
Trousseau, France, Jura, Arbois-Pupillin, vin rouge nature (sans sulfites ajoutés), Fruitière Vinicole de Pupillin, 2025, 29,95$, cépage : Trousseau à la Dame 100%, sucre : 2 g/l, alc. : 12.5%, code SAQ : 14545280.
Et si le Trousseau bien que méconnu était l’un des cépages les plus en phase avec notre façon de boire le vin aujourd’hui? Ce rouge jurassien a tout pour séduire les amateurs qui délaissent les vins puissants et boisés au profit de vins plus frais, plus digestes et surtout plus agréables à boire. Avec ses arômes éclatants de cerises et de griottes, ses notes poivrées, sa texture juteuse et ses tannins juste assez fermes, il évoque un heureux croisement entre le Gamay et le Pinot Noir. À 12,5 % d’alcool et seulement 2 g/l de sucre, il mise sur le plaisir plutôt que sur la puissance. Un vin nature sans sulfites ajoutés qui démontre qu’un rouge peut avoir beaucoup de personnalité sans en faire trop!
Que goûte donc ce Trousseau?
Cette cuvée provient du millésime 2025 qui a présenté des conditions plus favorables que le 2024. ‘’Malgré un été chaud et quelques épisodes de grêle localisés, les raisins ont atteint une belle maturité tout en conservant une fraîcheur appréciable. Les premiers vins rouges dégustés révèlent des profils fruités, précis et équilibrés, avec des degrés alcooliques généralement modérés’’. (Sources : Vinous, DRAAF et quelques producteurs)
Ce vin est élaboré avec le cépage Trousseau qui développe en général des saveurs intenses, poivrées, épicées et des accents de fruits rouges. Il faut savoir qu’il existe trois types de cépage trousseau. Le trousseau à la dame est celui qui est considéré comme celui qui est de qualité supérieure.
En fait à chaque fois que je déguste ce vin il me fait penser comme à un croisement entre le Gamay et le Pinot Noir. D’ailleurs, il est élaboré pratiquement comme un vin du Beaujolais avec sa fermentation semi-carbonique. Il est produit en petites quantités soit environ 4,000 bouteilles.
C’est un vin nature résolument fruité sans sulfites ajoutés ce qui laisse toute la place aux arômes et saveurs fruités conjugués à des notes d’épices douces.
Ce Trousseau se révèle au nez sur des effluves éclatants de cerises, de griottes et de groseilles avec une bonne dose d’épices douces (thym, romarin, poivre), de notes florales et une touche de framboises.
La bouche, toute en fraîcheur, rappelle les arômes perçus au nez qui s’harmonisent avec des notes de fruits rouges acidulés et quelques notes de sous-bois qui se prolongent avec une amplitude moyenne. L’ensemble absolument croquant est supporté par des tannins équilibrés, un brin fermes et tissés serré et par une acidité bien présente qui ajoute une couche de fraîcheur. Somme toute un vin nature très bien fait résolument croquant et juteux et plein de caractère qui culmine sur une finale, savoureuse et légèrement acidulée.
Quoi manger avec ce Trousseau du Jura?
Vous ferez de beaux accords avec une fondue chinoise, du foie de veau sauce framboise, des charcuteries artisanales, des terrines de campagne, des volailles rôties aux herbes de Provence, un filet de porc aux champignons, une pizza aux légumes grillés ou un risotto aux champignons.
Agence Lafontaine Vins – échantillon
D’où vient donc ce Trousseau du Jura?

Ce Trousseau provient du vignoble jurassien, qui s’étend sur environ 2 100 hectares, soit une superficie quelque 50 % supérieure à celle du vignoble québécois, qui comptait 1 384 hectares cultivés en 2024. Situé au sud-est de la Bourgogne, le vignoble du Jura forme une étroite bande d’environ 80 kilomètres de long sur 6 kilomètres de large, le long du Revermont, à la bordure occidentale du massif jurassien.
Un vignoble historique aux sept appellations
Le 15 mai 1936, Arbois figurait parmi les six premières appellations d’origine contrôlée (AOC) officiellement reconnues en France. Aujourd’hui, le Jura compte sept AOC, réparties en deux catégories :
- Quatre AOC géographiques : Arbois, Château-Chalon, L’Étoile et Côtes du Jura.
- Trois AOC de produits : Macvin du Jura, Crémant du Jura et Marc du Jura.
Situé dans la partie septentrionale du vignoble jurassien, au cœur du Revermont, le terroir d’Arbois-Pupillin se trouve à seulement trois kilomètres au sud de la ville d’Arbois. Cette dénomination géographique complémentaire de l’AOC Arbois est réservée aux vins issus de parcelles délimitées sur la commune de Pupillin.
Des cépages qui font toute la personnalité du Jura
Le Chardonnay domine le vignoble avec environ 43 % des surfaces plantées, suivi du Savagnin (25 %). Les cépages rouges occupent une place importante dans l’identité régionale : le Poulsard, également appelé Ploussard (11 %), le Pinot Noir (11 %) et le Trousseau (8 %).
Ce dernier, particulièrement associé aux terroirs d’Arbois et de ses environs, donne des vins rouges souvent plus colorés et structurés que ceux issus du Poulsard, avec une belle expression fruitée et épicée. Des cépages anciens et plus confidentiels, comme l’Enfariné, témoignent également de la richesse du patrimoine viticole jurassien. (Sources : INAO – Arbois-Pupillin)
Comment est élaboré ce Trousseau?
Ce Trousseau provient de vignes âgées de 25 ans de la parcelle de l’Huguenette. On le vinifie sans chaptalisation (sans ajout de sucre) et on utilise que des levures indigènes.
On procède à la vinification qu’avec des baies entières. Cette macération semi-carbonique se déroule sur 2 à 3 semaines sans aucune autre intervention.
Une fois la fermentation terminée on enchaîne avec la conversion malolactique qui apporte de la finesse au vin. On le laisse en foudre pendant 3 mois sans autre intrant. Il est par la suite mis en bouteille après décantation, sans collage ni filtration. Il peut donc démontrer un léger aspect trouble ce qui est normal.
Fruitière vinicole de Pupillin – quelle est donc l’histoire derrière ce producteur?

L’histoire de la Fruitière Vinicole de Pupillin remonte au 13 février 1909, alors que 33 agriculteurs décident d’unir leurs forces pour faire face à une grave crise économique. À cette époque, les vignerons jurassiens subissent les conséquences d’une surproduction nationale, de difficultés de commercialisation et d’une pression fiscale particulièrement lourde.
Ensemble, ces 33 pionniers exploitent seulement 23 hectares de vignes, soit environ 70 ares chacun. La viticulture constitue alors une activité complémentaire à l’élevage et aux autres cultures. En créant leur coopérative, ils peuvent mettre en commun leurs ressources, vinifier leurs raisins et mieux commercialiser leurs vins.
Des débuts difficiles et une véritable renaissance
Les premières décennies sont particulièrement éprouvantes. La Première Guerre mondiale entraîne de lourdes pertes et la superficie exploitée chute de 23 à seulement 10 hectares. Malgré ces difficultés, la Fruitière poursuit ses activités et participe, dès 1931-1932, aux travaux préparatoires qui mèneront à la reconnaissance de l’AOC Arbois en 1936, l’une des toutes premières appellations d’origine contrôlée françaises.
Il faut attendre les années 1960 pour assister à une véritable renaissance. Une nouvelle génération de vignerons se consacre davantage à la viticulture, tandis que la mécanisation favorise l’agrandissement des exploitations. La coopérative franchit le cap des 1 000 hectolitres vinifiés en 1974, puis étend progressivement son vignoble à 35 hectares en 1977 et à 45 hectares en 1985.
En 1998, la construction d’une nouvelle cuverie marque une étape importante dans sa modernisation, permettant d’améliorer les installations de vinification et de poursuivre son développement.
Une coopérative profondément enracinée dans son terroir
Aujourd’hui, la Fruitière exploite environ 65 hectares de vignes, avec une production moyenne de 3 500 hectolitres par année. Selon son site officiel, elle rassemble 35 sociétaires, tandis que son agence québécoise, La Fontaine, en mentionne environ 44.
Sa production se répartit entre les appellations Arbois-Pupillin (45 %), Arbois (20 %), Côtes du Jura (15 %), Crémant du Jura (16 %) et Macvin du Jura (4 %).
Fidèle à ses origines, la Fruitière demeure un bel exemple de cette tradition coopérative jurassienne où les vignerons mettent en commun leurs raisins, leurs connaissances et leurs moyens de production.
Plus de 117 ans après sa fondation, cette solidarité demeure au cœur de son identité, tout en permettant de valoriser les cépages emblématiques du Jura, notamment le Ploussard, le Trousseau, le Pinot Noir, le Chardonnay et le Savagnin.


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