
Au golf, certaines réussites méritent davantage qu’une simple inscription sur la carte de pointage. Lorsqu’un joueur réussit un birdie, il arrive qu’un flasque et quelques verres apparaissent au départ du trou suivant. Une rasade est alors partagée pour célébrer ce précieux coup sous la normale.
Mais d’où vient cette coutume? Est-elle écossaise, irlandaise, américaine ou simplement née spontanément entre partenaires de jeu?
Le birdie : une expression née aux États-Unis
Même si le golf moderne trouve ses racines en Écosse, le mot birdie serait d’origine américaine. Au tournant du XXe siècle, le mot bird était employé dans l’argot américain pour désigner quelque chose d’excellent ou de remarquable.
Selon le récit conservé par l’Atlantic City Country Club, l’expression serait apparue en décembre 1903. Abner « Ab » Smith jouait alors le 12e trou du parcours lorsqu’il réussit un remarquable coup d’approche qui s’arrêta à quelques pouces du trou. Il aurait qualifié son coup de bird of a shot avant de réussir son roulé pour terminer le trou un coup sous la normale.
L’expression aurait ensuite évolué vers birdie pour désigner ce pointage. Les visiteurs de l’Atlantic City Country Club auraient contribué à la répandre dans les autres clubs américains, puis à travers le monde. Une pierre commémorative rappelle aujourd’hui l’événement sur le parcours. Atlantic City Country Club
Ce récit est largement accepté dans le monde du golf, même s’il repose principalement sur l’histoire transmise par le club.
Une tradition aux origines beaucoup moins précises
L’origine de la rasade servie après un birdie est nettement plus difficile à déterminer. Aucune source historique connue ne permet d’identifier avec certitude un club, un joueur ou une année précise.
On pourrait naturellement penser à l’Écosse ou à l’Irlande, deux pays où le golf, le whisky et la convivialité entretiennent des liens anciens. Pourtant, les publications écossaises, irlandaises, britanniques et australiennes consultées parlent abondamment du verre pris après la partie, mais très rarement d’une rasade servie immédiatement après un birdie.
Dans les îles Britanniques, la tradition la mieux documentée demeure celle du 19e trou, cette expression désignant le bar où les joueurs se retrouvent après leur ronde.
Les sources écossaises confirment également l’ancienneté des liens culturels entre le golf et le whisky. Le roi Jacques IV d’Écosse, qui régnait à la fin du XVe siècle, pratiquait le golf et appréciait l’aqua vitae, ancêtre du whisky. Cela ne permet toutefois pas d’établir un lien avec la célébration particulière d’un birdie. Scotch Whisky Experience
L’absence de sources ne prouve pas que le rituel n’existe pas en Écosse, en Irlande, en Grande-Bretagne ou en Australie. Elle signifie simplement qu’on ne peut attribuer son origine à l’un de ces pays.
Une coutume probablement née entre partenaires de jeu
La pratique consistant à boire après un birdie est aujourd’hui surtout documentée en Amérique du Nord, sans qu’il soit possible d’établir où ni quand elle est apparue.
Un article de la Colorado Golf Association décrit des joueurs qui conservent un flasque dans leur sac et le sortent pour porter un toast lorsqu’un membre du groupe réussit un birdie. L’article s’intéresse surtout aux restrictions entourant l’alcool apporté sur un parcours, mais il confirme l’existence du rituel chez certains golfeurs américains. Colorado Golf Association
Le « birdie juice »
Aux États-Unis et au Canada anglais, l’alcool conservé pour cette occasion est souvent appelé birdie juice. On rencontre également les expressions birdie shot, birdie flask et celebration shot.
Le rituel varie selon les groupes. Généralement, le joueur qui réussit le birdie sort son flasque et sert une petite quantité à ses partenaires. Tout le monde porte ensuite un toast avant de poursuivre la partie.
Dans d’autres groupes, seul l’auteur du birdie boit. Certains attendent le départ du trou suivant pour ne pas ralentir le jeu. Il n’existe aucune règle officielle concernant la boisson, la quantité ou le moment de la célébration.
Le birdie juice ne fait évidemment pas partie des règles du golf. C’est une coutume informelle qui appartient à chaque groupe de joueurs.
Au Québec : une tradition surtout orale
Au Québec, cette pratique paraît relever avant tout de traditions propres à certains groupes. Je n’ai trouvé aucune publication québécoise retraçant son histoire ou permettant d’en mesurer l’étendue.
La tradition se transmet simplement d’un joueur à l’autre : lorsqu’un nouveau partenaire voit la bouteille apparaître après un birdie, il comprend rapidement le fonctionnement du rituel.
Cette absence de documentation explique probablement pourquoi plusieurs golfeurs connaissent la coutume sans être capables d’en préciser l’origine.
Quelles liqueurs choisir pour célébrer un birdie?
Les liqueurs aromatisées, légèrement sucrées conviennent particulièrement bien à cette tradition : leurs saveurs sont immédiatement reconnaissables et une très petite rasade suffit pour marquer le coup.
Fireball : le choix festif et épicé
Le Fireball associe une base de whisky canadien à des arômes de cannelle. Son caractère sucré, chaleureux et intensément épicé en fait une boisson idéale pour créer un rituel de groupe.
Profil : cannelle, épices et notes sucrées
Alcool : 33 %
Format recommandé : 375 ml
Prix : 14,95 $
Code SAQ : 13142227
Fireball 375 ml — SAQ

Goldschläger : de l’or pour célébrer un birdie
Avec ses véritables paillettes d’or de 24 carats suspendues dans une liqueur transparente à la cannelle, le Goldschläger apporte une dimension particulièrement spectaculaire au rituel.
Plus sec, plus puissant et plus alcoolisé que le Fireball, il doit être servi en très petite quantité. Ses particules d’or semblent tout indiquées pour souligner un coup aussi précieux qu’un birdie.
Profil : cannelle vive, épices et légère douceur
Alcool : 40 %
Format : 750 ml
Prix : 29,95$
Code SAQ : 343145
Goldschläger — SAQ

Southern Comfort : doux et fruité
Le Southern Comfort constitue une excellente solution de rechange au Fireball. Il offre des saveurs de pêche, de fruits, de vanille et d’épices douces dans un ensemble plus rond et moins brûlant.
Malgré son image historiquement associée au whisky, le produit vendu à la SAQ est classé comme une liqueur de fruit à la pêche. Son caractère accessible convient aux joueurs qui apprécient moins le goût direct des spiritueux.
Profil : pêche, fruits, vanille et épices douces
Alcool : 35 %
Format recommandé : 375 ml
Prix : 14,95$
Code SAQ : 293068
Southern Comfort 375 ml — SAQ

Sortilège Original : le choix québécois
Le Sortilège Original associe du whisky canadien et du sirop d’érable québécois. Ses saveurs d’érable, de caramel et de vanille lui donnent une identité résolument locale.
Plus doux et moins épicé que le Fireball, il conserve suffisamment de caractère pour être servi en petite rasade. Son format de 375 ml est particulièrement pratique.
Profil : érable, caramel, vanille et whisky
Format recommandé : 375 ml
Prix : 26,95$
Code SAQ : 14349625
Sortilège Original 375 ml — SAQ

Coureur des Bois : riche et généreux
Le Coureur des Bois marie un whisky canadien vieilli, élaboré à base de seigle, à du sirop d’érable pur. Il présente un caractère plus riche, boisé et gourmand.
Sa douceur appelle une portion modérée, mais il représente une excellente option pour les parties disputées pendant les journées plus fraîches du printemps ou de l’automne.
Profil : érable, caramel, bois et whisky
Format : 750 ml
Prix : 39,50 $
Code SAQ : 11724979
Coureur des Bois — SAQ

Drambuie : le clin d’œil écossais
Le Drambuie est élaboré à partir de scotch, de miel de bruyère, d’herbes et d’épices. Plus complexe que le Fireball ou le Southern Comfort, il apporte un lien culturel intéressant avec l’Écosse, berceau du golf moderne.
Cela ne signifie pas que le Drambuie soit historiquement associé aux birdies : il s’agit plutôt d’une suggestion inspirée par ses origines écossaises.
Prix : 52,50$Profil : miel, herbes, épices et scotch
Alcool : 40 %

Jägermeister : plus herbacé et amer
Le Jägermeister offre une tout autre expérience avec ses saveurs d’herbes, d’épices, d’agrumes et de réglisse. Moins consensuel que les liqueurs à la cannelle ou à l’érable, il possède néanmoins suffisamment d’intensité pour être servi en très petite quantité.
Il donne de meilleurs résultats lorsqu’il est servi très froid.
Profil : herbes, réglisse, agrumes et épices
Format : 375 ml
Prix : 18,95 $
Code SAQ : 12470018
Jägermeister 375 ml — SAQ

Les produits inspirés du « birdie juice »
La coutume a progressivement donné naissance à toute une gamme d’accessoires destinés aux golfeurs.
Le flasque classique
Un flasque en acier inoxydable de 175 à 240 ml est suffisamment compact pour entrer dans une poche du sac de golf.
Un modèle muni d’un bouchon attaché réduit le risque de le perdre sur le parcours. Un petit entonnoir facilite également le remplissage.
Le flasque avec quatre petits verres
Pour un quatuor, le produit le plus pratique demeure un flasque accompagnée de quatre petits verres métalliques. Certains modèles rangent même les verres dans le bouchon ou dans un étui fixé à la bouteille.
Quelques exemples repérés en ligne :
- Birdie Bottle propose des flasques personnalisables de 8 ou 12 oz avec quatre petits verres intégrés;
- Pour Caddy offre un ensemble comprenant une flasque et des verres;
- Open Court, un détaillant canadien, présente un ensemble Birdie Juice avec quatre verres;
- Etsy Canada regroupe plusieurs flasques gravées, petits verres et accessoires personnalisés.
Ces produits ont été repérés en ligne, mais non testés. Il faut vérifier leur disponibilité, leurs dimensions, les frais de livraison au Québec et les éventuels droits de douane avant de commander.
La Birdie Box française
En France, la Birdie Box réunit un flasque, quatre verres, une petite bouteille de liqueur, des balles de golf, des tees et un relève-pitch.
Le coffret a été présenté en 2021 par le site français Fou de Golf et distribué par la Distillerie Gessienne, située à Collonges, dans le département de l’Ain. Fou de Golf
La Birdie Box n’est pas à l’origine de la tradition. Elle transforme simplement une coutume déjà connue en idée-cadeau destinée aux golfeurs.
Une célébration à pratiquer avec discernement
Avant d’apporter un flasque sur un terrain, il faut vérifier la politique du club et les conditions de son permis d’alcool.
Au Québec, la Régie des alcools, des courses et des jeux précise que l’option permettant aux clients d’apporter certaines boissons dans un établissement ne couvre pas nécessairement les alcools et les spiritueux. La solution la plus sûre consiste donc à consommer seulement un produit vendu, servi ou expressément autorisé par le club. RACJ
La consommation ne doit évidemment pas ralentir le jeu, déranger les autres golfeurs ou compromettre la capacité de conduire après la partie.
Au fond, le birdie juice importe moins que le birdie lui-même. Le rituel offre simplement une manière conviviale de célébrer l’une de ces petites victoires qui rendent une ronde mémorable.
Et dans notre groupe, lorsque la balle tombe pour un coup sous la normale, la consigne est désormais bien établie : sortez le Fireball!



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