilé des couches de calcaire assez épaisses. C’est à peu près partout du calcaire et il y en a des compressés, du silex, de l’argile, il y a des sables, donc il y a en fait différentes zones. C’est comme ça qu’on répartit nos différentes parcelles.

Sur le Clos de Monys on n’a pas la même géologie. La cuvée est faite que d’une parcelle ou il y a plus de silex. Si jamais le vin est moins mûr on déclasse. Comme en 2013 en Loire c’était compliqué les raisins n’étaient pas aussi mûrs alors on a fait des bulles. On était presque 90% en bulles et 10% en sec en 2013.

CL/LM : Et la tailles des vignes?

J.P.Blot : Autrefois dans la Loire tout était taillé en gobelet. C’est des bras qui partaient dans tous les sens. Mon père a changé la taille en double cordon royat. Celles que vous voyez ont une cinquantaine d’années. On aime les garder basses car il y a moins de chemin à faire pour la sève. On est les seuls à tailler si court.

Donc on vendange tout à la main sur 70 hectares. On a des tables de tri qui se déplacent avec nous. En fait on a une équipe de 20 coupeurs et pour chaque 4 il y en a un qui fait des aller-retour et qui apporte les hottes aux tables de tri. Pour 20 coupeurs on a entre 2 à 3 tables de tri. Et on amène le raisin dans les plus petites quantités possibles. C’est contre intuitif car celui qui apporte le raisin aux tables de tri voudrait en amener plus. Mais non, il faut limiter les quantités. C’est plus de travail.

Quant à la sélection des raisins (selon le type de vin) à la table de tri, la partie la moins mûre c’est déjà sélectionné pour des moelleux. C’est quand on se met dans les tris selon le niveau de maturité. Quand on ramasse les secs on a tout déjà planifié avec des prélèvements 3 semaines avant le début des vendanges. J’en fait 3 et je prends des raisins partout au hasard et en fonction des résultats on va intervenir dans les vignes. Ça c’est une chose fondamentale que la date des vendanges.

Table de tri – Domaine de la Taille aux Loups

Avec le réchauffement climatique, la maturité du fruit idéale elle est là pendant une très courte période.  Entre le moment ou c’est mûr et ou c’est trop mûr souvent on a très peu de temps. Ça peut représenter les deux tiers des 70 hectares à ramasser en une semaine. Pour le Chenin les vendanges peuvent durer 3 semaines.

Ces dernières années on a du faire des passages plus fréquents. Surtout quand il y a des décalages avec des jeunes vignes et de terroirs.

Le changement climatique fait qu’aujourd’hui on vendange en moyenne un mois plus tôt. Ça fait un effet boule de neige, parce que la raisin est mûr plus tôt. Comme il est mûr plus tôt, les journées sont plus longues donc il y a plus de soleil et il mûrit encore plus vite! Donc ça s’accélère en fait. Il y a 25 ans, quand on allait vendanger on avait le temps parce que c’était mûr déjà. C’était en octobre, pas en septembre. Et les journées étaient moins longues et ça mûrissait moins vite. Donc on avait le temps chaque jour avec une quarantaine de vendangeurs de venir ramasser des raisins qui mûrissaient en même temps que les vendanges.

Et ajourd’hui depuis 2009 on réagit différemment. La première semaine on est 40 , la deuxième on est 80 et la troisième on est 140. Parce que tout est mûr d’un coup! Et du coup, on adapte maintenant la quantité de vendangeurs. Toujours dans l’idée que si on veut retrouver le goût du terroir il faut qu’on vendange dans la bonne fenêtre sinon on triche.

En 2018 on a vendangé une semaine plus tôt qu’on a commencé en 2003.

CL/LM : Et les maladies de la vigne en bio on s’en débarrasse comment?

J.P.Blot : C’est pas forcément facile hein! En 2018 c’est la deuxième année la plus chaude qu’on ait eue et c’est la plus sèche. Sauf que jusqu’avant qu’elle soit sèche eh bien il a plu début juin, fin mai et il est tombé l’équivalent de 3 mois d’eau en 3 heures. On n’a pas beaucoup de rétention d’eau car nous avons pas mal de pentes douces qui écoulent bien. Avec le mildiou on a perdu près de la moitié lors de la floraison.

CL/LM : Depuis quand cultive-t-on la vigne ici?

J.P.Blot : Ici on a des vignes qui ont plantées en 1912. Donc elles ont plus de 100 ans. Je ne sais pas de quand part la tradition viticole ici. Ce mur ici est vieux de 300 ans.

…Ici les pieds de vignes ne sont jamais arrachés. On pleure si on doit arracher.

CL/LM : Et les chais sont ou?

J.P.Blot : Alors on en a trois. Ici on fait les pétillants incluant le Triple Zéro qui est élaboré en méthode ancestrale que mon père a remis au goût du jour en 1993. C’est lui qui a relancé les pétillants naturels. Ça suivait des millésimes un peu compliqués. Il y avait 89 et 90 qui étaient des millésimes solaires avec beaucoup de vins moelleux , 91 ça gèle complètement et il y a zéro bouteilles produites , 92, 93 c’est année compliquées et en 92 il a le goût de faire autre chose et il élabore le pétillant naturel non dosé, un élevage lent sur un blanc sec , un vin de voile.

CL/LM : Et pourquoi pas un Crémant de Loire?

J.P.Blot : Parce qu’on pense que le Chenin est un cépage sur sol calcaire qui permet d’avoir un raisin mûr ce qui est nécessaire je pense, pour l’élaboration d’un pétillant naturel parce qu’on ne va pas le doser à la fin. Mais quand il est mûr il garde de l’acidité et de l’équilibre. Donc c’est hyper intéressant car on a la qualité du fruit relevé par son acidité naturelle sans avoir besoin de sucre. On la gourmandise du produit sans lui rajouter du sucre.

Dans le chai:…Ici on a 1,100 barriques pratiquement des 288 l. et plusieurs cuves pour le parcellaire. On fait deux pétillants différents dont le Brut Tradition qui est très important (méthode traditionelle) car quand le fruit n’est pas mûr de façon optimale, on l’utilise ici. On presse, on laisse le jus débourber 24 heures puis on l’entonne. Le Triple Zéro c’est un peu différent. On remplit le pressoir et on trie les jus et on ne garde que la cuvée qui est le cœur de presse. Ce dernier fait 3 bars de pression c’est donc un pétillant. Il est vendangé assez mûr pour ne pas avoir à chaptaliser. Il a assez de sucre pour faire ses degrés d’alcool requis.

En Champagne c’est ramassé à 10 degrés potentiels et nous sommes 2,5 degrés au-dessus.  Pas de liqueur de tirage car le vin avant la fin de sa fermentation est transféré en bouteille. Donc c’est une seule fermentation qui est écourtée en cuve mais qui se prolonge en bouteille.

Vins effervescents – La Taille aux Loups

Le Triple Zéro fait du bois. On a travaillé avec un monsieur dont la spécialité est la sucrosité sans sucre qui requiert la maturité du raisin, le tri des jus et les fermentations lentes en barriques. L’intérêt de la barrique c’est que c’est un petit contenant qui permet des fermentations de 6 mois sur lies. Elles sont saturées en CO2 donc il n’y a pas de risque d’oxydation et ça vient nourrit le Triple Zéro. Il n’y a pas de sucre, il faut donc que le vin ne soit pas trop raide.

CL/LM : Et votre signature quant à vos vins?

J.P.Blot : On en parlait justement récemment avec d’autres vignerons de la région, nous on est très attachés aux nuances de terroirs et on se disait chacun a son impact et du coup avoir deux vins sur des terroirs différents élaborés de manière différente il y a trop d’impact du bonhomme qui le fait. Nous on arrive toujours à s’y retrouver dans nos cuvées sur un même millésime et fait par nous car on a vraiment des nuances de terroir et que notre patte elle est toujours la même dans nos différents vins. Si on multiplie les variables ça devient compliqué.

CL/LM : Et les vérifications par le bureau interprofessionnel est-ce qu’elles ont évoluées depuis 1992?

J.P.Blot : À Montlouis beaucoup! Mon père et François Chidaine ont fait bouger les choses. Montlouis c’était un peu un outsider parce qu’il y avait Vouvray de l’autre côté et 7 fois plus gros et ils avaient une visibilité plus importante. Et ça a donné de l’énergie à beaucoup. Il y a aussi beaucoup de jeunes qui se sont installés, l’hectare ici n’étant pas cher et ça a permis l’installation de plusieurs.

Aujourd’hui, il y a plus de la moitié qui est en bio et c’est rare. Il n’y a vraiment pas beaucoup d’agriculture conventionnelle dans la région. Cependant ceux-ci peuvent avoir de grandes surfaces. Mais il y en a de moins en moins. Dans la région la majorité des propriétés sont familiales car il n’y a pas beaucoup de spéculation sur les terres.

Alors on réceptionne les raisins tout en haut, ou il y a un entonnoir alors c’est là qu’on vide ça tombe dans le pressoir pneumatique. Une fois pressé ça tombe dans des cuves ou le raisin va débourber pendant 24 heures à peu près et ensuite un cran plus bas par gravité le processus se continue. Nous avons réussi avec une construction ancienne à créer une vinification par gravité. C’est pas joli mais c’est pratique. Le tout a été construit en hâte car l’année ou on a commencé, les raisins avaient atteint leur niveau de maturité beaucoup plus rapidement qu’anticipé. …des caves comme celle-là on en a quelques-unes, c’est ici qu’on a les parcellaires les cuvées de terroir. Ici on a approximativement 250 barriques et on en a 1,100. C’est quand même 70 hectares.

CL/LM : Qui décide de la vinification des vins. Est-ce toi ou ton père ou les deux?

J.P.Blot : En fait on est trois à prendre ces décisions : il y a mon père, Christophe qui est là depuis le début, et moi-même. Quand on goûte, on fait ça ensemble.

… On utilise un peu de chauffage pour ne pas que les fermentations s’arrêtent. La cave est toujours à 12C. Si on voit que les fermentations patinent et qu’on perd un degré ici et là, on part le chauffage. Quand les fermentations commencent on retire un peu de jus et quand elles sont presque finies on les remplit à ras-bord afin d’éviter toute oxydation.

Dans la salle de dégustation

M. Jacky Blot s’est joint à nous pour cette dégustation. Comme il nous le dit : ‘’L’image de Montlouis a beaucoup changée. Elle est maintenant très qualitative. C’est plus qualitatif maintenant que Vouvray avec ses 2,400 hectares de vignes. Montlouis c’est 50% en bio, c’est 60% ramassé à la main. La différence c’est la façon de faire qui est différente entre ces deux régions. On a même du Vouvray fait dans la région de Tours. Avec cette situation qui existe avec la multiplicité des AOC il devient plus difficile de se démarquer entre ces régions.

À Vouvray on est dans une bulle industrielle avec les machines à vendanger etc. et avec la mentalité qui va avec. Le rendement de Vouvray est d’au moins 20 he/ha de plus qu’à Montlouis. Avec François Chidaine on a développé une vision du vin complètement différente.

Avec cette façon de faire, on n’a pas envie de faire école, on ne veut pas imposer notre vision. Ça ne serait pas correct de dire que tout Montlouis devrait être fait de la même façon. Imposer la sélection massale, des petits rendements, des tables de tri dans le vignoble…Si jamais l’appellation était connue de partout dans le monde entier alors là…les choses seraient un peu différentes, mais c’est pas le cas. Ça ne servirait à rien d’imposer tout ça. On se l’impose à nous même, oui, nous allons loin au-dela des contraintes de l’appellation. Le bon exemple, c’est le Triple Zéro. Vous savez, les vignerons normalement ne s’imposent pas de lourdes contraintes. Ils se laissent des libertés et de la facilité. ’’.

La dégustation

Les Vins Blancs

Domaine de la Taille aux Loups, Triple Zéro, Montlouis-sur-Loire, $34.25, cépage : Chenin blanc 100%, sucre : 1.2 g/l, code SAQ : 12025301.

Celui que nous avons dégusté était une des dernières bouteilles du 2015. Ce vin témoigne parfaitement bien l’identité du terroir. De belles notes florales sur le tilleul, d’une belle intensité sur des notes briochées, de pâtisserie et sur des notes de fruits blancs confits.

En bouche, la sensation de minéralité est particulièrement intense avec beaucoup de fraîcheur, beaucoup de longueur sur des notes de fruits blancs confits (abricots). Que d’énergie dans ce vin avec une acidité bien vive et incisive !! On sent la pleine maturité du fruit, c’est gourmand. On a vraiment l’impression de boire un blanc de blanc. De beaux accords à faire avec une cuisine un peu plus épurée avec moins de sauce et moins de sucre.

Domaine de la Taille aux Loups, Triple Zéro, Montlouis-sur-Loire

Domaine de la Taille aux Loups, Brut Tradition, Montlouis-sur-Loire, cépage : Chenin blanc 100%.

Sur des notes de caramel, des notes florales, un vin consensuel sur des notes d’abricots. En bouche la texture est veloutée, l’acidité bien fraîche avec quelques notes de noix, d’abricots assez intenses. Très belle longueur.

Domaine de la Taille aux Loups, Brut Tradition, Montlouis-sur-Loire

Domaine de la Taille aux Loups, Remus, Montlouis-sur-Loire, 2017, cépage : Chenin blanc 100%.

Très floral au nez sur une texture assez ferme, d’une acidité presque vive, superbe sensation de minéralité. Droit et bien élancé! Superbe.

Domaine de la Taille aux Loups, Remus, Montlouis-sur-Loire, 2017

Domaine de la Taille aux Loups, Clos Michet, Montlouis-sur-Loire, 2017, $38.00,cépage : Chenin blanc 100%, sucre : 2.3 g/l, code SAQ : 12025281.

Sur des notes d’abricot, de pêches assez intenses. La texture est ferme et l’acidité assez incisive, belle sensation de minéralité.

Domaine de la Taille aux Loups, Clos Michet, Montlouis-sur-Loire, 2017

Domaine de la Taille aux Loups, Clos de Mosny, Monopole, Montlouis-sur-Loire, 2017, $43.75, cépage : Chenin blanc 100%, code SAQ: 12303674.

Quelques notes boisées, doté d’une belle acidité bien fraîche et belle sensation de minéralité.

Domaine de la Taille aux Loups, Clos de Mosny, Monopole, Montlouis-sur-Loire, 2017

Domaine de la Taille aux Loups, Clos de la Brettonière, Vouvray, 2017, $43.75,cépage : Chenin blanc 100%, code SAQ : 12098025.

D’un style plus aérien.

Le 2003 était sur des belles notes de pêches et d’abricots. D’une belle complexité, superbe longueur et encore en forme!

Domaine de la Taille aux Loups, Clos de la Brettonière, Vouvray, 2017

Domaine de la Taille aux Loups, Clos de Venise, Vouvray, 2017, $51.00, cépage : Chenin blanc 100%, code SAQ : 13597109.

Considéré comme un des meilleurs vins de France, de plus aromatique et charmeur. La texture est ferme et l’acidité bien vive. Vraiment superbe avec une sensation de minéralité exquise.

Domaine de la Taille aux Loups, Les haut de Husseau, Montlouis-sur-Loire, 2017, $44.25,cépage : Chenin blanc 100%, code SAQ : 13597141.

Particulièrement aromatique sur quelques notes herbacées, beaucoup de fraîcheur et une certaine amertume en bouche.

Le 2009 était sur des fruits très mûrs avec une légère oxydation. Beaucoup d’ampleur en bouche

Le 2006 était sur des notes d’abricots très mûrs et quelques notes de silex

Les vins Rouges

Domaine de la Butte, Le Pied de la Butte, Bourgueil, 2017, cépage : Cabernet franc 100%.

D’une texture ferme, acidité fraîche et des tannins tissés bien serré.

Domaine de la Butte, Le Pied de la Butte, Bourgueil, 2017

Domaine de la Butte, Le Haut de la Butte, Bourgueil, 2017, cépage : Cabernet franc 100%.

Arômes de fruits rouges plus présents sur des tannins charpentés tissés bien serré

Domaine de la Butte, Le Haut de la Butte, Bourgueil, 2017

Domaine de la Butte, Mi-pente, Bourgueil, 2017, $45.25, cépage : Cabernet franc 100%, code SAQ : 10903684.

De loin mon préféré avec des notes animales, de cuir, doté d’une superbe structure avec beaucoup d’arômes de fruits bien frais et quelle longueur!!

Le 2014 était sur des notes légèrement plus végétales.

Domaine de la Butte, Mi-pente, Bourgueil, 2017

Vins Moelleux

Domaine de la Taille aux Loups, Montlouis-sur-Loire, Moelleux, 2015, cépage : Chenin blanc 100%.

Vraiment très beau avec un niveau de sucre résiduel d’environ 50 g/l. Tout en douceur avec un niveau d’acidité qui agrémentait le moelleux du vin.

Le 1996 était sur des notes de pois verts, de truffes et d’abricots.

Domaine de la Taille aux Loups, Montlouis-sur-Loire, Moelleux, 2015

Rencontre et entrevue avec Nicolas Joly

Nicolas Joly et Claude Lalonde (Vinformateur) au Château de la Roche aux Moines, Savennières

Lors de mon voyage dans la Loire avec mon comparse Luc, nous avons eu la chance de rencontrer Nicolas Joly que certains appellent le ‘’Grand Pape’’ de la biodynamie. En fait c’est avec acharnement et conviction qu’il applique depuis 35 ans les principes et la philosophie de la biodynamie au Château de la Roche aux Moine et ses vignobles de La Coulée de Serrant situés dans le très beau village de Savennières.

Nous devions le rencontrer le jeudi et déjà le mardi nous faisions du repérage alors que nous étions dans la région. Nous avons donc fait un ‘’petit croche’’ pour aller brièvement voir le Domaine sans vouloir déranger personne et nous sommes tombés par hasard sur M. Joly. Nous nous sommes présentés un peu surpris de le rencontrer ainsi et du coup il nous dit ‘’mais pourquoi attendre à jeudi, faisons ça maintenant!’’. Et quelle générosité! Il nous accordé près de deux heures de son temps à répondre à nos questions, à nous faire goûter ses vins sublimes et à nous raconter des histoires et anecdotes.

Quelquefois ce n’était pas facile de le suivre dans ses explications qui frisaient à certains moments un certain niveau d’ésotérisme. Car il faut le dire, pour lui la philosophie de la biodynamie ce n’est pas une simple forme d’agriculture, mais bien une philosophie globale de vie. Et quand on parle de la vie sur terre et de l’influence des énergies solaires, stellaires et terrestres sur cette vie qu’elle soit humaine, animale ou végétale, ça peut mener loin.

Si j’avais à résumer ce que j’en ai retenu : c’est que la vie (on parle surtout de vie végétale ici) est le produit d’influences énergétiques fondamentales tant solaires, terrestres et stellaires. Cette vie s’est développée pendant des milliers d’années en symbiose avec ces énergies. Cependant, depuis une cinquantaine d’années, l’industrie phytosanitaire a inondé le monde de la viticulture avec des produits chimiques qui bloquent ces énergies si nécessaires au développement tant au niveau racinaire que du feuillage. La viticulture est devenue complètement dépendante de ces produits chimiques pour générer des rendements aux dépens de la qualité des vins et de la vérité du goût du vin. Ces produits ont complètement changé et masqué au fil du temps le ‘’vrai goût du vin’’. Les vins sont de plus en plus élaborés par des chimistes du vin, des ‘’œnologues’’ qui modifient le profil aromatique du vin.

Château de la Roche aux Moines

De plus la philosophie de la recherche absolue des rendements a amené la viticulture vers une monoculture absolue et à l’utilisation de produits phytosanitaires à l’excès ce qui rend la vigne des plus vulnérable. On sait que les choses vivantes sont toujours intégrées des écosystèmes. Si on enlève cet ecosystème, on augmente les risques de maladies et autres car la vigne n’aura plus développé des mécanismes de défense. Donc selon M. Joly, il faut enttre autres, ramener cette diversité dans la vigne autant dans sa forme végétale qu’animale. Car ce sont ces diverses énergies qui aideront la vigne à prospérer pour longtemps . Il faut cesser cette folie et retourner vers des pratiques qui sont en harmonie avec la nature.

Vignoble de la Coulée de Serrant

Selon M. Joly, le consommateur se fait berner depuis longtemps avec des vins trafiqués qui ne témoignent plus des lieux et appellations desquels ils sont issus. Selon lui, il faut revenir aux vraies valeurs et la biodynamie est une des réponses. Selon lui, il est grand temps que ça cesse.

‘’La biodynamie au fond c’est simplement une dynamisation du monde vivant qui nous entoure. On l’obtient par des synergies de substances naturelles (préparations biodynamiques) dont il faudrait parler plus dans le détail  et qui agissent comme des catalyseurs de forces.

Si la biodynamie se développe en viticulture dans le monde entier c’est surtout par ce qu’elle a naturellement rendu le vin meilleur; c’est parce qu’elle permet a la vigne de générer des goûts que l’on avait oublié, des goûts vrais qui vous touchent et qui sont dénués de tous ces artifices que la technologie a artificiellement apportés au cellier. Trop souvent le consommateur les prend a tord pour des goûts de terroir…Et le vin en biodynamie dans sa plus belle forme c’est la compréhension du système solaire en lien avec la vie sur terre , la manière de s’y relier, par les préparations en biodynamie par une bonne connaissance des plantes par l’apport d’animaux qui sont justifiés sur ces lieux la, par la recréation d’un paysage  etc etc. et par la non-interférence  au cellier. Chaque lieu en respectant la vie va produite les levures totalement adaptées au lieu.’’

‘’Moi je défends l’agriculture de demain. Celui de relier votre lieu aux forces dont il a besoin pour que la culture reçoive sa pleine expression. En fonction de votre latitude, de vos pentes, de votre sol etc. vous allez trouver le lien qui convient pour votre lieu s’exprime totalement. Revenez à la grandeur des AOC et vous revenez aux vins thérapeutiques.’’

Si vous voulez en savoir plus, eh bien lisez cette entrevue et allez sur le lien suivant qui se trouve sur le site du Domaine : https://coulee-de-serrant.com/la-biodynamie-demystifiee/

Alors, suite à cette belle rencontre nous sommes retournés quand même le vendredi de la même semaine car nous voulions marcher dans le vignoble et nous imprégner des lieux. Quel lieu mythique! Vous ne trouverez pas de vignes comme on en trouve dans certains vignobles ou tout est propret, sans un brin d’herbe entre les rangs. Ici c’est un peu en broussaille avec plein de fleurs partout. On sent et on voit la biodiversité. Des abeilles (le Domaine possède ses propres ruches) et d’autres insectes partout. Et le silence…Vraiment très beau!

Alors que nous revenions vers le Château suite à notre marche, Nicolas Joly revient vers nous avec son camion. Il arrête et nous dit : ‘’J’ai réfléchi à cette question que vous m’avez posée et…’’. Et la conversation reprend pour une autre demi-heure lui assis dans son camion et nous debout dans ses vignes. Finalement, petite anecdote, la conversation a convergée vers la production de sirop de bouleau et de sirop d’érable…Et Luc quelques mois plus tard, a fait parvenir 3 caisses de sirop d’érable ‘’biologique’’, il va sans dire, à Nicolas pour son plus grand plaisir.


Vignoble de la Coulée de Serrant

La biodynamie pour revenir à la vérité du goût

En visitant le Domaine, je suis tombé sur un cadre dans lequel se trouvait comme une lettre qui expliquait la philosophie du Domaine. Je vous l’ai retranscrite :

N’ayant recours au cellier à aucune ‘’chirurgie esthétique’’ qui rend le vin flatteur souvent au détriment de son originalité, tout au long de l’année nous agissons pour aider la vigne à se nourrir de la particularité de nos sols de schistes (prise par les racines) et du microclimat saisit par les feuilles.

Outre les préparations en biodynamie, tout au long de l’hiver nous amenons les moutons d’Ouessant qui nous nettoient les vignes comme de véritables jardiniers tout en les ‘’fumants’’. Dès le printemps nous passons différentes tisanes pour calmer les possibles excès climatiques. Le thym ou des labiés plus globalement (lavande, origan, sarriettes, sauge) réchauffent les sols et peuvent constituer une protection contre le gel. Les nombreuses tisanes d’orties soutiennent l’activité de la sève surtout en période de sécheresse ce qui permet de renforcer la photosynthèse et donc de marquer le raisin des originalités climatiques du millésime. Nous utilisons aussi l’ail qui est une grande amie de la vigne, la grande cousoudre etc.

Pour limiter les effets négatifs de la monoculture qu’est la vigne, volontairement, des parcelles qui ont droit à l’appellation sont laissées en prairie ou en boqueteaux avec présence permanente de différents animaux (ânes, chevaux, chèvres). Un troupeau de 10 vaches et un taureau Nantais – race menacée d’extinction en 1985 – élevé sur les terres du domaine, nous fournit la fumure annuelle nécessaire.

Nous pratiquons cela depuis 35 ans et grâce à la qualité de nos terroirs nos vins peuvent exprimer des goûts 100% issus de la nature.

À ce stade, un vin est thérapeutique.’’

Dégustation des 3 vins

Les vins du vignoble de la Coulée de Serrant sont représentés au Québec par l’agence Raisonnance.

Les Vieux Clos, 2017, appellation Savennières AOC, $69.75, cépage : Chenin blanc 100%, code SAQ : 13924608.

Sur des notes florales, de poires confites, de tabac blond avec comme un soupçon de note acétyle. En bouche la texture est grasse, l’acidité est vive et la longueur…simplement incroyable!


Les Vieux Clos, 2017, appellation Savennières AOC

Clos de la Bergerie, Clos de la Coulée de Serrant, Nicolas Joly, 2017, $84.75, cépage : Chenin blanc 100%, code SAQ : 13924616.

Sur des notes de coing, d’abricots et de notes florales. La bouche est de plus expressive et légèrement grasse, pratiquement opulente, de plus goûteuse et d’une longueur impressionnante.


Clos de la Bergerie, Clos de la Coulée de Serrant, Nicolas Joly, 2017

Clos de la Coulée de Serrant, AOC Coulée de Serrant, 2015, code SAQ : 11763441

Simplement sublime! Au nez, des notes de pêches, d’abricots, de cire d’abeille, de belles notes florales et un soupçon d’ananas. En bouche c’est l’énergie du vin qui étonne! D’une texture légèrement grasse avec une acidité bien fraîche et d’une longueur incroyable. C’est d’une finesse et d’une fraîcheur. Tellement bon!


Clos de la Coulée de Serrant, AOC Coulée de Serrant, 2015

Entrevue complète avec Nicolas Joly

VF : Que pensez-vous de la mode des vins nature?

NJ : Écoutez, vin nature ça ne veut rien dire. Vous pouvez être en chimie intensive et vous pouvez l’appeler vin nature. Ce nom n’est pas protégé, le consommateur se fait piéger. Vous avez des gens qui sont en vin nature qui sont bien vous savez mais beaucoup qui ne veulent pas faire l’effort d’être en bio ou en biodynamie. Ça fait des vins nature qui attrapent le marché et c’est rien. Ça ne veut absolument rien dire.

Ce qu’il faut comprendre c’est en amont. Premier temps, il nous faut parler des changements climatiques. La vie ce qu’on appelle la vie, le printemps ou tout sort de terre, la santé etc. La vie n’appartient pas à la terre. C’est ça le truc clé. La terre reçoit la vie parce qu’elle est un membre du système solaire. C’est ça la clé. Donc aussitôt que vous dites que la terre est un membre du système solaire alors comment ça marche. Eh bien ça marche par des fréquences cosmiques, des longueurs d’onde qui vont réveiller le perce-neige au mois de janvier et la primevère au mois de mars par exemple.

Qu’est-ce qui se passe actuellement? On intensifie d’une manière colossale des ondes qui n’ont rien à voir mais qui sont proches des fréquences cosmiques sous forme de satellites dans toutes couches de la terre. Claude Bourguignon a fait un travail remarquable pour dire que le sol est organisé en couches. Mais l’atmosphère est organisée en couche, tous les scientifiques le savent. Et cette atmosphère actuellement dans toutes les couches vous avez un niveau de pollution via les ondes générées par les GPS de chaque voiture, des téléphone intelligents, les SMS etc. Qu’est-ce qui se passe? Cette intensification des ondes, cette pollution hertzienne autour de la terre ralentit le lien de la terre au système solaire.

Donc, ralentissement du lien de la terre au système solaire. Et qu’elle est la défense de la terre alors qu’elle reçoit moins sa vie? Que font nos gouvernements et les lobbies etc.? Ils donnent le pouvoir à quelques scientifiques qui pensent à seulement 180 degrés. Donc la vie n’appartient pas à la terre. Quand la terre ne reçoit pas la vie, inversion partielle des polarités magnétiques, ça on ne le sait pas, mais quand on vous dit que le CO2 est le responsable, eh bien ce n’est que 5 à 10% du problème. Et on fait des gros marchés, on foute les vieilles bagnoles à la casse et on en achète d’autres. En réalité, la terre reçoit moins la vie qu’avant.

Quand il y a moins de vie, il y a plus de maladies c’est toujours l’équilibre qui se perd. C’est la que la biodynamie joue son rôle, c’est pour ça qu’elle fait le tour de la planète en viticulture. La biodynamie a 10,000 explications, en réalité elle est simple. Chaque préparation c’est un numéro de téléphone portable sur une planète. Et le soleil il a deux numéros de téléphone portable. Chaque préparation est une connexion qui est énergétique à une force particulière. Ça sera comme une aiguille d’acuponcture pour la terre s’il n’y a pas de pollution autour, ça ira très loin. S’il y a utilisation de produits chimiques tout près, la biodynamie ça s’arrêtera comme contre un mur.

Il ne faut jamais faire une expérimentation en biodynamie sans être séparé par au moins 30 mètres d’un autre voisin. Si le voisin au-dessus de vous désherbe chimiquement alors ça n’aide pas. Mais vous avez quand même ramené quand même un peu de vie. L’idéal c’est d’avoir son autonomie et ici je suis presque totalement séparé de mes voisins sauf sur peut-être 100 mètres d’une parcelle de Savennières même le type tout à côté est en bio alors ça fait l’affaire et c’est moins grave.

On fait un autre éclairage. Je vous pose la question suivante. Ou est le millésime 2019? Il ne se passe pas grand-chose, ça commence à peine à sortir de 2mm. Moi je vais avoir plusieurs tonnes de matière végétale qui vont apparaître dans les six mois je l’espère. Ce qu’il faut bien retenir, ces tonnes de matières qui apparaissent chaque année pour un hectare. Ça s’appelle de la matière sèche. 94% c’est de la photo-synthèse. Ça veut dire quoi? Ça veut dire que mon millésime 2019 lui il est intangible, il est dans l’air. La vigne elle va saisir dans les mois qui viennent c’est de l’intangible. Est-ce que c’est du solaire, planétaire, stellaire? C’est intangible. Elle va l’amener à un niveau visible matériel qu’on peut toucher avec nos doigts, avec nos sens. Et c’est là dans cette transformation d’énergie en matière que la biodynamie existe.

Quand ce que j’appelle cette musique, c’est des harmonies (c’est Kepler qui au 17ième sciècle appelait cette musique …) quand cette organisation musicale est bien amenée il n’y a rien à faire au cellier. Par contre, les 4 drames de la vigne. On m’a conseillé au tout début un désherbant, je l’ai fait un an seulement. C’est quoi? Un désherbant ça tue les micro-organismes du sol. Ça l’attaque par la racine, par la plante ça tue les micro-organismes du sol. L’autre règle d’or : Aucune plante de notre bonne planète n’est capable de se nourrir d’un sol sans l’aide de micro-organismes. C’est-à-dire, je vous sers la sur la table du caviar le plus fin et le plus raffiné je vous mets un sparadrap sur la bouche et je vous attache les mains dans le dos vous n’y avez pas droit. C’est ça un désherbant.

Deuxième temps : on nourrit avec quoi? Des engrais chimiques! C’est quoi un engrais chimique? C’est un sel. Tiens vous pouvez vous faire l’expérience d’un engrais chimique. Vous allez prendre une demi-cuiller à table de sel, vous l’avalez et au bout de 20 minutes vous crevez de soif. Donc le sel chimique appelle l’eau. Donc quand une plante se gorge d’eau, le gros chou que vous achetez au marché vous rendra un litre de flotte. C’est de l’eau qu’on a forcé dans la plante. Aujourd’hui il y a cette chose merveilleuse qu’on veut éradiquer. Les maladies.

Les maladies des plantes ça se combat pas, ça se comprend. Aujourd’hui on les interdit. Donc les maladies arrivent, et on sort les produits traditionnels comme la bouillie bordelaise et la chaux.  L’industrie phytosanitaire a présenté depuis 20 ans des produits qui ne sont plus maintenant suffisants. On a maintenant les produits systémiques qui passent en une demi-heure dans la sève qui l’empoisonnent et qui empêchent ainsi la plante de capter la photosynthèse. Vous n’avez plus le sol, vous n’avez plus la climatologie, qu’est-ce qui vous reste? La technologie. Et cette technologie, elle fait des bons vins mais qui sont apatrides! Ils ne savent plus d’où ils viennent. On peut parfois reconnaître le cépage et encore pas toujours…

C’est ça qui a effectué un retour à la bio et à la biodynamie avec une animosité féroce. Au jourd’hui les gens dépensent 1,500 euros par hectare en produits phytosanitaires. Ça coûte diablement cher! Notre bon Parker, qui est un type très honnête d’ailleurs, il aimait bien le bois neuf. C’est son droit. Moi je dis que lorsqu’un vin est vrai il n’a pas besoin de ce support du bois neuf. Si vous en voulez vraiment allez cueillir des chênes et faites-vous une tisane et vous l’aurez entièrement.

On est arrivé à deux sortes de vins. Le premier, bon et parfaitement technologique et l’autre le vin authentique. Mais pour avoir droit à l’appellation, vous vous placez devant un comité. Des gens bien conventionnels qui jugent les vins (et ça change depuis 2-3 ans). La bio et la biodynamie c’est des ennemis pour eux. On est en train de mettre des spots sur toutes ces bidouilles légales. C’est tout à fait légal. C’est quand même des bidouilles. Immorales mais légales! Donc on a plein de ces gens qui me disent : ‘’Tu nous emmerde avec ta biodynamie. Tu continues l’année prochaine et on les refuse!’’. Au lieu de revenir vers l’origine véritable d’une appellation qui garantissait sur toute la planète l’origine d’un goût ,ça ca été foutu en l’air. Et comme on a appris dans les écoles à goûter le vin en quarante tranches, chaque tranche est remplie par la technologie. C’est comme de la chirurgie esthétique. L’essentiel du vin, son âme n’est pas là.

Quand on regarde le groupe Renaissance et qu’on goûte des vins, première question : soit il y a quelqu’un la-dedans soit ah oui c’est bien mais c’est comme un peu un mannequin qui a été refait avec de la chirurgie esthétique. Un vin fait au silicone. Tout ça pour dire, la presse, ou est la presse? Combien d’articles vous voyez sur les vins aux goûts artificiels. Dans l’industrie alimentaire, dès que vous avez changé quelque chose dans le produit, vous devez le dire. Alors qu’en viticulture elle est exempte de toute transparence. Alors l’omelette aux truffes que vous pouvez acheter dans les restaurants, vous avez une chance sur deux qu’elle soit faite avec de vraies truffes.

La seule chose que je dis c’est que le consommateur a le droit de savoir. Quand vous vendez des bouteilles 200 euros, très souvent elles sont le produit de l’œnologie. C’est un scandale! Alors combien je rajoute de tannins, je fais mon osmose, les bidons de 200 litres qui apportent du gras parce qu’on a appris que c’est ce que les gens recherchent, les levures aromatiques, le phosphate etc. Ces levures quand vous les relevurez, elles veulent crever. On les oblige à vivre en mettant des produits qui ne leur permettent pas de mourir.

Avant les années 1980, il n’y avait que des sélections massales. Chaque variété pouvait avoir jusqu’à 300 espèces, une qui était précoce, l’autre qui était résistante à la maladie etc. On avait de la variété. On a commencé à lancer cet imbécile de clone. Ce qui est intéressant c’est la diversité pas la monoculture. Et ce clone c’est rendu 85% à 90% des vins qui sont fabriqués. Ces clones, ils se réveillent en même temps, ils fleurissent en même temps, ils se récoltent en même temps. Moi je n’ai que des massales pour préserver le goût d’ici. Les vignes ne se vendangent pas nécessairement en même temps. Pour la même variété je peux étaler sur 3 semaines.

Beaucoup de gens pour éviter des niveaux d’alcool trop élevés vendangent trop tôt quand c’est pas mûr. Moi je commence à vendanger à Savennières quand les autres ont fini pour avoir 12.5, 13% sur l’étiquette. C’est des conneries. Vous ne coupez pas une fleur avant qu’elle ne soit ouverte. Donc dans les vins d’ici, quand vous comparez même maturité, même lieu, absolument identique à une semaine d’écart on a des vins bien différents. Ce que je retiens c’est la presse qui ne dit pas la vérité en disant vous avez des bons goûts bidon. Maintenant pour vous consommateurs comment faire pour savoir si c’est vrai, si c’est bon? C’est facile. 

Prenez une bouteille, vous prenez un fond de verre tous les jours, et vous continuez pendant 15 jours. Vous refermez la bouteille et vous ne mettez pas au frigo. Un vin qui est vrai, quand il a reçu la vie, il a été agressé par l’air. S’il est en santé ce vin, eh bien il se défend contre l’oxydation. S’il a été tué par une agriculture stupide et je dirais artificiellement créé beau par une œnologie brillante, au bout de deux à trois jours il s’effondre. Et ces bouteilles là vous les achetez aux enchères à des prix ridicules. Et on se fait dire de ces vins, attendez attendez au moins 5 ans, vous verrez ils seront bien meilleurs plus tard! Et le consommateur achète et se fait avoir.

Mais le test à l’oxydation c’est de loin le mieux. Vous verrez à l’hiver surtout dans les climats froids ou vous êtes il va durer de 2 à 3 semaines (en parlant de ses vins). À l’été un peu moins car les énergies ne sont pas pareilles. Je dirais qu’il durera alors de 8 à 10 jours. Mais c’est un test qu’il faut absolument faire et idéalement vous le faites à l’aveugle. Vous achetez deux bons vins traditionnels et deux bons en biodynamie. Vos premières vous les ouvrez comme ça et vous mettez vos notes de dégustation. Les autres vous vous videz un verre (la bouteille sera environ au tiers). Vous allez la reboucher car vous l’avez ouvert 10 jours avant. Vous servez la bouteille et vous verrez des notes complètement différentes.

Et c’est incroyable. Tout ce qu’on entend : ‘’Protégez ce vin! Enlevez l’air! Mettez du gaz! Achetez-vous un aspirateur à air!’’.  Moi je réponds vous avez une viticulture qui est stupide à ce point? Ce sont deux mondes différents. Je le respecte mais ce n’est pas normal que le consommateur soit ainsi floué. Complètement floué. C’est ça qui est grave. Donc, ça c’est le résultat des courses. Une fermentation c’est pas fait pour durer de 8 à 10 jours. Ils ont tellement peur que ça dérape durant les fermentations. C’est normal, ils n’ont fait que des conneries avant. Les fermentations ne peuvent que partir en peur!

Alors sur les formes c‘est très intéressant! L’onde de forme, chaque forme (c’est la loi des harmoniques). Je mets mille diapasons, j’en sonne un et les mille se mettent à sonner. Donc chaque forme appelle une énergie particulière. Pour moi la barrique c’est le mieux. Parce que vous avez une voute vers le haut pour capter les énergies cosmiques et une autre vers le bas qui tires les énergies terrestres.

L’amphore elle est complètement terrestre. Ce sont comme des antennes. Le clocher d’une église c’est une amphore à l’envers. La vigne elle est déjà très terrestre et pour utiliser une amphore eh bien il faut l’enterrer. Non enterrée elle ne capte pas le terrestre. Pour moi c’est un peu excessif et ça devient une mode. Le vieillissement sous l’eau c’est de la pub. Juste une autre énergie différente.

Ce qui est important c’est qu’un vin exprime un lieu! Si vous voulez qu’un vin exprime un lieu, il faut que votre cave soit en dessous du niveau de la terre. Et les énergies sous la terre c’est important. Les nouvelles caves ne respectent les lois sacrées, ne sont pas en contact avec les énergies terrestres et ce sont ce que j’appelle des cercueils. Il n’y a que du béton et plus aucun lien avec l’extérieur. C’est triste!

Tout ça c’est de la musique. Quand on a compris la philosophie de départ ou l’intangible devient tangible. Comment cela se passe-t-il? Vous avez 3 facteurs. C’est exactement de la musique. Dans la musique qu’est-ce que vous avez? L’acoustique, le musicien, l’instrument de musique. Votre instrument de musique c’est votre lieu, votre vignoble, votre terroir. Il y a des gens qui ont des Stradivarius et qui désherbent. Je connais des vignerons qui n’ont pas de Stradivarius qui savent faire de la très belle musique. Le musicien c’est vos décisions. L’agriculture ce n’est que l’acoustique. Quand vous vous promènerez dans mes vignes essayez d’écouter la qualité du silence. Le silence c’est la capacité d’un lieu à recevoir toutes ces énergies qui vont devenir de la matière. L’intangible qui devient tangible.

…Le premier danger de la biodynamie c’est la monoculture. Si je vous dis quel est votre plat préféré, vous me dites c’est les lentilles et les saucisses, je vous le sers tous les jours. Au bout de 15 jours vous me dites j’en veux plus! La nature, la monoculture elle n’en veut pas. Dons la question quand vous faites des vignes, c’est comment lutter contre la monoculture.

…L’apport du monde animal c’est un secret. Ça change tout quand on ajoute des animaux dans votre lieu. Ça change quoi? Parce que vous mettez le monde animal en contact avec le monde végétal. Il n’y a pas que sa fumure. C’est sa simple présence. Parce qu’au niveau énergétique toutes ces forces sont en interférence permanente. Donc la biodynamie, il faut multiplier le monde animal, c’est les vaches, les chèvres, les moutons, les chevaux et les ânes. À chaque fois que vous amenez le monde animal, sur votre lieu c’est comme si vous ajoutiez une corde à votre instrument de musique.

Prenez un grand chanteur. Son instrument de musique c’est sa voix. Mettez-le à New York à 6 heures le soir dans le métro, il n’y a rien qui se passera. Il faut donc créer un lieu ou il doit y avoir une qualité d’écoute avec deux préparations de biodynamie qui aident à cette réception des énergies (la 502 et la 503). Je suis en train justement de faire un type de préparation biodynamique la semaine prochaine quand les températures deviennent plus bien, on aura franchi l’équinoxe, les lois de l’attraction solaire sont plus fortes que les lois de l’attraction terrestre. Donc le monde peut sortir de terre. C’est une lutte permanente entre le soleil et la terre. C’est extraordinaire! On peut se servir de ces forces.

Donc si vous voulez qu’une biodynamie s’exprime bien, il faut des préparations. Moi je fais les miennes, je ne les achète pas. C’est comme si vous achetiez de la nourriture étrangère pour vous. Mieux vaut utiliser la nourriture du lieu. Tous ces facteurs font que la musique va être plus profonde, plus grande, plus liée au lieu. Et après, je vous donne cet exemple.

Je donne un cours au Japon dans la montagne près de à Tokyo qui est magnifique. Je montre toujours quand je fais des cours comment les énergies interfèrent avec celles de la terre et celles solaires, la lumière, comment ça change la forme des feuilles tout ça c’est très important. Et là vous comprenez les choses plus en profondeur. Les gens ne veulent qu’on parle des solutions gratuites de la biodynamie. Les engrais qu’on utilise ce sont des engrais foliaires alors que la feuille est faite pour bouffer de la lumière. Tout est à contresens aujourd’hui.

CL/LM : La semaine dernière un vigneron en biodynamie nous disait que lorsqu’il écoute sa vigne et qu’elle semble avoir un problème il lui donne de l’information via les préparats. Qu’en est-il vraiment?

NJ : Oui bien oui! La vie sur terre c’est de l’information. Comment on donne de l’information? En premier temps c’est issu du règne humain, puis celui de l’animal, du végétal. À une certaine époque et Steinert vous le dit, à partir du nouvel an, de Noel, les jours commencent à rallonger. Faut un certain pour que dessous ça se mette en marche. Mais entre le 15 janvier et le 15 février, la machine est bien lancée. Rien ne se voit mais tout est là. C’est quoi? C’est ce qui va devenir de la matière. Mais ça dépend encore de la matière. Ce n’est que de l’énergie informée dans un mouvement ascendant. En pensant votre lieu, entre le 15 janvier et le 15 février, vous pouvez guérir des maladies que vous avez chez vous.

…Chaque note de musique a comme arrière-plan une planète. Le LA c’est le soleil. Après quelle octave? Toute la musique classique est développée en 432 hertz jusqu’à la dernière guerre à peu près. Sur une plaque de verre vous mettez du sable. Vous jouez une note de musique. Chaque note donne une forme différente. C’est une force qui est gratuite. La biodynamie est une agriculture gratuite. C’est pour contrer un peu les autres. Ça revient à l’information dont on parlait. Quand je vais au cellier, le LA c’est le soleil. Le 440 hertz au test donne zéro forme. Le 442 ça va plus vite, les gens applaudissent. Mais en 432 vous avez une forme magnifique.

Donc j’ai commandé un diapason en 432 et je commande le Ré. Je joue le LA en 432 et vous prenez un rythme qui est encore plus fort. Vous guérissez le vin! Vous faites baisser l’acidité volatile. C’est extraordinaire! Je le mets sur le dessus de chaque barrique pendant le deuxième tiers de la fermentation pendant environ 5 minutes. Je fais le 1,3,5,7,12 qui est encore plus puissant. La musicothérapie de demain! Ça ne doit pas être de l’électronique, de l’enregistré.

CL/LM : Avez-vous testé avec diapason et sans diapason pour voir les différences?

NJ : Alors c’est très intéressant! Je me souviens on avait une analyse sur une tonne  – je vendange tard alors je cours le risque que la volatile monte – j’étais à 70-75. Alors j’ai fait ça et normalement la volatile ça ne baisse pas. Avec cette technique j’ai perdu 15 points! Juste en faisant ça. Parce que le soleil c’est le milieu du système solaire. C’est celui qui ordonne toutes les planètes. La volatile qui monte c’est une force. Quand vous faites résonner le LA c’est le contact avec les forces solaires. Les principes sont là. Ça sera ça l’oenologie de demain.

Aux œnologues, je leur dis vous savez je trouve très important de voir un médecin de famille. S’il y a une urgence on sait qu’il est là. Si vous regardez, si vous comprenez en profondeur les lois qui permettent d’aboutir à un raisin qui n’existe pas 6 mois avant, le travail de l’œnologue on en a pas besoin. Le vigneron n’a qu’à bien incarner sa vigne après vous n’avez pas besoin d’artifices. C’est moins rentable. Vous savez quels sont les rendements en Champagne présentement? C’est 120 hecto/hectare. C’est du pipi de chat! Alors vous faites passer l’œnologue qui met les levures, qui met le gras et plein de trucs pour un paquet de couillons qui étudient le vin en 40 points et on l’a coupé en tranches de saucisson. Chaque point est bien noté puisque l’œnologue y a vu. Le vin est peut-être parfait mais il n’est pas là. Il est apatride, il est absent. Il n’a pas d’émotions. Pour ce marché là, ça marche.

Quand vous êtes passionné de vin le tout est tellement baratiné, du baratin! Moi je défends l’agriculture de demain. Celui de relier votre lieu aux forces dont il a besoin pour que la culture reçoive sa pleine expression. En fonction de votre latitude, de vos pentes, de votre sol etc. vous allez trouver le lien qui convient pour votre lieu s’exprime totalement. Revenez à la grandeur des AOC et vous revenez aux vins thérapeutiques. La vigne comme toutes les plantes médicinales ce sont des plantes atypiques. Or la vigne c’est une grosse terrestre. Elle sait plonger et du fait qu’elle plonge elle rêve d’être en haut mais elle n’arrive pas à monter. Alors il faut des tuteurs, des machins. Goûtez au Portugal, la vigne qui poussait jusqu’à 4 à 5 mètres sur des arbres morts. Et la même vigne qui reste au ras du sol, c’est le même sol, le même climat. Vous avez ce monde qui tire en haut et ce monde qui tire en bas.

Redécouvrir l’originalité des plantes, comment vous en servir. Exemple : 5 semaines avant les vendanges vous vous baladez dans vos vignes et vous goûtez le raisin. Vous recrachez car c’est hideux, dégoutant, c’est amer, ça vous bouffe la langue. La vigne elle a 5 semaines pour faire du bon raisin. Et vous pouvez l’aider. Moi je prends 50 grammes de miel (un sucre noble) par hectare, j’ajoute la rose sauvage et vous faites ce lien. Je dynamise pendant 20 minutes et je passe sur les vignes 5 semaines avant. C’est la même chose que quand le matin vous allez au boulot, vous vous êtes couché un peu tard, vous êtes un peu endormi, vous passez près d’un boulanger qui fait cuire son pain et ça vous met en appétit. C’est le même truc pour la vigne. Ça marche bien.

Une fois encore, la vigne ce n’est pas une mécanique, un moteur, C’est un être vivant simple et en lui apportant des choses simples. Et en vous adressant à ce système qui créé des résultats vous avez beaucoup plus d’effets que si vous vous adressez au plan matériel. La biodynamie c’est une gigantesque attaque contre des intérêts financiers colossaux et l’industrie phytosanitaire.

On n’est pas une secte, on est perçu comme l’est la médecine alternative. Mais on ne pourra interdire la vérité. Par contre on peut la retarder. On est au stade ou tous les passionnés de vins se disent mais voilà vous être foutus de nous. Les goûts que vous nous avez décrit sont bidons. C’est pas le goût du lieu, c’est pas le goût de l’AOC. Et là le marché change vite d’où la terrible inquiétude de Bordeaux.

La nouvelle génération est incarnée pour changer des choses. Cette jeunesse sait qu’on ne lui a pas dit la vérité. Elle la cherche. Et quelqu’un qui cherche la vérité finit bien par la trouver. Toute l’éducation qu’on a donnée depuis 50 ans a été géreé par les lois de l’argent.

Moi j’ai reçu ce vignoble de mes parents. Je n’ai jamais eu de soucis de banque. Je viens de le donner à mes enfants. Avec le niveau des transactions les gens ont de la difficulté à faire de l’argent.

CL/LM : Est-ce que vous considérez vos vins comme élitiques?

NJ : C’est élitique. Mais je me demande est-ce que c’est juste d’envoyer mon vin jusqu’en Australie? Probablement pas. Le système est la même s’il est appelé un jour à tomber. Tant qu’il est là on s’en sert. Mais de toute façon, mon rôle est maintenant de parler de biodynamie à ceux qui cherchent un autre son de cloche. Si ça peut les aider dans leur parcours tant mieux. Mais tant qu’il y a ces bidouilles qui sont du vol moral je dis qu’il faut dénoncer. J’ai plein d’ennemis. Ça m’est égal et je me dis que j’ai à transmettre les choses que j’ai appris de ces lois secrètes, comment elle peut créer une agriculture gratuite.

CL/LM : Que voulez-vous dire par agriculture gratuite?

NJ : Elle est gratuite parce que si vous ne dépassez pas un certain rendement, sur un certain lieu adapté à certains produits vous avez à partir du printemps quelque chose de visible, vous n’avez pas besoin de mettre d’engrais, très peu besoin de traiter, ça va aider à diminuer les intrants, surtout si vous donnez à votre vigne des énergies nobles. Si vous lui donnez des énergies destructrices la santé de votre vigne sera moins bonne. C’est pour ça que le monde pharmaceutique ne veut surtout pas entendre de biodynamie. Donc elle est gratuite dans ce sens que c’est la porte d’une agriculture énergétique. Vous ne mettez rien, vous ne mettez rien si le lieu a des rendements adaptés. Vous aurez ultimement un produit hyper sain.

La présence des animaux est aussi importante que leur fumure. Et à la fin je dirais que c’est un produit qui a des propriétés médicinales. Et vous vous dites, pourquoi c’est pas enseigné?

Si vous prenez en compte l’effet sur la santé de l’utilisation de tous ces produits phytosanitaires et ces intrants c’est de loin l’agriculture la moins chère, la meilleur marché même si elle est un peu plus chère. Elle frappe an plein dans le jackpot financier.

Il y a plusieurs expressions de la biodynamie. C’est comme un musicien qui s’achète un violon. Les premiers sons ne seront pas nécessairement les plus beaux. Mais les préparations si elles sont faites correctement auront immédiatement un effet positif sur le lieu. Il faut une certaine hydrométrie, il faut que ce soit le bon moment, il fat que les préparations soient bonnes etc. Ça renforcit la vie microbienne.

Steinert n’a pas créé de recettes. Il a créé des lois de la conscience vis à vis de la vie de la terre. Il a créé une agriculture hyper saine pour le consommateur par des lois énergétiques qui donne la vie à la terre. C’est un don. Après le rouleau compresseur a fait qu’on recherche des rendements optimaux. Mais à la base l’agriculture c’est art énergétique et gratuit. Le chemin il est là.

CL/LM : Est-ce que ce mouvement vers des vins issus de la biodynamie va être long?

NJ : On sent la lutte entre des intérêts opposés surtout à Bordeaux. Le jour qu’ils finiront par comprendre qu’il faut arrêter ces désherbants, d’utiliser ces clones, d’arracher les feuilles au début juillet, ces pratiques ridicules, alors ils comprendront que la vigne c’est un être vivant! Les 30 vignerons qui sont en biodynamie à Bordeaux ne disent pas la même chose que les autres. Aussi ils manquent d’expérience. Pour plusieurs il n’y a pas moyen de les faire bouger d’un millimètre. Le vin se fait avec l’oenologue, avec les levures avec toutes de sortes de machins. Tous ces gens qui font du vin ont droit à zéro risque. Vous avez alors des surtraitements pour assurer des rendements. Et vous n’avez pas l’expression d’un lieu, d’une personne qui vit avec le lieu. Beaucoup ne cessent de demander des dérogations à Demeter. Tous les Demeter n’ont pas les mêmes règles. C’est grotesque!

Et c’est la perception du consommateur qui va changer la donne! Parce que si vous devez faire un vin techno alors prenez-le bon marché. Pas besoin de l’acheter cher. En fait le consommateur a le droit de savoir si le vin est technologique ou s’il est vrai.

La vérité, le besoin de vrai goût c’est vital. Les faux vins sont faits en agriculture conventionnelle avec désherbage chimique, engrais chimiques, les systémiques qui empoisonnent le lien entre la terre et le climat. En fait il ne reste rien de l’appellation avec des œnologues qui passent faire des vins flatteurs. Ça c’est le faux vin.

Le vrai vin c’est aucun de ces artifices. En bio on arrive plus proche d’un vrai vin. Faut trouver un bon lieu avant, faut trouver un viticulteur qui a la fibre, qui soigne ses vignes à partir du cœur. Et le vin en biodynamie dans sa plus belle forme c’est la compréhension du système solaire en lien avec la vie sur terre , la manière de s’y relier, par les préparations en biodynamie par une bonne connaissance des plantes par l’apport d’animaux qui sont justifiés sur ces lieux la, par la recréation d’un paysage  etc etc. et par la non-interférence  au cellier. Chaque lieu en respectant la vie va produite les levures totalement adaptées au lieu.

CL/LM : Parlez-nous de la Renaissance des AOC

NJ : C’est un groupement que j’ai fait pour garantir aux consommateurs la vérité du goût, sa pleine expression car le consommateur il se fait baratiner. Les gens qui sont dans le groupe il y en a 230, et vous êtes sûrs que vous avez le goût du lieu dans leurs vins.

Dans l’ensemble par notre réseau on arrive à savoir ce qui se passe et on goûte constamment à l’aveugle. On s’assure qu’on ressent une émotion quand on goûte. Pas juste des dégustations œnologiques. Pas juste des dégustations par tranches. Car un vin ça doit créer une émotion. Moi le petit défaut dans un vin il ne me gêne pas si l’émotion est vraiment là. La vraie beauté n’est pas une beauté parfaite. Quand un vin est fait par un vigneron qui a des tripes alors le vin il est là. Moi ces vins là je les prend parce qu’ils parlent. Je ne suis pas dans la notion ou il faut que ce soit parfait. Dans les 230 il y en a environ de 30 à 40 qui sont exceptionnels. Si vous voulez la liste tapez Renaissance des AOC (Return to Terroir) et vous avez tout le listing. Tout est gratuit. On a fait deux fois le Québec.

CL/LM : Est-ce qu’un vin en biodynamie a un meilleur potentiel de garde? Est-ce qu’il se bonifie avec le temps?

NJ : Moi mes bouteilles vous pouvez les garder 40 ans. Mais attention. Pas dans des caves électriques. Des vraies conneries bourrées de 50-60 hertz. Il ne faut pas que le sol soit cimenté si vous voulez entrer en contact avec les énergies terrestres. Et j’en garde en altitude. Le potentiel de vieillissement dépend de tellement de facteurs. La biodynamie elle est pour surexprimer l’acoustique du lieu.

Quand je goûte un vin je me pose quelques questions : ou est le lieu, ou est le bonhomme qui l’a fait, ou est la viticulture, ou est la cave? Ça c’est très important.

…Quant au bois neuf, ça a servi à masquer la dilution liée aux rendements.

…Dans le chenin vous avez deux catégories différentes. Vous avez les années de chaleur 95, 97, 2003, 2007 qui caricaturent le vin genre regardez mes gros muscles. Alors les gens adorent. Quand vous allez à l’autre extrême, les années très lumineuses avec moins de chaleur 2002, 2008, 2009, 2016, 2017, ça vous fait des vins beaucoup plus féminins, avec de la dentelle. Alors 2009 est une année plus en lumière et 2007 est une année de chaleur.

CL/LM : Et finalement quelles sont les leçons que vous avez apprises?

NJ : Pour moi en regardant en arrière, ce que la biodynamie m’a apportée c’est la découverte de ce système secret. Et cette découverte conduit bien au-delà de la sphère du vin. Ça vous conduit dans l’éducation de vos enfants, une autre alimentation, ça vous conduit dans vos réflections, vous percevez les choses différemment. Ça apporte des changements colossaux. Je ne voulais pas de dogmes. C’était à l’opposé de ma philosophie. Je dirais par la biodynamie, au lieu de rester dans le vestibule je me suis rendu compte qu’il y avait une maison qui était grande et qui avait un charme extraordinaire. Voila!

La première règle, l’homme est un être libre. Ne jamais dire à quelqu’un tu dois aller dans une telle direction. À celui qui cherche on lui donne des réponses. Chacun doit découvrir ses vérités par lui-même.

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