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Coup de Coeur de l’appellation Bierzo en Espagne!

Exaltos, Cepas Viejas, Espagne, Bierzo, 2005

Exaltos, Cepas Viejas, Espagne, Bierzo, 2005, $27.95, cépage : Mencia 100%, sucre : 2.3 g/l, code SAQ : 10858203. Le 2015 est disponible à la SAQ.

Bierzo est définitivement une de mes appellations préférées de l’Espagne et ce vin est un vibrant exemple de ce qu’on peut y produire. On parle ici d’un vin vieux de 14 ans qui a su se bonifier au fil des âges. Alors qu’on s’attendrait à des notes d’évolution plus marquée, ce vin demeure résolument frais et d’une très belle structure.

Au nez des accents de notes boisés alliées à celles de torréfaction qui lui apportent une complexité aromatique remarquable. On y distingue en plus des effluves de prunes, de tabac, d’épices douces et de fruits noirs bien mûrs. En bouche la texture est des plus veloutée et les tannins jadis bien charpentés ont bien fondus avec le temps et témoignent d’une très belle structure. On y retrouve des flaveurs de fruits noirs, de prunes et de chocolat noir. Tout en élégance et doté d’une belle longueur. Tellement bon ce vin!! Il est à noter qu’il a fait partie des 100 meilleurs vins de la liste du magazine Wine Spectator 2015 et ce, au 30ième rang. À acheter sans hésitation!

Vous voulez du changement? Un vin blanc de la Sicile!

Planeta, SAS Alastro, 2018

Planeta, SAS Alastro, 2018, $19.95, cépages : Grecanico, Grillo, Sauvignon blanc, sucre: 1.8 g/l, code SAQ: 11034361.

Assembler du Grillo (un cépage autochtone bien italien) avec du Sauvignon blanc, faut le faire. Et ça donne comme un Chardonnay avec son petit côté beurré et une acidité propre au Sauvignon blanc. La texture est assez veloutée ce qui créé un beau contraste avec l’acidité bien présente. On y retrouve de belles saveurs d’agrumes entremêlées de notes beurrées. Belle maison qui fait de très beau vins année après année. (Notes de dégustation pour le 2017).

Le Petrus du Sud-Ouest de la France!

Château Montus rouge, Madiran, Sud-Ouest, 2015, $29.35, cépages : Tannat (80%) ,Cabernet-Sauvignon (20%), code SAQ : 705483.

Château Montus rouge, Madiran, 2015

Souvent appelé le Petrus du Sud-Ouest de la France, ce vin s’ouvre sur des effluves de fruits rouges (cassis) et surtout de fruits noirs bien mûrs (mûres et prunes) ainsi qu’une touche de menthe. Passablement de puissance en bouche grâce à une solide structure et des tannins bien charpentés presque tanniques. Des flaveurs assez intenses de fruits noirs et de réglisse se prolongent en une finale soutenue. Un vin des plus élégant! (notes de dégustation du millésime 2014). Nous l’avions bu en présence d’Alain Brumont propriétaire des vignobles Alain Brumont.

Allez-y avec des plats bien goûteux, des viandes rouges rôties et du gibier.

Un vin effervescent pour le dessert!

Le Nivole, Moscato d’Asti, Italie, Piedmont, Asti, 2018

Le Nivole, Moscato d’Asti, Italie, Piedmont, Asti, 2018, $18.95, cépage : Moscato, sucre : 120 g/l, code SAQ :  11791848.

J’ai toujours bien apprécié ce vin. Soit comme apéritif mais surtout comme vin dessert. Très aromatique comme peut l’être le Moscato avec des notes de pêches, des notes florales et de fines bulles. Une belle texture crémeuse, doté d’une belle fraîcheur avec une acidité bien présente, c’est un vin plus que satisfaisant. À servir assez frais soit autour de 10C. À boire avec des pâtisseries, salade de fruits, gâteaux et fromages bien crémeux!

Agence Univins – échantillon

Suggestion de 6 vins pour le Nouvel An!!

Patrick Piuze, Non Dosé, Méthode Traditionnelle, $24.15, cépage : Chardonnay 100%, alc. : 12%, sucre : 1.6 g/l, code SAQ : 12999181.

J’apprécie beaucoup de vin effervescent élaboré à partir de Chardonnay. Le genre de vin qui évolue constamment dans votre verre et doté d’une belle complexité. Prenez plaisir à humer les parfums floraux de ce vin entremêlés de sucre d’orge et de fruits blancs. Bien que non dosé, sa texture est légèrement moelleuse et son acidité bien vive. Il procure une belle sensation de minéralité et une persistance en bouche assez longue.

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Patrick Piuze, Non Dosé, Méthode Traditionnelle

Champagne Lallier, Le Grande Réserve, Grand Cru, $48.50, alc. :12.5%, sucre: 9.3 g/l, code SAQ : 11374251.

De subtiles notes de fruits (agrumes), de levure, légèrement brioché, acidité bien sentie, belle minéralité, bien droit, un peu austère.  Très beau pour un champagne en bas de $50.00. N’oublions pas qu’on parle ici d’un Grand Cru!

Champagne Lallier, Le Grande Réserve, Grand Cru

Lake Chalice, The Falcon, Chardonnay, Nouvelle-Zélande, Marlborough, 2017, $19.95, sucre: 2.5 g/l, code SAQ: 14191477.

Véritable coup de Coeur que ce vin! Il s’ouvre sur des effluves de poires, de pêches bien mûres, de noisettes grillées et de belles notes florales. La texture est riche et veloutée, l’acidité est bien équilibrée et le tout est entremêlé de flaveurs de pêches et d’agrumes assez intenses. Bien qu’il ait touché le bois on n’en sent que la complexité que le processus a apporté au vin, en fait on ne sent que très peu de notes boisées. Belle finale sur une acidité bien fraîche. Vraiment très beau!

Lake Chalice, The Falcon, Chardonnay, Nouvelle-Zélande, Marlborough, 2017

Corona De Aragon, Reserva, Espagne, Carinena, 2014, $17.90, cépages : Tempranillo 35%, Cabernet-sauvignon 30%, Grenache 25%, Carignan 10%, sucre : 0.3 g/l, code SAQ : 10462778.

Sur des accents dominés par les fruits rouges bien frais, de cassis, d’épices douces, de notes florales et de notes légèrement boisées (vieillissement de 14 mois en barriques 70% chênes français et 30 de chêne américain). Globalement on sent que ce vin en est d’altitude (fruits frais) avec ses vignes qui sont situées entre 500 et 700 mètres d’altitude. De plus son niveau d’alcool n’est que de 13.5% ce lui enlève de la lourdeur.

En bouche, la texture est veloutée, l’acidité équilibrée et les tannins équilibrés pas trop charpentés. On a un rappel des notes perçues au nez dans un très bel équilibre. C’est juteux et la longueur est appréciable. Vraiment très beau, de facture moderne et des plus polyvalent.

Corona De Aragon, Reserva, Espagne, Carinena, 2014

Baron de Ley, Reserva, Espagne, Rioja, 2014, $21.95, cépages : Tempranillo 100%, alc. : 13.5%, sucre : 1.9 g/l, code SAQ : 868729.

Ce vin est aussi disponible en format de 500 ml et de 1.5 l. L’échantillon que j’ai goûté était le 500 ml.

Un deuxième Reserva mais celui-ci est élaboré à partir de 100% Tempranillo cépage assez tannique. Il est donc à noter que ce vin aura donc plus de structure et des tannins plus charpentés. De plus le vieillissement de ce vin est plus prolongé (barrique : 20 mois, bouteille 24 mois) que le précédent et de plus est fait dans des barriques de chêne américain lequel est passablement plus ororant/aromatique que le chêne français.

Au nez donc des notes bien évidentes de bois, de noix de coco, de fumée, de vanille et de fruits rouges bien mûrs, légèrement confiturés et de prunes. En bouche, la texture est veloutée, l’acidité moyenne et les tannins bien charpentés. Passablement de flaveurs d’épices douces et de notes boisées avec une certaine amplitude. La longueur est appréciable.

Baron de Ley, Reserva, Espagne, Rioja, 2014

Warre’s, Optima, Tawny, 20 ans, Portugal, Douro, format 500 ml, $41.25, cépages : Touriga Nacional, Touriga Franca, Tinta Barroca, Tinta Roriz, Tinto Cao, sucre : entre 90 et 100 g/l, code SAQ : 10667360.

Que j’aime donc les portos de type Tawny! Celui-ci dégage des notes de noisettes, de cassonade, de mélasse et de tabac. La texture est presque grasse sur des flaveurs de caramel, de raisins de Corinthe et d’épices douces. Imaginez les accords avec des fromages (surtout le bleu ou roquefort), des noix, de la crème brûlée, gâteau aux noisettes ou au chocolat!

Warre’s, Optima, Tawny, 20 ans

L’Amarone le plus vendu au Québec!

Montresor, Amarone della Valpolicella, 2015, $34.60, sucre : 6.0 g/l, code SAQ : 240416.

Avec un nez des plus charmeur sur des notes de crème de fruits rouges, d’épices ainsi que des notes florales. La texture est des plus veloutée, l’acidité bien équilibrée et les tannins presque charpentés et d’une belle souplesse. D’une belle intensité mais pas trop ce que j’apprécie beaucoup. Un beau volume en bouche et beaucoup d’élégance. Et quelle longueur…

Visitez le vignoble Montresor dans le Valpolicella avec Edoardo Montresor et Corrado Eridani!

En octobre dernier je rencontrais Edoardo Montresor ambassadeur de la marque à Montréal pour les 50 ans de l’Amarone Montresor qui est le plus populaire au Québec. Vous pouvez accéder à l’article que j’avais alors écris sur sa visite ainsi que les notes de dégustation de certains de ses vins : http://bit.ly/338we0V

Edoardo Montresor et Corrado Eridani (droite)

Suite à sa visite, nous nous étions donné rendez-vous chez eux dans la région de Valpolicella. J’y suis donc allé le 22 novembre dernier et j’ai eu le plaisir de visiter leur chai en compagnie d’Edoardo et de Corrado Eridani œnologue et winemaker de la maison et de déguster de leurs vins dont le Recioto 1974 dont je me souviendrai toujours.

J’ai conçu cet article tout comme si vous y étiez lors de ma visite. Évidemment ce n’est pas le genre de visite touristique mais bien une visite en profondeur avec Edoardo et Corrado. J’ai enregistré l’ensemble de cette visite et je l’ai retranscrite dans cet article. Je leur ai posé plusieurs questions sur divers aspects de la vinification des vins surtout pour les Amarone et le Ripasso. Avec la lecture de cet article vous en apprendrez beaucoup sur ces types de vins. Vous aurez aussi leur perspective sur le futur de ces types de vins.

La visite du chai

Winery Montresor

Lors de notre visite le Chai était en totale reconstruction suite a la vente du vignoble.

Edoardo Montresor (EM) : « En fait la moitié de l’arrière du chai a été mis à terre pour un agrandissement important qui comprendra une nouvelle ligne d’embouteillage qui devrait être prête fin février 2020 juste à temps pour embouteiller le dernier millesime. On ajoutera aussi sur le dessus une grande terrasse pour y faire plein d’événements sûrement à temps pour Vinitaly ».

Réception et pressoirs (derrière)

‘’La réception du Chai n’accueille présentement que des petits camions avec les fruits des vendanges pour l’opération de pressage. Les raisins proviennent autant de nos propres vignobles que des viticulteurs avec lesquels nous avons des ententes qui sont en place depuis de 60 à 70 ans. Puis nous avons 2 presses et ensuite les cuves de fermentation ou nous avons des cuves spéciales pour les vins avec à l’intérieur un cône cylindrique. Le CO2 produite durant la fermentation repousse le moût le long de ce cône qui agit comme une forme de remuage naturel ce qui fait beaucoup de différence pour un vin blanc car on conserve ainsi environ 7% de plus de polyphenols ».

Montresor – Méthode Charmat pour vins mousseux

Ce qui est inusité pour un Chai dans Valpolicella est le fait qu’on y fait des bulles depuis 1946 à partir de la méthode Charmat (Martinotti).

C’est ici que nous faisons connaissance avec Corrado Eridani qui est le Winemaker chez Montresor. Corrado Eridani (CE) :

« Nous produisons un vin tranquille qui sera clarifié et par la suite inoculé avec des levures (pour la seconde fermentation) puis introduit dans les cuves sous pression (saturé de nitrogène). Ces cuves ont des parois beaucoup plus épaisses car on a jusqu’à 6 bars de pression ce qui est énorme.

L’embouteillage doit être fait dans un environnement sous vide afin de conserver les bulles dans les bouteilles. Montresor a le droit de produire un Prosecco en dehors de la zone de production. Celui-ci est vieilli 6 mois en bouteille ce qui en fait une longue méthode Charmat. Plus on laisse vieillir le vin mousseux plus fines seront les bulles. Normalement cette période sera d’un mois mais quand on le laisse vieillir plus longtemps on obtient plus de complexité et de saveurs.

Ces mousseux ne sont jamais en contact avec l’air ambiant afin de conserver les caractéristiques du vin ».

Winery Montresor

EM : « Le Chai mesure 20,000 mètres carrés sur chaque étage et est en complète rénovation. Venez voir, ici nous avons découverts lors de ces rénovations un énorme trou dans un mur. Nous avons d’abord cru à de l’érosion majeure ce qui aurait signifié de graves problèmes. Il s’est avéré que ce trou était un genre de réfrigérateur fin XIX siècle utilisé par la famille. La porte est originale. La glace provenait des montagnes environnantes. Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que les vrais réfrigérateurs sont arrivés. Toute une surprise!

Montresor – séchages des raisins pour Amarone

…Nous somme montés vers la nouvelle salle de séchage pour les raisins qui seront utilisés pour élaborer les Amarone.

EM : ‘’Vous êtes les premiers à visiter la nouvelle salle de séchage pour les raisins utilisés pour l’Amarone. Ces rénovations se sont terminées une semaine avant les vendanges. Nous étions nerveux c’est le moins qu’on puisse dire. Toutes les poutres vieilles de 120 ans ont été réutilisées ainsi que les murs de pierres. Vous pouvez voir les raisins en train de sécher. On ne met qu’une couche de raisins sans les bacs de séchage pour qu’ils sèchent bien. Il est bien important de bien identifier les divers cépages lors de ce processus pour les retrouver lors de l’assemblage.

(NDLR : essayez de vous imaginer 20,000 mètres carrés de casseaux en plastiques tous remplis de raisins empilés jusqu’à 6 à 7 bacs de haut. Tout un spectacle…)

EM : « Le temps de séchage est de 4 à 5 mois ce qui est très élevé. Les raisins sont très sucrés à ce stage-ci. Le challenge avec l’Amarone est de bien balancer le niveau de sucre avec le niveau d’alcool. On ne veut pas trop de l’un ni de l’autre. Donc le temps des vendanges et la période de séchage jouent un rôle primordial. Durant ce temps le Winemaker est pas mal nerveux. Le niveau de sucre résiduel désiré est d’environ 4 g/l ce qui en fait un vin sec. La perception de sucre dans l’Amarone ne vient pas du sucre résiduel mais bien du côté fruité du vin. La texture moelleuse du vin vient des tannins bien ronds et non pas du sucre. Notre challenge est d’expliquer cela au consommateur car ces derniers deviennent réfractaires au sucre et il n’y en a pas plus dans l’Amarone que dans d’autres vins rouges secs. Une trop grande quantité de sucre dans le vin impacte la sapidité du vin. S’il est trop sucré, on n’en veut pas d’un deuxième ou troisième verre.

Le consommateur s’y connait de plus en plus en vin. On doit aller vers plus de qualité et un minimum de sucre. Les consommateurs recherchent des produits intéressants pour eux. Si on baisse le niveau de sucre on doit travailler encore plus fort dans le vignoble pour aller chercher un niveau de maturité qui va donner une texture bien ronde…Les terroirs qui sont le plus en altitude vont donner des textures plus intéressantes et plus rondes. C’est un challenge à long terme : les vendanges doivent être faites au bon moment, on doit choisir les bons cépages, les bons clones, on doit avoir le bon terroir, le temps de séchage doit être approprié, le temps de fermentation doit être optimisé etc.

Faire un bon vin d’Amarone c’est quand les gens apprécient le vin et oublient de boire de l’eau…j’aime bien voir un couple dans un restaurant avec un de mes vins et que la bouteille d’eau est encore pleine!

…Depuis un certain temps on voit les producteurs de la région réduire les niveaux de sucre dans l’Amarone. Ils retournent vers les recettes plus anciennes. Les Amarone d’aujourd’hui sont effectivement moins sucrés qu’il n’y a pas si longtemps. Les goûts des consommateurs évoluent. La philosophie va vers cette direction.

Quelquefois les consommateurs croient que l’Amarone est un vin difficile, super concentré alors qu’en réalité il doit absolument être élégant. Nous sommes contents de ce mouvement de la part des producteurs car ça aide l’appellation et ça aide tout le monde. L’élégance de ce type de vin est capitale pour la continuité du succès. Quand les gens commencent à boire du vin ils vont vers des vins plus sucrés. Mais avec le temps leurs goûts évoluent et ils vont vers moins de sucre.

…on continue la visite…

EM : ‘’Dans les rénovations on essaye le plus possible de garder le caractère historique du Chai. Ici Toutes les cuves sont thermorégulées, en inox avec 3 plis. Ici nous avons la collection des vieux millésimes. On y retrouve même un Recioto Spumante qu’on ne fait plus.

Toutes les barriques sont usagées car on n’utilise pas de nouvelles barriques. On les utilise seulement pour ajuster l’oxygénation du vin. Certaines années on ne les utilise pas du tout lorsque ce n’est pas nécessaire. On utilise surtout des foudres. Nous avons que peu de ces barriques, environ 200 toutes de chêne français.

…Ici nous avons un Soave 1943. Je ne sais pas s’il est encore buvable.

C’était le denier millesime produit car ma famille qui a du se sauver durant la deuxième guerre mondiale. Les allemands ont essayé de tuer mon grand-père car il a participé à sauver des gens qui étaient recherchés par eux.

…continuation de la visite…

Ici ce sont les caves ou nous sommes entourés de cuves en ciment sur lesquelles ont a peint des dessins. Ces cuves en ciment agissent comme les fondations du Chai. En fait les cuves de ciment ont été bâties avant le Chai. Puis ce dernier a été bâti dessus. On peut voir certaines failles dans les cuves qui proviennent d’un tremblement de terre. Beaucoup d’histoire avec ces quatre générations des Montresor.

…Ici ce sont des barriques de 55 hectolitres faites de chênes français et de Slavonie.

Chaque barrique est différente car dans les années 30 on produisait nous-mêmes les barriques. Tout dépendait du type de bois qu’on pouvait trouver. On les utilise pour les cuvées haut de gamme.

Pour les Amarone en général on fait vieillir 2 ans en barrique et un an en bouteille avant de commercialiser (pour un total de 3 ans après les vendanges).

L’oxygénation est plus lente dans les foudres que dans les barriques. On obtient alors plus d’élégance mais c’est plus long. On veut éviter les notes boisées dans le vin.

…C’est ici qu’on laisse vieillir le vin en bouteilles toutes empilées les unes sur les autres selon la méthode catasta. C’est une des pires job dans le Chai qu’avoir à empiler les bouteilles les unes sur les autres. Vraiment fatiguant et monotone.

Traditionnellement nous avions un groupe qui dégusait les vins avant la commercialisation et s’ils étaient optimales alors on mettait les étiquettes sur les bouteilles et on les vendait.  Maintenant c’est la responsabilité de Corrado’’.

…continuation de la visite…

EM : ‘’Nous avons de très petites cuves pour expérimenter différentes cuvées. Nous croyons toujours que les cuves en ciment sont les meilleures pour entreposer le vin. L’inox et le bois sont excellents pour « travailler » le vin mais il n’y a rien de mieux que le ciment pour l’entreposer. On peut garder les vins jusqu’à 15 ans sans altérer le vin. Plusieurs vignobles ont détruit les cuves en ciment quand les cuves en inox sont arrivées car c’était la modernité. Maintenant plusieurs rebâtissent ces cuves en ciment.

Dans ces cuves, il n’y a pas de changement de température ni de pression. On peut voir sur les parois des résidus d’acide tartrique qui provient du vin rouge. Au début on tapissait ces cuves avec des parois de verre. De nos jours on utilise une résine d’epoxy.

Trois barriques qui représentent chacune une étape de la fabrication du vin et ont été peintes dans les années 60 et 70. Nous avons réussi à en conserver que ces trois.

…À l’intérieur de la maison principale pour la dégustation :

EM : « C’était la maison de la famille. Maintenant elle sert pour l’administration et les dégustations. Mes grands-parents demeuraient ici. Vous voyez dans ce plancher de la chambre de mes grands-parents il y a comme un trou . En 1944 mon grand-père (Bruno Montresor) est allé à la gare de Vérone sauver des juifs qui étaient dans les trains.

Un de ceux qui y participait a dénoncé mon grand-père et les allemands sont arrivés pour l’arrêter. Il s’est sauvé dans les montagnes alors que ma grand-mère a décidé de rester dans la maison pour confronter les allemands et s’assurer que rien ne serait volé. Un soldat allemand a avec ses éperons de bottes frappé la parquet et fait un trou dans le plancher pour essayer de trouver mon grand-père. Les cheveux de ma grand-mère sont devenus blancs en deux semaines à l’âge de 36 ans. Elle a été arrêtée puis a été libérée quelques semaines plus tard.  

Château Montresor – Loire

Par la suite les allemands ont fait de la maison leur bureau-chef. On a alors cessé de faire du vin durant cette période. Puis les canadiens sont arrivés et les allemands ont fui en apportant tout le vin et tous les objets de métal. C’était un désastre total.

Quand mon grand-père est retourné, il n’y avait plus rien. Et c’est M. Bertani de Bertani Domains qui lui a donné de l’équipement pour recommencer à faire du vin. Malgré le fait qu’ils étaient concurrents, c’est M. Bertani qui a fait qu’on fait maintenant du vin chez Montresor.

Certaines des pièces de la maison sont demeurées telles qu’au décès de mes grands-parents. Rien n’a changé.

…Une des plus vieilles bouteilles d’Amarone que nous avons est cette bouteille de 1946 et c’est la dernière’’.

La dégustation

Les vins de la maison Montresor sont représentés par l’agence Noble Sélections. Vous pouvez accéder à l’ensemble des vins disponibles tant à la SAQ qu’en importation privée en cliquant sur le lien.  :

Une recherche des vins disponibles à la SAQ donne les résultats suivants lors de l’écriture de cet article.

Capitel della Rosara, Valpolicella Classico. Non disponible

Capitel della Rosara, Valpolicella Classico

Le Montresor Capitel della Crosara est disponible à la SAQ

Ce vin provient d’une seule et même parcelle située à 450 mètres d’altitude. Que des raisins frais sont utilisés. Il est vieilli pendant 6 mois dans des barriques qui ont servi pour l’Amarone.

CE : « On ne veut qu’un peu de structure avec le vieillissement de ce vin ».  Sur des effluves de figues de fruits rouges, d’épices douces et de belles notes florales. En bouche la texture est bien veloutée, l’acidité est assez présente et les tannins sont bien charpentés ce qui donne une belle structure au vin. Très élégant avec une belle et longue finale. C’est un vin bien frais, facile à boire Et tout en équilibre.

EM : ‘’Quant au futur de Valpolìcella, je crois que l’Amarone se doit d’être le produit le plus important. En termes de qualité la meilleure expression de Valpolicella c’est avec l’Amarone qu’on peut la traduire. C’est toute la tipicité de la région qui s’y retrouve. Dans le Valpolicella on retrouve le fruit, l’acidité et un niveau d’alcool peu élevé du vin.

On a commencé à sécher le raisin car la Vénétie avait une température assez froide et pour obtenir des vins plus concentrés il fallait faire sécher les raisins. Et avec ce séchage des raisins on fait aussi le Ripasso. On ne peut oublier le Valpolicella qui va si bien avec la nourriture locale autant les poissons que la viande.

La grande différence entre les autres pays qui utilisent la méthode appassimento (séchage des raisins) ce sont les cepages de Corvina, Molinara et Rondinella. Ils ne peuvent pas faire sécher leurs raisins pendant de 90 à 100 jours parce que nos cépages sont des raisins à peau épaisse si on compare au Merlot, Sangiovese et au Pinot Noir qui ont la peau plus mince. Après un mois de séchage, la peau de ces raisins se fendille et s’oxyde ce qui n’est pas le cas avec nos cépages locaux. On obtient alors un produit naturel avec une belle concentration.

Avec un Amaron le vin change à chaque 30 minutes tellement il est complexe. Quand on ouvre une bouteille d’Amarone, il se remet à vivre. C’est comme un bébé. Ça commence sur des de fruits bien frais et ça se termine sur des notes de cuir, de cacao, de chocolat noir un peu amer ‘’.

DE : ‘’Le Valpolicella c’est un peu le petit frère des vins de la région. C’est la base des vins de la région. Si je veux impressionner quelqu’un j’ouvre une bouteille d’Amarone. Mais pour un vin de tous les jours, j’ouvre un Valpolicella’’.

EM : ‘’C’est plus facile de vendre un Amarone à cause de l’élégance et de la concentration. On a une histoire à raconter avec un Amarone.

Cependant de plus en plus de producteurs poussent le Valpolicella Superiore parce que c’est véritablement un vin de terroir et c’est unique à la région. Les choses sont en train de changer. Pendant les 20 dernières années tout était concentré à obtenir des ventes et des scores (notes) qui aideraient aux ventes. C’est maintenant le terroir qui est en train de reprendre le dessus.

Faire un vin de Valpolicella est assez simple puisqu’on n’a pas à le faire vieillir en barrique et on a pas à faire sécher les raisins. Tout passe par la sélection des raisins. Beaucoup de producteurs se demandent s’ils ne devraient pas faire revivre les vins de Valpolicella’’.

Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016, $26.50, Corvina 70%, Rondinella 25%, Molinara 5%, sucre: 5.0 g/l, code SAQ: 12207527. Présentement non disponible.

Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016
Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016

CE : « C’est la fermentation d’un Valpolicella sur Les peaux utilisés pour faire de l’Amarone ce qui crée une deuxième fermentation (Ripasso). Pour le faire on utilise le meilleur des Valpolicella et sur les meilleures peaux des meilleurs Amarone. On peut utiliser les peaux d’Amarone deux fois donc on fait normalement deux bouteilles de Ripasso avec le moût d’Amarone. Primo veut dire que c’est le premier passage des peaux et non pas la deuxième. Le vin est donc un peu plus riche et plus profond au niveau de son profil aromatique. Puis on il vieillit 2 ans en barrique. On veut qu’il soit concentré mais avec de l’élégance et un bel equilibre. Quant à l’étiquette de ce vin on peut facilement l’enlever, écrire des notes de dégustation et la conserver. Ça vous aide à vous rappeler du vin que vous bu chez des amis ou au restaurant’’.

On sent ici beaucoup de concentration, les tannins sont charpentés et souples et le tout culmine en une belle élégance. La texture est bien veloutée, beaucoup de fraîcheur, des flaveurs assez intenses et complexes. Bien que ce vin ait 14.5% d’alcool, on ne le sent pas. Beaucoup de longueur ainsi qu’une belle acidité. Très séducteur comme vin. Grand potentiel de garde.

Amarone della Valpolicella, Monopolio Montresor, Capitel della Crosara, Classico, $84.25, 2013, 2008 et 2003, code SAQ : 12711256. Le 2010 est disponible.

Amarone della Valpolicella, Monopolio Montresor, Capitel della Crosara, Classico

EM : ‘’Il faut commencer par le plus jeune si on veut voir son évolution. Dans ce vignoble qui est assez grand on ne possède pas toutes les vignes mais au début du XIX siècle on administrait le tout pour plusieurs producteurs. On parlait donc de Monopole et le nom est resté. Ça fait donc plus de 80 ans qu’on utilise ce nom sur nos étiquettes.

Bien que ce soient des millesimes différents on sent que ces vins ont la même signature et le même style. Les vignes ont plus de 50 ans et les cépages ont été co-plantés’’.

Le 2013 est encore bien jeune avec quelques notes herbacées, tout en fraîcheur, beaucoup de structure, des tannins particulièrement charpentés, il a besoin d’être encore vieilli même après 6 ans. Le sucre résiduel est très bas et on ne sent pas l’alcool. Très élégant et d’une longueur plus qu’appréciable. On sent vraiment le terroir dans ce vin. En fait on devrait attendre de 15 à 20 ans avant de boire un Amarone. Beaucoup d’émotions dans ce vin!

Le 2008 est carrément tout en élégance avec beaucoup de volume te d’amplitude en bouche. Simplement incroyable! Superbe sensation de mineralite, acidité assez présente

Ces vins sont secs et ronds à cause des tannns qui sont bien souples.

Je n’ai pas senti beaucoup d’évolution dans le 2003 ce qui témoigne de son potentiel de garde. De plus je n’ai senti l’effet de la chaleur torride qui a sévi en 2003. Le vin demeure bien frais.

EM : ‘’La raison est que le Vignoble se situe à environ 400 mètres d’altitude. De plus les plus vieilles vignes supportent mieux les changements climatiques. Même le 2003 aurait besoin d’un passage en carafe afin d’éveiller son ensemble aromatique. De plus aucune sensation d’oxydation. En fait plus le vin sera sucré plus ses chances de réagìr a l’oxydation est élevée car les sucres sont d’excellents capteurs d’oxygène’’.

Dans cette dégustation on sent clairement la signature de la maison et l’effet du terroir que je ne croyais pas voir avec un Amarone qui est un surtout un vin de méthode. Dans les années 90 beaucoup de producteurs ont commencé à beaucoup concentrer leurs vins. Ce mouvement est en train de complètement changer.

Recioto 1974

Recioto 1974

EM : ‘’Ce vin n’est plus vendu et fait partie de notre librairie personnelle. Si mon père savait qu´on ouvre une telle bouteille il me tuerait…’’.

On sent des notes de fruits rouges, de tabac, de cuir, de raisins de corinthe avec une petite touche de notes boisées ainsi que des épices méditerranéennes. Vraiment des plus exceptionnel. La texture est des plus veloutée et les tannins complètement fondus. On ne sent aucunement d’alcool (14.5%) et quelque peu d’oxydation. Ce vin a encore beaucoup de vie.

Montresor – salle de dégustation

Beau petit coup de cœur que ce Sauvignon Blanc Amaral 2018.

Amaral, Sauvignon Blanc, Chili, Aconcagua, vin blanc Bio, Montgras, 2018

Amaral, Sauvignon Blanc, Chili, Aconcagua, vin blanc Bio, Montgras, 2018, $16.00, sucre : 1.2 g/l, code SAQ : 11464345.

Beau petit coup de Coeur que ce vin! Sur des effluves bien aromatiques de pêches, de fruits exotiques, d’agrumes, de pamplemousse ainsi qu’un soupçon de notes végétales. En bouche la texture est légèrement veloutée, l’acidité est presque vive et le tout est entremêlé de flaveurs de zeste de citron, de pamplemousse et de notes florales. Excellent rapport qualité/prix.

Ce vin était en parfait accord avec des crevettes à l’ail.

VinsFins l’Agence – échantillon

Un vin de soleil durant les Fêtes!

Château Trillol, France, Languedoc Roussillon, Corbières, 2014

Château Trillol, France, Languedoc Roussillon, Corbières, 2014, $19.05, cépages : Grenache 47%, Carignan 28%, Syrah 25%, sucre : 1.4 g/l, code SAQ : 523274.

Bien complexe au nez avec des effluves de fruits rouges bien mûrs très légèrement confiturés, de fruits noirs, de pain grillé ainsi qu’une touche de vanille et d’épices douces. Ce vin a été élaboré en partie en macération carbonique ce qui préserve son caractère fruité. Puis il a vieilli dans des fûts usagés (3 à 6 ans) pendant de 6 à 12 mois ce qui donne une certaine complexité sans lui apporter trop de notes boisées.

En bouche, la texture est veloutée, les tannins sont bien souples et presque charpentés et les flaveurs de fruits rouges et noirs dominent avec de beaux accents d’épices et de réglisse. C’est juteux, bien équilibré et d’une belle longueur. À acheter!

Vous ferez de beaux accords avec des viandes grillées, tourtières, ragoût de boulettes et autre bouffe du temps des Fêtes.

VinsFins l’Agence – échantillon

Architecture et viti-viniculture avec le concepteur Olivier Chadebost

Chadebost Création – Projet Saint-Émilion

Vous avez probablement visité un ou des vignobles et avez été charmés par le côté bucolique des lieux. Mais savez-vous qu’il y a toute une approche et des étapes importantes à prendre en compte derrière la mise sur pied d’un tout nouveau vignoble ou d’une restauration ou mise à jour.  En fait si on ne suit pas une réflexion de fond répondant à une approche rigoureuse et construite, si on ne se pose pas les bonnes questions dans le bon ordre, on pourra se retrouver avec un vignoble et un chai qui seront de véritables joyaux d’architecture mais qui ne répondront pas ou peu aux véritables besoins du Winemaker et maître de chai et donc ne répondront pas à la recherche de précision et de révélation des terroirs recherchés.

J’ai déjà entendu des commentaires de gens du milieu se dire en regardant un vignoble des plus époustouflant point de vue architecture : « Mais comment font-ils pour y faire du vin? ». Certaines personnes richissimes se paient quelquefois un trip d’architecture mais oublient de se connecter à la réalité viti-vinicole de l’élaboration du vin. L’architecte peut à certaines occasions recevoir des directives du propriétaire ou des investisseurs sans malheureusement entrer en contact avec le Winemaker afin de déterminer les besoins réels présents et futurs.

Olivier Chadebost

J’ai eu le plaisir de rencontrer Oilivier Chadebost, Architecte et ingénieur propriétaire de Chadebost Création qui se spécialise entre autres dans la conception de vignobles (Yquem, Cheval Blanc, Beauregard, Lafon Rochet, Montlabert, Laffitte Carcasset et autres). Je l’ai rencontré lors du Salon Simei à Milan (mis sur pied par l’Unione Italia Vini) lors d’une des conférences qu’il donnait sur les corrélations entre le vin, les marques, les techniques de vinification et l’architecture dans l’univers du vin dans le monde.

Bien que concepteur et œuvrant dans le domaine de l’architecture, c’est aussi avec une démarche d’ingénieur et une compréhension des processus technologiques et industriels mais également de marketing et de stratégie de marque qu’il approche ses projets. Fort d’une expérience parrallèle de 20 ans dans plusieurs domaines comme le nucléaire ou le pharmaceutique par exemple, il apporte des solutions innovantes au monde du vin transposées des process industriels les plus complexes. Cette approche transverse permet d’aller vers la précision, l’optimisation financière ou la rigueur environnementale.

Chadebost Création – Projet Pomerol

Ce qu’il apporte au processus architectural vinicole c’est cette approche globale à la transposition de divers systèmes de production qu’on retrouve dans d’autres univers de production. Cette approche ressemble beaucoup au processus de projets de mise en marché utilisé en marketing que j’ai en fait utilisé tout au long de ma carrière dans ce domaine avant de me lancer dans le domaine du vin.

Alors quelles sont donc ces étapes? Quelles sont donc les questions qu’il faut se poser?

Le vin – une expérience consommateur, un lifestyle

Il faut d’abord reconnaître que le vin c’est plus qu’un simple produit de consommation. Aujourd’hui, cela se doit d’être une expérience consommateur qui s’intègre dans une identité « lifestyle » et un environnement bien précis selon le type et la gamme de vin que le terroir nous offre. En marketing on appellera ça un positionnement de produit.  A qui s’adresse-t-il, quelles sont ses particularités distinctives, quelle est son image, quelle est son histoire (storytelling) etc.

Un peu comme le monde de la mode. Une robe n’est plus juste une robe…c’est du lifestyle, c’est une image. En fait avec le temps le monde du lifestyle s’est approprié le monde de la mode. Il est maintenant en train de s’approprier le monde du vin.

Les consommateurs changent et les plus jeunes intègrent à leur univers lifestyle un ensemble de produits dont le vin fait désormais partie. Il faut absolument reconnaître cet état de chose dans toute stratégie y compris lorsqu’on refait l’ensemble architectural d’un vignoble pour quelque raison que ce soit.

Chadebost Création – Projet Yquem

L’idée maîtresse est de savoir comment on peut transmettre son identité, ce positionnement de produit au niveau des lieux de production…au niveau de l’architecture, de la technique de vinification, du design?

Il faut bien comprendre le positionnement du produit, à qui il s’adresse, quelle est son image, son lifestyle et son histoire. Quand on parle d’histoire on ne parle pas du passé mais bien de « storytelling » ce storytelling pouvant avoir 1000 ans comme 1 an. L’important est sa personnalisation et son aspect identitaire. Quelle histoire vais-je raconter du produit, du vin pour que les gens se l’approprient, s’y identifient? Cette histoire doit être bien réelle. Ici pas de fabulation car le consommateur n’est pas dupe.

Ce « storytelling » sera la pierre angulaire de toute communication et aussi de tout ce qui touche de près et de loin au vin incluant le lieu de production qu’est le vignoble, le chai. En fait, si je visite le vignoble d’un vin dont je me suis approprié le lifestyle, l’histoire, cette visite doit être compatible avec l’image et l’histoire que j’en ai.

Une fois qu’on a bien défini le positionnement, l’histoire et le lifestyle il faut y revenir dans tout ce qu’on fait pour que tout l’ensemble soit cohérent.

Chadebost Création – Projet Saint-Émilion

Positionnement d’un vin, d’un vignoble, d’une marque

Pour définir le positionnement d’un vin il faut que le vigneron sache positionner objectivement son potentiel produit et sa marque car cette dernière aura à aller au devant des marchés de la planète.

Il faut que le vigneron et ses consultants établissent précisément la qualité du vin qu’ils peuvent élaborer pour un groupe-cible bien précis présent et futur, pour un créneau bien ciblé avec un univers lifestyle défini dans lequel il va devoir s’inscrire.

Plus forte sera l’identité et la précision de ce vin, plus ce vin aura d’ambassadeurs car les consommateurs se seront identifiés à la marque, à l’histoire du vin, au design de la bouteille, à l’histoire du vigneron, à la philosophie de ce vigneron, à sa façon de faire ses vins etc.

Une fois qu’on aura bien défini ce positionnement, il faut déterminer son potentiel et s’attacher à le sublimer en partant du viticole jusqu’au vinicole. Travailler un terroir, ceci implique de prendre en compte les spécificités des diverses parcelles, la climatologie, les hommes qui y travaillent, dans les vignes, le lieu, les couchers de soleil, le type d’agriculture etc. Il faut définir avec précision le vin et ses composantes organoleptiques. Ce vin il sera comment, il goûtera quoi et donnera quelles émotions et à qui?

Chadebost Création – Projet Saint-Estèphe

Par exemple, si le vin est parcellaire parce qu’on veut un niveau de qualité plus élevé, parce qu’on veut supporter une histoire spécifique à une parcelle spécifique, il faudra bien le définir et le déterminer car cette approche pourra avoir un impact important par exemple sur le nombre de cuves en inox, en béton, en bois ou en terre cuite et sur le type et la contenance des barriques ainsi que la gestion de l’espace pour vinifier le vin selon chaque parcelle.

Il faudra bien définir le potentiel de volume et de ventes sur une période assez longue. On n’investit pas des sommes importantes dans un chais sans en connaître le volume qu’il aura à traiter. Il faut bien connaître les types de vins qu’on voudra mettre sur le marché et la ventilation de ces projections de volume par marché. Si on veut développer le marché de l’Asie avec quelques produits bien ciblés, il faut tout de suite identifier l’impact sur les investissements nécessaires dans l’élaboration du chai et des équipements nécessaires.  

Storytelling

Il faut définir de façon claire le positionnement de la marque et des produits ainsi que le « storytelling » de la marque. Tous les efforts de communication y seront rattachés. Il est important de rapporter la genèse et l’histoire qui a amené à la création du produit.

Cette communication devra évidemment correspondre à l’image et au goût du produit et à son niveau de qualité recherché. L’un doit supporter l’autre.

On développera l’ADN du produit et on développera l’identité graphique du produit et du vignoble. Tous les éléments de communication doivent être cohérents avec le positionnement de la marque. Ceci implique tout ce qui touche le consommateur incluant l’aspect très important de l’oenotourisme. La marque et le vin deviennent donc identitaires.

Chadebost Création – Projet Saint-Émilion

Puis intervient la réalité de la vinification.

La vinification est en fait un processus industriel précis qui doit accompagner et prolonger le travail à la vigne et le fruit du terroir tout en étant en ligne avec le positionnement de la marque et des produits. Si on veut faire des vins qui soient le meilleur reflet de l’appellation dans laquelle on est, il faudra en avoir les moyens au niveau technologique. Si on veut faire des vins parcellaires, il faut avoir assez de cuves et l’espace nécessaire etc.

Comme le dit Olivier Chadebost, la vinification représente environ 20% de l’influence sur le produit fini ce qui veut dire que 80% du potentiel et de la précision du vin provient des vignes. Il ne faut jamais oublier ce fait quand on se met à investissir de ce côté. Il n’y a pas de recette magique à ce niveau.

Fait à noter, certaines avancées technologiques proposées à ses clients ne proviennent pas nécessairement de l’univers vinicole. Par exemple, pour thermoréguler en chaud des barriques de grand volumes impossible à déplacer, on s’est servi de couvertures chauffantes dont on se sert pour chauffer les pneus des voitures de F1. Intéressant non?

Selon Olivier Chadebost, toute technologie ajoutée au processus de production se doit d’ajouter de la précision au produit final.

Chadebost Création – Projet Saint-Émilion

Quant à l’approche au point de vue de l’agriculture durable, il est primordial de bien définir la philosophie de cette approche car elle aura de grandes répercussions sur l’état des lieux. Tant au niveau de la gestion de l’eau et de l’énergie, des méthodes d’inertage, de l’utilisation de différents processus au niveau vinification etc. On pourra décider d’enterrer un chai par exemple, on pourra produire sa propre électricité etc.

Un des éléments clés quant à la gestion de l’énergie selon Olivier Chadebost c’est la tolérance et l’approche globale du site, du bâti et des potentiels naturels mis à disposition. Selon lui, c’est un des éléments les plus importants car le processus de vinification a un potentiel environnemental réel de par ses besoins simultanés. Il est globalement aisé de diviser par 5 la consommation en électricité et en eau d‘une propriété avec une approche appropriée.

Un autre point important c’est la prise en compte de la facilité et de l’optimisation des besoins en maintenance d’un site. Il faut rendre la maintenance aisée. C’est un point qu’on oublie souvent quand on se lance dans un ‘’trip’’ architectural.

L’oenotourisme

La visite d’un vignoble fait partie intégrante du storytelling d’une marque et de l’univers d’un vin. C’est le contact ultime entre le consommateur, le site ou pousse la vigne, les gens qui font et le lieu de la marque. L’oenotourisme est la passation de l’émotion dans l’expérience. Il ne doit pas y avoir d’écart entre ce qu’on dit au consommateur dans la communication et ce qu’il perçoit et voit durant la visite des lieux. Au contraire, cela doit sublimer un ressenti. L’architecture aura son rôle, au second plan comme incarnation bâtie dans cette perception. De plus, la façon dont le consommateur sera reçu, son expérience de visite, le lieu de dégustation des vins et le lieu de résidence (chambre, hôtel ou autre) détermineront la qualité de son expérience.

Alors voilà! J’ose espérer que cet article vous donnera une meilleure perspective quant à ces chais que vous visiterez. Posez-vous la question : est-ce que cette visite est consistante avec l’image et le ‘’storytelling’’ de la marque, du vin? Est-ce bien l’expérience à laquelle je m’attendais? Mais surtout vivez, ressentez, profitez de la connaissance, des rencontres et moments de partage dont le vin sera le catalyseur!

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