Catégorie : Prix – Vins rouges (Page 2 of 29)

Un beau vin blanc avec un excellent rapport qualité/prix!

Carrelots des Amants, vin blanc, Sauvignon blanc et Gros Manseng, Côtes de Gascognes, Vignerons du Brulhois, 2018, $10.45, sucre : 2.2 g/l, code SAQ : 11675871.

Agence Sylvestre – échantillon

Il y a de ces régions ou on peut trouver de beaux rapports qualité/prix! Et la Gascogne dans le Sud-Ouest de la France en fait partie. Ce vin assez aromatique est des plus goûteux avec de belles notes franches d’agrumes surtout sur la lime avec un soupçon de pamplemousse ainsi que des notes herbacées. En bouche, le moelleux est équilibré avec des saveurs de fruits passablement concentrées. Très belle acidité et longueur moyenne. Assez incroyable pour un vin de $10.45 !! Avec poissons, crustacés et fromages de chèvre.


Carrelots des Amants, vin blanc, Sauvignon blanc et Gros Manseng, Côtes de Gascognes, Vignerons du Brulhois, 2018

Ce vin est aussi disponible en rosé ($12.70) et en rouge ($12.70) à la SAQ

Carrelots des Amants rosé et rouge

Domaine de la Charmoise. À la recherche de la pureté et de l’essence même du vin!

Jean-Sébastien Marionnet et Claude Lalonde (Vinformateur)

Lors de mon voyage en Loire avec mon comparse Luc Marier nous avons le plaisir de rencontrer Jean-Sébastien Marionnet propriétaire du Domaine de la Charmoise avec son père Henry Marionnet. Le Domaine est situé à Soings-en-Sologne à environ une heure de Tours dans la superbe Vallée de la Loire.

Des vignes Franc de Pied

Tout d’abord ce qui distingue le domaine des autres ce sont ce que j’appelle deux facteurs qualitatifs mais aussi qui peuvent comporter une certaine dose de risque. Environ 10% des vignes sont en Franc de Pied, c’est-à-dire non-greffées. Il faut savoir que cette terrible maladie qu’est le Phylloxéra a détruit l’entièreté du vignoble européen au début du sciècle dernier et que les vignes ont été replantées sur des porte-greffes américains. Celles chez Marionnet ne l’ont pas été (en partie) et sont donc possiblement plus à risque de contacter cette maladie. Par contre mes amis ça donne des vins éclatants avec une personnalité bien à eux.

Des vins sans souffre

De plus plusieurs vins sont élaborés sans souffre ce qui peut déstabiliser un vin si on ne sait pas comment s’y prendre ce qui n’est certainement pas le cas au Domaine de la Charmoise. Les vins sont tout en fruits, d’une belle pureté. Incroyable ce que ça peut donner quant c’est bien fait! D’ailleurs le Domaine a été reconnu comme producteur de l’année 2019 par Bettane + Dessauve!

Et quelle expérience nous avons vécue avec Jean-Sébastien lorsque nous avons dégusté les vins sur une base comparative entre ceux issus de vignes Franc de Pied et de vignes greffées et dans quelques cas de vins de vignes non-greffées et greffées. Incroyable de voir l’impact du porte-greffe sur le profil aromatique du vin.

Des vignes pour le Château de Chambord

Enfin et c’est toute une histoire, Jean-Sébastien et Henry Marionnet sont consultants dans le développement des vins du Château de Chambord qui sont élaborés à partir des vignes originelles de celles que François 1er a fait venir il y a environ 500 ans. En fait, Henry et Jean-Sébastien ont retracé l’origine de leur vieille vigne de Romorantin qu’ils possèdent sur leur Domaine et qui est l’arrière arrière petite fille de cette vigne originelle. Avec les vins produits à partir de cette vigne, c’est la boucle qui est bouclée!

Entrevue avec Jean-Sébastien Marionnet

Henry et Jean-Sébastien Marionnet

CL/LM (Claude lalonde et Luc Marier) : Vous avez une réputation de ne pas faire les choses comme les autres avec les vignes Franc de Pied, le sans souffre et autres. Est-ce un côté rebelle? Comment voyez-vous tout ça?

M (Jean-Sébastien Marionnet) : Rebelle c’est un bien grand mot. On essaye d’innover, toujours en quête du bon goût. Je ne vous apprends rien. Il faut innover pas seulement pour innover, on est dans la recherche du goût et il faut trouver ce qu’il y a de plus pur. Voila.

Il y a deux grandes particularités ici. Le fait d’avoir des vignes non greffées et de faire des vins sans sulfite améliorent le goût du vin. C’est indéniable! J’essaye de faire le vin à mon goût, un vin qui me plaise. J’en bois beaucoup et je veux qu’il soit bien digeste. Puis on veut le faire partager et le faire connaître.

CL/LM : Vous avez dit que vous recherchez ce qu’il y a de plus pur. C’est quoi selon vous la pureté?

M : C’est le raisin. Le fruit, le goût du raisin.

CL/LM : Et les intrants?

M : Moins vous y touchez moins vous en mettez et mieux ça vaut.

Vignes Domaine de la Charmoise

CL/LM : Donc vous êtes loin des labels comme bio?

M : Je n’ai pas besoin de labels de ce genre. Je crois que nous pourrions être considérés comme agriculture biologique. Ça aide toujours. Mais c’est vraiment une démarche commerciale et peux-être j’y viendrai un jour. Peu importe, on verra. Mais vous savez l’agriculture biologique ne parle que de la culture de la vigne. Une fois que les raisins ont passés les portes de la cave, ils sont logés à la même enseigne que tout le monde. On peut y ajouter une liste d’intrants aussi longue qu’ailleurs. Peut-être avec des doses plus basses. C’est la même chose avec les vins sans souffre. Les gros faiseurs de vins qui arrivent à faire des vins sans souffre depuis quelques années mais quand on regarde leur mode opératoire c’est aberrant! Certes ils ne mettent pas de souffre mais il faut voir tout ce qu’ils mettent à côté pour essayer d’avoir des vinifications sans déviances et qui vont jusqu’au bout et sans problème. Autant mettre du souffre et pas tous ces produits œnologiques qui modifient le goût du vin et qui ne sont pas du tout bons à boire.

Le souffre c’est une avancée œnologique majeure qui a 200 ans qui a été utilisée pour la première fois au milieu du 19ième siècle. Et avant ça, les gens buvaient des vins piqués, dégueulasses et c’est pour ça que les rois de France buvaient des vins imbuvables et c’est pour ça qu’ils les coupaient avec de l’eau de mer, des épices, tout ce qu’ils trouvaient.

Vignoble Domaine de la Charmoise

CL/LM : Ici on s’en tire comment avec le sans souffre?

M : Avec le sans souffre, le premier millésime qui a été fait c’est il y a 30 ans en 1990. Moi je ne fais des vins sans souffre que sur le rouge et pas sur le blanc. Donc c’est la cuvée Première Vendange que vous devez connaître puisqu’il est commercialisé au Québec. Donc le premier millésime c’est 90, donc ce n’est pas moi, c’est mon père qui l’a fait. Il y est arrivé avec une qualité de raisins les meilleurs possible, les plus sains possible avec un bon équilibre richesse et acidité. Et puis vendanges manuelles forcément et ensuite être très rigoureux, très propre à la cave et utiliser des cuves inox (faire des vins sans souffre dans des barriques ce n’est pas conseillé), et il faut bien protéger le vin.

Une fois que les raisins ont passés les portes de la cave tout est saturé de gaz carbonique. Le jus de raisin, le moût n’entrent jamais en contact avec l’oxygène, l’air. Ensuite en pleine fermentation on fait des analyses quotidiennes de chaque cuve pour voir s’il n’y a pas de déviances et le paramètre le plus sensible, le plus critique c’est l’acidité volatile (la piqure acétique).


Vignoble Domaine de la Charmoise

CL/LM : Quand on goûte au Première Vendange on ne voit pas de différence dans les bouteilles d’une même caisse ni de différences quel que soit l’endroit ou on le déguste. Souvent les vins sans souffre donnent des odeurs plus ou moins agréables. Pourtant on ne retrouve pas ces problèmes chez vous. Qu’en est-il des conditions de transports qui impactent le vin et sur lesquels vous n’avez pas ou peu de contrôle?

M : Je n’ai jamais eu de soucis une fois que le vin a quitté notre maison. Les gros problèmes ne sont pas après que le vin a été fait. Les gros problèmes ils arrivent au niveau de la vinification. Pendant les fermentations pendant que vous avez du raisin en fermentation c’est là que ça peut dévier de façon fulgurante, et ça nous est déjà arrivé, et en une nuit vous pouvez perdre la cuve entière du fait de la montée de l’acidité volatile.

CL/LM : Qu’est-ce qui va créer ces conditions?

M : Alors ce sont plusieurs facteurs, mais le principal c’est que la malolactique se fasse avant la fermentation alcoolique. Une fois que la malo est faite et que la fermentation alcoolique n’est pas commencée les bactéries lactiques qui restent attaquent le sucre qui reste et en attaquant le sucre ça créé de la volatile et puis voila. Si ça se passe il n’y a que le souffre qui arrête tout.

CL/LM : Et un vin nature sans souffre est-ce que c’est réellement sans souffre?

M : Il n’y a pas de législation ou de cadre législatif pour les vins nature. Il n’y a pas de définition. N’importe qui peut en faire supposément. Un vin est nature c’est antinomique. C’est ce qu’il faut dire à vos lecteurs, si vous laissez un verre de vin fermenté naturellement dans un récipient, dans une cuve ou n’importe quoi, ça devient du vinaigre. S’il y a intervention de l’homme ce n’est plus nature. Ou alors, si on parle d’un vin nature, c’est un vinaigre. Celui qui fait des vins nature il le prouve comment? Il va te dire ‘’On utilise des levures naturelles, qu’on produit nous-même’’. Alors c’est pas vrai. Ils en produisent mais c’est infinitésimal. C’est de l’arnaque! En plus c’est assez sectaire, c’est idéologique, et en majorité, pour nous ce qu’on va trouver comme des défauts, pour eux ils verront ça comme des qualités. Alors on ne vit pas sur la même planète. On cause pas le même language. Il n’y a pas d’échanges. Il y a cette mouvance là et elle existe de plus en plus.

Domaine de la Charmoise

CL/LM : Et votre opinion sur la biodynamie?

M : Je ne sais pas. Nous on est plus dans le bio que dans la biodynamie. Mais vous savez c’est assez proche. La biodynamie est en fonction des astres et autres, vous connaissez. Ce qu’il ne faut pas perdre de vue c’est le but de la viticulture qui est d’obtenir le raisin le plus sain possible. La parole d’Émile Peynaud ça été :’’Donnez-moi le meilleur raisin du monde je ferai le plus grand vin du monde’’. C’est notre travail de tous les jours. Ça commence par les rendements petits à moyens, ensuite il faut un état sanitaire irréprochable, il faut que ce soit aéré, il ne faut pas que les grappes se touchent l’une et l’autre.

CL/LM : Pourquoi planter Franc de Pied?

M : C’est mon père en 1992 qui a planté un hectare de Gamay. Et le premier millésime en 1995 on a vu la différence entre la vigne greffée et celle non-greffée. Et gustativement tout était en faveur des vignes non-greffées. Ça été une véritable révolution. Il y a toujours le risque du Phylloxéra mais pas ici car on a un sol sable avec argile. Alors on vit dans le risque avec le sans-souffre et avec les vignes Franc de Pied.

Suite à notre expérience avec le Franc de Pied, il y a des vignerons de la Loire qui se sont essayés. Mais ils ont malheureusement eu du Phylloxéra.

J’ai 5 parcelles non greffées pour les Franc de Pied dont Sauvignon, Gamay, Malbec, Chenin et Romorantin. Tout ça c’est vinifié à part et c’est qu’une parcelle. Premières Vendanges c’est un assemblage de plusieurs parcelles. J’ai 5 hectares et demi en Franc de Pied sur 62 hectares, presque 10%. Nous n’avons pas l’intention d’élargir le Franc de Pied. Vous savez si un jour il y a le Phylloxera…On ne veux pas prendre ce risque additionel.

À Chambord tous les Romorantin sont Franc de Pied (4 hectares provenant des boutures de la vieille vigne), un hectare en Sauvignon et un hectare en Hors Bois (Arbois) ce qui fait 6 hectares sur un total de 14. La proportion est plus élevée la que chez nous. Les vignes n’existaient plus à Chambord et c’est l’État qui nous a demandé conseil sur les solutions à entreprendre. En fait je suis consultant dans ce projet.

Domaine de la Charmoise

CL/LM : Utilisez-vous la grappe entière?

M : Moi j’utilise toujours la grappe entière. Depuis tout le temps.

CL/LM : Quels sont les implications de cette utilisation de la rafle entière?

M : Tout dépend du temps de macération, de la cuvaison. Si vous le faites sur une période 3 semaines vous pouvez avoir des problèmes de goût de rafle. Moi c’est 8 jours de macération. On décuve au bout de huit jours et je presse en grappe entière. C’est 62 hectares ramassés à la main (à un passage) dans les petites caisses de 15 kg et ça dure un mois. Si on a besoin de trier ce sera sur pied. Surtout pas de table de tri parce que le fait de vinifier en grappes entières il faut que la grappe arrive la plus intacte possible. Moins elle est manipulée moins il y a de raisins écrasés, le mieux ce sera. Car le but de la macération carbonique intra-cellulaires c’est que le jus fermente à l’intérieur de chaque baie de raisin.

Donc c’est ramassé dans des petites caisses et chacune de ces petites caisses sont vidées directement dans les cuves inox sous gaz carbonique. Et la macération est pour huit jours. La seule chose c’est que je règle la température à 30 degrés dès l’encuvage. Il n’y a pas de levures et il n’y a pas de souffre et il n’y a rien d’autre. Et là, la fermentation alcoolique elle explose. Plus besoin de faire autre chose. Et il n’y a pas de remontage. Je n’y touche pas. Donc cuve inox fermée et aucun vieillissement sous-bois.

CL/LM : Et vos rendements?

M : On est entre 40 et 45 hl/ha un peu moins en blanc qu’en rouge.

Gamay de Bouze

CL/LM : Parlez-nous des cépages oubliés.

M : J’en ai qu’un. Le Gamay de Bouze. On pourrait ajouter le Romorantin mais il n’est pas oublié celui-là. Nous étions parmi les seuls à en produire. C’est un cépage à jus rouge de Bouze-les-Beaune qui est un village au-dessus de Beaune et qui a été observé pour la première fois au milieu du XIX siècle et il a été planté dans ma région ainsi qu’en Beaujolais et bien sûr un peu en Bourgogne. On en voyait au milieu de la Côte de Nuit avec le Pinot Noir et il y a 25 à 30 ans en arrière il avait droit à l’appellation AOC Touraine. Puis il a été déclassé de l’appellation par l’INAO et est maintenant classé en IGP. Les gens l’ont arraché pour replanter en Gamay Noir à jus blanc classique. Et c’est comme ça qu’il a complètement disparu. Et nous on en a toujours fait avec un bon hectare de vigne et toujours fait une cuvée à part.

CLLM : Quelles sont les raisons qui vous motivent à ramener un tel cépage?

M : Déjà c’était un cépage traditionnel de Touraine, mon père en avait planté au début de sa vie. Donc au départ il avait droit à l’appellation et on mélangeait avec le Gamay Noir à jus blanc. Et une fois sorti de l’appellation il en a fait une cuvée à part. Ça donne un goût vraiment différent du Gamay et il n’est qu’en mono-cépage. Il ne faut ressortir un cépage sur le seul fait qu’il a été oublié. Il faut qu’il soit de qualité. C’est déjà fastidieux et très long. Il faut attendre de 20 à 25 ans pour savoir si ça donnera quelque chose d’intéressant.

Domaine de la Charmoise

CL/LM : Quel est l’âge des vignes?

M : Les premières ont 60 ans. En fait ça va de 60 à 40 ans. Après il y a de jeunes vignes qu’on a replantées.

CL/LM : Il y a toujours eu de la vigne ici?

M : Alors moi je suis la 3ième génération car c’est mon grand-père qui en 1921 a débuté le tout. Il a fait la guerre 14-18 et il s’est marié avec ma grand-mère et c’est un terrain de ma grand-mère paternelle.

CL/LM : Et les changements climatiques ça vous affecte comment?

M : Dans la Loire nous sommes quand même la partie la plus septentrionale de la France. Ça a plus de bon que de mauvais pour nous. Depuis le début des années 2000 c’est plus facile. Déjà on vendange plus tôt et c’est mûr. Il y a eu des années ou on ramassait à peine mûr. Les vins s’en trouvent grandement améliorés.

En 2018, ça été très pluvieux puis le restant de l’été ça été plein soleil. Puis on a eu des problèmes de sécheresse sur certaines parcelles et de jeunes vignes. Vers la fin août la maturité a été bloquée tellement il faisait chaud et la vigne avait soif. Puis ça c’est débloqué et on des maturités dingues et un bel équilibre. Et depuis 2014 c’est la qualité incroyable dans la Loire. La dernière année difficile ça été 2013.

Alors on va boire un coup? … Alors on va commencer par le Romorantin puis il y a les Sauvignons.

La dégustation

Jean-Sébastien Marionnet

Les blancs

La Pucelle de Romorantin, vin blanc de garde, 2016, $35.00, sucre : 1.5 g/l, code SAQ : 12825798.

M : On a la chance d’avoir la plus vigne de France qui a 180 ans qui fait partie d’une toute petite parcelle que l’on a. Donc c’est du cépage Romorantin et il y a 10 ans on a fait du bouturage que l’on a multiplié en pépinière et sans être greffées. Au bout d’un an la pépinière nous les a redonnées et on les a plantées tout à côté de cette très vieille parcelle (sa mère). Et donc on l’a appelée La Pucelle de Romorantin car c’est la fille de Provignage (le nom de cette vieille vigne). Je le sers avant le Sauvignon car ce dernier est très exhubérant et plus aromatique.

C’est François 1er qui il y a près de 500 ans a fait venir du Romorantin pour les planter au Château de Chambord. Il a fait venir 85,000 plants de vignes de Beaune pour un vin blanc et semble-t-il que c’était du Romorantin. Ce qui fait que notre vigne est l’arrière arrière petite fille de cette vigne qu’a fait venir ce monarque.

On a fait expertiser ces vignes pour s’assurer de leur provenance. Le Romorantin est un fils direct du Pinot Noir et du Gouais Blanc tout comme le Chardonnay comme le Gamay et comme le Melon de Bourgogne. Il y en a en fait 13 descendants.

Notes de dégustation (tous) : Peu aromatique ce vin s’exprime pleinement en bouche. Vin de plus goûteux bien délicat avec un moelleux un peu ferme, une acidité assez fraîche sur des notes de noyaux et de zeste de citron. Petit côté mielleux avec une belle profondeur aromatique. Ce vin provient d’un sol argilo-calcaire. C’est le seul terroir qui est comme ça, alors que les autres parcelles sont argile et silex. Le Romorantin fait de vrais vins de garde et le vin doit vieillir quelques années en bouteille (3-4 ans) avant de l’ouvrir. Ce vin a 3 ans et il commence à être bien.

Il provient de pressurage en grappes entières et en cuve inox et il n’y a pas de malo. Ce vin ne se prêterait pas à la malo car y a beaucoup d’acidité dans ce cépage.


La Pucelle de Romorantin, vin blanc de garde, 2016

Nous avons dégusté les deux prochains vins en comparaison : Vinifera Sauvignon Blanc 2017 (non- greffé) et le Sauvignon blanc Classique (greffé) afin de déterminer l’impact du porte greffe sur le profil aromatique des vins.

Domaine de la Charmoise, Sauvignon blanc, 2017, $19.20, sucre : 1.2 g/l, code SAQ : 12562529.

Le Vinifera Sauvignon blanc n’est malheureusement pas disponible pour le moment.

Maintenant on passe au Sauvignon Blanc 2017 greffé et non-greffé ou tout le reste est identique. C’est en souvenir de la souche-mère européenne Vitis Vinifera. Toute la gamme Vinifera est non greffée.

Notes de dégusattion (tous) : Voyons voir l’influence du porte-greffe. Les non-greffées sont bien aromatiques mais avec un profil un peu moins explosif avec plus de matière avec une texture légèrement plus grasse. Le profil aromatique est plus profond et plus tendu. La chair du vin est différente et plus ferme. Le Sauvignon Blanc greffé lui est très aromatique est très beau avec des notes d’agrumes. Les vins de vignes non-greffées demeurent jeunes plus longtemps dans le temps. L’autre va commencer à décliner alors que l’autre demeurera stable. Ce vin non-greffé est approximativement 60% plus cher que le greffé.

Le Sauvignon de vignes greffées sont produits à 100,000 bouteilles alors que les non-greffées à 6,500 bouteilles.  En 2018 on a tout pressé directement et passé à la cuve.

Vinifera Chenin Blanc 2017, ce vin n’est malheureusement pas disponible pour le moment.

Franc de Pied (planté en 1979) également en Chenin sec. Chenin c’est une toute petite parcelle d’un quart d’hectare. En général les producteurs de Chenin dans la Loire produiront un assortiment assez complet des vins secs au liquoreux. Nous on en a peu et on le fait strictement en sec. Et les moelleux ça se vent moins parce que probablement trop sucrés. Comme les Sauternes qui se vendent moins.

Le nez est bien différent des Chenin typés. Bien difficile d’identifier un tel vin à l’aveugle. Possiblement comme un cépage blanc du Sud-Ouest de la France. Quelques notes de pommes vertes, soupçon de miel, plus pâle que le Sauvignon avec une très belle acidité assez vive pour un Chenin. Vraiment excellent!!


Vinifera Chenin Blanc 2017

Les rouges

Henry Marionnet, Premières Vendanges 2017, $25.35, sucre : 2.4 g/l, code SAQ : 12517875.

Gamay à jus blanc 100%, sans sulfites, qui a été fait pour la première fois en 1990. Premières Vendanges pour témoigner des premières vendanges faites au début de notre histoire. Les vins alors n’étaient faits qu’avec du raisin et pas de produits œnologiques. Ça sent le raisin! Un peu comme si on se mettait le nez dans un casseau de fruits tant au nez qu’en bouche. C’est ce qu’il y a de plus pur! Un vin à boire un peu frais et il faut le préciser. Donc à servir de 12 à 14C. Un vin à acheter !!


Henry Marionnet, Premières Vendanges 2017

Henry Marionnet, Renaissance Gamay 2018 (2017 disponible),$30.75, sucre : 4.2 g/l, code SAQ : 13196815.

Premières vignes plantées par mon père en Franc de Pied en 1992 et est vinifié sans sulfite. Le premier millésime était en 1995. Premières Vendanges c’est greffé et sans sulfites alors que celui-ci est non-greffé et sans sulfites. C’est toujours en Gamay Noir à jus blanc.

Beaucoup de fruits rouges avec quelques notes épicées (cannelle) ainsi que quelques notes de bonbon anglais. On y voit l’influence du porte-greffe entre le Premières Vendanges et le Renaissance. On parle du même terroir mais pas du même millésime. Tout les reste est identique sauf l’âge des vignes ou celles-ci ont 27 ans alors que les précédentes ont environ 50 ans. Le potentiel de vieillissement est élevé car c’est celui qui se garde le mieux.


Henry Marionnet, Renaissance Gamay 2018

Gamay de Bouze – Cépages Oubliés. Ce vin n’est pas disponible au Québec.

Ce cépage provient de Bouze les Beaune qui est situé au-dessus de Beaune. Il a été observé au milieu du XIX siècle en Beaujolais, en Touraine. On pouvait aussi en trouver en Côte de Nuit en Bourgogne. Il servait à colorer les autres vins, à leur donner du corps et de la matière. Il était appelé cépage médecin car il corrigeait les défauts des autres vins. En Loire on avait le droit de l’assembler avec le Gamay à jus blanc. On peut le reconnaître lors des vendanges car son feuillage devient tout rouge.

De couleur plus foncé presque opaque avec des tannins tissés bien serré et bien présents. Vraiment très bon! Avec des plats en sauce, viandes avec sauce ou farce aux canneberges.


Gamay de Bouze – Cépages Oubliés

Autres vins disponibles à la SAQ mais non dégustés lors de notre visite.

Henry Marionnet, Provignage, 2014, $86.00, disponible en exclusivité à la SAQ Signature.


Henry Marionnet, Provignage, 2014

Domaine de la Charmoise, Gamay, 2018, $17.70, sucre : 2.5 g/l, code SAQ : 329532.


Domaine de la Charmoise, Gamay, 2018

Henry Marionnet, Vinifera, Gamay, 2014, $23.55, sucre: 2.2 g/l, code SAQ : 11844591. Ce produit est épuisé et malheureusement non disponible.

Le futur – les projets

CL/LM : Quels sont les projets futurs?

M : J’ai beaucoup de projets et de cuvées. Beaucoup de travail avec les vins sans souffre et les vignes non-greffées. Beaucoup de travail avec les vieilles vignes et les cépages oubliés. On vise un virage encore plus qualitatif dans tous les aspects viticoles et vinicoles du vin et non pas strictement plus de volume.

CL/LM : Merci beaucoup de votre générosité ça été un réel plaisir de vous rencontrer!!

Surprenant ce Pinot Noir du Languedoc-Roussillon!

Moulin de Gassac, Pinot Noir, Languedoc-Roussillon, 2017, $18.75, sucre : 1.9 g/l, code SAQ : 14060670.

Agence Sélections Fréchette – échantillon

Ce Pinot Noir du Languedoc m’a agréablement surpris. Ce n’est pas un cépage qu’on retrouve en quantité dans cette appellation plutôt reconnue pour ses Grenache, Syrah et Mourvèdre.

Sur des notes de cerises kirsch, de griottes, de framboises et d’épices douces. En bouche ce sont les notes très juteuses de fruits surtout sur les noyaux de cerise qui prédominent avec une acidité presque vive et des tannins équilibrés tissés assez serré.  Superbes accords avec magret de canard, médaillon de porc, faisan.


Moulin de Gassac, Pinot Noir, Languedoc-Roussillon, 2017

De belles émotions avec ce Crozes-Hermitage!

Domaine Belle, Crozes-Hermitage, Cuvée Louis Belle, Vallée du Rhône Septentrionale, 2014, $33.25, sucre: 1.7 g/l, code SAQ: 917484.

Agence Balthazard

Oh que j’aimé ce Crozes-Hermitage 2014 du Domaine Belle! Beaucoup de finesse et d’élégance avec une bonne dose de notes poivrées typiques à la Syrah de cette appellation. Quelques notes florales sur les violettes et un soupçon d’olives. Un vrai délice!


Domaine Belle, Crozes-Hermitage, Cuvée Louis Belle, Vallée du Rhône Septentrionale, 2014

Découvrez la créativité, la finesse et l’élégance des vins de Te Awa et de Villa Maria de Nouvelle-Zélande!

Vignobles Te Awa

La Nouvelle-Zélande…Serait-ce le paradis sur terre? Avec ses paysages incroyables et sa faune particulière comme nulle part ailleurs, c’est un endroit bien singulier et quelque peu mystérieux. Et ajoutez à tout cela ses vins d’un charme et d’une finesse étonnants. Comme c’est le cas chez les vignobles Te Awa et Villa Maria.

J’ai fait la rencontre de Richard Painter Winemaker chez Te Awa vignoble d’environ 150 hectares dont 100 sont plantés de vignes dont la maison mère Villa Maria a fait l’acquisition en 2012 ce qui en a fait le plus grand propriétaire de vignoble de la sous-région de Gimblett Gravels de Hawkes Bay en Nouvelle-Zélande. Lors de cette rencontre nous avons donc dégusté les vins de ces deux maisons.

Richard Painter, winemaker Te Awa

Plus spécifiquement, le site de Te Awa était traditionnellement utilisé pour le pâturage des moutons et d’autres activités agricoles. Il a été intégré dans les activités viticoles en raison de la consistance unique de son sol graveleux déposé par l’ancien fleuve Ngaruroro, qui ont été exposés après une énorme inondation dans les années 1860.

Carte vignoble Te Awa

Les sols sont d’ailleurs composés d’alluvions, de limon et de sable ce qui leur confère des caractéristiques inhérentes à leur profil aromatique distinctif dont une grande finesse et une belle profondeur. Les températures chaudes, les faibles précipitations et la perméabilité des sols créent un mélange presque paradoxal de cohérence et de complexité. En fait, la région produit certains des Cabernet Sauvignon, Merlot, Syrah et Chardonnay les plus recherchés de Nouvelle-Zélande.

Vignoble Te Awa

Les parcelles et vins de Kidnapper Cliffs, Te Awa Single Estate et Left Field ont tous des racines profondes sur le site de Te Awa. La dégustation des vins de Te Awa a portée surtout sur les vins de Left Field nom bien intéressant qui a sa source dans le baseball américain. L’expression Left Field indique une dose de folie et de créativité qu’on retrouve non seulement dans les vins mais aussi dans les habillages des différents vins.

Logo Left Field

La dégustation

Dégustation des vins de Villa Maria et Te Awa – agence Dandurand

Cette dégustation a eu lieu sans avoir aucune notion des prix. Ce n’est qu’une fois terminée qu’on a su à quel point le rapport qualité/prix de ces vins était exceptionnel! J’ai beaucoup apprécié ces vins que j’ai trouvé en finesse, laissant pas mal toute la place aux notes de fruits. On est loin des blockbusters de fruits confiturés. En fait ils avaient en général beaucoup de fraîcheur avec une certaine élégance pour des vins qui oscillent sous la barre des $20.00.

Elle avait lieu au restaurant SeaSalt & Ceviche Bar et était organisée par l’agence Dandurand.

Villa Maria, Private Bin, Sauvignon Blanc, 2018, $17.75, sucre : 5.1 g/l, code SAQ : 11974951.

Des notes dominantes de pamplemousse et d’agrumes genre tarte au citron avec comme un côté limonade. C’est très goûteux, d’une belle longueur quand même surprenante pour un vin de ce prix avec une acidité vive. Je l’ai bien aimé!


Villa Maria, Private Bin, Sauvignon Blanc

Left Field, Sauvignon blanc, 2018, $19.95. Disponibilité à la SAQ à confirmer.

Un peu plus élégant que le précédent avec une acidité plus douce bien que présente avec des notes de lime, quelques notes herbacées mais pas trop. D’une belle longueur avec une structure plus serrée et une finale sur le zeste de citron. Vraiment très beau vin!


Left Field, Sauvignon blanc, 2018

Left Field, Albarino, 2017, $19.95, sucre: 3.6 g/l, code SAQ: 13619515. Le 2018 sera disponible en Septembre prochain.

Belles notes de pêches, de melon, de fruits exotiques et d’agrumes avec une acidité bien douce. En bouche ce sont les notes de noix et de noyaux de pêche qui se distinguent.


Left Field, Albarino, 2017

Villa Maria, Private Bin, Pinot Noir, 2017, $19.95, code SAQ: 14191557.

D’un genre et d’une personnalité bien spécifique à Te Awa avec des notes de fruits bien mûrs sur la cerise, les prunes avec quelques notes d’épices douces. En bouche les tannins sont équilibrés et tissés serré avec une finale sur les fruits bien juteux et croquants.


Villa Maria, Private Bin, Pinot Noir, 2017

Left Field, Pinot Noir, 2017, $18.55, sucre: 2.9 g/l, code SAQ: 13448816.L

Plus typé Pinot Noir bien floral avec des notes de cerises et quelques notes d’épices douces (cannelle). En bouche, on retrouve une certaine élégance sur des notes de noyaux de cerise. Bien délicat et en finesse. Je l’ai beaucoup aimé!


Left Field, Pinot Noir, 2017

Les trois vins suivants ne sont pas disponibles au Québec. TBD en pré-commande en importation privée.

Villa Maria, Pinot Gris, 2017

Sur des notes de poires et d’épices douces. Belle texture en bouche bien veloutée sur des notes de vanille et de nectarines.


Villa Maria, Pinot Gris, 2017

Left Field, Syrah, 2015

J’ai adoré ce vin qui ressemblait à s’y méprendre à un Crozes-Hermitage sur des  notes florales, bien poivré et tout en finesse et en élégance.


Left Field, Syrah, 2015

Te Awa, Syrah, Single Estate, 2017

Un peu plus concentré que le précédent mais quand même toujours en finesse et en élégance.


Te Awa, Syrah, Single Estate, 2017

Restaurant SeaSalt & Ceviche

Un Malbec d’Argentine particulièrement souple!

Punta de Flechas, Argentine, Mendoza, Baron Edmond de Rothschild, 2016, $18.80, cépage: 100% Malbec, sucre : 1.67 g/l, code SAQ : 14028995.

Agence Sélections Fréchette – échantillon

Je m’attendais à un vin assez corsé du fait que ce vin est élaboré avec 100% de Malbec. Ce cépage fait partie de ceux qui offrent des vins normalement assez tanniques. Eh non! Parfois c’est une question de l’effet du type de sol sur le profil aromatique du vin. En effet, ce vin provient de sols de sable, de gravier et de pierres granitiques ce qui a pour effet d’y ajouter une couche de finesse.

Au nez des notes de fruits noirs, d’épices douces et un soupçon de vanille. En bouche ce qui prédomine ce sont les tannins particulièrement doux pour un Malbec avec beaucoup d’équilibre, de fraîcheur et de goût. Comme diraient ceux qui y ont goûté : ‘’bien goûteux et juste assez corsé pour générer beaucoup de plaisir’’. Eh voila! Avec viandes grillées et BBQ.


Punta de Flechas, Argentine, Mendoza, Baron Edmond de Rothschild, 2016

Un vin d’altitude d’Argentine!

Altosur, Cabernet-Sauvignon, Argentine, Mendoza, Finca Sophenia, 2017, $16.95, sucre : 3.4 g/l, code SAQ : 13985700.

Agence Sylvestre – échantillon

Entrée de gamme de la marque, ce vin sans prétention se veut tout en fraîcheur et sans lourdeur et laisse pas mal toute la place aux arômes de fruits. C’est un vin d’altitude provenant de vignes situées à 1,200 mètres! Sur des notes de cerises, un peu de cassis avec un léger boisé (de 3 à 4 mois en barriques usagées) . Les tannins sont peu charpentés pour un Cab et particulièrement souples. En bouche ce sont les saveurs de fruits noirs qui prédominent avec en fin de bouche une légère amertume rafraîchissante. Parfait pour les hamburgers sur le BBQ!!


Altosur, Cabernet-Sauvignon, Argentine, Mendoza, Finca Sophenia, 2017

Franchement un beau Fronsac!

Château La Justice, Fronsac, Bordeaux, Château de la Dauphine, 2015, $24.50, vin Bio, cépage : Merlot 100%, sucre : 1.6 g/l, code SAQ : 14057024.

Agence Sylvestre – échantillon

Au nez des notes assez intenses de fruits rouges surtout sur les cerises et les framboises bien mûres avec comme un petit côté sous-bois. En bouche la texture est bien équilibrée et les tannins sont charpentés, souples, assez denses. De belles saveurs de fruits noirs bien croquants et juteux qui culminent en une longueur assez appréciable. Ce vin s’améliorait au fil de la dégustation ce qui m’amène à vous suggérer un bref passage en carafe. Pas mal beau ce vin!


Château La Justice, Fronsac, Bordeaux, Château de la Dauphine, 2015

Vino Nobile from Tuscany! Discover the Noble Wine!

I recently went to Tuscany in the Montepulciano region which is located about 90 minutes south of Florence and 2 hours from Rome in the heart of the production zone of ​​the famous Vino Nobile! It was at the invitation of the Unione Italia Vini and the Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano that I went for 10 days to visit this beautiful region as well as several producers. The setting was one of the most important viticulture wine fairs in Italy ‘’Enovitis in Campo’’ which took place in Montepulciano at the Trerose vineyard which is part of the Bertani Group.

Tenuta Trerose

The region is among the most beautiful in Tuscany and possibly of all Italy. For 10 days I was able to admire the landscapes of this region consisting of beautiful undulating hills (which go up to about 600 meters altitude), valleys that extend as far as the eye can see and beautiful forests that still look well protected and preserved (no extreme deforestation as found in Barolo). What a sight! Vineyards everywhere, beautiful olive groves and nice roads bordered by tall cypresses. You can’t take a bad picture of Tuscany!!

Canneto

I stayed in Chianciano Terme which is a small medieval village about 15-20 minutes drive from Montepulciano which is mostly known for its spas, relaxation pools fed with a mineral rich water and its hotels. In fact in this area, all villages are pretty much close by.  However, it is imperative to have a car because public transport is quite rare. There are many small villages to visit along with many wine producers.  

Chianciano Terme

Montepulciano and Montalcino are a must and you should devote half a day to visit each. Make sure to visit the Fortezza along with the Enoteca while in Montepulciano. Should you have another day or two some great destinations are Pienza, San Quirico d’Orcia, Bagno Vignoni, Citta della Pieve, San Casciano dei Bagni and Cortona which is a bit further.

You should also take a few days to stay in Rome as I did and visit the Vatican, the Colosseum, the Trevi Fountain, the Spanish steps and the Borghese Gallery & Museum along with its beautiful gardens. You’ll need at least 2 days to properly visits these landmark

Take the opportunity to redeem your Dream Miles against airfare and Hotels in Rome.

So, what is there to know about the wines and production zone of ​​Vino Nobile di Montepulciano?

Vino Nobile di Montepulciano

History of Vino Nobile

They have been making wine in the area for some time. In fact, the oldest documented reference to the wine of Montepulciano is from 789: the cleric Arnipert offered the church of San Silvestro or San Salvatore at Lanciniano on Mt Amiata, a plot of land cultivated with vineyards in the estate of the castle of Policiano. Later, Repetti mentions a document in 1350 (in his “Historical and Geographical dictionary of Tuscany”) which drew up the terms for trade and exportation of Vino Nobile di Montepulciano.

Vino Nobile

But it was really in 1980 that Vino Nobile took off as it was among the first of a very few Italian regions to receive the top DOCG status . In addition to this, the Rosso di Montepulciano DOC was created to define the terms of yield per hectare, alcohol content and ageing, although the production zone remains the same. Individual producers were given the option to join one of these two DOCs according to the aspect of their land, the seasonal weather trend and all the other elements which may affect the suitability of the grapes used for the production of one or the other of these wines. Montepulciano’s glorious past and its links to the local terroir, its history and the Vino Nobile remain essential elements in order to guarantee present and future quality and authenticity to all that this “noble land” can yield.

Production zone

The production area is limited to a small portion of land in the municipal area that is specifically adapted to viticulture. There are 1,300 hectares of vineyards registered for the Vino Nobile di Montepulciano and around 550 for the Rosso di Montepulciano. This represents a production of about 8 million bottles per year, 85% of which is in Vino Nobile and 15% in the Riserva. This zone is subdivided into 4 sub-regions (north, south, east and west) all determined among others according to their soil typicity.

Regulations of production

The wines must be made from the Sangiovese grape (called « Prugnolo Gentile » in Montepulciano) with a minimum of 70% and it can be assembled with up to 30% by other varieties authorized for the Tuscany region. These varieties include a fairly wide range of grape varieties, including for example Merlot and Cabernet Sauvignon, as well as Mammolo and Cannaiolo. The eight vineyards I visited all used 85% or more of Prugnolo Gentile in their Vino Nobile with some using up to  100% of Prugnolo.

Sangiovese – Prugnolo Gentile

The maximum yield allowed per hectare is 80 quintals with an effective wine yield of 70%.

The wine can only be sold after aging for two years for Vino Nobile (including a minimum of 12 months in oak casks) and three years for Riserva (including 6 months in bottle). It must be approved after passing a series of tests including organoleptic tests conducted by a ministerial council. Vinification and aging must take place in the municipal area of ​​Montepulciano.

Braccesca – Marchesi Antinori

The Vino Nobile Consortium of Montepulciano – challenges and opportunities

Andrea Rossi – president of the Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano

The Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano was founded in 1965 with the aim of protecting and promoting the image of Vino Nobile di Montepulciano (and later the Rosso di Montepulciano and Vin Santo) in Italy and in the rest of the world. There are currently around 270 members in the consortium (including 78 bottlers) representing nearly all the vineyards.

I had the chance to meet Andrea Rossi the new president of the Consorzio since last May. I will later publish this complete interview. Suffice to say that together with his team, he faces some important challenges including but not limited to the following:

There is some confusion in the minds of consumers as to the brand identity of Vino Nobile. This confusion stems from the fact that Montepulciano is a village, that it is also a varietal (grape variety) and that another appellation Montepulciano d’Abruzzo promotes it based on its origin. Few people know that Vino Nobile comes from Tuscany and is made from Sangiovese (Prugnolo Gentile). Moreover, they do not really know that it is a DOCG the highest level of designation.

While the appellations Chianti and Brunello were most active in the 1980s to the present day, Vino Nobile’s was kind of inward looking during this time and as a result, it lost some ground over other wine regions. The Consorzio must therefore reclaim lost ground and this is what Mr. Rossi intends to do.

The appellation allows a minimum of 70% Sangiovese with 30% other varieties authorized by the Tuscany appellation. This includes as I mentioned, several international grape varieties such as Merlot and Cabernet Sauvignon. Many vineyards use these international grape varieties while others only use Sangiovese and other native grapes. This creates quite different styles between wines and can confuse the identity of what a Vino Nobile is.

Another consequence is the price variations between the various Vino Nobile on the market that come from the fact that the winemaking process can vary from one vineyard to another. See for yourself from the wines that are available at the LCBO with prices that range between $14.00 and $100.00.

Finally, soil types vary considerably from one subregion to another. In order to increase the quality of the wines, the Consorzio will be pushing for a greater understanding of soils and terroirs by wine growers and encourages them to optimize the quality by planting the appropriate grape varieties in the best soils.

It is therefore necessary for the new Consorzio to close ranks and ensure a common vision between the various players. Among other things, it is analyzing the impact of a potential increase in the percentage of Prugnolo Gentile in wines in order to increase quality and standardization. As for the identity of the Vino Nobile, the consorzio wishes to focus on the name Vino Nobile on bottling and communication. It has just recently officialized the fact that will add the mention that the wine comes from Tuscany in order to differentiate it from the Montepulciano d’Abruzzo which, as the name mentions, comes from Abruzzo. By adding the Tuscan origin on the bottle and its communication, the consorzio will  more clearly define the quality of Vino Nobile.

Vino Nobile, Trerose

Vino Nobile is truly unique compared to Chianti wines and the Brunellos from Montalcino. In fact, the aromatic profile is closer to Brunello but with a slightly more floral side, lower acidity and tannins more flexible and approachable. In full style wine that meets the new expectations of consumers who seek more freshness, finesse and balance. Which gives the Vino Nobile a definite advantage.

Finally, Vino Nobile offers an excellent price/value ratio.

Wine Producers we visited:

During these 10 days spent in Montepulciano, I had the chance to visit the following vineyards: Tenuta Trerose (eastern sector) which is part of Bertani group, Poliziano (eastern sector), Salcheto (eastern sector), Tenute del Cerro (sector south), Boscarelli (eastern sector), La Ciarliana (northern sector), Braccesca – Antinori (southern sector), Canneto (eastern sector) and Carpineto (southern sector).

Specific articles about each of these producers along with tasting notes will follow. Suffice to say that each of these wine producers were all without exception, quite convinced of the growing success and potential of Vino Nobile. The care given to viticulture and viniculture testifies to a constant search for quality. And as I said, all without exception used a greater proportion of Prugnolo Gentile (85% and more) while the decree indicates 70%. Obviously, the debate persists on the use or not of international grape varieties such as Merlot for example. Some persist to have only native grape varieties while others insist that the addition of Merlot ensures the desired aromatic profile.

 I have added the links to each wine producer. You can check all the details to organize your visits. I would personally recommend a maximum of 3 vineyards per day as there is so much to see. Just remember that you may need to book your visits ahead of time and that in general you’ll pay a fee that will vary depending on the type of visit you select. You can also contact the Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano for help: https://www.consorziovinonobile.it/110-55/ENG/WHERE-WE-ARE-HOW-TO-REACH-US

Google Map – wineries

Tenuta Trerose (part of the Bertani group): https://tenutatrerose.it/en/guided-tours-and-tastings-our-winery.

Poliziano: https://carlettipoliziano.com/en/accoglienza/.

Salchetto: https://www.salcheto.it/en/

Fattoria del Cerro: http://www.tenutedelcerro.it/come-raggiungerci

Boscarelli: https://www.poderiboscarelli.com/en/visit-our-estate/

La Ciarliana: http://www.laciarliana.it/home_ing.htm

Braccesca – Marchesi Antinori:   https://www.antinori.it/en/tenuta/estates-italy/la-braccesca-estate/     https://www.antinori.it/en/experiences/  

Canneto: https://www.cannetowinetasting.com/en/wine-tasting-montepulciano-tuscany

Carpineto: http://www.carpineto.com/tasting-room?lang=en

Should you want to further explore (bike tours, walking tours etc.) the area I suggest this great site: https://www.valdichianaliving.it/en

Valdichiana Living

Wines – Vino Nobile

The following Vino Nobile wines are currently available in Ontario at your LCBO stores. I would suggest you contact your local store for product availability as these wines tend to be available at specific times of the year.

Remember that you can Earn 1 AIR MILES® reward mile for every $30 you spend at the LCBO on a monthly cumulative basis, excluding taxes and container deposit fees.

(This is a ficticious offer) – For a limited time only you can now double your AIR MILES® reward miles on the purchase of selected wines from Vino Nobile di Montepulciano at your LCBO store.

New: You can now use your AIR MILES Cash Miles towards the purchase of LCBO eVouchers for instant use in-store. Just visit www.airmiles.ca/LCBOeVoucher to use your Cash Miles toward a $10 LCBO eVoucher for use toward your favourite in-store purchases. LCBO eVouchers will be issued in denominations of $10 for 95 Cash Miles.

Bindella I Quadri Vino Nobile di Montepulciano 2015, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  103937 $49.00


Bindella I Quadri Vino Nobile di Montepulciano 2015

Poliziano Asinone Vino Nobile di Montepulciano 2015, Sangiovese Blend, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  952473, $66.00


Poliziano Asinone Vino Nobile di Montepulciano 201

Avignonesi, Grandi Annate Vino Nobile di Montepulciano 2013, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  633958, $128.00


Avignonesi, Grandi Annate Vino Nobile di Montepulciano 2013

Tenuta di Gracciano Della Seta Vino Nobile di Montepulciano 2012, 750 mL  bottle   |   VINTAGES#:  487074, $29.95


Tenuta di Gracciano Della Seta Vino Nobile di Montepulciano 2012

Carpineto Poggio Sant’Enrico Vino Nobile di Montepulciano 2001, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  998211, $109.00


Carpineto Poggio Sant’Enrico Vino Nobile di Montepulciano 2001

Fattoria del Cerro Riserva Vino Nobile di Montepulciano 2013, 750 mL  bottle   |   VINTAGES#:  180059, $37.95T


Fattoria del Cerro Riserva Vino Nobile di Montepulciano 2013

Contucci Mulinvecchio Vino Nobile di Montepulciano 2014, Sangiovese Blend, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  10167, $44.95


Contucci Mulinvecchio Vino Nobile di Montepulciano 2014


Barberani Calcaia Muffa Nobile 2014, White Blend, 500 mL bottle  |   LCBO#:  342112 $71.40


Barberani Calcaia Muffa Nobile 2014

Palazzo Vecchio Maestro Vino Nobile di Montepulciano 2013, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  348532, $25.25


Palazzo Vecchio Maestro Vino Nobile di Montepulciano 2013

Nobile Di Montepulciano DOCG Viti Nuove 2013, Sangiovese Blend, 750 mL bottle  |   LCBO#:  449636 $37.65$


Nobile Di Montepulciano DOCG Viti Nuove 2011

Salcheto Riserva Vino Nobile di Montepulciano 2012, Sangiovese, 750, mL bottle  |   VINTAGES#:  574244, $37.95


Salcheto Riserva Vino Nobile di Montepulciano 2012

Bindel Vallocaia Riserva Vino Nobile di Montepulciano 2013, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  631895, $56.00

Metinella Burberosso Vino Nobile Di Montepulciano 2015, Sangiovese/Canaiolo, 750 mL bottle  |   LCBO#:  637198, $41.95


Metinella Burberosso Vino Nobile Di Montepulciano 2015

Icario Vino Nobile di Montepulciano 2011, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  534602, $14.75


Icario Vino Nobile di Montepulciano 2011

Notre visite chez Poderi Colla à Alba avec Federica Colla!

Quelle belle rencontre avec Federica Colla dans leur vignoble d’Alba. J’y étais avec Luc Marier en avril dernier pour visiter le domaine et Frederica nous a reçu avec beaucoup de générosité. Nous avons passé une bonne partie de la journée avec elle à visiter les vignobles et à déguster les vins de la maison. J’avais eu l’opportunité de rencontrer Tino Colla en octobre dernier lors d’une dégustation des vins de la maison à Montréal. Vous pouvez lire cet article qui contient tous les détails sur la maison en cliquant sur le lien suivant : http://bit.ly/2XBDLHo

Cet article-ci se veut plutôt comme une entrevue avec Federica Colla. En fait, j’ai enregistré ses commentaires lors de notre visite et je vous en fait part dans un format un peu différent.

Federica Colla

Le tout commence lors de l’ascension du vignoble qui est assez pentu…Ouf…

F.Colla : ‘’On est chanceux aujourd’hui parce qu’on voit toutes les montagnes, même les Alpes. Comme vous savez on est au pied des Monts d’où l’origine du mot Piedmont. Ces temps-ci nous avons beaucoup de vent ce qui n’est pas normal dans la région. Normalement durant l’été il y a beaucoup d’humidité dans la région. À Alba c’est très humide. Il n’y a pas plus de 30 degrés Celsius mais avec 100% d’humidité. Durant l’été c’est préférable de loger dans les collines où ce sera plus frais.

Poderi Colla

CL/LM (Claude Lalonde, Luc Marier) : On voit que c’est très sec. Est-ce normal?

F.Colla : Malheureusement oui c’est très sec. Il y a eu un peu de neige en février ce qui a aidé un peu. Mais à part ça, pas d’eau. Cet hiver ça été affreux car on a eu très peu de neige ce qui fait pas mal moins d’eau pour les vignes. Ça fait donc plusieurs mois qu’on a ni pluie ni neige. Ça va être un problème si on ne reçoit pas plus d’eau.

CL/LM : Est-ce que cette humidité cause des maladies de la vigne. Comment les combattez-vous?

F.Colla : L’Oidium est une des pires maladies et il y en d’autres. Ici c’est très difficile de faire de la viticulture sans utiliser des produits chimiques. Tout d’abord parce qu’on n’a pas de vent pour assécher cette humidité. Puis les surfaces des vignobles sont passablement plus petites qu’en Toscane par exemple et sont disséminés un peu partout. Il est donc très difficile d’avoir une agriculture biologique. Cependant on essaye d’utiliser le moins qu’on peut de produits chimiques. On les utilise quand c’est nécessaire et où c’est nécessaire. Comme en 2014, il a fallu enlever beaucoup de feuilles pour pouvoir assécher le vignoble car il avait tellement plu. En 2018 on a eu beaucoup de soleil et il a fallu couvrir les raisins avec le feuillage pour empêcher les raisins de cuire sur la vigne.

Poderi Colla

CL/LM : Combien d’hectares avez-vous?

F.Colla : Au total nous avons 28 hectares divisés en 3 domaines. Un qui est dans la région d’Alba avec 25 hectares. On a des cépages typiques et moins typiques. Comme par exemple du Pinot Noir que nous avons planté en 1977. On a aussi du Riesling et du Dolcetto. Puis nous avons aussi du Nebbiolo. Dans le domaine de Barbaresco on a 11 hectares de Nebbiolo, Barbaresco et Barbera . A Monforte on a 8 hectares de Nebbiolo. Depuis 2 ans nous avons fait une nouvelle cave où nous sommes à tout concentrer nos opérations. Nous avons eu la permission ici de faire l’élevage de Barolo et Barbaresco hors de la région de production. Normalement pour les DOCG il faut vinifier les vins qui proviennent de la région de production. Sauf pour les caves qui ont pu démontrer la production de ces deux cépages avant l’officialisation du DOCG.

Ce domaine a fait partie de la même famille depuis 1721. On y a fait pendant longtemps du vin de Barbaresco et Barolo pour consommation personnelle, pas pour la vente. C’est pour cette raison qu’on nous a donné la permission.

Poderi Colla

CL/LM : On voit que le débourrement est déjà commencé. Est-ce normal en ce temps-ci de l’année?

F.Colla : Nous sommes en avance d’à peu près 3 semaines et le niveau de risque d’avoir du gel est très élevé. Ce qui pourrait avoir de lourdes conséquences avec un débourrement hâtif. On a eu des températures de 25 degrés ce qui n’est pas normal pour ce temps-ci de l’année. Il peut y a voir des gelées en mars, avril et même en mai. Notre risque est moindre car nos vignobles sont plantés en milieu de coteau et même plus haut. L’humidité et le gel affectent surtout les vignobles plus bas.

Ici nous sommes orientés sud-ouest. Il ne faut pas planter au nord ou au moins être au sommet d’une colline pour avoir plus d’exposition au soleil. Vous voyez, ici il n’y avait pas de vignobles il y a 25 ans. Avec les changements climatiques, on a pu planter de la vigne et aller chercher la maturité nécessaire du raisin. Auparavant il y avait une bonne année par dix ans. Maintenant il y a neuf bonnes années sur dix. On voit quelquefois que le mois d’octobre peut être plus chaud que septembre ce qui est bon pour la maturation de raisins et est bon pour les vendanges.

On a même planté du Riesling vers 1974 dans des zones plus orientées vers le nord car ce cépage ne requiert pas autant de maturation afin de garder une belle acidité.

Federica Colla, Claude Lalonde

CL/LM : Et le Pinot Noir, est-il produit en vin de pays?

F.Colla : Il y a une longue histoire autour de ce cépage. Le vieux producteur de ce domaine un pharmacien d’Alba, était amoureux de la région et de ses vins. C’est à cause de lui qu’on peut maintenant visiter tous ces vignobles. Dans les années 40 et 50 il a fait beaucoup de recherche sur les cépages appropriés pour la région et pour redécouvrir les traditions viticoles. Ils ont commencé petit à petit à construire quelque chose. Et on a ce qu’on a maintenant. Grâce à lui et à mon père, lui pour la nourriture, mon père pour le vin. Ils ont constitué une association de Chevaliers de la Truffe.

Entre mon père et mon oncle il y a 20 ans de différence. Quand de dernier est devenu diplomé à l’école d’œnologie en 1969, mon père l’a envoyé faire des études en Bourgogne ce qui était assez rare à l’époque. Il a découvert des vins qui avaient le même équilibre et la même élégance que les vins de sa région élaboré à partir de Nebbiolo. Il a donc décidé de planter le Pinot Noir pour voir ce que ça allait donner (Langhe Pinot Nero). On a aussi ajouté le Riesling. De nos jours on utilise que les grands bois (foudres de chêne de Slavonie) pour vinifier les vins de Pinot Noir pour ne pas avoir de goût de bois lors de la dégustation.  Donc strictement pour le développement.

Poderi Colla

CL/LM :  Pinot Noir on l’appelle comment?

F.Colla : On l’appelle Langhe Pinot Nero. On peut faire du Langhe rouge, Langhe blanc, dans lequel on peut mettre pas mal n’importe quoi tant et aussi longtemps que les raisins proviennent du Langhe. Sinon il y a une liste de Langhe qui doit contenir 100% du cépage : Langhe Dolcetto, Langhe Nebbiolo, Langhe Riesling, Langhe Pinot Nero et autres. Et il y a aussi du Langhe Chardonnay.

CL/LM : Sur les pentes ici, est-ce qu’on a comme en Bourgogne une qualité plus élevée avec les milieux de pentes?

F.Colla : Non ce n’est pas la même chose. Quant au cahier de charge, ce n’est pas écrit. Quand on plante on ne dit pas si on doit le planter en haut ou en bas. C’est dommage car on a planté des raisins dans des sols et des régions plus ou moins appropriés. Pour le consommateur, il faut connaître le producteur pour savoir. Parce que maintenant avec les crus (ITG) ils ne veulent rien dire. Nous nous avons notre Barolo dans la région de Bussia. Quand mon père a commencé dans cette région, c’était considéré comme un des meilleurs Barolo pour le vieillissement, la finesse et l’élégance. Maintenant, Bussia ça ne veut rien dire du tout parce que c’est le deuxième plus grand cru dans la région de Barolo et on y trouve de tout et il faut connaître le producteur pour connaître la qualité. Car il y a beaucoup de différences dans les niveaux de qualité.

Poderi Colla

À ce stage-ci nous rencontrons Pietro le winemaker chez Poderi Colla :

Pietro : Hier soir il ventait à écorner des bœufs ce qui n’est vraiment pas normal. Plusieurs arbres ont été cassés par le vent.

CL/LM : Manquez-vous d’eau ces temps-ci?

Pietro : Oui en effet on manque d’eau. Il n’y a pas eu beaucoup de neige cet hiver et il ne pleut presque pas. Alors que l’année dernière en mai nous avons 26 jours consécutifs de pluie! Pas la même chose cette année.

CL/LM : Quels sont vos plus gros challenges quant à la vinification dans votre région?

Pietro/Colla : Tout est un challenge! Nous avons beaucoup de brouillard et d’humidité. Les températures sont sans cesse extrêmes ce qui cause d’énormes variations quant aux raisins. Il est difficile d’obtenir une qualité constante.

CL/LM : Quelles sont vos meilleures années?

Pietro : 2018 était très bien balancé avec une acidité bien équilibrée, 2017 était un millésime très chaud avec un niveau d’alcool élevé, le fruit était un peu confituré, 2016 était la meilleure année pour les vins de style traditionnel, 2015 était superbe, 2014 on a eu un climat plus froid avec une maturation plus tardive avec pas mal de pluie, dans ce cas, ça dépend des producteurs, ça été un millésime plus ou moins bon, ça dépend des producteurs. 2013 a produit des ‘’big wines’’ très bons pour le vieillissement et aussi excellents, 2012 a donné des vins équilibrés de style très Piedmontais, 2011 était assez étrange puisque ça été froid et bien arrosé de pluie jusqu’à août, puis l’été est arrivé avec beaucoup de chaleur en août et on réchappé les raisins. Ça a donné de drôles de vins quand même excellents et très fruités. 2010 a été un classique qui a donné des vins d’anthologie, les vins sont encore trop jeunes. 2009 était comme 2012 avec des vins tous en finesse, pas de gros vins. 2007 n’était pas trop chaud et la saison a débuté pas mal tôt sans hiver et nous avons vendangé très tôt cette année-là.

Alors les vins sont quand même passablement différents d’une année à l’autre. Ça dépend du style que vous préférez. Puis finalement 2002 selon moi était parmi les moins bons.

Poderi Colla

CL/LM : Quelle est la différence majeure entre le style moderne et le style plus traditionnel de Barolo?

Pietro : C’est dans la vinification qu’on retrouve la plus grande différence. C’est la façon qu’on traite les tannins. Le style plus moderne a des périodes de macérations très courtes avec des températures de fermentation plus élevées et vieillissement directement dans les barriques. La courte période macération réduit les tannins. Et les tannins c’est la meilleure partie du cépage Nebbiolo. Et alors les tannins viennent du vieillissement dans les barriques. Le style traditionnel c’est pas mal différent. Les périodes de macération sont plus longues de 20 à 30 jours quelquefois plus long, on va chercher ce que les raisins ont de mieux à offrir, on va chercher les tannins et la structure. Puis c’est la longue période de vieillissement sous-bois avec des foudres (3,000 litres) et des barriques usagées, jamais neuves.

CL/LM : Nous avons entendu parler de périodes de macération de 90 jours?

Pietro : La longueur de macération ne veut rien dire. Ça dépend de ce que vous faites durant cette période comme des pigeages et autres. Ça dépend aussi des cuves que vous utilisez. La vinification dépendra beaucoup du millésime et de la qualité des raisins que la nature nous donne. Comme en 2014, nous avons dûs écourter la période de macération et le nombre de pigeages.

Beaucoup de producteurs de vins plus modernes reviennent vers un style plus traditionnel car les consommateurs changent de goût et les vins de style plus traditionnels ont plus la cote. Ils retournent vers des barriques usagées et des périodes un peu plus longues de macération.

CL/LM : Quelle est la signature de la maison?

Pietro : La clé c’est la fraîcheur! Surtout avec le réchauffement climatique. Il nous faut vendanger au bon moment et on le fait sur une période d’environ 40 jours avec au maximum 12 vendangeurs! Et c’est pas facile avec les vendanges manuelles et 28 hectares. Le Pinot Noir (12 hectares) est toujours le premier vers la 3ième d’août. Puis viens le Dolcetto (2 hectares) puis en fin de ligne le Nebbiolo (60% de la surface plantée) dont la période vendange se retrouve plus hâtive d’année en année.

Nous quittons Pietro qui dois travailler…

Poderi Colla

F.Colla : Alors vous voyez au loin les noisettes qui constituent la deuxième plus grande production de la région après le vin. On les utilise pour les Rochers Ferrero avec des noisettes entières. Maintenant on se tourne vers les noisettes de la Turquie car elles coûtent un dixième de ce que coûtent celles de la région. Maintenant on les utilise pour faire des desserts haut de gamme. La production des noisettes est surtout importante dans le Alta Langhe alors que pour le Bas Langhe on peut planter jusqu’à 450m où il n’y a que des vignobles. Plus haut on peut retrouver des noisettes. En fait si le sol n’est pas adéquat pour le vin alors on plante des noisettes.

Le vignoble que vous voyez la bas le Dolcetto pour faire le Bricco del Drago (le bout de la colline – la position la meilleure) qui est le seul vin fait de Dolcetto et de Nebbiolo, donc 85% de Dolcetto et 15% de Nebbiolo et c’est un vin unique parce que normalement sur le bout de la colline on met que les cépages importants, pas de Dolcetto en général. Mais là-bas depuis toujours de 1700, 1800, on a toujours planté le Dolcetto car il y a une situation particulière. Le Dolcetto a quelque chose de différent et qui est nécessaire d’être vieilli dans le bois et el Dolcetto n’est jamais vieilli dans le bois parce que c’est un vin de tous les jours. Dans les premières années il est impossible de boire ce vin. Il faut le faire vieillir dans le bois et on ajoute 15% de Nebbiolo pour la raffiner un peu. Il a été fait pour la première fois en 1969 et ça donne un vin de très longue garde comme un Barolo. C’est le terroir qui fait la différence alors on ne peut en faire autant qu’on voudrait. Ce n’est pas la vinification qui fait la différence.

Poderi Colla

F.Colla : Parce que le Nebbiolo c’est le vignoble qui pousse le plus en hauteur, c’est le premier à commencer sa gestation et c’est le dernier à terminer sa maturation. Donc c’est la plus longue période. Il est taillé en Guillot Simple. Ici dans cette parcelle ce sont les vignes les plus jeunes car on les a plantés dans les années 2000 dans des sols composés d’argile et de calcaire comme on en a un peu partout sur nos parcelles.

…Au mois de juin tout en haut de la colline, on fait une fête pour les clients de la région. On fait un dîner avec un traiteur et on sort les bonnes bouteilles. On ne fait que boire et manger avec un peu de musique. Beaucoup de pâtes, d’agnolotti faits avec 3 types de viandes, de tajarin, beaucoup de bœuf, de lapin, des fromages. Vous savez qu’on a plus de types de fromages ici qu’en France. Et quelques desserts…

CL/LM : Selon vous quel est le meilleur accord mets/vin avec le Barolo?

F.Colla : On boit ça avec tout! Surtout avec de la viande rôtie ou des faisans.

Poderi Colla

F. Colla : …La conception des crus dans la région s’est retrouvée dans le développement de la notion des ‘’single vineyards’’ ce qui est une conception bien différente. C’est une notion qui a été développée par les producteurs. Ça vaut ce que ça vaut.

CL/LM : On a l’impression que le Langhe c’est le Nebbiolo. Cependant, quand on regarde le pourcentage des cépages plantés, il ne représente qu’environ 6%. Est-ce bien le cas?

F.Colla : Dans le Langhe le cépage le plus planté c’est le Barbera. Le Nebbiolo est le cépage le plus connu et le plus recherché. Ici le cépage qui était le plus planté c’est le Dolcetto parce que c’est le vin de table. Ce cépage est en train de vivre un moment difficile parce que de moins en moins de gens en veulent. C’est dommage car c’est un vin simple et sympa avec un fruit approchable. On a essayé avec le Consorzio de le faire revivre et d’en faire la promotion car c’est difficile pour nous de le vendre. C’est vraiment dommage! C’est un problème de notoriété.  Les producteurs se sont déplacés vers le Nebbiolo qui est beaucoup plus cher, vers le Barbera ou vers d’autres cépages qui ne sont pas le Dolcetto.

La dégustation

Dégustation Poderi Colla

Nous avons dégusté 7 vins de la maison dont le Dolcetto d’Alba 2017, Le Pino Nero 2016, le Nebbiolo d’Alba 2016, Le Tenuta Roncaglia, Barbaresco 2015, Le Barolo Bussia 2014, le fameux Bricco del Drago 2015 et le Vermouth Bonme.

Malheureusement pour le moment les commandes sont en attente à la SAQ et donc les quantités sont des plus rares. Le Poderi Colla, Piero Colla Extra Brut et le Poderi Colla, Campo Romano sont disponibles en importation privée. Vous pouvez contacter l’agence Montalvin pour commander :
https://www.montalvin.com/fr . Quant aux autres vins, je vous dirai quand les commandes arriveront.

Poderi Colla, Dolcetto d’Alba, 2017, $18.00, code SAQ : 13674362. Ce produit n’est présentement pas disponible.

Des notes de cerises, de fraises et de framboises. C’est très charmeur et floral. En bouche l’acidité est bien fraîche et les tannins sont équilibrés et quelque peu charpentés. Très beau! Le 2016 me semblait encore plus structuré alors que celui-ci est encore plus approchable.


Poderi Colla, Dolcetto d’Alba, 2017

Pino Nero, Campo Romano, Cascine Drago,2016, $37.00. Ce vin est disponible en importation privée auprès de l’agence Montalvin.

Ce vin est très type avec passablement de notes épicées, de cerises et des notes viandées et animales. En bouche les tannins sont tissés bien serré assez charpentés et on a un rappel des notes de griottes, de cerises avec une superbe longueur. Belle amplitude.


Pino Nero, Campo Romano, Cascine Drago,2016

Poderi Colla, Nebbiolo d’Alba, Bacchus label, 2016, $25.40, code SAQ : 10860346. Ce produit n’est présentement pas disponible.

Des plus charmeur et bien floral sur des notes de cerises et de prunes. Très représentatif du Nebbiolo! Les tannins sont particulièrement charpentés avec une longueur plus qu’appréciable. Élaboré sur un style traditionnel avec une macération longue pour en extraire la beauté des tannins.


Poderi Colla, Nebbiolo d’Alba, Bacchus label, 2016

Poderi Colla, Tenuta Roncaglia, Barbaresco, 2015, $47.50, code SAQ: 11100120. Ce produit n’est présentement pas disponible.

Ce vin représente bien la puissance et le velours! Provenant d’une parcelle des plus qualitative il a ce qu’on appelle un côté ‘’féminin’’. De belles notes de tabac blond avec des notes de prunes et de fruits noirs sur la mûre. Les tannins sont assez charpentés souples et des plus veloutés.


Poderi Colla, Tenuta Roncaglia, Barbaresco, 2015

Poderi Colla, Dardi Le Rose, Barolo, Bussia, 2014, $54.50, code SAQ : 10816775. Ce produit n’est présentement pas disponible.

Bien floral sur des notes de tabac blond. Le plus beau des vins dégusté!!


Poderi Colla, Dardi Le Rose, Barolo, Bussia, 2014

Poderi Colla, Bricco del Drago, Langhe, 2015, $29.75, code SAQ : 927590. Ce produit n’est présentement pas disponible.

Sur la crème de fruits avec des notes de sous-bois. Les tannins sont des plus équilibrés, charpentés. Son profil aromatique était le plus international des vins dégustés. Charmant et goûteux!


Poderi Colla, Bricco del Drago, Langhe, 2015

Poderi Colla, Vermuth, Bonmè.

Superbe, wow! De style absynthe, élaboré en infusion, c’était ‘’out this world’’! J’en ai acheté…On en fait 3,000 bouteilles par an. Malheureusement ce produit n’est pas disponible.


Poderi Colla, Vermuth, Bonmè

Il ne me reste qu’à remercier Federica de nous avoir si bien reçu. Et si jamais vous allez dans la région, faite-vous un devoir d’aller visiter leur vignoble.

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