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Château Taillefer Lafon. Des découvertes goûteuses et aromatiques!

Vins et cidres Taillefer Lafon avec Château en arrière-plan
Vins et cidres Taillefer Lafon

Toujours surprenant quand on accède au Château pour la première fois! Un vrai château situé à quelques kilomètres de Montréal, près des autoroutes 13 et 440, dans le quartier Sainte-Dorothée à Laval. Mettons que ça détonne dans le paysage lavallois!

Le Château Taillefer Lafon est à ce jour, le plus important producteur québécois de raisins provenant de  » vignes nobles  » (vitis vinifera) la majorité des autres producteurs utilisent en majorité des cépages autochtones. Le micro-climat très particulier de la région permet la culture des vitis vinifera. Ils produisent aussi une grande variété de produits dont ceux issus de leur verger de pommes de Saint-Joseph-du-Lac.

Voici donc 4 produits du Château Taillefer Lafon dont deux vins blancs ainsi que leurs cidres mousseux et liquoreux.

Il est à noter que ces produits sont disponibles au Château (les prix indiqués), dans diverses épiceries fines, chez IGA, Metro et Costco.

Château Taillefer Lafon, Chardonnay, 2019, 19,14$ (avant taxes au Château)

Bouteille Château Taillefer Lafon, Chardonnay, 2019 avec Château en arrière-plan
Château Taillefer Lafon, Chardonnay, 2019

Ce Chardonnay est fermenté en fût de chêne français et est élevé sur lies pendant une période de 12 mois

Notes de dégustation

Ce Chardonnay est d’une facture de climat nordique et se révèle donc une dominance de notes boisées, d’arômes de beurre et de fruits blancs (poires bien mûres).

La bouche est d’une texture quelque peu ferme avec une acidité bien fraîche et des flaveurs de fruits blancs éclatants, de notes boisées accentuées avec une bonne sensation de minéralité. Beaucoup de fraîcheur avec une finale assez persistante.

Vous ferez de beaux accords avec un rôti de porc à la moutarde, volailles et autres viandes blanches.

Château Taillefer Lafon, Riesling, 2016, 14,79$ (avant taxes au Château)

Bouteille de Château Taillefer Lafon, Riesling, 2016 avec Château en arrière-plan
Château Taillefer Lafon, Riesling, 2016

Ce Riesling est fermenté pendant de de 3 à 4 semaines à froid puis suit un élevage sur lies pendant 12 mois.

Il se révèle au nez sur des arômes empyreumatiques dont des notes pétrolées ainsi qu’une bonne sensation de minéralité. De belles d’agrumes se conjuguent à l’ensemble.

En bouche ce sont les flaveurs de zeste de citron assez intenses avec une trame d’amertume et un petit côté ‘’sûrette’’ qui dominent. La texture est quelque peu ferme et s’harmonise avec une acidité un peu mordante. Cette belle sensation goûteuse et de fraîcheur se prolonge agréablement en bouche.

C’est un véritable vin de bouffe qui fera de beaux accords avec une truite grillée sauce citron.

Château Taillefer Lafon, Frisson en Bulles, Cidre Mousseux, 17,40$ (avant taxes au Château)

Bouteille de Château Taillefer Lafon, Frisson en Bulles, Cidre Mousseux avec Château en arrière-plan
Château Taillefer Lafon, Frisson en Bulles, Cidre Mousseux

Ce cidre de pomme Pétillant ne tire que 9% alc./vol. 

Vous le découvrirez sur des effluves de pommes cuites, de muscade et de notes florales.

En bouche la texture est crémeuse, l’acidité bien fraîche et les flaveurs rappellent celles perçues au nez. Délicieux, goûteux il est du genre à plaire à plusieurs. Le genre valeur sûre!

Château Taillefer Lafon, Grand Frisson de Glace, Cidre liquoreux de glace, 2017, 500 ml, 15,13$ (avant taxes au Château)

Bouteille de Château Taillefer Lafon, Grand Frisson de Glace, Cidre liquoreux de glace, 2017 avec Château en arrière-plan
Château Taillefer Lafon, Grand Frisson de Glace, Cidre liquoreux de glace, 2017

Le Grand Frisson de Glace est un cidre liquoreux mais léger et pas lourd du tout! Il est crée à partir d’une variété de pommes : McIntosh, Empire, Cortland, etc. La bouteille se vend en format de 500 ml et ne contient que 7 % d’alcool.

Véritable coup de cœur! Nez complexe de pommes, de caramel au beurre avec quelques notes épicées.

La bouche est dominante de fraîcheur avec une acidité bien fraîche et de flaveurs intenses de pommes mûres, de bonsbons au beurre, d’oranges amères et de caramel.  Ce qui surprend c’est son côté léger et sa grande sapidité.

Ce cidre est idéal pour accompagner un cheddar fort, pour déglacer les pétoncles et les crevettes et même pour verser sur sa crème glacée.

Château Taillefer Lafon

Château Taillefer Lafon
Château Taillefer Lafon

Château Taillefer Lafon est le premier vignoble au Québec autorisé à utiliser le terme « Château ». Cette désignation, traditionnellement réservée aux grands vignobles européens, est fièrement justifiée par l’édification d’une somptueuse construction qui répond à ce type d’appellation.

C’est au début du 19e siècle, que les ancêtres de la famille Taillefer ont cultivé des terres sur le territoire de la ville de Laval.

En 1976, Jean-François Taillefer, notaire, voulant retourner aux sources, s’est porté acquéreur, avec sa famille, d’une ferme sur le territoire ancestral. Ces terres exceptionnelles au limon fertile laissé par l’ancienne Mer de Champlain, il y a des milliers d’années, sont situées aujourd’hui sur la Montée Champagne. Un nom des plus prédestiné !

Vignobles Château Taillefer Lafon
Vignobles Château Taillefer Lafon

Fabrice Lafon, diplômé en viticulture et en œnologie, a débuté sa formation en France: au Château La Garrigue, à Saint-Martin de Blaye, et à « La cave du Père Tienne » à Sologny. En 2004, il s’associe avec Jean-François et Manon Taillefer pour fonder le Château Taillefer Lafon.

Dans sa première année d’existence, Château Taillefer Lafon a participé au prestigieux concours international de Montréal «Les Sélections Mondiales des Vins 2004». Les deux produits présentés soit : le vin de glace et le cidre de glace, se sont mérités respectivement une médaille d’or et une médaille d’argent. De plus, le château s’est vu décerner, pour son vin de glace, le grand trophée  » Vinofed  » qui récompense le meilleur des 2300 produits en lice présentés par plus de 30 pays. 

Six vins rouges sous la barre des 20$ pour terminer l’année en beauté!

Le Grand Ballon, Gamay de Loire, Thierry Delaunay, 2019, 13,90$, cépage : Gamay 100%, sucre : 1.8 g/l, alc. : 12.5%, code SAQ : 13993013.

Ce vin libère au nez des effluves de cerises, de mûres ainsi que d’épices douces. En bouche on est accueilli par des flaveurs de fruits noirs, de cerises noires, de noyaux de cerises et d’épices douces. Les tannins sont gouleyants et l’ensemble est juteux, d’une belle fraîcheur sur une belle finale fruitée. Véritablement un vin gourmand.

Vous ferez de beaux accords avec charcuteries, volailles grillées, cochonnailles ainsi que les terrines et les pâtés.

Agence Importations BMT – échantillon

Joel Delaunay

Le domaine familial depuis 5 générations se situe à proximité du célèbre Château de Chenonceau, à l’est de Tours sur la commune de Pouillé (41). Fiers de nos 37 hectares en appellation Touraine et Touraine Chenonceaux, notre vignoble familial orne de ses lignes verdoyantes les coteaux qui bordent le Cher.

Il offre un point de vue exceptionnel sur cette belle vallée du Cher et s’inscrit sur la route des vins du Val de Loire, étape touristique semée de villages vignerons, de châteaux royaux et de paysages naturels préservés.

L’encépagement du Domaine est pour 2/3 en Sauvignon blanc, cépage phare de l’appellation Touraine. En complément : les cépages Gamay, Cabernet Franc et Côt (ou Malbec) pour l’élaboration des vins rouges, Pineau d’Aunis pour le rosé d’assemblage (avec le Gamay).

Little James’ Basket Press, Solera, Château de Saint Cosme, Jeune Solera, 15,90$, cépage : Grenache 100%, sucre : 2.1 g/l, alc. : 13.5%, code SAQ : 13958277.

Il s’agit d’une belle petite histoire entourant cette cuvée. Le propriétaire Louis Barruol, en l’honneur de la naissance de son fils unique, a décidé de créer une cuvée spéciale, avec une approche plus moderne avec une technique ancienne, celle de la solera qu’on retrouve surtout pour l’élaboration du Xéres.

Il s’agit d’un vin multi-millésimes de 1999 à 2019 et est une ode au cépage Grenache. Le vin est issu d’un assemblage de vins produits depuis 1999. La vinification et l’élevage sont faits en cuve en béton.

Son fils évidemment s’appelle James et tous les dessins qu’on retrouve sur la bouteille sont des oeuvres de son jeune fils.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et disons que j’ai été charmé par les arômes et saveurs de ce vin. Ce qui étonne c’est la profondeur des arômes perçus au nez comme les prunes, les cerises noires avec comme un soupçon de butterscotch et de menthe. En bouche ça ressemble à un Porto avec des flaveurs quelque peu oxydées, de prunes et d’épices douces. Les tannins sont charpentés et charnus et créent une belle impression de volume et d’amplitude que j’ai beaucoup aimé. C’est pas mal goûteux et d’une longueur surprenante.

Vous ferez de beaux accords avec des côtes levées, des plats mijotés longtemps ainsi que les plats typiques du Temps de Fêtes.

Agence Sélections Oeno – échantillon

Château de Saint Cosme

Vignoble Saint Cosme

Acquise en 1490, la propriété a vu se succéder 15 générations de vignerons. Elle comprend 22 has de vieilles vignes d’une moyenne d’âge de 60 ans. Elles donnent de petits rendements.

Le terroir de Saint Cosme est une mosaïque géologique liée au grand bouleversement des Dentelles de Montmirail. Saint Cosme se situe exactement au point de croisement de deux failles géologiques, dans un microclimat froid et tardif : l’équilibre, la fraîcheur et la finesse caractérisent les vins.

Château des Charmes Pinot Noir, Ontario, Niagara-On-The-Lake, 2018, 16,95$, sucre : 1.5 g/l, alc. : 13%, code SAQ : 10745495.

Bien que ce vin a été élevé pendant neuf mois en barriques de chêne français on en sent aucune de boisé preuve qu’on a judicieusement utilisé le bois.

Ce vin se révèle sur des arômes bien frais de cerises, de canneberges, de framboises ainsi qu’un soupçon de sous-bois. La bouche est dominée par les flaveurs de cerises sûrettes, de noyaux de cerises ainsi qu’une touche de notes ‘’terreuses’’ et de sous-bois. Beaucoup de fraîcheur et d’équilibre le tout supporté par des tannins gouleyants. C’est beau, très bien fait, d’une belle fraîcheur et bien typé Pinot Noir.

Vous ferez de beaux accords avec des charcuteries, des pâtés, de la choucroute, du boudin blanc, du saumon grillé et du thon.

Agence Sélections Fréchette – échantillon

Château des Charmes

Vignoble Château des Charmes

Château des Charmes a été fondé en 1978 par Paul Bosc, cinquième génération de viticulteurs français. À son arrivée dans la région de Niagara dans les années soixante avec sa jeune famille, Paul savait déjà que la seule façon de garantir la qualité du vin était de planter ses propres vignes. Aujourd’hui encore, ils continuent à élaborer des vins issus exclusivement de raisins des leurs vignobles.  

Henry Marionnet, Domaine de La Charmoise, Val de Loire, Touraine, 2019, 17,95$, (nouvel habillage) cépage : Gamay 100%, sucre : 1.7 g/l, alc. : 12%, code SAQ : 329532.

Nouvel habillage

J’ai un parti pris pour cet excellent producteur que j’ai eu le plaisir de rencontrer chez lui en Touraine. J’apprécie sa philosophie et sa vision de la viti-viniculture. D’ailleurs il a été reconnu comme producteur de l’année 2019 par Bettane + Dessauve!

Et tout ceci se reflète dans ce très beau Gamay qui exhale des notes de fruits purs et frais. Des arômes de cerises, de framboises, de kirsch ainsi que des notes florales qui déjà mettent ce vin dans une classe à part. En bouche c’est la fête!! Les flaveurs intenses de cerises, de noyaux de cerise et de mûres s’en donnent à cœur joie. Les tannins charpentés apportent une jolie structure à cet ensemble éclatant. La finale est particulièrement fruitée et jouissive. Un coup de cœur!!

Vous ferez de beaux accords avec du boudin noir, des côtelettes de cochon de lait et des côtes de veau.

VinsFins l’Agence – échantillon

Domaine de la Charmoise

Domaine de la Charmoise

Le Domaine est situé à Soings-en-Sologne à environ une heure de Tours dans la superbe Vallée de la Loire. Henry Marionnet en a fait l’acquisition dans le milieu des années 50 et l’a complètement replanté et agrandi entre 1967 et 1978. La surface globale est aujourd’hui de 60 hectares pour une production de 400.000 bouteilles.

La cave est entièrement équipée en cuves inox. Les vinifications réalisées au Domaine de la Charmoise sont toutes « spéciales » et différentes des méthodes classiques ; ce qui confère aux vins qui en sont issus des qualités et des propriétés tout à fait originales.

Le Domaine de la Charmoise est en très grande majorité planté de Gamay noir à jus blanc pour les vins rouges et de Sauvignon pour les vins blancs.

Le Gamay noir à jus blanc couvre une surface de 33 hectares. Les vignes de sélection massale ont été plantées entre 1967 et 1978. Les rendements moyens sont d’environ 55 hl/ha.

Luigi Righetti, Campolieti, Italie, Vénétie, Valpolicella Ripasso Classico Superiore, 18,25$, sucre : 4.7 g/l, alc. : 13.5%, cépages : Corvina 75 %, Rondinella 20 %, Autre (s) cépage (s) 5 %, code SAQ : 964569.

Ce vin est un assemblage traditionnel de corvina, rondinelle et molinara, qui ont subi une seconde fermentation avec le moût de la fermentation de l’Amarone qui est ajouté à la fermentation du Ripasso. Ce processus donne au Valpolicella une structure et des saveurs additionnelles. Par la suite, le Campolieti vieillit de 12 à 14 mois en barriques françaises et en foudre de chêne de 20hl.

On découvre ce vin sur des notes d’épices, de mûres, de torréfaction, de tabac et de cerises. La bouche est particulièrement goûteuse avec des flaveurs de cerises confiturées, de vanille, d’épices ainsi que quelques notes boisées. Les tannins sont charpentés et charnus et apportent une sensation d’amplitude et une longueur appréciable.

Vous ferez de beaux accords avec des plats bien goûteux et typiquement italiens tels l’osso bucco ou côtelettes d’agneau au pesto.

Agence Sélections Oeno – échantillon

Luigi Righetti

Vignoble Luigi Righetti

Les vignobles de la famille Righetti sont situés à Valgatara, à la périphérie de Marano, au cœur de la région viticole de Valpolicella. La cave d’origine a été construite en 1909 par Angelo Righetti.

La dernière et la plus grande cave à vin a été construite en 1997 et se trouve à 6 mètres sous le niveau du sol et abrite l’Amarone Classico dans de grands fûts de chêne, l’Amarone Classico Capitel de Roari ainsi que le Valpolicella Classico Superiore Ripasso.

Château St-Jean, Cabernet-Sauvignon, Californie, 2018, 19,45$, sucre : 4.1 g/l, alc. : 13.8%, code SAQ : 10967397.

Les raisins proviennent de la côte nord de Sonoma ainsi que de la côte centrale de Paso Robles et de Santa Barbara. Le vin a vieilli 8 mois en fûts de chêne français et américain.

Vous découvrirez ce vin sur des effluves de cerises rouges et noires, de mûres, de tabac, de thé, d’épices, de notes herbacées (piments verts) et d’eucalyptus. La bouche est d’une belle amplitude et toute en finesse avec des flaveurs qui rappellent celles perçues au nez. Les tannins charpentés et ronds apportent ce qu’il faut de structure sans dominer le vin. Très beau vin de Californie sous la barre des 20$ ce qui est chose rare!!

Vous ferez de beaux accords avec des viandes rouges grillées, des viandes de gibier et d’agneau.

Agence Mark Anthony – échantillon

Château St-Jean

Château St-Jean

Château Saint-Jean est un vignoble pionnier dans le Comté de Sonoma depuis 1975. Fondé en 1973, le Château Saint-Jean a été conçu comme un véritable domaine viticole de style européen, où les vins de chaque parcelle étaient séparés pour capturer pleinement le caractère individuel de chaque site.

Le vignoble de St. Jean Estate entoure la cave de Kenwood, en Californie. La propriété se compose de 270 acres avec plus de 93 acres plantés à flanc de coteau et de fond de vallée de plusieurs variétés, dont le cabernet sauvignon, le cabernet franc, le malbec, le merlot, le petit verdot, le viognier et le gewurztraminer.

Vignoble La belle Alliance. Toute une découverte dans les Cantons-de-L’Est!

Vignoble La Belle Alliance

Rencontre des plus intéressante avec Brock Dagenais vigneron et ex-avocat au vignoble La Belle Alliance situé dans les Cantons-de-l’Est à Shefford. Le nom de ce vignoble provient de la Ferme de La belle Alliance située en Belgique qui a été rendue célèbre par Napoléon durant la bataille de Waterloo. C’est l’endroit que Napoléon avait choisi pour inspecter ses troupes avant cette bataille fatidique.

Vignoble La belle Alliance

Véritable auto-didacte vinicole, après une carrière florissante comme avocat, Brock s’est lancé dans un vignoble situé dans les Cantons-de-l’Est et ce bien malgré lui. Brock voulait acheter et rénover un château en France et c’est en Estrie qu’il l’a trouvé. Mais oh surprise! Il y avait 7 hectares de vignes laissées à l’abandon sur la propriété dont le vendeur ne faisait même pas mention. Il est donc devenu par le fait même vigneron en achetant la propriété.

Vignoble La belle Alliance – cep à dégager

En 2015, après avoir nettoyé à la main quelques parcelles de vignes à la sueur de son front et vendangé ses premiers raisins, Brock s’est livré à une véritable boulimie d’apprentissage et pendant un an il a élaboré un nombre incroyable de cuvées différentes pour se faire la main. Il faut dire qu’avant de se lancer dans la viti/viniculture, il avait visité une quarantaine de vignobles au Québec et goûté la plupart de leurs vins.

Vignoble La Belle Alliance

Et depuis il est guidé par une insatiable quête de qualité qui font de ses vins des vins de terroir. Sa philosophie de viticulture est dure tant elle fait souffrir les vignes. Il faut qu’elles survivent. Son approche est minimaliste tant en viticulture qu’en viniculture et ses vins reflètent cette approche de qualité.

Notes de dégustation

Vignoble La belle Alliance

J’ai goûté quatre vins dont le Toujours (vin blanc), l’Amour (vin rouge), Entre (vin orange) et Nous (vin gris). Beau témoignage entre deux personnes que Toujours l’Amour Entre Nous n’est-ce pas? Suite à la dégustation j’ai découvert une signature et des caractéristiques communes dans ces vins soient : l’éclat des notes de fruits, la sensation de minéralité et enfin l’énergie et la vivacité des vins. Et ils sont excellents et valent la peine d’être découverts!

La Belle Alliance, Toujours, vin blanc, Québec, Estrie, 2016, $30.00, cépages : Frontenac Gris 85%, Vidal 15%, , sucre : 5.5 g/l, alc. : 12.5%.

La Belle Alliance, Toujours, vin blanc, Québec, Estrie, 2016

Ce vin a vieilli pendant 8 mois dans des barriques de chêne américain qui lui a apporté de la complexité sans lui transférer de notes boisées. Le nez est très aromatique sur des effluves de fruits blancs tels la pomme, la poire ainsi que quelques notes florales.

En bouche la texture est veloutée, l’acidité très présente et les flaveurs éclatantes de fruits perçues au nez dégagent une énergie débordante. C’est un vin incisif, bien droit supporté par une belle sensation de minéralité. Décidément un vin de bouffe qui fera un bel accord avec volailles grillées et fromages.

La Belle Alliance, Nous, vin gris, Québec, Estrie, 2017, $30.00, cépages : Marquette 80%, Frontenac Gris 20%, sucre : 5.5 g/l., alc. : 12.5%.

La Belle Alliance, Nous, vin gris, Québec, Estrie, 2017

Ce vin gris (vin rosé) a été élaboré selon la méthode provençale. En fait on le retrouve assez souvent dans la région de la Camargue. Le nez est particulièrement discret sur des notes de caillou mouillé et d’un soupçon de fruits rouges (framboises). En fait ce qui caractérise ce vin ce ne sont pas autant ses arômes que l’énergie et la tension qu’il dégage.

En bouche la texture est veloutée, l’acidité très présente et le vin est doté d’une très belle structure. Il dégage une belle énergie ainsi qu’une belle sensation de minéralité qui perdure de façon assez surprenante.

La Belle Alliance, Entre, vin orange, Québec, Estrie, 2017, $30.00, cépages : Frontenac gris 100%, sucre : 4.0 g/l., alc. : 13.5%.

La Belle Alliance, Entre, vin orange (vin rosé), Québec, Estrie, 2017

Le vignoble devrait identifier ce vin comme vin orange et non pas comme vin rosé car c’est carrément un vin orange bien typé. Au nez les arômes sont particulièrement intenses sur des notes de nectarines, de notes florales ainsi qu’un soupçon de notes épicées et de sucre d’orge. La bouche est d’une texture onctueuse, légèrement grasse et les flaveurs dégagent des notes de fruits vraiment éclatantes. C’est un vin qui déborde d’énergie et de saveurs. Un des bons vin orange dégusté à date!

La Belle Alliance, L’Amour, vin rouge, Québec, Estrie, 2016, $30.00, cépages : Frontenac noir 85%, Marquette 15%, sucre : 3.4 g/l., alc. : 12.5%.

La Belle Alliance, L’Amour, vin rouge, Québec, Estrie, 2016

Bien différent ce vin rouge! On le découvre sur des notes de crème de fruits rouges (cerises), quelques notes lactées, de chocolat au lait et de notes de cacao. J’avais l’impression au nez d’un porto tellement le profil aromatique lui ressemblait. En bouche la texture est bien veloutée et les tannins sont souples, fins et quelque peu serrés. L’ensemble dégage de la finesse et une certaine élégance. Il fera un bel accord avec des plats mijotés longtemps.

Les vins sont disponibles au situé au 239 Chemin de Fulford, Shefford, Québec . Vous pouvez rejoindre le vignoble : 450-539-0880 ou via le site web: https://www.labellealliance.ca/vinsdeterroir. Pour les commandes d’une caisse (12 bouteilles) ou plus, nous offrons la livraison gratuite pour les adresses au Québec qui sont de deux heures par voiture de la cave. Pour toutes autres adresses et pour les commandes inférieures à une caisse, on vous demande de nous laisser un e-mail pour que vous puissiez vous arranger de ramasser votre commande à notre cave ou à Montréal. Les taxes sont comprises pour les prix montrés sur le site.

Entrevue avec Brock Dagenais au Vignoble La belle Alliance

Brock Dagenais Vignoble La belle Aliance – à droite les vignes non dégagées

Claude Lalonde Vinformateur (VF) : ‘’Bonjour Brock, alors comment avez-vous débuté cette aventure et ce changement de carrière? Vous étiez avocat et vous êtes maintenant vigneron. Comment est-ce arrivé?’’

Vignoble La belle Alliance

BD : ‘’En 2015 j’ai eu l’envie d’acheter un château en France pour m’établir là-bas. J’avais besoin d’un comme d’un renouveau dans ma vie, d’un nouveau projet. Mais il faut dire que la France c’était probablement trop loin et j’ai trouvé cet endroit magnifique à Shefford en Estrie. Cette maison inspirée d’un château en France était superbe et m’intéressait beaucoup. Lors d’une marche sur la propriété pendant le processus de vente, j’ai vu des vignes qui étaient à l’abandon complètement enfouies dans de mauvaises herbes. Le propriétaire ne mentionnait même pas la présence de ces vignes dans la vente. Quand j’ai vu ça je me suis dis eh! je vais avoir un vignoble !

Suite à l’achat de la propriété, nous avons commencé à nettoyer les vignes. Il nous fallait les libérer des mauvaises herbes à la main avec des ‘’weed-eaters’’ ce qui était énormément d’ouvrage. Aucun autre vignoble ne ressemble au nôtre du fait qu’il a été abandonné et qu’il est maintenant rescucité. Je n’étais certainement pas un vigneron, ni un agriculteur et j’étais probablement très naïf mais nous avons procédé à une grande revitalisation des vignes. Et ça a pris beaucoup de temps et de sueur.

Il me fallait tout apprendre car je ne connaissais rien à la viticulture et encore moins à la viniculture. J’ai pensé un certain temps aller travailler dans un vignoble voisin pour aller chercher de l’expérience. J’ai même pensé aller travailler en Afrique du Sud et en Nouvelle Zélande. Puis je me suis dit que basé sur mon expérience et mon approche personnelle à régler diverses problématiques que je trouverais des solutions selon mes propres méthodes, mes propres expériences. Et c’est ce qui est arrivé.

Vignoble La belle Alliance

Après avoir dégagé une partie des vignes, j’ai fait les vendanges en 2015 avec les raisins qui me restaient car les oiseaux en avaient mangé une très grande quantité. Nous n’avions pas à l’époque des filets anti-oiseaux. Il nous est resté environ une tonne et demie de raisins. Nous avons donc congelé ces raisins et nous avons procédé pendant un an à élaborer diverses cuvées toutes aussi différentes les unes que les autres afin d’expérimenter. Approximativement à chaque 10 jours, on faisait dégeler une quantité de raisins et on tentait une nouvelle cuvée avec différentes levures, différentes méthodes de vinification etc. Nous faisions tout par nous-mêmes.

Il faut dire que j’avais visité une quarantaine de vignobles au Québec et j’avais goûté pas mal de vins. J’avais une bonne idée du genre de vin que je voulais. Mais il fallait apprendre comment le faire.

Alors pour le millésime 2016 j’ai eu de l’aide de notre œnologue et il m’a aidé à atteindre ce à quoi je visais comme vins. J’ai donc élaboré notre vin rouge et notre vin blanc cuvée 2016 que vous avez goûté. Ils sont pas mal en effet! J’ai compressé plusieurs années  d’expérimentation en un an!! Et quelle année!

Vignoble La belle Alliance

VF : ‘’Assez incroyable! J’ai bien apprécié ces deux vins qui sont en fait vos premiers vins qui suivent  toute cette expérimentation.’’

BD : ‘’Incroyable non! On ne s’y attendait pas réellement. En 2015 nous avons dégagé une parcelle et demie (2 hectares) pour une tonne et demie de raisins. Puis au fil des autres années nous avons constamment dégagé de plus en plus de vignes existantes. En 2019 nous n’avons pas dégagé de parcelles supplémentaires mais on verra pour les années suivantes. Au total nous avons 258 acres de terrain dont une bonne partie serait propice à la vigne. On pourrait faire partie des plus grands vignobles au Québec si le tout était planté de vignes. Nous avons présentement 7 hectares de terrain planté de vignes.

En 2015 nous avons planté du Chardonnay qu’on incorpore dans nos cuvées afin d’aller chercher le profil aromatique qu’on vise. Et ce profil aromatique pour moi je le vois en couleur. Quand je goûte je perçois différentes couleurs ce qui est assez spécial. Et le Chardonnay donne une couleur spécifique lorsque je déguste. Je voulais avoir cette teinte dans mes vins. C’est littéralement comme peindre un tableau. Il n’est pas question d’embouteiller du Chardonnay car on en fait déjà d’excellents dans le monde et c’est plus facile pour eux d’aller chercher la maturité des raisins. Ici il nous manque en environ 18 jours d’ensoleillement par rapport aux régions de France qui dans sont dans la même latitude que nous. Non finalement, j’aime mieux me distinguer avec nos propres cépages.

Donc, afin d’élaborer les vins que nous aimons nous nous concentrons sur nos cépages autochtones. Nous utilisons aussi un palissage assez élevé pour aller chercher le maximum d’ensoleillement. De plus, grâce à ce palissage, le gel au sol n’atteint pas les raisins ce qui les protège. De plus, nous ne faisons pas de rognage de la vigne. En fait nous entourons les vignes autour du palissage au fur et à mesure qu’elles poussent. Ceci nous donne quelques journées de plus pour aller chercher l’ensoleillement nécessaire. On pousse le tout jusqu’à presqu’obtenir une vendange tardive.

Vignoble La belle Alliance

VF : ‘’Certains vignobles au Québec peuvent aller pas mal loin pour optimiser l’atteinte de la maturité grâce aux vendangeuses mécanisées’’.

BD : ‘’J’aime bien ces vendangeuses! En une heure on réussit à vendanger ce qui prend normalement 10 personnes en une journée. Chez nous nous avons une belle pente et le long de cette pente la maturité est différente. Ça nous permet de prendre notre temps pour bien vendanger à la main et de cueillir les raisins selon une maturité optimale. J’aime bien ces vendangeuses mais on ne pourrait pas les utiliser ici à cause du palissage qui n’est pas approprié pour cet équipement.

VF : ‘’De plus en plus de vignerons ajoutent du Vinifera. Est-ce une bonne chose?’’

BD : ‘’Je ne pense pas que ce soit une bonne chose. Bon c’est vrai que nous en avons du Chardonnay. Et nous avons choisi un clone qui provient de Montpellier pour son système racinaire qui limite dans un certain sens la croissance de cette vigne. Ceci force la vigne à se battre pour croître et à former des racines qui s’enfoncent plus creux dans le sol mais qui sont plus solidement ancrées. Nous avons fait le contraire de ce que les autres font. Beaucoup d’autres vignerons choisissent des clones qui vont pousser rapidement avec un système racinaire qui demeure plus en surface. Ces vignes poussent plus vite mais sont en général plus faibles. On peut pratiquement goûter et sentir le nitrogène dans leurs vins.’’

Chai Vignoble La belle Alliance

VF : ‘’Combien de bouteilles produisez-vous maintenant?’’

BD : ‘’Nous produisons maintenant 33,000 bouteilles que nous vendons au vignoble. Nous n’avons pas réellement de système de distribution autre que le vignoble et quelques points de vente vers Montréal ainsi qu’une dizaine de restaurants.  »

VF :’’ Quels sont finalement les challenges auxquels vous avez à faire face?’’

BD : ‘’Un de nos gros challenges c’est de bâtir notre notoriété afin que plus de gens viennent nous visiter et acheter notre vin. Notre deuxième challenge c’est la disponibilité de la main d’œuvre. Avec la Covid c’est carrément un problème. Tous les jours moi, ma femme et mes enfants sommes dans les vignes à travailler. Il n’y avait pas d’école à cause de la Covid et mes enfants ont pu nous aider. Cependant nous avons encore deux parcelles à dégager mais nous n’avons pas la main d’oeuvre pour le faire. Les travailleurs mexicains étaient en confinement à cause de la Covid.’’

VF : ‘’Et l’oeno-tourisme? Ne pourriez-vous pas avec votre château développer ce créneau?’’

BD : ‘’Bien qu’elle soit très grande, c’est une maison privée. Et elle est située en zone agricole et cette maison n’est autorisée que pour une unité familiale. Nous n’aurions pas l’autorisation d’en faire autre chose comme des réceptions, des mariages et autres activités du genre. On ne peut l’utiliser pour des fins commerciales. Nous avons réussi à obtenir une autorisation pour cette pièce qui est devenue notre boutique ainsi que pour notre terrasse derrière la maison. Nous utilisons cette dernière pour des réceptions pour les membres de notre Wine Club ou pour recevoir d’autres vignerons.

Vignoble La belle Alliance

VF : ‘’Comment envisagez-vous le futur?’’

BD : ‘’Les Québécois vont accentuer leur consommation de meilleurs vins et nous aurons de plus en plus de monde qui viendront nous visiter.

VF:  »Les gens se posent la question : pourquoi je paierais $30,00 pour une bouteille de vin du Québec? Que leur dites vous? »

BD:  »Eh bien c’est à cause de la qualité du vin que nous produisons. Nous sommes une ‘’Boutique Winery’’ qui produit des vins de qualité. Je crois que nous avons des vrais vins de terroir. Je ne veux pas faire les mêmes vins que tout le monde.

Lorsque nous faisons face à une problématique de viticulture ou de viniculture nous ne choisissons jamais la voie la plus facile. La recherche de la qualité sera toujours le discriminant qui guidera notre choix. Par exemple nos vignes sont pleines de roches, nous n’avons pas enlevés les roches comme bien d’autres vignobles ce qui leur facilite la gestion de la vigne. Les vignes font entièrement partie de l’environnement et nous les faisons se battre pour leur subsistance. Celles qui survivent produisent nos vins. Celles qui meurent sont remplacées par les boutures de celles qui ont survécu. Donc nous croyons avoir de meilleurs raisins. Nous ne rognons pas les vignes, nous les enroulons autour du palissage

Nous n’utilisons aucun herbicide, nous désherbons les vignes manuellement. Nous n’étendons certainement pas de fumier sur nos vignes. Pas besoin d’insecticides ou des pesticides car nous avons des centaines d’hirondelles qui font ça pour nous. 

Quant à nos vinifications, pour notre vin gris par exemple, nous n’utilisons qu’un pressoir manuel horizontal et n’utilisons que le jus de presse. Nos techniques de vinification demandent des efforts que d’autres ne voudraient pas mettre. Notre niveau d’intervention est carrément minimal. Les quantités de sulfites sont minimales. Nous laissons nos vins se reposer avant de le mette en vente. Nous mettons un gaz inerte sur le dessus de la cuve et nous le laissons dormir et jaugeons la température de la cuve tous les jours. Par exemple, le choc de l’embouteillage sur le vin dure environ 6 mois. Nous ne vendrons pas un vin avant.

Nous n’avons qu’un critère qui guide nos interventions et c’est le goût et la qualité du vin. On ne prendra jamais de décisions qui pourraient altérer négativement la réputation de notre marque. ‘’

Vignoble La belle Alliance

Un deuxième millésime des plus prometteur pour le nouveau Vignoble d’Ovila situé à Les Cèdres!

Deuxième millésime prometteur du Vignoble d’Ovila un tout nouveau vignoble situé à Les Cèdres. Véritable projet de retraite de France et François Robillard, c’est en 2015 qu’on plante les premiers plants de vigne d’Acadie et de Frontenac sur la terre de leur grand-père dans l’espoir de produire des vins qui soient les meilleurs possible.

François et France Robillard

Vous trouverez dans cet article mes notes de dégustation des deux vins (sur les 4 qu’ils produisent) qu’ils m’ont apporté pour dégustation. De plus suit l’entrevue des plus intéressante que j’ai faite avec François Robillard vigneron. Cette entrevue vous donnera une idée de la ténacité et du travail nécessaires pour mettre sur pied un vignoble au Québec.

Le Grand Vent, Vin blanc, Produit du Québec, 2019, $16.75, cépages : Frontenac Blanc 46%, Seyval Blanc 24%, Acadie 22%, et Vidal 8%, sucre : 3.43 g/l, alc. : 12%.

Le Grand Vent, Vin blanc, Produit du Québec, 2019

Ce vin se laisse découvrir par ses effluves de fruits exotiques (ananas) et d’agrumes avec une légère dominante sur le pamplemousse. La bouche est d’une texture un peu ferme avec une acidité presque vive et des plus rafraîchissante. Les flaveurs de pamplemousse et d’agrumes dominent en bouche avec une finale acidulée des plus agréable. À l’aveugle il pourrait facilement passer pour un sauvignon blanc de la Nouvelle-Zélande. Finalement, pour un deuxième millésime c’est très réussi.

Vous ferez de beaux accords avec des fruits de mer et poissons.

Le Saint-Féréol, Vin rouge, Produit du Québec, 2019, $18.00, cépages : 55% Frontenac noir, de 37% Marquette et de 13% Petite Perle, sucre : moins d’un g/l, alc. : 12%.

Le Saint-Féréol, Vin rouge, Produit du Québec, 2019

De jolis arômes de crème de fruits rouges bien frais avec une pointe de framboises et un soupçon de vanille. En bouche la texture est quelque peu ferme, l’acidité assez présente et les tannins sont équilibrés et tissés serré. Les flaveurs assez intenses de fruits noirs et de bleuets s’entremêlent avec de légères notes végétales. La finale bien fruitée dégage un soupçon d’astringence ainsi qu’un filet d’amertume. L’ensemble est agréable, équilibré et bien goûteux. Très réussi lui aussi pour un deuxième millésime.

Vous ferez de beaux accords avec des charcuteries, des plats à base de viande de porc, des pâtes avec sauce rosée et pizzas.

Entrevue avec François Robillard vigneron et co-propriétaire

VF (Vinformateur) : « Comment en êtes-vous venus à créer un vignoble au Québec? »

FR (François Robillard) : « Ça fait longtemps que je pensais à ça de partir un vignoble. Je lisais la-dessus, je prenais des formations sur la vinification du vin, comment partir un vignoble etc.  Mais mon travail ne me permettait pas de le faire. J’étais Directeur des Loisirs aux Cèdres et j’étais trop occupé car je travaillais pratiquement 7 jours semaine. Je n’avais pas vraiment le temps.

Puis j’ai pris ma retraite et j’ai su que le temps était venu d’essayer. On a alors décidé de s’installer sur la terre de mon grand-père qui avait été cédée à mon père et que ce dernier nous a vendu aux enfants.

Quand j’ai lancé l’idée du vignoble, il y a ma sœur qui s’est dit intéressée. Les autres enfants n’avaient pas d’intérêt à embarquer dans une telle aventure.

J’ai continué à prendre des formations en vinification, comment partir un vignoble au Québec, formation de la taille de la vigne, tout ce qui touche la vigne etc.

Préparation de la terre

En 2014 on a parti le projet en s’occupant prioritairement de la préparation de la terre pour la plantation en 2015. En 2015 on a planté 2,250 plants d’Acadie (cépage blanc) et 2,250 plants de Frontenac (cépage rouge). On a suivi les recommandations de Jérémie d’Hauteville notre œnologue conseil que j’ai eu la chance et le bonheur de rencontrer.

Jérémie d’Hauteville, R&J Oenology

On a planté des vignes sur greffe qui venaient de Niagara. La première année on a perdu tous nos 2,250 plants d’Acadie. Bien difficile de trouver la cause, on n’a vraiment pas d’idée sur les causes de cette perte. Certains disent que les plants n’étaient pas bons alors que le fournisseur dit qu’ils l’étaient. Bon, en tout cas, on les a perdus et on nous en a remplacé 700.

L’année suivante, on a commandé la différence et on a tout replanté. Et on en a encore perdu un bon 1,000 plants. Devant ces résultats, la deuxième année de plantation on a aussi planté du Frontenac noir, du Marquette et de la Petite Perle. On a aussi planté du Vidal et du Seyval.

Après ça, j’ai commencé à remplacer les vignes qu’on avait perdu avec l’aide d’Alain Brault (personnalité très connue dans le domaine viticole).

En 2018 on a fait fait les premières vendanges et puis il fallait construire la partie opérations c’est-à-dire la cuverie et l’entrepôt. Alors on est allé chercher un permis à la municipalité.  Ça a pris du temps et finalement on a commencé à construire au mois d’août et on finissait les vendanges à la fin septembre. Mettons que ça a été assez rapide comme construction pour être à temps pour la vinification.

Notre première année on a produit 3,700 bouteilles et en 2020 on a fait 4,000 bouteilles. En ce moment on travaille beaucoup sur la vigne pour obtenir un meilleur rendement parce qu’on a 2.5 hectares de vignes et on a 9,500 plants de vignes pas tous productifs. Donc on met beaucoup d’efforts sur les vignes. »

Vendanges

VF : « Vous vous dirigez vers quel mix de produits? »

FR : « On voulait faire 60% en blanc et 40% en rouge. On espère éventuellement faire des bulles, des vins sur glace. Mais pour l’instant on n’a pas assez de production pour faire ça. On s’enligne vers ça. On veut développer ça nous aussi à notre façon. « 

VF : ‘’Vous ajoutez du Seyval et du Vidal. Comment ça marche avec ces cépages? Croyez-vous toujours au cépage Acadie? »

FR : « On a tout gardé notre Acadie. L’an passé on a eu une petite production mais meilleure qu’avec le Vidal. Le Vidal ça fait maintenant deux ans, on a un peu de misère avec et on a pas une grosse production. La première année on n’en avait pas pire mais l’an passé on a eu de la misère à passer l’hiver avec. Cette année, on devrait avoir une bonne production d’Acadie si tout va bien parce que c’est bien parti en ce moment.

On va remplacer les plants de Vidal qu’on a perdu parce qu’on a beaucoup de plants de morts.

VF : ‘’De quelle façon protégez-vous vos plants de vigne en hiver? »

FR : ‘’Nos plants sont tous protégés avec des toiles. L’an passé on s’est fait prendre par la neige et on a réussi à tout déneiger et à poser nos toiles et on a enneigé par après. Un de mes amis vigneron qui est près d’ici me disait que l’an passé il les a laissé faire (sans toile) et que cette année ce sont ses plus beaux plants de vignes. L’Acadie sans toile c’est comme ça qu’il aime passer l’hiver. On ne sait pas trop pourquoi mais c’est comme ça. « 

VF : ‘’Beaucoup de challenges mais je pense que vous êtes content de vos vins? »

FR : ‘’Oui on est content et on a de la place pour de l’amélioration. Les commentaires des gens qui y ont goûté étaient bons. On a commencé à vendre le premier millésime au mois de juillet et en décembre on en avait plus. On faisait des activités sur le site comme la fête des voisins par exemple. Malgré tout, les gens revenaient en acheter. C’est intéressant! Finalement ce que les gens disaient c’est que le blanc était bien sec et cette année il est un peu moins sec que l’an passé. Les gens l’apprécient beaucoup.

Le rouge, le St-Féréol lui il n’est pas boisé. Il est différent de l’an passé. « 

VF : ‘’Le futur va vous apporter quoi selon vous? »

FR : ‘’Si on a plus de raisins on va peux-être faire un Vidal ou un Acadie. Possiblement l’an prochain planter des vignes de type Vinifera (cépages dits internationaux genre Chardonnay, Pinot Noir) pour voir comment on peut réussir avec ces cépages. »

VF : ‘’Vous avez combien de produits présentement? »

FR : ‘’On a quatre produits soit le rosé fait à partir du blanc avec du Frontenac noir, le blanc qui est un assemblage de Seyval, Vidal, Frontenac blanc et Acadie, le Tabarouette qui est un rouge boisé et le St-Feréol. L’an passé, les gens aimaient beaucoup le Tabarouette et cette année on en a fait plus et ça semble partir aussi vite. Les produits sont disponibles au vignoble et dans quelques points de ventes locaux.»

VF : ‘’Avez-vous assez de terrain pour de l’expansion possible? »

FR : ‘’Il nous reste encore 9 hectares de plantations potentielles. Mais c’est pas moi qui va les planter ces 9 hectares là. Pas rendu ou je suis rendu. En passant, on utilise des produits qui sont près du bio. On ne les utilise pas tous alors on n’est pas reconnu comme bio pour l’instant. Mais les 9 hectares ça fait déjà 2 ans qu’on plante du blé panifiable dessus sans intrant. On va peut-être agrandir tranquillement. Ça va dépendre de nos enfants. Comment ils sont intéressés par le projet. « 

VF : ‘’Et jusqu’à date comment trouvez-vous l’aventure vinicole? »

FR : ‘’L’aventure c’est ce à quoi je m’attendais. Étant donné que je m’étais renseigné et que j’avais suivi des formations ça m’a aidé. Je savais à quoi m’attendre. C’est vraiment beaucoup d’ouvrage mais c’est vraiment le fun. Cette année j’ai plus d’aide. J’avais appliqué pour accueillir des Guatémaltèques mais ça n’a pas fonctionné. Je viens tout juste d’engager une personne d’expérience qui a travaillé 6 ans dans un autre vignoble. J’ai aussi deux étudiants qui m’aident. Ça va nous donner un bon coup de main et je vais pouvoir me concentrer sur d’autres priorités Et il y a toujours Jérémie que j’ai eu la chance de rencontrer. Lors de notre première rencontre ça a beaucoup cliqué. Je bien content de mon aventure !!« 

Surprenants les vins du Domaine Labranche!!

J’avoue que je connaissais peu le Domaine Labranche avant de déguster quelques-uns de leurs produits pour écrire cet article. J’avais vu certains de leurs produits dans des magasins d’alimentation et ceux dont je me souvenais étaient élaborés à partir d’eau d’érable. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre et je m’en étais peut-être fait une idée préconçue.

D’un autre côté leurs vins tranquilles, dont le blanc et le rouge, ont la classification IGP ce qui est gage de haute qualité. De plus, leurs œnologues sont Jérémy d’Hauteville et Richard Bastien de R&J Oenology dont la réputation n’est plus à faire. Et finalement, Louis Desgroseilliers, Président et Vigneron me disait en entrevue : ‘’Chez nous on a une philosophie qui dicte nos actions :  »Tant qu’à faire les choses, aussi bien les faire comme il le faut. On a toujours eu le souci de bien faire les choses’’.  Finalement, j’aurais du m’en douter, les vins du Domaine Labranche m’ont enchanté. Alors veuillez trouver mes impressions de leurs vins.

De plus vous trouverez l’entrevue que j’ai faite avec Louis Desgroseilliers qui m’a beaucoup impressionné par la clarté de ses propos, la synthèse des stratégies du vignoble et sa passion pour les vins qu’il élabore.

Domaine Labranche

Le Domaine Labranche, c’est d’abord la cabane à sucre de la famille Desgroseilliers, construite à proximité de Saint-Isidore, en Montérégie et qui date de la première moitié du XXe siècle. C’est à partir de 2009 que Le Domaine Labranche se développe, au-delà de l’érablière, en une cidrerie et un vignoble, le tout alimenté par l’esprit ‘’d’entrepreneuship’’ de la nouvelle génération de Desgroseilliers composée de 6 enfants.

Ainsi, les produits du Domaine Labranche sont conçus dans cet esprit familial où tous et chacun participent à l’élaboration de produit de qualité tant au niveau maraîcher, pomiculture que du vignoble.

Notes de dégustation

Domaine Labranche, Vin blanc IGP, Primeur, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2019, $16.95, cépages : Frontenac blanc 100%, sucre : 1.5 g/l, 12.5%, code SAQ : 12962573.

Domaine Labranche, Vin blanc IGP, Primeur, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2019

Assez surprenant ce vin blanc avec au nez des effluves bien aromatiques de fruits exotiques (ananas), de pêches et de notes florales. En bouche la texture est légèrement grasse, l’acidité moyenne et les flaveurs de fruits exotiques et de fruits blancs créent un très beau profil aromatique des plus satisfaisant. La persistance est moyenne et on retrouve une légère amertume en fin de bouche.

Très polyvalent vous ferez de très accords avec des volailles grillées au BBQ, jambon à l’ananas, plats à base de porc. Vraiment super servi en apéritif.

Domaine Labranche, Cuvée Marcel, Vin rouge IGP, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2018, $18.55, cépages : Frontenac noir 100%, sucre : 1.6 g/l, 14%, code SAQ : 13374757.

Domaine Labranche, Cuvée Marcel, Vin rouge IGP, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2018

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce vin rouge. D’emblée, je préfère les blancs aux vins rouges du Québec. Je trouve que le climat du Québec se prête plus à l’élaboration des vins blancs. Et là, oh surprise…On me l’aurait donné à l’aveugle…

J’ai beaucoup aimé son équilibre nez, bouche, ses notes boisées bien fondues (je ne suis un fan des notes boisées…mais celles-là…) bref l’ensemble de son œuvre et son profil aromatique.

Le nez s’ouvre sur des arômes de crème de fruits rouges, de cerises noires, de notes boisées bien intégrées, d’épices douces avec comme un soupçon de toffee. La bouche est tout en équilibre et bien goûteuse. La texture veloutée, l’acidité équilibrée et les tannins très souples, ronds et joufflus se marient aux flaveurs de notes boisées bien fondues, de fruits très mûrs et le tout culmine en une finale juteuse, agréable et persistante.

Vous ferez de beaux accords avec des plats mijotés longtemps et des braisés de bœuf.

Domaine Labranche, Vin d’érable, Classique, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2019, $14.95, sucre : 9.6 g/l, 12 %, code SAQ : 12981643.

Domaine Labranche, Vin d’érable, Classique, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2019

C’est la première fois que je goûtais à ce genre de produit et s’il avait été servi à l’aveugle, j’aurais dis que c’était un vin blanc de région nordique s’apparentant au profil aromatique d’un Chenin blanc avec un niveau d’acidité plus élevé.

Au nez sur des arômes de cire d’abeille (Chenin blanc), de tilleul, d’eau d’érable (mais vraiment un soupçon) de foin et de pommes. La bouche domine sur une perception de minéralité avec une texture légèrement veloutée, une acidité bien présente et des flaveurs de pommes et de foin. Plus subtil que ce à quoi je m’attendais.

Je le boirais en accord avec des mets asiatiques et des mets épicés. Possiblement en apéritif mais surtout avec de la bouffe.

Domaine Labranche, Rosé, Érable et Framboise, Vin d’érable aromatisé à la framboise, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2018, $14.95, sucre : 11.0 g/l, 11.5%, code SAQ : 14042252.

Domaine Labranche, Rosé, Érable et Framboise, Vin d’érable aromatisé à la framboise, Québec, Saint-Isidore-de-Laprairie, 2018

Alors qu’avec le produit précédent, on aurait certainement pu se tromper avec un vin, ce n’est pas le cas avec ce produit. Le nez est résolument aromatique et très parfumé sur des arômes de framboises, de pommes grenade et d’eau d’érable. La bouche est dominée par les flaveurs de framboises ainsi qu’une acidité bien fraîche. Je le servirais bien froid en apéritif et je tenterais l’expérience avec un dessert aux fraises.

Les vins du Domaine Labranche sont disponibles dans les IGA, Metro, Provigo, SAQ et dans des Boutiques spécialisées.

Entrevue avec Louis Desgroseilliers – Président et Vigneron

Louis Desgroseilliers

Vinformateur – Claude Lalonde (VF) : Parlez-nous de comment vous êtres partis d’une érablière, de la pomiculture et de l’agriculture maraîchère pour en arriver à mettre sur pied un vignoble?

Louis Desgroseilliers (LD) : ‘’À la base nous sommes une famille de 6 enfants dont 4 garçons qui avons repris les rênes de l’entreprise agricole familiale. Nous en sommes rendus à la huitième génération qui sont agriculteurs et qui cultivent les terres agricoles de notre région, soient Saint-Isidore et autres régions.  Il faut savoir que nous sommes aussi dans la production maraîchère qui est une branche importante de nos activités.

Nous avons aussi la cabane à sucre qui en est à sa 102ième année d’opération avec quatre générations. On se retrouve à récolter carrément l’eau d’érable que les membres de ma famille, à partir des érables que mon arrière-grand-père a planté.

Cabane à sucre

Vers 2009, mon père qui était entrepreneur, on est une famille d’entrepreneurs en fait, avait le goût de planter de la vigne dans une éventualité de revendre le raisin. Il y avait à l’époque un marché potentiel dans la revente de raisins et à ce moment j’étais en train de compléter mes études en gestion d’entreprises agricoles.

C’est donc en 2009 qu’on a rencontré deux œnologues que vous connaissez probablement soient Jeremy d’Hauteville et Richard Bastien qui ont fondé ensemble un bureau conseil en œnologie. Donc on a eu la chance de rencontrer ces deux personnes que j’affectionne et que j’estime beaucoup. Ils sont depuis le début nos œnologues conseils.  En fait, on les a rencontrés lors d’une conférence en lien avec la viticulture.

Lors de cette rencontre on leur fait goûter à nos alcools qu’on élaborait à ce moment-là. On les faisait pour notre consommation personnelle et par plaisir, non pas pour la vente. Il faut savoir qu’on a toujours eu dans la famille le souci de bien faire les choses et ils ont été surpris par la qualité de nos produits.

Vu notre désir de passer à un autre niveau et de passer à un projet d’affaire ils se sont mis d’accord pour nous accompagner dans notre projet. Ils sentaient comme nous le niveau de potentiel. C’est là que mon père s’est tourné vers moi et m’a demandé si le projet m’intéressait. Mon père n’était pas prêt à prendre ce projet-là de front. Même si on considérait le potentiel à l’époque, on ne savait pas que ça deviendrait si important. Et j’ai sauté à pieds joints dans le projet.

On a commencé avec la plantation de vignes. Quand on a commencé à se faire la main avec le vin et avec le cidre (la pomiculture a toujours fait partie de notre culture) on s’est dit que si on était capable de vinifier les deux on serait aussi capable de fermenter de l’eau d’érable. Et c’est de là qu’à découlé la gamme complète de produits que nous avons maintenant.

Je ne pense pas qu’à l’époque nous avions l’intention de développer toute cette gamme de produits soient le rosé à l’eau d’érable et à la framboise, l’eau d’érable, le mousseux à l’érable, les vins desserts, les vins fortifiés et les vins tranquilles. Donc nous avons découvert au fur et à mesure d’essais et d’erreurs que l’eau d’érable a beaucoup de potentiel. Ça donne un produit riche qui donne un éventail assez large de possibilités’’.

VF : ‘’Au niveau de la marque et de l’emballage je vois que vous utilisez la même approche. Avez-vous l’intention de vous démarquer avec les vins dits tranquilles?

LD : ‘’Oui, tout à fait! L’idée c’est que le marché du vin est grandissant ce qui n’était pas la réalité il y a quelques années, mais dernièrement cette demande pour les vins du Québec s’amplifie. Il y a un engouement pour l’achat local, qui commence à prendre un essor qui est en train de prendre tout son sens et qui fait en sorte que la demande a beaucoup augmentée. Les gens sont de plus enclins à consommer des vins rouges et des vins blancs du Québec.

Les implications sont multiples. Nous avons actuellement environ 5 hectares en production de vigne ainsi que deux hectares supplémentaires qui seront plantés cette année et nous avons déjà des plans de commande (de plants de vignes) sur les trois prochaines années à raison d’une cadence de 2 hectares supplémentaires par année.

Comme on sait, c’est un gros investissement qui s’en vient. Ce sont en fait des investissements majeurs pour nous pour les prochaines années mais on le fait parce qu’on y croit et parce qu’on est satisfait et fiers des produits que nous avons élaborés jusqu’à date.

Pratiquement 90% de nos vins sont à base de Frontenac blanc pour le blanc et le Frontenac noir pour le rouge. On utilise des petits assemblages de Petite Perle et de Frontenac et un peu de Frontenac gris mais vraiment pas beaucoup, et on a aussi également le Saint-Pépin.

Cette année on va peut-être embouteiller 300 caisses de vin blanc et une cuvée spéciale avec le Saint-Pépin qui est élevé en fût de chêne et ça donne un produit extraordinaire. C’est un produit qui sera disponible cet automne. Il va y avoir aussi d’autres plantations de Saint-Pépin qui est un cépage capricieux. En termes de pollinisation c’est assez compliqué ce qui fait en sorte que quantitativement les années sont très variables, la majorité de la production est très faible, mais ça donne un produit extraordinaire. C’est dans les cépages préférés du Québec, rustique, très exubérant, très aromatique qui me fais penser au Muscat. C’est de toute beauté!

Dans les prochaines plantations à venir, il va y avoir le Marquette également qui sera en assemblage avec le Frontenac noir. Actuellement le Frontenac se complète très bien avec la Petite Perle et le Frontenac a une acidité un peu plus vive, un taux de sucre toujours très élevé qui nous permet d’offrir de beaux taux d’alcool. Ça nous permet d’aller chercher de beaux équilibres avec autour de 13 à 14% d’alcool. La Petite Perle et le Marquette ont des taux d’acidité plus bas, une teinte plus pâle mais par contre ils ont une charge tannique qui est plus élevée. L’assemblage va alors prendre tout son sens.

Crédit photo: Todd Roberts

À mon sens on est capable d’obtenir d’aussi bons vins rouges grâce à plusieurs éléments, mais l’assemblage avec la Petite Perle est quand même une piste de la solution. Et après ça un bon élevage en fût vient faire toute la différence’’.

VF : ‘’Je trouve intéressant que vous ayez commencé avec les cépages hybrides. Le focus a vraiment été mis sur ces cépages rustiques. Je crois par contre que vous avez l’intention d’ajouter du Vinifera dans le futur, est-ce bien toujours le cas’’?

LD : ‘’Vous avez raison. Ça fait partie d’une réflexion qui a quelque peu évolué dans le temps certainement dans les derniers mois surtout dû à la crise de Covid. Il faut comprendre que les coûts associés au Vinifera sont très onéreux à cause de la toile géotextile incluant son installation, la taille qui ne se fait pas au même moment. Mais ce sont surtout les coûts de la toile qui ont impact. On a des plans pour commander pour 2021, 2022, en Riesling et en Merlot. Ceci étant dit, on continue notre réflexion.

Vous avez goûté au vin rouge Cuvée Marcel, mon beau-père s’appelle Marcel, et on voulait lui faire plaisir. Cette cuvée est en fait un produit qu’on aime beaucoup. On en a un deuxième qui va sortir bientôt qui est la Cuvée Intégrale.

Cette cuvée sera élaborée avec toute la grappe entière. La grappe entière est passé dans le fouloir, on reprend la rafle, on garde les pépins on garde tout ça, les pelures tout au complet, on le fait fermenter avec ce qu’on appelle la fermentation en grappes entières.

On ouvre les fûts dans lesquels on fait la fermentation, on retire les couvercles, et on fait et la fermentation alcoolique et la fermentation malolactique dans le même fût. Par la suite tout est pressé, on reprend le moût et  on  le fait vieillir en fût. Avec les cépages rustiques si on les travaille bien, si on s’assure d’avoir une belle taille, d’avoir une charge modeste (c’est le nerf de la guerre) et un bon travail au Chai avec le vieillissement, on obtient des de très beaux produits même son on n’est pas dans le Vinifera.  Quant à la charge de la vigne, beaucoup de vignerons font cracher la vigne, on obtient parfois des taux d’alcool très faible et on est obligé de chaptaliser (ajout de sucre) ce qui n’est pas le cas chez nous.

Finalement c’est une question de segmentation de marché. En 2018 on avait une plus petite proportion de vins rouges et de blancs (de l’ensemble de nos produits). Cette année, on va avoir 17,000 bouteilles de blanc et à peu près 15,000 bouteilles de rouge. Tous produits confondus on est rendu à environ 50,000 bouteilles. On commence à jaser avec ces quantités-là. L’année dernière a été une assez bonne saison quantitativement et qualitativement comparativement a 2017 qui avait été pour nous très mauvaise. Avec ces quantités là ça commence à être intéressant.

Très bientôt quand on sera prêts à atteindre 20,000 bouteilles de chaque (rouge et blanc), notre intention c’est de s’assurer que le rouge et le blanc se vendent autour de $15.00, et on est capable de l’obtenir si on a des belles quantités comme celles qu’on vise. Et on est capable de le faire avec des cépages rustiques.

Quand on est en Vinifera on est automatiquement au-dessus de la barre des $20.00 à part quelques vignobles qui ont de grandes surfaces et qui sont mécanisés. Ce sont des cas d’exception.

Pour 90% des vignerons au Québec, c’est à peu près impossible de faire un bon rouge et un bon blanc avec du Vinifera et de l’offrir en bas de $20.00. Alors on est toujours en haut du $20.00 et même plus près du $25.00. Ce qui est bien correct mais il faut être conscient que 80% de la clientèle qui achète des vins au quotidien recherche des vins qui se vendent autour de $15.00.

Avec le rustique on est capable d’obtenir de très bons produits, si c’est vieilli en fût à $15.00. Pour moi les Vinifera c’est du $20.00 en montant. Ce sont deux segmentations bien différentes au niveau de la clientèle et au niveau de la mise en marché.

Dans cette réalité-là c’est tout à fait logique que 25% de la production soit vendu en haut de $20.00 et que le restant soit sous la barre des $20.00.

Lorsqu’un vin est vieilli en fût ça devient une question d’assemblage. Ça fait toute la différence. Un œnologue que j’avais rencontré dans nos démarches dans les années antérieures nous avait fait la recommandation d’utiliser diverses proportions de fûts usagés, de fûts neufs et de compléter avec du vin qui n’a pas vieilli en fût de chêne pour garder le fruit. C’est ce que nous faisons religieusement et ça donne des vins bien équilibrés’’.

VF : ‘’Pouvez-vous me parler de votre distribution. Je vois que vous êtes présents autant dans les chaînes d’alimentation qu’à la SAQ et aussi dans les épiceries fines. Comment faites-vous pour avoir une telle distribution’’?

LD : ‘’Chaque vigneron va mettre ses énergies directement en lien avec ses intérêts et je pense que la distribution reflète bien mes compétences et mon champ d’intérêt. On est sans prétention le vignoble le mieux distribué tout vignoble confondu. On a six représentants à temps plein sur la route alors que 90% des vignerons n’en ont pas. Certains travaillent avec une agence, nous nous avons des représentants (Montréal, Québec, Rive-Sud, Abitibi, Rive-Nord) ce qui fait que ça nous permet d’être très bien distribué. De plus, plusieurs gros projets s’en viennent qui seront dévoilés au fil des mois.

Finalement, le nerf de la guerre c’est de réussir à créer le meilleur produit possible et à le reproduire en plus grandes quantités possible. Ce qui fait qu’on est capable d’aspirer à une rentabilité éventuelle. Ça prend donc beaucoup de volume avec un produit de qualité. Il ne faut pas avoir peur de réussir’’!

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