Catégorie : Événements/salons de vins – plusieurs vins dans chaque article (Page 1 of 25)

Des accords vins et mets parfaits grâce à François Chartier et à l’École Hôtelière des Laurentides

Dégustation EHDL – accords mets/vins

Souvent lorsque on accorde le profil aromatique d’un vin de façon parfaite avec celui d’un met, il y a comme un ‘’troisième goût’’ qui naît de cette association. Et qui d’autre que François Chartier pour créer de tels accords!

François Chartier ‘’Créateur d’harmonies’’ est considéré comme l’une des plus futées ‘’tête chercheuse’’  en matière de création de recettes et d’harmonies vins et mets grâce à sa science d’harmonies et sommellerie moléculaire et nous sommes bien fiers d’ajouter que c’est aussi un ancient étudiant de l’École Hôtelière des Laurentides ou avait justement lieu l’événement.

L’événement

Une trentaine de personnes ont payé $20.00 (somme des plus raisonnable) et se sont laissé charmer par les harmonies crées entre 7 vins dont 2 vins de François Chartier et les bouchées incroyables, originales et simplement délicieuses qui ont été développées de concert avec la chef Josée Morasse et ses élèves en cuisine de l’École Hôtelière des Laurentides. 

Afin de créer ces harmonies parfaites, la Chef Josée Morasse et le Maître Sommelier et professeur en sommellerie, Jean Beaudin ont utilisés les principes d’accord mets/vins de François Chartier. Les profils aromatiques des vins ont été développés et divers ingrédients ont été identifiées à partir desquels ont pouvait créer des recettes en harmonie parfaite avec les vins. Afin de bien comprendre le processus créatif de François Chartier, les étudiants en cuisine ont suivi une formation en sommellerie de Jean Beaudin et plus spécifiquement sur la philosophie de François.

Jean Beaudin, Josée Morasse

La dégustation

Chaque vin était donc accompagnée de sa bouchée. Quel délice!! Au total 7 vins ont été dégustés. Ils sont tous sont disponibles à la SAQ.

Cava Villa Conchi, Seleccion, Brut, $15.45, sucre: 11.0 g/l, code SAQ: 12956456.

Beau Cava sur des notes de pain grillé, de fruits blancs, d’arôme floraux ainsi qu’un soupçon d’agrumes. De belles bulles en bouche assez fines, belle longueur avec une finale sur une légère amertume.

Chartier, Créateur d’Harmonies, Le Blanc, Pays d’Oc, 2016, $17.70, cépages: Chardonnay 48%, Grenache blanc 40%, Rolle 12% , sucre: 1.8 g/l, code SAQ: 12068117.

Sur des effluves de poires, de fruits blancs et jaunes (pêches) ainsi que des notes florales et d’amandes. D’un bel équilibre et d’une texture légèrement grasse, ce qui surprend c’est cette sensation de minéralité et ses flaveurs d’amandes. Beau rappel des arômes perçues au nez.

Tawse, Chardonnay, Niagara Peninsula, 2017, $18.95, sucre: 2,2 g/l, code SAQ: 11039736.

Bien aromatique sur des accents de  »gomme balloune » (…eh oui) , de fruits blancs ainsi qu’un soupçon de fruits exotiques et de noix. Belle sensation de minéralité ainsi qu’une belle poussée aromatique en fin de bouche. Un vrai vin de bouffe!

Spring, Vouvray, Vincent Carême, Vallée de la Loire, 2018, $19.85, cépage: Chenin Blanc 100%, sucre: 5.6 g/l, code SAQ: 13594899.

Sur des accents de miel, de tilleuil, de fruits blancs et soupçon d’agrumes. D’une belle texture veloutée ce qui créé un beau contraste avec son acidité bien fraîche, belle sensation de minéralité. Superbe expression de ce cépage.

Abaco, Pinot Nero, Villa Fiorita, Piémont, Montferrato, 2015, $21.10, cépage: Pinot Noir, code SAQ: 11383633.

Véritable Pinot Noir de région plus fraîche avec ce que ça comporte au niveau profil aromatique. Sur des effluves de cannelle, d’anis, de griottes, de noyaux de cerises ainsi que des notes de sous-bois. En bouche les tannins sont presque charpentés, l’acidité est bien présente et la longueur est moyenne sur une finale toute en fraîcheur sur les noyaux de cerises.

Chartier, Créateur d’Harmonies, Fronsac, Bordeaux, 2015, $18.10, cépages: Merlot 80%, Cabernet franc 10%, Cabernet-sauvignon 10%, sucre: 2.6 g/l, code SAQ: 12068070.

Sur des effluves de cerises noires et de framboises assez intenses, de poivrons, de menthe ainsi que de légères notes boisées. Tout en équilibre avec des tannins presque charpentés et d’une belle longueur sur une finale assez élégante.

The Barossan, Peter Lehmann, Australie, Barossa Valley, 2017, $19.95, cépage: Shiraz 100%, code SAQ: 13525535.

Au nez des arômes de cèdre, d’olives noires, de poivre, de chocolat, de fruits noirs (mûres) et de prunes. Les tannins sont bien charpentés, bien enrobés et le tout est d’un volume et d’une belle amplitude en bouche. Très belle finale sur les épices et les fruits noirs. Vraiment très beau!

Autres photos de la dégustation

Que boivent des sommeliers lors d’une dégustation à l’aveugle? Des vins de Tasmanie, d’Israel, du Myanmar etc.

Domaine de la Tour, Chablis, 1er Cru, Monts-Mains, 2016

Ce vin est disponible en importation privée avec l’agence Mon Caviste en appelant, Luc Marier au 514-928-0109.

Ce vin était éclatant de fruits et procurait une superbe sensation de minéralité. Au nez des effluves de pommes (eh oui…surprenant pour un Chardonnay), de fruits blancs sans aucune trace de bois. En bouche l’acidité était des plus présente, la texture bien riche et le tout était bien ciselé avec cette belle sensation de minéralité. Des plus surprenant!

Barkan Vineyards, Classic, Merlot, 2018. Le Cabernet-Sauvignon et le Shiraz sont disponibles à la SAQ sou sla barre des $20.00. Ce vin provenait directement d’Israel.

Sur des accents de cerises et de noyaux de cerises. Les tannins sont très équilibrés sans être trop corsés et l’acidité était assez présente. Un vin tout en fruit!

Barkan Vineyards, Classic, Merlot, 2018

Tamar Ridge, Pinot Noir, Tasmanie, 2017, $29.25, sucre : 2.2 g/l, code SAQ : 10947732.

Surprenant ce vin! Bien que typé Pinot Noir sur des notes de cerises et de griottes, ce sont ces notes bien épicées assez surprenantes qui dominent. Très différent et des plus délicieux!

Tamar Ridge, Pinot Noir, Tasmanie, 2017

Aythaya, Shiraz et Dornfelder, Myanmar, My Wineyard, 2016.

Ce vin a été directement de ce pays. Il s’ouvre sur des notes balsamiques, d’effluves quelque peu sûrettes, et de légères notes de torréfaction. C’est un vin bien équilibré avec des tannins charpentés. Bien bâti!

Aythaya, Shiraz et Dornfelder, Myanmar, My Wineyard, 2016

Massaya, Terrasses de Baalbeck, Liban, Vallée de Bekaa, 2017, $22.95, cépages : Grenache 40%, Cinsault, 30%, Cabernet-sauvignon 15%, Mourvèdre 15%, sucre : 2.3 g/l, code SAQ : 904102.

Je croyais que c’était un vin du sud de la France genre GSM (Grenache, Syrah, Mourvèdre). Finalement nous n’étions pas loin puisque qu’on y retrouve sensiblement les mêmes cépages utilisés dans cette région.

Sur des effluves de prunes, de figues, de chocolat au lait il dégage une très belle amplitude en bouche avec des tannins particulièrement soyeux et charpentés (le Cabernet-Sauvignon et le Mourvèdre). Le côté joufflu du Grenache lui apporte un très beau contraste. La texture est bien veloutée et celle-ci couvre tout le palais ce qui procure de belles sensations. Et quelle longueur…

Massaya, Terrasses de Baalbeck, Liban, Vallée de Bekaa, 2017

Santo Pellegrino, La Ciarliana, 2012, Toscana IGT.

Ce vin a été rapporté directement d’Italie du producteur La Ciarliana. Luigi Frangiosa me l’a donné lors de mon récent voyage en Italie.

Quel bonheur de déguster ce vin! Sur des accents de cerises assez intenses ainsi que de belles notes boisées. En bouche c’est un vin d’une belle intensité avec une acidité bien marquée et des tannins bien charpentés. Et que dire de sa finale toute en longueur.

Santo Pellegrino, La Ciarliana, 2012

La Margoulette, Domaine des Salandres, Iles de la Madeleine, vin genre Porto.

C’est un vin à mi-chemin entre un vin de type porto et un vin rouge sec. Tout en équilibre, moins riche qu’un porto, sur des notes de cerises et de noyaux de cerises.

La Margoulette, Domaine des Salandres

Un gros merci à William Beaudin pour son hospitalité et sa merveilleuse bavette!!!

Suggestion de 6 vins pour le Nouvel An!!

Patrick Piuze, Non Dosé, Méthode Traditionnelle, $24.15, cépage : Chardonnay 100%, alc. : 12%, sucre : 1.6 g/l, code SAQ : 12999181.

J’apprécie beaucoup de vin effervescent élaboré à partir de Chardonnay. Le genre de vin qui évolue constamment dans votre verre et doté d’une belle complexité. Prenez plaisir à humer les parfums floraux de ce vin entremêlés de sucre d’orge et de fruits blancs. Bien que non dosé, sa texture est légèrement moelleuse et son acidité bien vive. Il procure une belle sensation de minéralité et une persistance en bouche assez longue.

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Patrick Piuze, Non Dosé, Méthode Traditionnelle

Champagne Lallier, Le Grande Réserve, Grand Cru, $48.50, alc. :12.5%, sucre: 9.3 g/l, code SAQ : 11374251.

De subtiles notes de fruits (agrumes), de levure, légèrement brioché, acidité bien sentie, belle minéralité, bien droit, un peu austère.  Très beau pour un champagne en bas de $50.00. N’oublions pas qu’on parle ici d’un Grand Cru!

Champagne Lallier, Le Grande Réserve, Grand Cru

Lake Chalice, The Falcon, Chardonnay, Nouvelle-Zélande, Marlborough, 2017, $19.95, sucre: 2.5 g/l, code SAQ: 14191477.

Véritable coup de Coeur que ce vin! Il s’ouvre sur des effluves de poires, de pêches bien mûres, de noisettes grillées et de belles notes florales. La texture est riche et veloutée, l’acidité est bien équilibrée et le tout est entremêlé de flaveurs de pêches et d’agrumes assez intenses. Bien qu’il ait touché le bois on n’en sent que la complexité que le processus a apporté au vin, en fait on ne sent que très peu de notes boisées. Belle finale sur une acidité bien fraîche. Vraiment très beau!

Lake Chalice, The Falcon, Chardonnay, Nouvelle-Zélande, Marlborough, 2017

Corona De Aragon, Reserva, Espagne, Carinena, 2014, $17.90, cépages : Tempranillo 35%, Cabernet-sauvignon 30%, Grenache 25%, Carignan 10%, sucre : 0.3 g/l, code SAQ : 10462778.

Sur des accents dominés par les fruits rouges bien frais, de cassis, d’épices douces, de notes florales et de notes légèrement boisées (vieillissement de 14 mois en barriques 70% chênes français et 30 de chêne américain). Globalement on sent que ce vin en est d’altitude (fruits frais) avec ses vignes qui sont situées entre 500 et 700 mètres d’altitude. De plus son niveau d’alcool n’est que de 13.5% ce lui enlève de la lourdeur.

En bouche, la texture est veloutée, l’acidité équilibrée et les tannins équilibrés pas trop charpentés. On a un rappel des notes perçues au nez dans un très bel équilibre. C’est juteux et la longueur est appréciable. Vraiment très beau, de facture moderne et des plus polyvalent.

Corona De Aragon, Reserva, Espagne, Carinena, 2014

Baron de Ley, Reserva, Espagne, Rioja, 2014, $21.95, cépages : Tempranillo 100%, alc. : 13.5%, sucre : 1.9 g/l, code SAQ : 868729.

Ce vin est aussi disponible en format de 500 ml et de 1.5 l. L’échantillon que j’ai goûté était le 500 ml.

Un deuxième Reserva mais celui-ci est élaboré à partir de 100% Tempranillo cépage assez tannique. Il est donc à noter que ce vin aura donc plus de structure et des tannins plus charpentés. De plus le vieillissement de ce vin est plus prolongé (barrique : 20 mois, bouteille 24 mois) que le précédent et de plus est fait dans des barriques de chêne américain lequel est passablement plus ororant/aromatique que le chêne français.

Au nez donc des notes bien évidentes de bois, de noix de coco, de fumée, de vanille et de fruits rouges bien mûrs, légèrement confiturés et de prunes. En bouche, la texture est veloutée, l’acidité moyenne et les tannins bien charpentés. Passablement de flaveurs d’épices douces et de notes boisées avec une certaine amplitude. La longueur est appréciable.

Baron de Ley, Reserva, Espagne, Rioja, 2014

Warre’s, Optima, Tawny, 20 ans, Portugal, Douro, format 500 ml, $41.25, cépages : Touriga Nacional, Touriga Franca, Tinta Barroca, Tinta Roriz, Tinto Cao, sucre : entre 90 et 100 g/l, code SAQ : 10667360.

Que j’aime donc les portos de type Tawny! Celui-ci dégage des notes de noisettes, de cassonade, de mélasse et de tabac. La texture est presque grasse sur des flaveurs de caramel, de raisins de Corinthe et d’épices douces. Imaginez les accords avec des fromages (surtout le bleu ou roquefort), des noix, de la crème brûlée, gâteau aux noisettes ou au chocolat!

Warre’s, Optima, Tawny, 20 ans

Visitez le vignoble Montresor dans le Valpolicella avec Edoardo Montresor et Corrado Eridani!

En octobre dernier je rencontrais Edoardo Montresor ambassadeur de la marque à Montréal pour les 50 ans de l’Amarone Montresor qui est le plus populaire au Québec. Vous pouvez accéder à l’article que j’avais alors écris sur sa visite ainsi que les notes de dégustation de certains de ses vins : http://bit.ly/338we0V

Edoardo Montresor et Corrado Eridani (droite)

Suite à sa visite, nous nous étions donné rendez-vous chez eux dans la région de Valpolicella. J’y suis donc allé le 22 novembre dernier et j’ai eu le plaisir de visiter leur chai en compagnie d’Edoardo et de Corrado Eridani œnologue et winemaker de la maison et de déguster de leurs vins dont le Recioto 1974 dont je me souviendrai toujours.

J’ai conçu cet article tout comme si vous y étiez lors de ma visite. Évidemment ce n’est pas le genre de visite touristique mais bien une visite en profondeur avec Edoardo et Corrado. J’ai enregistré l’ensemble de cette visite et je l’ai retranscrite dans cet article. Je leur ai posé plusieurs questions sur divers aspects de la vinification des vins surtout pour les Amarone et le Ripasso. Avec la lecture de cet article vous en apprendrez beaucoup sur ces types de vins. Vous aurez aussi leur perspective sur le futur de ces types de vins.

La visite du chai

Winery Montresor

Lors de notre visite le Chai était en totale reconstruction suite a la vente du vignoble.

Edoardo Montresor (EM) : « En fait la moitié de l’arrière du chai a été mis à terre pour un agrandissement important qui comprendra une nouvelle ligne d’embouteillage qui devrait être prête fin février 2020 juste à temps pour embouteiller le dernier millesime. On ajoutera aussi sur le dessus une grande terrasse pour y faire plein d’événements sûrement à temps pour Vinitaly ».

Réception et pressoirs (derrière)

‘’La réception du Chai n’accueille présentement que des petits camions avec les fruits des vendanges pour l’opération de pressage. Les raisins proviennent autant de nos propres vignobles que des viticulteurs avec lesquels nous avons des ententes qui sont en place depuis de 60 à 70 ans. Puis nous avons 2 presses et ensuite les cuves de fermentation ou nous avons des cuves spéciales pour les vins avec à l’intérieur un cône cylindrique. Le CO2 produite durant la fermentation repousse le moût le long de ce cône qui agit comme une forme de remuage naturel ce qui fait beaucoup de différence pour un vin blanc car on conserve ainsi environ 7% de plus de polyphenols ».

Montresor – Méthode Charmat pour vins mousseux

Ce qui est inusité pour un Chai dans Valpolicella est le fait qu’on y fait des bulles depuis 1946 à partir de la méthode Charmat (Martinotti).

C’est ici que nous faisons connaissance avec Corrado Eridani qui est le Winemaker chez Montresor. Corrado Eridani (CE) :

« Nous produisons un vin tranquille qui sera clarifié et par la suite inoculé avec des levures (pour la seconde fermentation) puis introduit dans les cuves sous pression (saturé de nitrogène). Ces cuves ont des parois beaucoup plus épaisses car on a jusqu’à 6 bars de pression ce qui est énorme.

L’embouteillage doit être fait dans un environnement sous vide afin de conserver les bulles dans les bouteilles. Montresor a le droit de produire un Prosecco en dehors de la zone de production. Celui-ci est vieilli 6 mois en bouteille ce qui en fait une longue méthode Charmat. Plus on laisse vieillir le vin mousseux plus fines seront les bulles. Normalement cette période sera d’un mois mais quand on le laisse vieillir plus longtemps on obtient plus de complexité et de saveurs.

Ces mousseux ne sont jamais en contact avec l’air ambiant afin de conserver les caractéristiques du vin ».

Winery Montresor

EM : « Le Chai mesure 20,000 mètres carrés sur chaque étage et est en complète rénovation. Venez voir, ici nous avons découverts lors de ces rénovations un énorme trou dans un mur. Nous avons d’abord cru à de l’érosion majeure ce qui aurait signifié de graves problèmes. Il s’est avéré que ce trou était un genre de réfrigérateur fin XIX siècle utilisé par la famille. La porte est originale. La glace provenait des montagnes environnantes. Ce n’est qu’après la seconde guerre mondiale que les vrais réfrigérateurs sont arrivés. Toute une surprise!

Montresor – séchages des raisins pour Amarone

…Nous somme montés vers la nouvelle salle de séchage pour les raisins qui seront utilisés pour élaborer les Amarone.

EM : ‘’Vous êtes les premiers à visiter la nouvelle salle de séchage pour les raisins utilisés pour l’Amarone. Ces rénovations se sont terminées une semaine avant les vendanges. Nous étions nerveux c’est le moins qu’on puisse dire. Toutes les poutres vieilles de 120 ans ont été réutilisées ainsi que les murs de pierres. Vous pouvez voir les raisins en train de sécher. On ne met qu’une couche de raisins sans les bacs de séchage pour qu’ils sèchent bien. Il est bien important de bien identifier les divers cépages lors de ce processus pour les retrouver lors de l’assemblage.

(NDLR : essayez de vous imaginer 20,000 mètres carrés de casseaux en plastiques tous remplis de raisins empilés jusqu’à 6 à 7 bacs de haut. Tout un spectacle…)

EM : « Le temps de séchage est de 4 à 5 mois ce qui est très élevé. Les raisins sont très sucrés à ce stage-ci. Le challenge avec l’Amarone est de bien balancer le niveau de sucre avec le niveau d’alcool. On ne veut pas trop de l’un ni de l’autre. Donc le temps des vendanges et la période de séchage jouent un rôle primordial. Durant ce temps le Winemaker est pas mal nerveux. Le niveau de sucre résiduel désiré est d’environ 4 g/l ce qui en fait un vin sec. La perception de sucre dans l’Amarone ne vient pas du sucre résiduel mais bien du côté fruité du vin. La texture moelleuse du vin vient des tannins bien ronds et non pas du sucre. Notre challenge est d’expliquer cela au consommateur car ces derniers deviennent réfractaires au sucre et il n’y en a pas plus dans l’Amarone que dans d’autres vins rouges secs. Une trop grande quantité de sucre dans le vin impacte la sapidité du vin. S’il est trop sucré, on n’en veut pas d’un deuxième ou troisième verre.

Le consommateur s’y connait de plus en plus en vin. On doit aller vers plus de qualité et un minimum de sucre. Les consommateurs recherchent des produits intéressants pour eux. Si on baisse le niveau de sucre on doit travailler encore plus fort dans le vignoble pour aller chercher un niveau de maturité qui va donner une texture bien ronde…Les terroirs qui sont le plus en altitude vont donner des textures plus intéressantes et plus rondes. C’est un challenge à long terme : les vendanges doivent être faites au bon moment, on doit choisir les bons cépages, les bons clones, on doit avoir le bon terroir, le temps de séchage doit être approprié, le temps de fermentation doit être optimisé etc.

Faire un bon vin d’Amarone c’est quand les gens apprécient le vin et oublient de boire de l’eau…j’aime bien voir un couple dans un restaurant avec un de mes vins et que la bouteille d’eau est encore pleine!

…Depuis un certain temps on voit les producteurs de la région réduire les niveaux de sucre dans l’Amarone. Ils retournent vers les recettes plus anciennes. Les Amarone d’aujourd’hui sont effectivement moins sucrés qu’il n’y a pas si longtemps. Les goûts des consommateurs évoluent. La philosophie va vers cette direction.

Quelquefois les consommateurs croient que l’Amarone est un vin difficile, super concentré alors qu’en réalité il doit absolument être élégant. Nous sommes contents de ce mouvement de la part des producteurs car ça aide l’appellation et ça aide tout le monde. L’élégance de ce type de vin est capitale pour la continuité du succès. Quand les gens commencent à boire du vin ils vont vers des vins plus sucrés. Mais avec le temps leurs goûts évoluent et ils vont vers moins de sucre.

…on continue la visite…

EM : ‘’Dans les rénovations on essaye le plus possible de garder le caractère historique du Chai. Ici Toutes les cuves sont thermorégulées, en inox avec 3 plis. Ici nous avons la collection des vieux millésimes. On y retrouve même un Recioto Spumante qu’on ne fait plus.

Toutes les barriques sont usagées car on n’utilise pas de nouvelles barriques. On les utilise seulement pour ajuster l’oxygénation du vin. Certaines années on ne les utilise pas du tout lorsque ce n’est pas nécessaire. On utilise surtout des foudres. Nous avons que peu de ces barriques, environ 200 toutes de chêne français.

…Ici nous avons un Soave 1943. Je ne sais pas s’il est encore buvable.

C’était le denier millesime produit car ma famille qui a du se sauver durant la deuxième guerre mondiale. Les allemands ont essayé de tuer mon grand-père car il a participé à sauver des gens qui étaient recherchés par eux.

…continuation de la visite…

Ici ce sont les caves ou nous sommes entourés de cuves en ciment sur lesquelles ont a peint des dessins. Ces cuves en ciment agissent comme les fondations du Chai. En fait les cuves de ciment ont été bâties avant le Chai. Puis ce dernier a été bâti dessus. On peut voir certaines failles dans les cuves qui proviennent d’un tremblement de terre. Beaucoup d’histoire avec ces quatre générations des Montresor.

…Ici ce sont des barriques de 55 hectolitres faites de chênes français et de Slavonie.

Chaque barrique est différente car dans les années 30 on produisait nous-mêmes les barriques. Tout dépendait du type de bois qu’on pouvait trouver. On les utilise pour les cuvées haut de gamme.

Pour les Amarone en général on fait vieillir 2 ans en barrique et un an en bouteille avant de commercialiser (pour un total de 3 ans après les vendanges).

L’oxygénation est plus lente dans les foudres que dans les barriques. On obtient alors plus d’élégance mais c’est plus long. On veut éviter les notes boisées dans le vin.

…C’est ici qu’on laisse vieillir le vin en bouteilles toutes empilées les unes sur les autres selon la méthode catasta. C’est une des pires job dans le Chai qu’avoir à empiler les bouteilles les unes sur les autres. Vraiment fatiguant et monotone.

Traditionnellement nous avions un groupe qui dégusait les vins avant la commercialisation et s’ils étaient optimales alors on mettait les étiquettes sur les bouteilles et on les vendait.  Maintenant c’est la responsabilité de Corrado’’.

…continuation de la visite…

EM : ‘’Nous avons de très petites cuves pour expérimenter différentes cuvées. Nous croyons toujours que les cuves en ciment sont les meilleures pour entreposer le vin. L’inox et le bois sont excellents pour « travailler » le vin mais il n’y a rien de mieux que le ciment pour l’entreposer. On peut garder les vins jusqu’à 15 ans sans altérer le vin. Plusieurs vignobles ont détruit les cuves en ciment quand les cuves en inox sont arrivées car c’était la modernité. Maintenant plusieurs rebâtissent ces cuves en ciment.

Dans ces cuves, il n’y a pas de changement de température ni de pression. On peut voir sur les parois des résidus d’acide tartrique qui provient du vin rouge. Au début on tapissait ces cuves avec des parois de verre. De nos jours on utilise une résine d’epoxy.

Trois barriques qui représentent chacune une étape de la fabrication du vin et ont été peintes dans les années 60 et 70. Nous avons réussi à en conserver que ces trois.

…À l’intérieur de la maison principale pour la dégustation :

EM : « C’était la maison de la famille. Maintenant elle sert pour l’administration et les dégustations. Mes grands-parents demeuraient ici. Vous voyez dans ce plancher de la chambre de mes grands-parents il y a comme un trou . En 1944 mon grand-père (Bruno Montresor) est allé à la gare de Vérone sauver des juifs qui étaient dans les trains.

Un de ceux qui y participait a dénoncé mon grand-père et les allemands sont arrivés pour l’arrêter. Il s’est sauvé dans les montagnes alors que ma grand-mère a décidé de rester dans la maison pour confronter les allemands et s’assurer que rien ne serait volé. Un soldat allemand a avec ses éperons de bottes frappé la parquet et fait un trou dans le plancher pour essayer de trouver mon grand-père. Les cheveux de ma grand-mère sont devenus blancs en deux semaines à l’âge de 36 ans. Elle a été arrêtée puis a été libérée quelques semaines plus tard.  

Château Montresor – Loire

Par la suite les allemands ont fait de la maison leur bureau-chef. On a alors cessé de faire du vin durant cette période. Puis les canadiens sont arrivés et les allemands ont fui en apportant tout le vin et tous les objets de métal. C’était un désastre total.

Quand mon grand-père est retourné, il n’y avait plus rien. Et c’est M. Bertani de Bertani Domains qui lui a donné de l’équipement pour recommencer à faire du vin. Malgré le fait qu’ils étaient concurrents, c’est M. Bertani qui a fait qu’on fait maintenant du vin chez Montresor.

Certaines des pièces de la maison sont demeurées telles qu’au décès de mes grands-parents. Rien n’a changé.

…Une des plus vieilles bouteilles d’Amarone que nous avons est cette bouteille de 1946 et c’est la dernière’’.

La dégustation

Les vins de la maison Montresor sont représentés par l’agence Noble Sélections. Vous pouvez accéder à l’ensemble des vins disponibles tant à la SAQ qu’en importation privée en cliquant sur le lien.  :

Une recherche des vins disponibles à la SAQ donne les résultats suivants lors de l’écriture de cet article.

Capitel della Rosara, Valpolicella Classico. Non disponible

Capitel della Rosara, Valpolicella Classico

Le Montresor Capitel della Crosara est disponible à la SAQ

Ce vin provient d’une seule et même parcelle située à 450 mètres d’altitude. Que des raisins frais sont utilisés. Il est vieilli pendant 6 mois dans des barriques qui ont servi pour l’Amarone.

CE : « On ne veut qu’un peu de structure avec le vieillissement de ce vin ».  Sur des effluves de figues de fruits rouges, d’épices douces et de belles notes florales. En bouche la texture est bien veloutée, l’acidité est assez présente et les tannins sont bien charpentés ce qui donne une belle structure au vin. Très élégant avec une belle et longue finale. C’est un vin bien frais, facile à boire Et tout en équilibre.

EM : ‘’Quant au futur de Valpolìcella, je crois que l’Amarone se doit d’être le produit le plus important. En termes de qualité la meilleure expression de Valpolicella c’est avec l’Amarone qu’on peut la traduire. C’est toute la tipicité de la région qui s’y retrouve. Dans le Valpolicella on retrouve le fruit, l’acidité et un niveau d’alcool peu élevé du vin.

On a commencé à sécher le raisin car la Vénétie avait une température assez froide et pour obtenir des vins plus concentrés il fallait faire sécher les raisins. Et avec ce séchage des raisins on fait aussi le Ripasso. On ne peut oublier le Valpolicella qui va si bien avec la nourriture locale autant les poissons que la viande.

La grande différence entre les autres pays qui utilisent la méthode appassimento (séchage des raisins) ce sont les cepages de Corvina, Molinara et Rondinella. Ils ne peuvent pas faire sécher leurs raisins pendant de 90 à 100 jours parce que nos cépages sont des raisins à peau épaisse si on compare au Merlot, Sangiovese et au Pinot Noir qui ont la peau plus mince. Après un mois de séchage, la peau de ces raisins se fendille et s’oxyde ce qui n’est pas le cas avec nos cépages locaux. On obtient alors un produit naturel avec une belle concentration.

Avec un Amaron le vin change à chaque 30 minutes tellement il est complexe. Quand on ouvre une bouteille d’Amarone, il se remet à vivre. C’est comme un bébé. Ça commence sur des de fruits bien frais et ça se termine sur des notes de cuir, de cacao, de chocolat noir un peu amer ‘’.

DE : ‘’Le Valpolicella c’est un peu le petit frère des vins de la région. C’est la base des vins de la région. Si je veux impressionner quelqu’un j’ouvre une bouteille d’Amarone. Mais pour un vin de tous les jours, j’ouvre un Valpolicella’’.

EM : ‘’C’est plus facile de vendre un Amarone à cause de l’élégance et de la concentration. On a une histoire à raconter avec un Amarone.

Cependant de plus en plus de producteurs poussent le Valpolicella Superiore parce que c’est véritablement un vin de terroir et c’est unique à la région. Les choses sont en train de changer. Pendant les 20 dernières années tout était concentré à obtenir des ventes et des scores (notes) qui aideraient aux ventes. C’est maintenant le terroir qui est en train de reprendre le dessus.

Faire un vin de Valpolicella est assez simple puisqu’on n’a pas à le faire vieillir en barrique et on a pas à faire sécher les raisins. Tout passe par la sélection des raisins. Beaucoup de producteurs se demandent s’ils ne devraient pas faire revivre les vins de Valpolicella’’.

Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016, $26.50, Corvina 70%, Rondinella 25%, Molinara 5%, sucre: 5.0 g/l, code SAQ: 12207527. Présentement non disponible.

Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016
Ripasso, Castelliere delle Guaite, Valpolicella Superiore, Primo Ripasso 2016

CE : « C’est la fermentation d’un Valpolicella sur Les peaux utilisés pour faire de l’Amarone ce qui crée une deuxième fermentation (Ripasso). Pour le faire on utilise le meilleur des Valpolicella et sur les meilleures peaux des meilleurs Amarone. On peut utiliser les peaux d’Amarone deux fois donc on fait normalement deux bouteilles de Ripasso avec le moût d’Amarone. Primo veut dire que c’est le premier passage des peaux et non pas la deuxième. Le vin est donc un peu plus riche et plus profond au niveau de son profil aromatique. Puis on il vieillit 2 ans en barrique. On veut qu’il soit concentré mais avec de l’élégance et un bel equilibre. Quant à l’étiquette de ce vin on peut facilement l’enlever, écrire des notes de dégustation et la conserver. Ça vous aide à vous rappeler du vin que vous bu chez des amis ou au restaurant’’.

On sent ici beaucoup de concentration, les tannins sont charpentés et souples et le tout culmine en une belle élégance. La texture est bien veloutée, beaucoup de fraîcheur, des flaveurs assez intenses et complexes. Bien que ce vin ait 14.5% d’alcool, on ne le sent pas. Beaucoup de longueur ainsi qu’une belle acidité. Très séducteur comme vin. Grand potentiel de garde.

Amarone della Valpolicella, Monopolio Montresor, Capitel della Crosara, Classico, $84.25, 2013, 2008 et 2003, code SAQ : 12711256. Le 2010 est disponible.

Amarone della Valpolicella, Monopolio Montresor, Capitel della Crosara, Classico

EM : ‘’Il faut commencer par le plus jeune si on veut voir son évolution. Dans ce vignoble qui est assez grand on ne possède pas toutes les vignes mais au début du XIX siècle on administrait le tout pour plusieurs producteurs. On parlait donc de Monopole et le nom est resté. Ça fait donc plus de 80 ans qu’on utilise ce nom sur nos étiquettes.

Bien que ce soient des millesimes différents on sent que ces vins ont la même signature et le même style. Les vignes ont plus de 50 ans et les cépages ont été co-plantés’’.

Le 2013 est encore bien jeune avec quelques notes herbacées, tout en fraîcheur, beaucoup de structure, des tannins particulièrement charpentés, il a besoin d’être encore vieilli même après 6 ans. Le sucre résiduel est très bas et on ne sent pas l’alcool. Très élégant et d’une longueur plus qu’appréciable. On sent vraiment le terroir dans ce vin. En fait on devrait attendre de 15 à 20 ans avant de boire un Amarone. Beaucoup d’émotions dans ce vin!

Le 2008 est carrément tout en élégance avec beaucoup de volume te d’amplitude en bouche. Simplement incroyable! Superbe sensation de mineralite, acidité assez présente

Ces vins sont secs et ronds à cause des tannns qui sont bien souples.

Je n’ai pas senti beaucoup d’évolution dans le 2003 ce qui témoigne de son potentiel de garde. De plus je n’ai senti l’effet de la chaleur torride qui a sévi en 2003. Le vin demeure bien frais.

EM : ‘’La raison est que le Vignoble se situe à environ 400 mètres d’altitude. De plus les plus vieilles vignes supportent mieux les changements climatiques. Même le 2003 aurait besoin d’un passage en carafe afin d’éveiller son ensemble aromatique. De plus aucune sensation d’oxydation. En fait plus le vin sera sucré plus ses chances de réagìr a l’oxydation est élevée car les sucres sont d’excellents capteurs d’oxygène’’.

Dans cette dégustation on sent clairement la signature de la maison et l’effet du terroir que je ne croyais pas voir avec un Amarone qui est un surtout un vin de méthode. Dans les années 90 beaucoup de producteurs ont commencé à beaucoup concentrer leurs vins. Ce mouvement est en train de complètement changer.

Recioto 1974

Recioto 1974

EM : ‘’Ce vin n’est plus vendu et fait partie de notre librairie personnelle. Si mon père savait qu´on ouvre une telle bouteille il me tuerait…’’.

On sent des notes de fruits rouges, de tabac, de cuir, de raisins de corinthe avec une petite touche de notes boisées ainsi que des épices méditerranéennes. Vraiment des plus exceptionnel. La texture est des plus veloutée et les tannins complètement fondus. On ne sent aucunement d’alcool (14.5%) et quelque peu d’oxydation. Ce vin a encore beaucoup de vie.

Montresor – salle de dégustation

Cirka, premier whisky Québécois, Réserve Paul Cirka, 100% seigle fait au Québec!

Hier soir avait lieu le lancement de ce tout nouveau whisky québécois élaboré à partir de seigle du Québec provenant de la région de Yamachiche. Nous étions reçus à la distillerie par l’équipe Cirka soient Isabelle Rochette distillatrice en chef, François Kremer assistant distillateur, Paul Cirka président et fondateur et Victoria Slodki directrice du marketing et des communications.

Distillerie Cirka

Distillerie Cirka

Comme nous le dit Isabelle Rochette : ‘’Chez Cirka nous terminons notre quatrième année de production et débutons notre cinquième en janvier 2020. Le rêve de Paul (Cirka) était de ramener le whisky à Montréal. Dés le début c’était la raison principale pour laquelle il voulait mette sur pied sa distillerie. Son épiphanie est venue un moment en buvant un Caol Ila à Londres et dès lors il s’est mis dans la tête de faire du bon whisky. Il a fait ses études et ses devoirs pour ainsi dire et il a décidé de partir une distillerie il y a quatre, cinq ans de ça. Le whisky, il faut être patient car c’est un minimum de 3 ans et un jour en barrique. C’est la raison pour laquelle nous avons débuté avec vodka et gin également en parallèle avec la production de whisky. Et puis voila nous y sommes’’.

Paul Cirka (source: Distillerie Cirka)

Avec Victoria j’ai brièvement visité la distillerie qui est assez impressionnante soit dit en passant, pour apprendre que les alambics portent le nom des fondateurs soit Mario dans le cas du whisky et d’Omer (le père de Paul Cirka) dans le cas du gin.  

En passant, je ferai paraître un peu plus tard l’entrevue complète que j’ai réalisée avec Paul Cirka fondateur de la distillerie qui porte son nom.

Distillerie Cirka (source: site web Cirka)

Le fameux whisky québécois – Réserve Paul Cirka

Distillerie Cirka

Qu’a donc de spécial ce whisky? ‘’C’est un whisky 100% seigle, c’est un vrai de vrai rye. Habituellement les gens voient rye sur une bouteille de whisky ile pensent que c’est du 100% alors que c’est en fait de 80 à 90% d’orge avec un peu de seigle dedans alors que le notre est vraiment 100% seigle. Tout est fait ici du grain à la bouteille.

Lors de son élaboration on avait déjà goûté à plusieurs ryes pour se faire une idée. On voulait garder le côté épicé, on a ajouté un peu de seigle chocolaté (7% qui provient d’Allemagne – d’ailleurs on indique cette proportion de seigle sur la bouteille 93/7), un malt chocolaté pour ajouter une belle note de torréfaction à notre recette. On cherchait aussi une belle rondeur également. On a fait une finition pendant plusieurs semaines dans des barriques de Sherry de type Oloroso 30 ans ce qui ajoute une belle note de complexité (NDLR : le vieillissement se fait pendant 3 ans et un jour dans des barriques de chêne américain). Ces barriques de Sherry ont été achetées directement d’un producteur en Espagne’’.

Victoria Slodki – Distillerie Cirka

À qui s’addresse-t-il ce whisky? Comme nous le dit Paul Cirka propriétaire et un des fondateurs : ‘’J’adore introduire des produits de ce genre à des gens qui sont néophytes qui ne boivent pas de whisky. Car je me dis que si cette personne ne boit pas de whisky c’est qu’elle n’a pas trouvé le whisky qui lui plaît. Je sais que celui-ci est un type de whisky plus robuste. Je sais que le rye ne plaît pas nécessairement à tous au buveur de whisky moyen. Beaucoup de ryes deviennent de plus en plus populaires car les buveurs recherchent un éventail plus large. Ils ont essayé les Single Malts et les Bourbons.

Je crois que le type ‘’High Rye’’ whisky prend de plus en plus sa place avec les consommateurs. Les consommateurs de whisky évoluent vers des profils aromatiques plus robustes et plus complexes. Donc je savais qu’il serait plus robuste et ce n’était pas un produit de masse. C’est un whisky qui a une véritable identité, qui est imprégné du caractère de la distillerie et dont on se souviendra après l’avoir bu’’.

Distillerie Cirka

Selon Valérie Slodki : ‘’Vous y retrouverez des notes de figues, de dattes, très juteux avec quelques notes de tabac avec un petit kick derrière. Malheureusement on en a plus car il était en pré-vente et toutes les 850 bouteilles se sont vendues en deux jours. Cependant au printemps 2020 un nouveau whisky devrait être disponible à la SAQ et à la distillerie. Ce sera un format de 750 ml qui se détaillera autour de $50.00 à $60.00 probablement. En ce moment on travaille sur un Single Malt mais possiblement que ce sera un whisky 100% mais. On devrait s’attendre à une lignée de produits de whisky tous sous la marque Cirka’’.

Dégustation

Whisky Québécois, Cirka, 93/7, Réserve Paul Cirka, 40% alc., 750ml. Malheureuseument tout vendu!

Quelques notes boisées, de caramel, de torréfaction et de café entremêlées de saveurs de figues et de dattes ainsi qu’un soupçon de chocolat. Comme le mentionnait Paul Cirka, c’est un ‘’High Rye’’ assez robuste avec beaucoup de personnalité et d’une longueur plus qu’appréciable.

Nous en avons profité pour déguster les autres produits de Distillerie Cirka soient les gins et la vodka :

Cirka, Terroir, Vodka, 750 ml, $43.50, code SAQ : 13455670.

Élaborée à partir de mais 100% du Québec. C’est un produit plus sucré que les vodkas faites à partir de patates. Elle est non filtrée et n’a pas besoin d’être rafraichie. La texture assez grasse est assez particulière et comme le whisky on la goûte en y ajoutant quelques gouttes d’eau. Petit kisk d’alcool en finale mais pas trop.

Cirka, Terroir, Vodka

Cirka, Dry Gin Sauvage, 750 ml, $47.00, code SAQ : 13337631.

C’est un gin forestier obtenu avec l’infusion de 33 épices dont 30 viennent du Québec sauf par exemple l’anis étoilée. Boire de ce gin c’est comme prendre une marche en forêt. Des notes de sapin, de champignons, de cannelle, d’anis étoilée, de fenouil, de cardamone, de camomille et de lavande. Épicée, bien doux et complexe.

Cirka, Dry Gin Sauvage

Cirka, Gin 375, Édition Limitée, 375 ml, $37.75, code SAQ : 13384365.

Vraiment différent! Genre de gin oublié  (Old Tom). Très aromatique sur des notes de roses, de canneberge et de menthe poivrée. On peut considérer le boire en digestif avec sa petite finale presque mieilleuse.

Cirka, Gin 375, Édition Limitée

Entrevue avec Andrea Lonardi de Bertani Domains sur le futur de la région de Valpolicella

Andrea Lonardi (source Winenews.it)

J’ai eu le plaisir tout récemment, de revoir Andrea Lonardi COO de Bertani Domains et personnalité influente dans l’industrie du vin en Italie. Il est aussi administrateur du Consorzio Tutela Vini Valpolicella. J’ai visité et dégusté les vins de la maison Bertani et j’en ai profité pour faire une entrevue avec lui sur le futur de l’appellation. Véritable érudit, j’ose croire que vous apprécierez sa vision et sa philosophie.

Vous pouvez accéder à mes notes de visites et de dégustation des vins de Bertani en cliquant sur le lien suivant :  http://bit.ly/38Nj2lP. Vous pouvez aussi accéder à l’entrevue que j’ai faite avec Andrea Sartori président du Consorzio Tutela Vini Valpolicella et président de Casa Vinicola Sartori S.pA. : http://bit.ly/34e59d0

Source: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

Entrevue avec Andrea Lonardi

V (Vinformateur): Selon vous quelle est l’évolution de la région de Valpolicella?

AL (Andrea Lonardi) : Nous devons comprendre qu’il y a une séparation entre ce qui constitue l’Amarone et le Ripasso des vins de Valpolicella. Quant au futur de la région je crois qu’il doit passer par des vins qui exprimeront le mieux et le plus possible le terroir et ça inclut évidemment les vins d’Amarone.

On doit cesser de produire des Amarone de facture commerciale car plusieurs régions dans le monde peuvent produire des vins à partir de la même méthode (appassimento) qui coûtent passablement moins cher à produire. Nous devons renforcir notre identité en passant par la spécificité du chaque terroir. Sinon si vous faite un vin qui peut être copié assez facilement par quelqu’un d’autre à quoi ça sert? Il y aura toujours quelqu’un qui produira un vin de style similaire à moindre coût.

Séchage des raisins (appassimento)

Nous devons donc transmettre un message commun de la région qui s’adresse aux consommateurs et qui facilitera la reconnaissance de nos vins pour leur qualité intrinsèque.

Je ne sais pas pour le Ripasso, c’est rendu un produit qu’on pourrait appeler un produit de ‘’commodité’’ et par le fait même, c’est un segment qu’il est plus difficile à cerner. C’est un produit qui a un nom facile à retenir, c’est un produit qui combine un style particulier ainsi qu’un caractère bien spécifique car il est bien facile d’approche (…NDLR et les gens l’aiment pour son intensité aromatique et ses tannins bien souples). Je ne crois pas qu’il soit le focus de notre approche à long terme mais bon, il s’en vend beaucoup.

Je crois que beaucoup de notre futur dépend des vins de Valpolicella. Pas facile à faire car un tel virage vers ces vins demanderait pas mal de changement au niveau production. Valpolicella c’est une région, qui grâce aux changements climatiques et grâce aux améliorations point de vue de la viniculture avec de nouvelles ‘’wineries’’ et vignobles, on peut y produire des vins qualité auxquels on aurait pas pu penser il y a quelques années.

Ces types de vins (qui proviennent de la région de Valpolicella) sont particulièrement distinctifs dans le marché pour plusieurs raisons. Ils ont des niveaux d’alcool qui avoisinent les 12 à 12.5%, ils sont plus légers, plus frais avec une acidité assez élevée et avec beaucoup de complexité tant au niveau des saveurs que des arômes. De plus ils ont ce caractère, cette texture bien souple au niveau du palais. Ils ont souvent cette finale légèrement saline qu’on pourrait appeler ‘’minéralité’’. La salinité c’est une des façons dont on peut interpréter la ‘’minéralité’’.

Pour le consommateur, il n’est facile présentement de trouver des vins qui ressemblent à ce que je viens de décrire. Beaucoup de régions dans le monde produisent encore des vins avec des niveaux d’alcool assez élevés. Un des cépages qui connaît beaucoup de succès justement avec ce type de profil de vin est le Pinot Noir qui pousse surtout dans des conditions et des climats plus frais et qui exprime bien la légèreté, la finesse et l’élégance du vin.

Cépage Corvina (source: SAQ magazine)

Le profil des vins de Valpolicella y ressemble beaucoup car le Corvina (un des cépages prévalent dans l’élaboration des vins de Valpoplicella) possède moins de polyphénols et d’anthocyanes que le Pinot Noir. C’est d’ailleurs une des raisons pour laquelle chez Bertani nous avons investi beaucoup en recherche afin d’optimiser les vins de la région.

Parlant de recherche et plus spécifiquement au niveau de l’Amarone ‘’the show must go on’’! Derrière ce ‘’show’’, nous devons supporter notre succès avec de la recherche, avec une vision claire et avoir en tête ce que nous devons changer et améliorer dans nos vins. Ce n’est pas qu’il faille s’adapter aux goûts du marché, ce qui a malheureusement été fait dans les dernières années et qui selon moi, n’est pas la meilleure stratégie à suivre.

Bertani Domains

Il faut plutôt mieux comprendre ce qui constitue notre identité et constamment l’améliorer surtout avec l’impact des changements climatiques et de certaines pratiques de viticulture qu’il faut changer. Par exemple, probablement que nous n’avons plus à faire sécher les raisins pour une période 90 à 100 jours pour l’Amarone, que nous n’avons plus à les faire sécher à la machine et autres, possiblement que nous pouvons nous contenter d’une période de séchage de 40 à 45 jours. Avec la recherche nous devons mieux comprendre ces choses-là. C’est ça dont nous avons besoin derrière le ‘’show’’ de l’Amarone.

Ce ‘’show’’ doit constamment s’améliorer selon une philosophie et une image qui soient claires. Si vous allez au cabaret ‘’Moulin Rouge’’ vous savez pertinemment ce à quoi vous vous attendez. Chaque année le spectacle change, s’améliore mais c’est toujours selon une philosophie claire et nette. Même chose pour les vins de la région.

Bertani Domains

V : Est-ce que votre philosophie en est une de chez Bertani, est-elle partagée par plusieurs producteurs?

AL : Il n’est pas facile de gérer un groupe de producteurs via un Consorzio. Il y a plusieurs années c’était probablement plus facile car le marché était en forte croissance, il y avait de 15 à 20 producteurs et les autres étaient surtout des viticulteurs. Maintenant il y a environ de 200 à 300 producteurs de tailles différentes, des coopératives, des négociants, de grosses marques, des embouteilleurs et de combiner les besoins de tous et chacun n’est pas une mince tâche. C’est très difficile. Ce qui a été perdu dans le processus au fil des années c’est l’importance dans ce tout ce qui se passe derrière le ‘’show’’.

Une partie de ce qui doit être fait peut provenir du Consorzio. Ils veulent promouvoir les vins de la région dans le monde entier et je ne suis pas sûr que ce soit la bonne chose à faire. Je crois qu’il y a d’autres structures et méthodes de promotions disponibles. Le Consorzio doit plutôt se concentrer sur ce qui se passe derrière le ‘’show’’ pour le supporter. Il doit déterminer la direction que l’appellation doit prendre, comment mieux supporter l’appellation pour atteindre ses buts, comment développer une image commune à tous, comment déterminer quelles sont les valeurs qui sont communes à tous et que nous pourrons retrouver et échanger entre producteurs. Bertani aura toujours son identité propre, mais je suis certain que nous pouvons identifier ces valeurs communes entre producteurs. Ceci doit selon moi être le rôle du Consorzio.

Bertani Domains

Ceci représente une nouvelle approche de mise en marché (marketing) qui exige de déterminer les valeurs communes entre producteurs et comment les utiliser, les communiquer. Nous avons une appellation bien complexe. Nous avons l’Amarone et le Ripasso qui sont des vins reliés à la méthode de production. Et nous avons les vins de Valpolicella  qui sont des vins de terroirs dont la relation avec le sol et avec le lieu est identitaire. Les producteurs doivent comprendre cet état des choses spécialement au niveau de la communication. On ne peut communiquer un vin de Valpolicella de la même façon qu’un Amarone ou un Ripasso. Les deux derniers sont reliés aux méthodes de production et le Valpolicella est relié au lieu et au terroir. Ce sont deux approches marketing qui sont complètement différentes l’une de l’autre et il est important pour tous de bien comprendre ces différences.

Dégustation des vins de Bertani Domains

Des suggestions de vins effervescents de moins de $20.00 pour les Fêtes!

Un Cava, Un Prosecco et un Lambrusco pleins de bulles de gaieté et de réjouissance!

Anna de Codorniu, Blanc de blancs, Brut, Reserva, Espagne, $18.40, cépages : Chardonnay 70%, Paradella 15%, Macabeo et Xa-rello 15%, sucre : 8 à 10 g/l, code SAQ : 14222608.

Il s’agit d’un vin effervescent élaboré selon la même méthode de double fermentation (la même qu’en champagne) la deuxième étant en bouteille. Ce vin passe 15 mois sur lies ce qui est plus élevé que le minimum de l’appellation qui est de 9 mois.

Sur des arômes de pêches, d’abricots, de fruits tropicaux, un soupçon d’agrumes et de pain grillé (les 18 mois sur lies). Bien crémeux en bouche avec une belle acidité qui créé un beau contraste avec cette sensation de minéralité.

Anna de Codorniu, Blanc de blancs, Brut, Espagne

Brilla! Prosecco, Extra Dry, $19.95, cépages : Glera 100%, sucre : 13 g/l, code SAQ: 14216291.

Ce vin effervescent est élaboré selon la méthode Martinotti (ou Charmat) qui consiste à une fermentation en cuve sous pression. Il n’y a pas de fermentation en bouteille comme les Cava, Crémants et Champagnes. De plus, tous les Prosecco utilisent le même cépage soit le Glera. Donc pour tous les Prosecco même méthode de fermentation et même cépage. C’est là ou la viticulture et le  terroir peuvent  jouer un rôle de différentiation entre les divers Prosecco.

Au nez de belles notes florales, des notes de fruits blancs surtout sur la pomme, la pêche avec un soupçon d’agrumes et en filigrane des notes de fruits exotiques. En bouche, beaucoup de fraîcheur avec une belle acidité un peu mordante, pas mal aromatique, des notes florales et de fruits, une belle sensation de minéralité, bel équilibre entre l’acidité et le niveau de sucre et une finale appréciable.

Brilla! Prosecco, Extra Dry

Concerto Reggiano, Lambrusco, Italie, Emilie-Romagne, 2018, $19.45, cépage : Lambrusco 100%, sucre : 9.0 g/l, alc. 11.5%, code SAQ : 733261.

J’ai eu le plaisir de déguster tout récemment ce vin en compagnie d’Alessandro Medici co-propriétaire et winemaker chez Medici Ermete. Quel plaisir nous avons eu!

Alors le Lambrusco, qu’est-ce que c’est? C’est un vin rouge ou rosé effervescent des plus originaux qui provient d’Émilie-Romagne (Lambrusco DOC) élaboré à partir du cépage lambrusco. Pour vous faire une idée, imaginez-vous un beaujolais effervescent plein de bulles fines, de notes fruits frais, légèrement sucré avec un beau niveau d’acidité et des tannins bien ronds, bien souples. Quand même assez original non? Ce vin est élaboré à partir du cépage lambrusco et est vinifié selon la méthode ancestrale ou méthode Martinotti/Charmat (la même méthode que le prosecco).  Celui-ci provient de la méthode ancestrale. De plus, ce vin vient sous plusieurs formes telles dolce, secco, dry, extra dry, frizzante, spumante et autres. Donc beaucoup de choix!

C’est particulièrement aromatique! Sur des effluves assez intenses de fruits rouges bien frais (fraises, framboises, cerises). La bouche est tellement fraîche et éclatante de flaveurs de fruits rouges entremêlées de tannins équilibrés et d’une acidité surprenante. Ça vous nettoie un palais et c’est tellement jouissif! Un vin à acheter si vous recherchez quelque chose de différent.

Concerto Reggiano, Lambrusco, Italie, Emilie-Romagne, 2018
À Vérone, novembre 2019

Cinq vins de Bordeaux pour les Fêtes!

Et pourquoi pas des vins de Bordeaux pour la saison des Fêtes! Le classicisme des vins de cette région me ramène toujours à l’essentiel de ce qu’un vin doit être. Bonne dégustation!

Château Fillon, Bordeaux Supérieur, Cuvée Première, 2016, $15.90, cépages : Merlot 65%, Cabernet-Sauvignon 35%, sucre : 1.6 g/l, code SAQ : 12489528.

Château Fillon, Bordeaux Supérieur, Cuvée Première, 2016

Assez surprenant pour le prix! Au début peu aromatique, il se laisse découvrir peu à peu sur des arômes de cassis, de fruits bien mûrs de mûres, de cerises noires, avec un soupçon de tabac et d’épices douces. La bouche est bien équilibrée avec des tannins bien ronds quelque peu charpentés, une acidité quand même assez présente et une belle sensation de minéralité. Très bon rapport qualité/prix!

Château Bourdieu, No 1, Blaye Côtes de Bordeaux, 2015, $22.75, cépages : Merlot 89%, Cabernet-sauvignon 8%, Malbec 3%, sucre : 2.6 g/l, code SAQ : 14147142.

Château Bourdieu, No 1, Blaye Côtes de Bordeaux, 2015

Sur des effluves de fruits noirs bien mûrs (cassis et mûres) et de fruits rouges (fraises), de torréfaction, de fumée et d’épices douces. La bouche est assez costaude avec un beau volume et une belle amplitude sur des tannins bien charpentés. Beau rappel des notes perçues au nez dans une finale appréciable. Bien prometteur, provenant d’un excellent millésime, le genre de vin qu’on pourra apprécier immédiatement et qu’on pourra oublier de 5 à 8 ans au cellier.

Château Labadie, Bordeaux, Médoc, Cru Bourgeois, 2015, $27.60, cépages : Merlot 63%, Cabernet-sauvignon 33%, Cabernet franc 4%, sucre : 2.1 g/l, code SAQ : 14146828.

Château Labadie, Bordeaux, Médoc, Cru Bourgeois, 2015

La dominante au nez est sur des accents de fruits noirs et d’épices douces puis s’invitent des arômes de fruits rouges (cerises), de moka et de torréfaction. La bouche est toute en équilibre et d’une bonne amplitude avec des tannins charpentés (33% Cabernet-Sauvignon) et des flaveurs de fruits noirs et rouges bien juteux. Un brin d’élégance et une très belle longueur. Temps de garde de 5 à 10 ans.

Château Viramière, Saint-Émilion Grand Cru, 2015, $29.75, cépages : Merlot 85%, Cabernet Franc 15%, sucre : 2.9 g/l, code SAQ : 972422.

Château Viramière, Saint-Émilion Grand Cru, 2015

Un très beau Saint-Émilion bien équilibré sur des arômes de fruits rouges tels fraises, framboises, cerises avec un soupçon de vanille et quelques notes d’un boisé bien fin (12 à 14 mois en barrique françaises) et bien intégré. La bouche est fraîche et agréable et les tannins charpentés donnent un vin moyennement corsé. Prêt à boire, il pourra se laisser oublier quelques années disons de 8 à 10 ans. Je l’ai bien aimé!

Château Petit Mayne, Pomerol, 2014, $47.00, cépages : Merlot 90%, Cabernet-Sauvignon 10%, sucre : 3.1 g/l, code SAQ : 494005.

Château Petit Mayne, Pomerol, 2014

Sur des notes à dominante de fruits rouges bien mûrs, un peu de fruits noirs ainsi qu’une trame de notes boisées mais pas trop. La texture est bien veloutée, les tannins sont charpentés bien ronds, souples et tissés serré et l’acidité assez présente et le tout est d’un bel équilibre. C’est d’une belle complexité, bien structuré avec une finale assez longue. Temps de garde de 8 à 15 ans.

Échantillons reçus

Bertani : Le passé, le présent et le futur des vins de la région de Valpolicella

Dégustation des vins Bertani

Quelle visite intéressante de la maison Bertani ou j’ai eu le plaisir de revoir Andrea Lonardi qui est COO (Chief Operating Officer) de Bertani Domains. J’ai eu le plaisir de le rencontrer cet été lors de notre visite chez TreRose lors de l’événement Enovitis In Campo organisé par Unione Italia Vini. Quel érudit du vin! Je l’écouterais pendant des heures…

Andrea Lonardi

Visitez avec moi la  »winery » Bertani et profitez des commentaires d’Andrea Lonardi tout au long de cette visite. En fait, la majorité du texte est constitué des commentaires d’Andrea qui nous a accompagné tout au long de notre visite. J’ai ajouté ici et là quelques observations. Les notes de dégustation sont les miennes.

Bertani

Bertani

Bertani est la plus vieille  »winery » dans la région de Vérone. C’est un endroit assez unique car il combine une approche française entremêlée de culture italienne. Les 2 frères (Giovan Battista et Gaetano Bertani) qui ont fondé la maison ont étudié l’œnologie et la viticulture avec le célèbre professeur Guillot.

Étant issus d’une famille riche et étant amateur de grands vins ils ont été naturellement attirés vers la viticulture. C’est en 1857 que la  »winery » a été fondée par les deux frères à Quinto di Valpantena au nord de Vérone. Elle a été une des premières à voir le potentiel de vins embouteillés. En 1923 la maison reçoit un décret royal comme signe de la qualité et l’excellence de ses vins.

Carte vinicole Valpolicella – Source: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

‘’Au début de Bertani entre 1920 et 1950 le vin le plus vendu était le Soave. En 1957 ils ont décidé de transformer leur production de vins sucrés vers des vins secs et c’est à ce moment que la culture de l’Amarone a débutée. Il faut savoir que tout comme les Petrus de ce monde, l’Amarone de Bertani n’a jamais changé depuis ses débuts tant au niveau de la bouteille, que de l’étiquette que de la vinification.

Il y a eu depuis les tout débuts des changements au niveau du goût des consommateurs. Malgré cela Bertani est demeuré fidèle à ses origines et c’est certainement une des raisons de son succès.

Et ce qui caractérise entre autres, les vins de Bertani c’est la précision avec lesquels ils sont élaborés.

Bertani

Chez Bertani 40% de nos ventes se font en Italie alors que chez d’autres on exporte de 80 à 90% de la production. Il est donc probablement plus important chez nous de raconter notre histoire et de conserver nos traditions qu’ailleurs…

En Italie le Valpolicella et le Superiore ont plus d’importance. Bertani c’est plus que l’Amarone. C’est le Soave, c’est le Valpolicella, c’est le Seco, ça c’est Bertani. Nous ne sommes pas que juste de l’Amarone et du Ripasso’’.

Et ces Ripasso sont aussi élaborés selon la méthode classique qu’on pourrait qualifier « d’ancienne ». D’ailleurs les Ripasso de Bertani sont passablement différents des autres Ripasso qu’on peut retrouver sur le marché ce qu’on verra lors de la dégustation.

Soave Bertani – couronnement de George VI

‘’Quant au Soave, lors du couronnement de Georges VI c’est du Soave de Bertani qu’on a servi. Et en 2012 on a recréé ce même vin selon les mêmes méthodes de cette période. Lors de cet exercise beaucoup de documents sur les méthodes de vinification ont été retrouvés. Ces vins étaient initialement fermentés avec les peaux et n’étaient pressés que lorsque le niveau de CO2 était assez élevé pour protéger le vin de l’oxydation. Ça en fait comme un vin orange mais qui a gardé ses caractéristiques et le respect du Soave. Depuis 2015 le niveau de qualité est vraiment optimisé.

Le Chai est situé dans le Valpatena. Et c’est la seule Vallée qui peut être identifiée comme tel sur la bouteille tout comme un grand cru en Bourgogne.

Le Valpolicella Classico est élaboré dans 5 communes (noms…) qui sont appelées « la main » avec un système de vallées. Dans une de ces villes il y a Tenuta Novare qui est particulièrement qualitative . Tous les vignobles sont situés sur des parties des plus qualitatives orientées sud-ouest. Une des zones entière est la propriété de Bertani ce qui permet l’élaboration de vins de qualité supérieure.

Chai Bertani

(Dans le Chai…) ’’Quant à la vinification des Amarone nous utilisons depuis longtemps des cuves en ciment recouvertes à l’intérieur de verre provenant de Murano ce qui est excellent pour la vinification de nos vins. C’est très dispendieux à réparer et nous l’utilisons qu’une fois par année. Toute la vinification est parcellaire.

Pour la vinification du Soave on utilise des foudres simplement pour l’oxygénation et surtout pas pour avoir des arômes boisés. Ce vieillissement en foudre ajoute de la complexité aux vins…

Chai Bertani

Nous avons terminé les vendanges vers la fin d’octobre et nous avons débuté le pressage des Amarone de 1ère sélection. En fait nous faisons plusieurs sélections des raisins pour les Amarone.

Nous les sélectionnons tout d’abord avant le séchage des raisins puis par la suite lors de la vinification. Seules les meilleures grappes sont sélectionnées. Le temps de séchage des raisins pour l’Amarone est d’environ 100 jours ce qui est un peu plus court qu’autrefois.

Personnellement je suis très impliqué dans la recherche en ce qui a trait au vieillissement du vin en barrique. En fait j’essaye de mieux en comprendre le processus et l’impact sur le vin.

Andrea Lonardi – Chai Bertani

Nous avons présentement 8 millésimes en stock qui vieillissent en barriques et nous nous devons de mieux comprendre le processus de vieillissement sous-bois. Il existe différentes philosophies quant à l’utilisation du bois. C’est un sujet qui m’intéresse particulièrement car certains de nos vins vieillissent sous-bois pendant 8 ans. Tout comme la vinification en Bourgogne, notre processus est similaire car il utilise le bois et ce milieu est particulièrement réducteur.

Alors nous devons développer un modèle d’utilisation du bois pour ajouter plus de précision à l’élaboration de nos vins. Nous soutirons un minimum de 2 fois durant ces 8 années. Un Amarone peut demeurer dans la même barrique pendant sept ans. Durant ce temps nous procédons à l’ouillage deux fois par mois. Le vin utilisé pour l’ouillage provient de vignes élevées à cet effet. C’est un milieu très réducteur même en utilisant des foudres…

Chai Bertani

Nous accordons beaucoup d’importance au vieillissement en bouteille. C’est une étape importante dans l’élaboration du vin chez nous. Par exemple les Amarone vieillissent sous-bois de 7 à 8 ans puis de 1 à 3 ans en bouteille. Lorsqu’il est prêt à être consommé le vin a déjà vieilli plus de 10 ans. La librairie de nos vins contient le millésime 1939 qui n’est pas à vendre. Les millésimes qui suivent 1960 le sont…

Un des facteurs distinctifs des vins de Bertani est le style de la maison qui se perpétue à travers les âges. Si on ouvrait des Amarone de différentes années le style serait plus que probablement le même…

Chai Bertani

Travailler dans une vieille  »winery » comme celle-ci n’est pas toujours facile. Ëtre traditionnel ne veut pas dire que l’endroit doive être rustique et poussiéreux. Les conditions hygiéniques doivent être méticuleuses. On ne veut pas de vins ‘’funky’’ avec un goût de ‘’Brett’’ car selon moi c’est une grave erreur de faire de tels vins. Beaucoup de vins dits nature créent des déviations de l’expression du terroir. Les consommateurs qui ont un certain intérêt pour de tels vins devraient faire attention à ce qu’ils boivent. C’est la grande différence entre le ‘’storytelling’’ (se raconter des histoires) et faire des vins de façon sérieuse’’.

Chai Bertani

Les vins de chez Bertani sont en conversion bio et ne sont pas présentement certifiés comme tels. De plus chez Bertani on utilise plusieurs approches quant à l’agriculture durable. Ils sont présentement à travailler avec leurs fournisseurs afin que ces derniers supportent cette philosophie d’agriculture durable. Ce processus prendra encore quelques années car il implique plusieurs intervenants. ‘’Depuis 2012 n’ont n’utilisons plus aucun insecticide, d’herbicide, on n’utilise que des produits naturels. Je ne crois pas que le bio est le futur de l’agriculture durable.

Les niveaux de cuivre utilisés sont énormes et dangereux pour l’environnement. Ces niveaux de cuivre sont hors de contrôle. Ceux qui utilisent ces systèmes ou labels veulent en réduire les montants mais c’est très difficile et ça prendra beaucoup de temps afin de trouver une alternative efficace. Le cuivre n’est pas une approche durable pour la viticulture. C’est un métal lourd qui a un niveau de dégradation dans le sol qui est très long.

Concentrations de cuivre dans les sols – Unione Italia Vini – Tergeo

Ceci pose un challenge aux  »wineries » de trouver des solutions holistiques et durables. Derrière une belle image, le mouvement bio engendre de réels et graves problèmes dont le souffre et le cuivre.

Notre approche dépasse largement la simple vitiviniculture. On implique le sort de nos travailleurs dans l’équation tant au niveau de la sécurité que des bénéfices sociaux’’.

La dégustation

Cette dégustation s’est déroulée en quatre étapes soient le Soave puis le Valpolicella, le Ripasso et enfin l’Amarone. Ce qui est remarquable tout au long de cette dégustation c’est le fameux style Bertani qui est tout en fraîcheur, possède beaucoup d’équilibre, donne des niveaux d’alcool bien contrôlés et célèbre la finesse et l’élégance. C’est aussi la consécration du terroir surtout en ce qui a trait aux vins de Valpolicella.

Les des vins de Bertani qui sont disponibles à la SAQ offent des rapports qualité/prix exceptionnels. Surprenant qu’ils soit à des prix si bas. Profitez-en! Quant aux vins dégustés à la  »winery » je vous suggère de contacter Marguerite Aghaby par couriel chez VinsFins l’Agence afin d’en déterminer leur disponibilité: marguerite.aghaby@vinsfins.ca.

Soave Bertani, Cavv., Giov., Batt., 2017

Soave Bertani 2017

Ce vin est un exemple de vin orange, c’est-à-dire qu’il est fait selon la même méthode de vinification donc le jus est en contact avec la peau des raisins pendant presqu’une semaine.

Sur des arômes de fruits blancs (poires), de fruits jaunes (pêches, abricots) ainsi que des notes bien florales. En bouche beaucoup de structure avec une acidité bien fraîche et de légers tannins au niveau du palais. De plus, il n’est pas oxydatif et procure une belle sensation de minéralité. La meilleure période pour le boire serait d’ici 3 à 5 ans. Il pourra vieillir pendant presque de 15 à 20 ans.

Bertani Valpolicella

Bertani Valpolicella

Le Valpolicella est le niveau d’entrée des vins de Valpolicella incluant le Valpolicella Superiore et le Classico. Puis suivent le Ripasso et enfin l’Amarone en termes de gradation qualitative. Depuis le développement de l’Amarone par Masi et par la suite le Ripasso, les vins de Valpolicella ont un peu perdu la cote.

C’est en 2014 que Bertani a commencé à élaborer des vins de Valpolicella à partir de raisins spécifiquement identifiés pour faire un vin de qualité de Valpolicella au lieu de sélectionner des raisins qui étaient dédiés à faire de l’Amarone. C’est à partir de ce moment que chez Bertani on s’est penché de façon plus sérieuse sur le Valpolicella pour en faire véritablement des vins de terroir.

‘’Le Valpolicella élaboré par Bertani au niveau profil aromatique se situe entre les vins du nord de la France et le sud de la Bourgogne. Il ressemble beaucoup à un Pinot Noir du Nouveau Monde. On y trouve un caractère assez épicé, beaucoup de fraîcheur, un vin quand même assez léger mais avec beaucoup de complexité. On y retrouve une finale légèrement salée qui provient du type de sol dont il provient. Ces sols ressemblent aux sols qu’on retrouve en Champagne et en Bourgogne qui font toute une différence’’.

Belle intensité des arômes de fruits rouges (cerises) et d’épices douces ainsi qu’une belle trame florale un peu comme un Pinot Noir. Beaucoup de fraîcheur, belle structure sur des flaveurs de cerises et une superbe acidité en fin de bouche.

Ces vins de Valpolicella sont importants pour le futur des vins de la région. Les consommateurs sont attirés par des vins qui tirent avec des niveaux plus faibles d’alcool qui sont élégants, complexes et tout en finesse et qui livrent une belle concentration de saveurs et d’arômes.

‘’Pour faire de tels vins il faut s’y connaître en géologie et justement j’ai passé mes 10 dernières années à étudier cette science des sols. Il faut bien connaître les corrélations entre cette géologie et les différents cépages. Quand on fait du Valpolicella il faut toujours se rappeler que le cépage Corvina possède moins d’anthocyanes et de polyphénols que le Pinot Noir’’.

Bertani Cru, Le Miniere di Novare, Valpolicella Classico, 2018

Bertani Cru, Le Miniere di Novare, Valpolicella Classico, 2018

Ce vin est issu d’un tout nouveau projet dont le but est d’élaborer des vins de terroir de qualité qui reflètent le désir de redorer le blason des vins de Valpolicella. Il provient de la ferme intention de la maison Bertani de tourner une nouvelle page dans l’histoire des vins de la région. C’est une toute nouvelle interprétation de cette lignée de vins que sont les Valpolicella.

‘’Donc en 2015 nous avons décidé de développer un tout nouveau projet dont les vins ont tout récemment été lancés. Ces vins sont issus de raisins bien frais qui n’ont pas été utilisés pour le Ripasso ni l’Amarone ce qu’on retrouve un peu partout présentement. Ces raisins proviennent à 100% de parcelles uniques qui ont identifiées pour ce type de vin et non au préalable pour l’Amarone. Donc qui proviennent de sols qui optimisent le profil aromatique des vins de Valpolicella. C’est un vin qui va dans une direction carrément opposée à ce qui se fait maintenant’’.

Ce vin s’ouvre sur des arômes assez subtils de fruits rouges bien frais (cerises, fraises) et d’épices douces (poivre). En bouche beaucoup d’élégance et de finesse sur des flaveurs de noyaux de cerises, avec une texture veloutée, une acidité assez prononcée et des tannins équilibrés et tissés assez serré. Beaucoup de longueur en bouche. Tellement différent du Valpolicella précédent avec beaucoup de complexité et de finesse.

Superbe interprétation du terroir de Valpolicella qui devrait ramener les consommateurs vers ce type de vin. À quand ce vin au Québec? Bientôt j’espère!

Les Ripasso

« Les consommateurs veulent boire des vins qui sont connectés avec le terroir et qui respectent les traditions. Ce style est la vraie expression des vins de Bertani. Après avoir goûté à des Ripasso assez robustes, les consommateurs sont prêts pour autre chose. Surtout les plus jeunes qui sont attirés par le style de Bertani. C’est notre point de vue chez Bertani.

Et la nouvelle génération boit moins mais mieux alors donnons leurs ce qu’il y a de mieux. Ils veulent avoir plus d’info sur vous, qui vous êtes, la philosophie derrière vos vins, vos pratiques en viticulture, si vous êtes durable etc. Ce sont des changements importants qui s’intensifient. Les vins que nous élaborons sont selon nous résolument modernes et par le fait même attirent les plus jeunes clientèles’’.

Valpolicella Ripasso, 2017.

Valpolicella Ripasso, 2017

Disons d’emblée que tous les Ripasso ne sont pas nés égaux. La sélection des raisins, les différents terroirs et les diverses méthodes de vinification en font une myriade de styles.

‘’Ce Ripasso est élaboré selon notre nouvelle approche plus moderne et basé sur un ratio 1 :2 c’est-à-dire qu’une bouteille d’Amarone donnera deux bouteilles de Ripasso (on pourra repasser deux fois)’’.

Au nez, des arômes de fruits rouges et noirs assez intenses et d’épices douces. D’une texture des plus veloutée, une acidité assez marquée et des tannins presque charpentés côtoient des flaveurs assez intenses. Très beau volume et une belle amplitude et d’une très belle longueur.

Catulo Valpolicella Ripasso, Classico Superiore, 2016.

Catulo Valpolicella Ripasso, Classico Superiore, 2016.

‘’Ce vin est élaboré selon une philosophie plus ancienne qui utilise le moût de nos meilleurs Amarone et est basé sur le ratio 1 :1 c’est-à-dire une bouteille d’Amarone donne une bouteille de Ripasso’’.

Le premier est résolument plus moderne alors que le deuxième est définitivement plus sec.

D’un profil aromatique un peu plus discret, des tannins charpentés et bien souples, une acidité un peu moins élevée que le précédent mais des flaveurs plus intenses et surprenantes de cerises et de chocolat. Beaucoup de volume et d’amplitude et quelle longueur! Vraiment très beau vin.

Les Amarone

Amarone della Valpolicella, Classico, 2010

Amarone della Valpolicella, Classico, 2010

Le profil de ce vin ressemble à un Châteauneuf-du-Pape. Sur des effluves de prunes, tout en élégance et en douceur, doux et suave. La texture est particulièrement veloutée, l’acidité bien présente et les tannins sont charpentés. Sur des notes d’épices, d’une belle intensité et d’une belle profondeur. Surprenante fraîcheur du fruit et beaucoup de structure.

Reciotto della Valpolicella, Classico Superiore, 1967

Reciotto della Valpolicella, Classico Superiore, 1967

Quel plaisir que de déguster ce vin, ce nectar dis-je! Sur des notes de tabac, de cassonade avec une certaine évolution comme sur des raisins de Corinthe. Beaucoup d’équilibre sur des tannins équilibrés, superbe longueur et super volume en bouche.

Les produits disponibles à la SAQ

Vins disponibles à la SAQ

Trois Crémants pour le Temps des Fêtes!

On assiste depuis quelques années à une véritable révolution dans le milieu des vins effervescents avec le développement des Proseccos et des Cavas. Mais il ne faut surtout pas oublier les Crémants de France qui selon moi s’approchent le plus du profil aromatique du Champagne. Cette appellation a été mise sur pied seulement en 1975 afin d’encadrer tous les producteurs de vins effervescents de France qui produisent hors Champagne.

Source: Wine Folly

Pratiquement chaque région importante a son Crémant; Crémant de Loire, Crémant de Bordeaux, Crémant de Bourgogne, Crémant du Jura et bien d’autres.

Ces vins sont élaborés sensiblement de la même façon que le Champagne sauf quant au choix des cépages qui peuvent varier selon l’appellation et au temps de vieillissement sur lattes qui en général sera plus long pour les Champagnes. En Champagne on utilise en priorité le Chardonnay, le Pinot Noir ainsi que le Pinot Meunier. En Bourgogne pour le Crémant on utilisera le Chardonnay, le Pinot Noir mais pas de Pinot Meunier car ce dernier n’est pas autorisé en Bourgogne. On pourra aussi utiliser l’Aligoté et le Gamay ce qui pourra donner un profil aromatique différent.

Dans le cas des Crémants du Jura les cépages autorisés pour sa production sont le Poulsard, le Pinot noir, Pinot Gris, le Trousseau, le Chardonnay et le Savagnin.

Dégustation

Voici 3 Crémants que j’ai dégustés pour vous dont 2 Crémants de Bourgogne et un Crémant du Jura.

Louis Picamelot, Les Reipes, Crémant de Bourgogne, Blanc de blancs, Extra Brut, 2014, $29.85, cépage : Chardonnay 100%, sucre : 6.2 g/l, code SAQ : 14209673.

C’est le plus sec (Extra Brut) des 3 Crémants avec seulement 6.2 g/l de sucre résiduel. Dans la vinification de ce Crémant, seuls les premiers jus de presse sont conservés. Le vieillissement est effectué dans des cuves d’inox et de fûts de chêne pendant 9 mois puis les bouteilles sont couchées sur lattes pendant un minimum de 18 mois. On parle ici d’un Crémant millésimé dont les raisins proviennent tous de la même année.

Probablement celui qui se rapproche le plus du goût du Champagne des trois Crémants. C’est aussi celui dont le temps de vieillissement s’en rapproche le plus. Il reflète bien le cépage Chardonnay avec ses arômes de fruits jaunes, de pain grillé et d’épices. Ses bulles sont particulièrement fines et son acidité est très marquée. Sa longueur est appréciable. C’est celui qui est possiblement le plus de structuré des trois.

Louis Picamelot, Les Reipes, Crémant de Bourgogne, Blanc de blancs, Extra Brut, 2014

Bailly Lapierre, Crémant de Bourgogne, Blanc de Noir, Pinot Noir, Brut, $24.95, sucre : 7.6 g/l, code SAQ : 11565015.

Ce Crémant n’est pas millésimé ce qui veut dire que le vin utilisé lors de son élaboration peut provenir d’autres années. Il a été élevé de 16 à 18 mois en moyenne en bouteilles posées sur lattes. Normalement les Crémants élaborés de Pinot Noir ont tendance à être plus vineux et plus structurés. Celui-ci est particulièrement fruité (fruits blancs et pommes vertes) avec de belles notes florales. Sa bouche est bien festive avec une belle sensation de minéralité et est dotée d’une belle profondeur.

Bailly Lapierre, Crémant de Bourgogne, Blanc de Noir, Pinot Noir, Brut

Marcel Cabelier, Crémant du Jura, Blanc de blancs, Brut, $22.00, cépage : Chardonnay 100%, sucre : moins de 12 g/l, code SAQ : 14209497.

Le temps de vieillissement en bouteille est d’un minimum de 12 mois. De plus, comme le précédent, il n’est pas millésimé. J’ai toujours bien aimé ce Crémant. Son niveau de sucre est le plus élevé des deux Crémants bruts ce qui lui donne une texture plus veloutée et une sensation crémeuse plus intense. Sur des arômes de pommes jaunes, il offre une bonne sucrosité ainsi que quelques notes briochées (chardonnay). J’ai trouvé que c’était le plus linéaire des trois en ce sens que ce qu’on perçoit au nez est exactement ce qu’on perçoit en bouche.

Marcel Cabelier, Crémant du Jura, Blanc de blancs, Brut

Bonne dégustation et Joyeuses Fêtes!

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