Catégorie : Voyage vinicole

Une opportunité claire pour les vins issus d’une vitiviniculture durable. Quelle est donc la meilleure certification pour développer cette opportunité en Italie?

Vignoble Salcheto – Vino Nobile de Montepulciano – Equalitas

Dans tous les pays du monde et particulièrement en Italie les consommateurs demandent des vins issus d’une agriculture durable tels des vins bio, biodynamiques, des vins dits ‘’nature’’ et autres types (vins issus d’une agriculture durable). Déjà divers labels ont été mis sur pied afin de baliser les procédures visant à élaborer de tels vins afin d’en assurer la qualité et la provenance et permettre aux consommateurs de se retrouver dans cet univers grouillant de changements.

Simei: Une vitiviniculture durable – Une opportunité pour les entreprises et un potentiel de marché.

Durant le récent salon Simei qui se tenait à Milan (organisé par Unione Italia Vini) divers intervenants se sont réunis afin de faire le point sur ce sujet et plus particulièrement pour le marché de l’Italie. Car il faut savoir que plusieurs labels sont utilisés afin de produire et d’identifier de tels vins en Italie ce qui peut créer de la confusion pour les producteurs et les consommateurs. Des labels tels 3 ‘’R’’ (Reduce, Reuse, Recycle), Viva, SQNPI (Integrated Crop Management National Quality System SQNPI), Equalitas, Tergeo, Ecocert, Demeter et autres sont utilisés. Ne serait-il pas plus simple de n’en avoir qu’un seul et que ce soit clair et simple pour tout le monde? C’est le but visé par tous.

Ces intervenants étaient Giorgio Dell’Orefice (Il Sole 24 Ore), Emanuele di Faustino (Wine Monitor – Nomisma), Alessandro Barbieri (Valoritalia), Stefano Stefanucci (Equalitas), Giovanni Rizzotti (Unione Italia Vini) et se sont rencontrés sous le vocable – L’Agriculture durable – Une opportunité pour les entreprises, un potentiel de marché.

Ce que j’ai trouvé intéressant c’est l’analyse exécutée et compilée par Nomisma qui établissait et quantifiait hors de tout doute le potentiel de marché de ces types de vins. Car, alors que les vins bio, biodynamiques et ‘’nature’’ représentent approx. 10 – 12% des vins sur une base mondiale, il faut bien convaincre les autres producteurs du potentiel de marché pour les stimuler à se joindre au mouvement.

Les tendances consommateurs : quel est donc le potentiel des vins ‘’durables’’.

Emanuele di Faustino de la firme Nomisma nous a présenté les plus récentes tendances.

Tout d’abord alors que les ventes de vins connaissent une croissance de +2.1%, les vins effervescents croissent de +13% et les vins bio de +41% en 2018. Ces derniers représentent définitivement un potentiel.

Parmi les raisons qui motivent les achats accrus des consommateurs on retrouve : les vins qui proviennent de raisins autochtones (45%) et le fait qu’un vin soit de provenance biologique (38%).

Parmi les critères les plus importants qui guident l’achat on retrouve : la réputation du producteur et sa certification (44%) et le respect pour l’environnement (36%).

Que veut dire ‘’vin/agriculture durable’’ pour le consommateur italien? : Respect pour l’environnement (47%), un producteur qui minimise et conserve l’énergie (25%), respect du patrimoine (24%), pratique une agriculture bio (22%).

Cette pratique d’une agriculture durable améliore la perception du producteur et de ses vins tant au niveau prix, qualité que ses caractéristiques organoleptiques.

De plus en plus de consommateurs disent qu’ils achèteront des vins bio au courant de l’année qui vient : États-Unis 40%, Angleterre 34%, Belgique 22%, Chine 35%.

Le marché des États-Unis

Aux États-Unis, 17% des consommateurs achètent des vins certifiés durables (Napa Green, Lodi Certified Green, Certified California Sustainable etc.). Les attributs jugés les plus importants sont : la réduction des pesticides et des fertilisants, réduction de l’utilisation d’eau, respect de l’éco-système et de l’environnement etc.

De plus 43% des consommateurs disent que leur perception du producteur et de ses vins s’améliorent lorsqu’il adopte une telle pratique. Enfin ce sont surtout les milléniaux et génération X qui achètent ces produits. Ils ont tendance à être plus éduqués et ont des revenus supérieurs à la moyenne.

Parmi les non-acheteurs de vins bio, 86% présentent de l’intérêt pour de tels produits et 56% seraient prêts à dépenser plus pour un tel vin.

Observations et conclusions

La situation actuelle indique que ce type de vin est encore un marché de niche (mais promis à une forte croissance), le consommateur est confus quant à sa compréhension de ce qu’est ce type de vin et finalement il y trop de labels sur le marché.

Les opportunités : Les questions environnementales sont jugées très importantes et il faut les adresser avec les produits appropriés ce qui représente un fort potentiel. De plus, les milléniaux et les marchés étrangers représentent un fort potentiel de développement.

Ces observations et conclusions sont valables pour la majorité des marchés mondiaux et ce évidemment à divers degrés. Les vins issus de l’agriculture durable représentent un important potentiel de développement.

Voici donc en résumé les points clés des divers présentateurs :

Valoritalia – SQNPI

Valoritalia a été fondée en 2009 pour répondre à la nécessité de s’adapter au système de contrôle mis en place avec le nouvel OCM Vino, grâce à la collaboration de deux grandes sociétés internationales: Federdoc et CSQA Certificazioni. Par la suite, s’est ajoutée en 2017 la participation de Unione Italiana Vini qui a par la suite quitté la structure de l’entreprise.

Valoritalia est l’organisme de pointe de certification viniviticole en Italie dont les responsabilités sont le contrôle et la certification de l’ensemble des vins (DOC, DOCG, IGP et autres). Ils définissent comme agriculture durable celle ou on n’utilise pas d’OGM, d’engrais chimiques, de pesticides, de fongicides, d’herbicides ni aucun produit dérivé de pétrole.

Les objectifs visés sont : Maintenir la vitalité et la fertilité des sols, augmenter la biodiversité, protéger la santé des animaux et des plantes, stimuler les défenses naturelles et sélectionner des espèces adaptées aux conditions locales.

Depuis 2016, Valoritalia supporte le programme SQNPI (Integrated Crop Management National Quality System) qui est un programme volontaire d’agriculture ‘’intégrée ‘’ qui rencontre les principes précédents. Déjà 22,131 hectares (+111.70%) et 1445 producteurs (+73%) ont été certifiés en Italie.

Tous les producteurs certifiés peuvent s’identifier avec le logo de l’organisation.

Producteurs certifés – SQNPI

Equalitas

Equalitas a été fondée en 2015 par Federdoc et Unione Italiana Vini et plus tard supporté par l’organisme Valoritalia, Gambero Rosso et 3AVino dans le but d’appuyer le développement d’une agriculture durable et d’unir l’ensemble des divers programmes en cours. On dénotait selon diverses sources environ 15 programmes à ce moment.

L’objectif clé chez Equalitas est de diffuser, en Italie, une approche unique de développement durable dans l’industrie vitivinicole, fondée sur des piliers sociaux, environnementaux et économiques. Enfin de développer une marque offrant la meilleure garantie aux consommateurs.

Salcheto – 1er vignoble à être certifié Equalitas

Cette certification a été créé afin d’être appliquée à l’ensemble de la production du vin. Elle est passablement large car elle comprend les trois niveaux de production soient : le producteur (niveau corporatif), le produit fini (raisins, moût, vin) et le terroir/territoire. Elle est basée sur un système de gestion qui dot être intégré à l’ensemble de l’entreprise. Des objectifs mesurables sont identifiés et doivent être rencontrés sur une base annuelle. Ceci permet le développement de rapports qui quantifient l’atteinte de ces objectifs.

Cette approche promeut de bonnes pratiques agricoles : (irrigation, biodiversité etc.), des bonnes pratiques au niveau de la production : (vinification, embouteillage, emballage), de bonnes pratiques sociales : (droits des travailleurs, formation, satisfaction des employés, satisfaction de la communauté), de bonnes pratiques économiques : incl. incentifs pour atteindre des cibles environnementales ainsi que de bonnes pratiques de communication : responsabilité sociale, atteinte des cibles, développement d’une politique de durabilité.

Cette certification a été reconnue comme un modèle d’agriculture durable par Alko le monopole finlandais, orIGin et par la Federation Espanola del vino. Elle a de plus développé un partnership avec l’association Amfori.

Présentement, six Consorzios ont démontré un intérêt à adopter la certification Equalitas soient : Franciacorta, Lugana, Prosecco, Lambrusco, Castel del Monte et Vino Nobile di Montepulciano.

Dans le futur, Equalitas participera avec SQNPI, Viva et Tergeo à l’élaboration d’une norme unique dans le développement de la vitiviniculture durable.

Unione Italia Vini

Giovanni Rizzotti nous a présenté le point de vue l’Unione Italia Vini, organisme principal qui déterminera avec les instances gouvernementales cette pratique commune recherchée par tous les intervenants du milieu.

Cette opportunité de produits durables ne cesse d’être documentée. Une récente étude menée par l’UE (2019) indique que 85% des commerces ont augmenté leurs ventes de produits durables dans les 5 dernières années. Cette croissance était de 10% et plus pour 65% de ces commerces.

92% des commerces s’attendent à ce que ces produits continuent d’augmenter dans les 5 prochaines années. Cette croissance sera de 10% et plus pour 74% d’entre eux. Une étude Engage-minds Hub indique que 48% n’ont pas acheté un produit parce que jugé non durable.

L’organisme reconnaît d’emblée l’opportunité qui se présente à l’ensemble de l’industrie et le besoin d’une seule approche commune tant pour les divers joueurs dans l’industrie vitivinicole qu’au niveau des consommateurs. Pour ce faire, il faudra créer une atmosphère de collaboration entre les diverses parties autant au niveau gouvernemental qu’au niveau des divers Consorzios en Italie.

Il faut aussi reconnaître que les types d’agriculture bio et biodynamique ne sont probablement pas les solutions à long terme à cause de la problématique causée par l’accumulation de cuivre dans le sol avec la ‘’bouillie bordelaise’’. En fait, on note des accumulations de cuivre dans le sol ce qui à la longue l’appauvrit. Il faut donc trouver des solutions qui soient plus holistiques comme celle d’Equalitas par exemple.

Concentrations de cuivre – Tergeo

Selon Unione Italia Vini, la durabilité de la viticulture devrait être presque un impératif pour les régions du pays où la viticulture est plus répandue et où il y a des conflits entre les populations et les producteurs qui sont encore en agriculture conventionnelle avec l’utilisation de produits chimiques.

Conclusion

Compte tenu des changements constants au niveau de la classe politique en Italie et du grand nombre de Consorzios et des divers objectifs de tous et chacun, il me semble qu’il ne sera pas facile d’atteindre cet objectif d’un label commun qui certifiera un système d’agriculture durable. En fait, l’ensemble des joueurs aura à trancher entre les principaux systèmes soient Viva, SQPNI, Equalitas et Tergeo. Le programme Equalitas semble avoir une longueur d’avance.

D’un autre côté, l’importance de l’enjeu du point de vue économique mettra certainement de la pression sur les différents joueurs afin d’atteindre cet objectif. On leur souhaite bonne chance!

Sources:

https://www.ilsole24ore.com/art/vino-sostenibile-uno-standard-unico-filiera-ACYmXG1?fromSearch

https://www.unioneitalianavini.it/

https://www.equalitas.it/en/

http://wineobservatorysustainability.eu/en/sharing/VIVA-Sustainability-and-Culture.9/

www.valoritalia.it

www.tergeo.it

Une entrevue des plus enrichissante avec Andrea Sartori, président du Consorzio Tutela Vini Valpolicella.

Lors de mon plus récent voyage en Italie j’ai eu le plaisir de visiter le vignoble de Sartori di Verona dans le Valpolicella. J’en ai profité pour revoir Andrea Sartori propriétaire du vignoble et personnage des plus influent dans le domaine du vin en Italie ayant occupé des postes aussi prestigieux que président d’Unione Italia Vini. C’est en tant que président du Consorzio Tutela Vini Valpolicella que je le rencontrais à nouveau. Déjà en juin dernier, j’avais échangé avec lui lors d’un souper à Montréal et j’avais grandement apprécié son ouverture d’esprit et ses observations franches et songées.

Alors voici dans son entièreté cette entrevue avec Andrea Sartori. J’ai ajouté des notes en fin d’article afin de vous aider à mieux comprendre les divers types de vins et les appellations de la région.

Andrea Sartori, président du Consorzio Tutela Vini Valpolicella et propriétaire de la maison Sartori di Verona.

Entrevue avec Andrea Sartori

V (Vinformateur) : J’ai cru comprendre que vous aviez été président de Unione Italia Vini avant de devenir président du Consorzio Tutela Vini Valpolicella.

AS (Andrea Sartori) : Effectivement j’ai été président de Unione Italia Vini pendant 6 ans. C’était assez prenant comme position car j’ai dû entrer en contact avec un très grand nombre de producteurs, notre propre conseil d’administration était composé lui-même d’environ une quarantaine de producteurs provenant d’un territoire très large. Vous savez nous avions plusieurs bureaux dont Milan, Rome, Vérone entre autres et je devais voyager beaucoup. Alors quand on m’a offert le poste de président du Consorzio je me suis dit que ce serais plus simple comme mandat.

Le bureau du Consorzio n’est qu’à quelques kilomètres de note vignoble alors ça représentait pas mal moins de voyagement. Alors là, je me suis aperçu après quelque temps que ce ne serait pas si simple car le Consorzio est composé de beaucoup de membres de différents types de producteurs avec des points de vue bien différents.

V : La dernière fois que je vous ai rencontré, je crois que c’était fin mai à Montréal, vous disiez que vous aviez une rencontre des plus importante avec le Consorzio et que vous vouliez proposer des changements assez importants au niveau qualité, développement de l’appellation entre autres, qui ne feraient pas nécessairement l’affaire de tous. Qu’est-il arrivé?

AS : Nous avons proposés plusieurs choses qui finalement ont été acceptées et toutes les procédures ont été officialisées par Rome. Nous voulions entre autres, augmenter la qualité des Ripasso en s’assurant qu’un minimum de 10% du moût de l’Amarone serait utilisé lors de la fermentation alcoolique du Ripasso. Le règlement maintenant est de 10 à 15%. Vous avez le choix. Nous avons aussi mis un moratoire de 3 ans sur toute nouvelle plantation.

Crédit photo: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

V : Parlons du futur de la l’appellation. Le volume actuel provient surtout des vins d’Amarone et de Ripasso et puis des vins de Valpolicella. Ou se situe le plus grand potentiel de développement selon vous?

AS : Si on regarde la composition du volume actuellement, nous vendons dans le monde environ 60 millions de bouteilles. Approximativement 15 millions d’Amarone, 27 à 28 millions sont de Ripasso et le reste qui combine Valpolicella Classico, Superiore et autres représente environ 17 millions de bouteilles. Les ventes d’Amarone et de Ripasso performent très bien avec des augmentations de 7 à 8 % et les ventes de Valpolicella ont un peu plus de difficulté. En fait je crois que depuis le début de l’année nous avons perdu de 5 à 6 % et peut-être dans le meilleur des scénarios ont terminera l’année sans croissance.

Valpolicella est un peu la victime de son propre succès avec l’Amarone et le Ripasso. Conséquemment la majorité de nos efforts iront vers le support de l’Amarone, non seulement pour des raisons économiques, mais aussi pour l’image de la région. C’est un porte-étendard tout comme le sont le Barolo et le Brunello. C’est aussi un symbole pour l’Italie. Je crois qu’on doit travailler encore plus fort avec cette appellation. L’Amarone est distribué dans au-delà de 80 pays. Cependant ce ne sont pas tous les pays qui performent de la façon dont ils le devraient. Au Canada, les ventes vont très bien mais les États-Unis ne performent pas comme ils le devraient. Nous avons encore beaucoup de potentiel de développement dans ce marché.

Crédit photo: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

La même situation se présente en Europe. En Scandinavie et en Suisse, les ventes vont bien; l’Allemagne présente un bon potentiel ainsi que l’Angleterre, la Belgique et le Bénélux. Donc beaucoup de potentiel encore dans des marchés bien spécifiques. Je crois donc que ça vaut la peine de se pencher plus sur l’Amarone et le Ripasso. Et de plus, les pays asiatiques représentent un énorme potentiel.

Vous savez, le Ripasso c’est un vin unique avec une histoire unique et on y voit beaucoup de potentiel. Théoriquement le modèle pourrait être un niveau de qualité supérieur (NDLR : comme Gran Selezione dans le Chianti). Je ne dis pas qu’il ne faille pas mettre d’efforts sur les autres vins de Valpolicella. Vous savez, il faut se rappeler d’où nous venons. Il n’y a pas si longtemps, il y a environ 25 ans, on faisait des vins de Valpolicella bien simples qui étaient surtout des vins d’entrée de gamme. Alors le succès de l’Amarone et du Ripasso est assez récent comme depuis 15 ans seulement. Nous avons eu du succès avec l’Amarone et le Ripasso.

Quant au Valpolicella, il y en qui disent qu’on devrait limiter la production. Moi je crois qu’il y a de la place pour un bon Valpolicella. Nous sommes en compétition avec les vins de Chianti qui font des vins simples aussi, les vins de l’Australie et autres pays qui sont dans les même niveaux de prix que nous alors je ne crois pas que nous devrions baisser les bras avec les vins de Valpolicella.

Crédit photo: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

V : Je vois plusieurs pays qui font des vins à partir de la méthode appassimento (méthode utilisée pour l’Amarone et le Ripasso). Comment réagissez-vous à cette situation? L’autre question est selon-vous, quelle est la position de l’Amarone face à cette demande des consommateurs pour des vins moins lourds avec moins d’alcool et moins sucrés.

AS : Quant à la méthode appassimento, plusieurs d’entre nous utilisent des variations différentes. L’idée derrière était de créer un autre segment. Finalement je crois qu’au lieu de créer un segment nous cannibalisons les ventes de Ripasso dans certains marchés.

Dans le monde, on identifie cette méthode à notre région et vice-versa. Nous avons vu plusieurs producteurs d’autres régions ou pays utiliser cette méthode appassimento avec un certain succès. Donc nous courrons deux risques. Perdre cette identification régionale de la méthode appassimento et de cannibaliser les ventes de Ripasso qui va très bien.

Quant aux tendances des vins dans le monde, je ne crois pas que les consommateurs migrent vers des vins plus légers. Les consommateurs veulent des vins rouges robustes qui ont du corps et qui sont dotés d’une bonne structure. Cette tendance se retrouve en Asie, quelques pays d’Europe et certainement en Amérique du Nord. Plusieurs de ces vins ont des niveaux d’alcool de 14 à 15%.

Je ne suis pas pour les vins qui ont des niveaux d’alcool trop élevés ou excessifs. On trouve quelquefois des vins d’Amarone à 16 et 17% d’alcool. Ces vins ne sont pas le genre de vin que nous devrions produire. Il faut retourner à la formule originelle avec des niveaux d’alcool de 15 à 15.5% d’alcool. Je vois les consommateurs préférer des vins autour de 14% d’alcool et plus.

Crédit photo: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

Les marchés asiatiques aiment bien les vins plus robustes avec de hauts niveaux d’alcool car ils ont des habitudes de consommation axées surtout sur les spiritueux. En Chine, plusieurs boissons traditionnelles ont des niveaux d’alcool d’au moins 15%. Pour eux un vin plus léger ne correspond pas à leurs goûts. En fait, ils ne consomment pas de vin blanc. Les ventes de Champagnes ne sont pas très élevées. Donc ils veulent des vins robustes, goûteux avec des niveaux de sucre résiduel assez élevés de couleur assez foncée et bien fruités.

V : Et que se passe-t-il au niveau de l’agriculture durable dans le Valpolicella? Que se passe-t-il avec la recherche en Italie d’un seul et unique label qui identifie ces vins issus du bio ou autre?

AS : Nous demandons au gouvernement de mettre de l’ordre dans tous les efforts qui vont dans ce sens. Il y a trop d’agendas individuels. Ils visent sensiblement le même but mais c’est le fouillis total présentement. Nous avons présentement 5 à 6 différents protocoles. Dans le Valpolicella nous mettons en pratique les 3 ‘’R’’ (Reduce, Reuse, Recycle) qui est passablement restrictif. Nous avons aussi le SQNPI (Integrated Crop Management National Quality System SQNPI) lequel est moins restrictif. Il y aussi Equalitas, Tergeo, Ecocert, Demeter etc.

Crédit photo: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

Ce qu’on demande au gouvernement c’est d’identifier et de définir un seul concept, d’unir les producteurs derrière des cahiers de charge clairs et d’élaborer comment le mettre en place. Nos demandes sont très claires à ce sujet. Je ne sais pas quand ça arrivera, mais nous aurons alors une politique commune et une méthode d’identification commune dans notre communication.

Tous les labels existants sont tous bons et vont dans la bonne direction mais avec des niveaux différents de restrictions. Le gouvernement doit donc trancher. Malheureusement nous changeons fréquemment de gouvernement. J’étais tout dernièrement à Rome afin de rencontrer la nouvelle ministre. C’est une dame de Puglia qui est en charge du ministère depuis 2 mois et je ne sais pas combien de temps elle y sera. Dommage car j’avais d’excellentes relations avec le ministre précédent et il nous a beaucoup aidé avec le Consorzio. C’est un des problèmes en Italie. Difficile de faire avancer des dossiers car il y a trop de changements politiques.

V : En tant que président du Consorzio Tutela Vini Valpolicella, quels sont vos challenges les plus importants?

AS : Le plus grand challenge c’est de gérer un grand nombre de producteurs. Il y a maintenant environ 300 producteurs qui sont dans le marché avec des mentalités bien différentes. À partir du tout petit vignoble produisant de 20 à 30,000 bouteilles jusqu’aux plus gros qui produisent dans les millions de bouteilles ainsi que plusieurs coopératives qui sont très importantes. Ces dernières quelquefois n’ont pas de stratégies de développement bien arrêtées et peuvent produire des vins qui ne sont pas bien alignées avec notre stratégie à long terme. Leur priorité est souvent d’être prêt pour le prochain millésime et d’avoir la capacité pour le faire. Ils peuvent lester leurs produits dans le marché à des prix particulièrement bas. C’est une réalité avec laquelle nous devons composer. Une telle attitude ne nous fait pas avancer. On ne peut adéquatement développer l’image de la région avec des produits qui ne répondent pas à nos critères de qualité.

Crédit photo: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

Nous avons vu des Amarone développés par certaines de ces coopératives dans des magasins de type ‘’discount store’’ à des prix défiants toute logique comme à 9.90 euros. On parle de gros contrats avec ces ‘’discount stores’’.

V : Y a-t-il des développements dans la filière oeno-tourisme?

AS : Pas encore. Nous travaillons sur ce sujet. Nous recevons environ 17 millions de touristes par année à Véronne ce qui inclut Lac Garda et de ce nombre seulement 500,000 visitent les vignobles dans le Valpolicella ce qui est peu. Nous devons améliorer cette situation car le potentiel est énorme. Peu de producteurs investissent dans leur capacité touristique. De plus, ces producteurs sont fermés les fins de semaine, les magasins et vignobles sont fermés les dimanches et de plus, les petits producteurs n’ont pas de personnel qui parle des langues étrangères. Nous devons investir avec les ‘’tour operators’’.  C’est bien dommage car il y a beaucoup de potentiel.

V : Et quel message voudriez-vous envoyer aux consommateurs?

AS : Bien qu’on produise l’Amarone et le Ripasso depuis assez longtemps ce sont des vins possiblement les plus modernes d’Italie. Non pas parce qu’on a planifié cela de cette façon mais bien parce qu’ils sont naturellement modernes. Nous avons été finalement chanceux car nos vins sont modernes et ils rencontrent les besoins des consommateurs d’aujourd’hui. Ils sont axés sur le fruit, leurs tanins sont souples, veloutés et pas trop charpentés, ils sont assez robustes, présentent un beau volume en bouche et sont facile d’y associer divers plats. Tout est là! Ce produit était moderne il y a 100 ans et nous sommes chanceux de voir qu’il l’est demeuré. Un vrai miracle!

Vous savez les vins de Barolo et de Brunello d’il y a 50 ans n’étaient pas aussi agréables alors qu’ils le sont maintenant. Ils étaient très acides et très tanniques. Alors que pour l’Amarone, nous n’avons pas changé grand-chose. De nos jours, nous travaillons sur le niveau d’alcool que nous voudrions autour de 15 à 15.5% pas plus.

Crédit photo: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

Le climat a changé de façon drastique dans les dernières années. Il n’est pas facile de baisser les niveaux d’alcool avec ces changements. Il fait tellement chaud. Nous devons bien suivre le cycle de la vigne et le niveau de maturité des raisins. Nous devons maintenant irriguer les vignes de temps à autre et planter les vignes à des niveaux d’altitude plus élevés comme à 300 – 400 mètres. Même si nous avons un moratoire de 3 ans sur toute nouvelle plantation, vous pouvez transplanter à plus haute altitude. Cependant vous ne pouvez pas accroître votre nombre d’hectares de vignes. Nous avons approx 8,500 hectares de vignes et ce chiffre demeurera stable pour les 3 prochaines années.

Finalement, nous devons devenir des ‘’smarter marketers’’ ce que nous devons apprendre des Français. Nous devons focusser sur les marchés asiatiques car ils présentent beaucoup de potentiel et d’opportunités. Les vins italiens en Chine n’ont qu’environ 6 à 6.5% de part de marché et nous devons nous accaparer des parts de marché des vins français et des vins australiens.

De plus je ne crois pas que nous fassions le maximum pour bien promouvoir notre région et nous-mêmes les producteurs. Nous sommes encore orientés volume, nous ne sommes pas très orientés marque (brand), nous devons améliorer nos étiquettes et emballages qui sont quelquefois bien simples et trop traditionnels et nous devrions avoir plus d’ambassadeurs de marque. Il y a peu de producteurs qui ont des ambassadeurs de marque et plusieurs producteurs en ont les moyens. Nous devrions mieux apprécier ce que nous avons atteint comme région car quelquefois nous sommes notre pire ennemi.

Il nous est difficile d’ajouter de la valeur à nos produits, à nos marques. Je crois que le niveau de qualité y est. Ce n’est pas une question de changer le produit et notre technologie est définitivement à l’avant-garde. Tout est aligné pour le succès. Nous devons mieux ajouter de la valeur à nos produits et à notre proposition.

V : Merci beaucoup d’avoir pris le temps de nous exposer vos points de vue sur la situation de la région de Valpolicella.

Un article sur ma visite du vignoble Sartori di Verona suivra sous peu incluant la dégustation des divers vins de la maison.

Sartori di Verona

Notes – Valpolicella

Source: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

La région de Valpolicella se subdivise en 4 appellations :

Amarone della Valpolicella DOCG

Valpolicella Ripasso DOC

Valpolicella DOC

Recioto della Valpolicella DOCG

L’Amarone est issu de la méthode appassimento. La particularité des vins d’Amarone c’est le fait qu’ils sont élaborés en deux phases bien distinctes. Lors des vendanges, les raisins sont d’abord récoltés lorsqu’ils ont un niveau d’acidité plus élevé que les autres raisins destinés aux autres vins de Valpolicella. Puis ils sont mis à sécher selon la méthode appassimento qui consiste à laisser sécher les raisins typiquement pendant plusieurs mois (de 100 à 120 jours) dans des caisses ou sur des grillages dans une pièce bien ventilée. Enfin, ils sont pressés une fois qu’ils ont perdu entre 40% et 50% de leur poids d’origine. Le temps de séchage peut varier d’un producteur à l’autre.

Crédit photo: Consorzio Tutela Vini Valpolicella

Contrairement à la plupart des vins de raisins secs, l’Amarone est pratiquement fermenté à sec, ce qui lui donne un taux d’alcool plus élevé (minimum potentiel de 14%). Il est ensuite vieilli pendant au moins deux ans ou, dans le cas de Riserva, quatre ans. Encore une fois, les meilleurs producteurs dépassent souvent ces minimums, parfois de plusieurs années.

Il se décline en Rosso et en Riserva et peut-être identifié comme provenant de la zone Classico (communes de Fumane, Marano, Negrar, San Pietro et Sant’Ambrogio) ou de Valpantena.

Le Ripasso (DOC en 2010) est obtenu en combinant le vin fermenté de Valpolicella DOC avec le moût de l’Amarone non pressé suite à son élaboration en tant qu’Amarone della Valpolicella DOCG d’où vient son nom : vin de ‘’repasse’’. La deuxième fermentation dure quelque jours et ajoute beaucoup de richesse au vin original de Valpolicella. Comme l’indique Andrea Sartori lors de cette entrevue, le niveau de moût provenant de l’Amarone oscille entre un minimum de 10% et un maximum de 15%.

Il se décline en Rosso et en Superiore et peut-être identifié comme provenant de la zone Classico (même que pour l’Amarone) ou Valpantena. Le niveau d’alcool minimum est de 12.5% pour le Rosso et de 13% pour le Superiore. Il doit avoir vieilli un minimum d’un an.

L’Amarone et le Ripasso sont considérés comme des vins de méthode – appassimento.

Les vins issus de Valpolicella DOC. Cette appellation a obtenu le niveau DOC en 1968. Il faut se rappeler que c’est en 2010, ce qui est quand même assez récent, que le Recioto della Valpolicella et l’Amarone della Valpolicella ont obtenu le niveau DOCG alors que le Valpolicella Ripasso a obtenu celui de DOC.

Ces vins se déclinent en Rosso et en Superiore. Ils peuvent être identifiés comme provenant de la zone Classico (même que pour l’Amarone) ou Valpantena. Le niveau d’alcool minimum pour le Rosso est de 11% alors qu’il est de 12% pour le Superiore. Pour le Superiore, le temps de vieillissement est d’un minimum d’un an. Longtemps considérés comme des vins d’entrée de gamme, on commence à voir de plus en plus des vins qui proviennent de parcelles uniques ce qui ajoute au niveau perçu de qualité.

Le Recioto peut-être élaboré en Spumante (vin effervescent) ou en vins de desserts ou vins de spécialité. Le niveau DOCG a été officialisé en 2010. Il peut être identifié comme provenant de la zone Classico (même que pour l’Amarone) ou Valpantena. Après les vendanges, les raisins sont séchés à l’air pendant de 100 à 200 jours (avec lesquels on peut aussi faire du Ripasso) afin d’atteindre un niveau potentiel d’alcool de 14%. Seules les grappes les plus mûres sont utilisées pour faire ce type de vin. Le niveau de sucre résiduel doit être d’un minimum de 50 g/l.

Sources : www.italienwinecentral.com, www.Federdoc.com http://consorziovalpolicella.it/en/consortium

Inno’’vin’’tion technologique à l’italienne!! Simei 2019

Quand on visite un vignoble, on est charmé par l’aspect bucolique des lieux, la beauté des vignes toutes enlignées de façon géométrique selon l’exposition du soleil, l’aspect étincelant des cuves en acier et les lignées de barriques de chêne dans lesquels évoluent et vieillissent les vins. On en ressort presque toujours comme en état de béatitude.

Un monde de technologie

Mais derrière tout cela il y a un monde de technologie absolument incroyable qui permet à ces viti-viniculteurs d’élaborer nos vins préférés. J’ai pu mesurer l’ampleur de la panoplie de ces solutions technologiques et œnologiques lors du salon Simei qui avait lieu à Milan du 19 au 22 novembre dernier.

On a qu’à penser qu’il y avait au-delà de 500 exposants sur une surface que j’estime à 3 terrains de football. Ce salon (le plus grand du genre au monde) est organisé par Unione Italia Vini et est issu d’un projet lancé en collaboration avec ICE-Agence dont l’objectif est de promouvoir les produits technologiques des entreprises italiennes à l’étranger.

L’Italie – leader

J’y ai appris que l’Italie fait figure de leader au niveau de la technologie viti-vinicole alors qu’environ 70% de l’équipement utilisé dans les vignobles à travers le monde provient de ce pays. Et quel spectacle que ce salon! J’y ai découvert un univers jusqu’ici insoupçonné dont je vous fais part ici.

Faire du vin requiert énormément d’équipement tant au niveau des vendangeuses, des tracteurs, des attaches aux tracteurs par exemple pour la taille de la vigne et pour désherber les vignes, des systèmes de palissage, des tables de tri robotisées au laser, des pressoirs pour lentement écraser les raisins, les égrappeuses, les pompes pour amener le moût vers les cuves thermorégulées, l’ensemble inimaginable de produits œnologiques pour élaborer le vin (les levures, les tannins, copaux de bois, acidifiants, sulfites, enzymes, tout le matériel de laboratoire et autres) , les filtreurs pour enlever les impuretés, les amphores, barriques et cuves pour faire vieillir le vin, les différents types de bouteilles, les différents types de bouchons, les encapsulateurs, les embouteilleuses, les applicateurs d’étiquettes, les emballeuses et autres.

‘’Révolution constante’’

Et dans ce domaine il y a une ‘’révolution constante’’ car les goûts, les besoins et les attitudes des consommateurs changent et conséquemment les types d’agriculture changent. On n’a qu’à penser à la montée fulgurante des vins bio, biodynamiques et les vins dits ‘’nature’’. Ces vins qui requièrent moins de sulfites (entre autres) demandent des méthodes de viti-viniculture différents et par le fait même des nouveaux produits œnologiques.

Les goûts des consommateurs vont vers des vins plus en fruits, moins lourds et de plus en plus de producteurs expérimentent avec des amphores qui selon les fabricants que j’ai rencontrés, produisent ce genre de vin. Il y avait plusieurs types d’amphores et de cuves en béton qui étaient proposées à ce salon.

Il y a aussi ce qu’on appelle l’agriculture de précision qui émerge. Ce type d’agriculture implique qu’au lieu de traiter une parcelle au complet avec par exemple un produit systémique, on ne traite que les plants de vignes qui en ont besoin. Ceci nécessite une technologie de pointe qui utilise l’imagerie digitale, les drones et robots viticoles et qui permet d’identifier les plants et leurs besoins de façon individuelle.

Prix à l’innovation

Cette ‘’révolution constante’’ est soulignée durant le salon par des prix à l’innovation. Cette innovation est enclenchée par les technologies digitales, les besoins sans cesse croissants de qualité, les types d’agriculture ainsi que la recherche d’efficacité.

Une de ces innovations est le eWak, un bouchon électronique qui permet au consommateur de joindre le producteur et ainsi avoir accès au informations détaillées sur le produit.

Le robot Bakus de VitiBot

Une autre innovation qui m’a impressionée c’est le robot Bakus de VitiBot. C’est un robot totalement autonome, électrique et flexible qui permet de faire des travaux de viticulture comme l’effeuillage et le désherbage.

VitiBot

Alors voilà, la prochaine fois que vous visiterez un vignoble, j’ose croire que vous aurez un regard différent sans toutefois rien enlever au côté bucolique de l’expérience.

De retour en Italie!!

Quel bonheur! Je retourne en Italie aujourd’hui avec une conférence à Milan sur le vin, les techniques vinicoles et viticoles et les grandes tendances. Puis on se dirigera vers Vérone pour visiter quelques vignobles dans le Valpolicella. Alors les prochaines chroniques seront dédiées à ce voyage, à mes découvertes sur le vin et sûrement quelques anecdotes parsemées ici et la.

Retour dans ce pays car cette année ça été l’année de l’Italie avec une visite dans le Piedmont en avril, à Montepulciano en juin et maintenant dans le Valpolicella. C’est un pays assez complexe à comprendre avec tous ces cépages autochtones et sa myriade d’appellations. Ce voyage ne sera pas de trop pour m’aide à mieux comprendre ce merveilleux pays viticole.

Alors, si vous le voulez bien, suivez moi dans ce périple vinicole! Allez Ciao!

Note: Je publierai à partir de mon iPad sur une application mobile. Il se peut que la qualité visuelle des publications soit moindre. Mais bon…avec le temps et la pratique!

Une rencontre avec Jacky et Jean-Philippe Blot au Domaine de la Taille aux Loups à Montlouis sur Loire.

Lors de notre voyage en Loire Luc Marier et moi avions prévu nous arrêter au Domaine de la Taille aux Loups. Nous ne nous doutions pas de la qualité de l’accueil que nous avons reçu. Jean-Philippe Blot a pratiquement pris une bonne partie de sa journée pour nous faire visiter le vignoble et le chai.

Jacky et Jean-Philippe Blot

Nous avons dégusté avec lui et son père, Jacky Blot, de superbes vins. Nos conversations nous ont mieux fait comprendre la philosophie qui les anime et la spécificité de l’appellation Montlouis.

Pour vous relater cet accueil, nous avons décidé de vous livrer l’entièreté de notre rencontre sous forme d’entrevue. Le texte est long, mais il ne peut que mieux réfléter notre expérience. Si vous le désirez, vous pouvez aller directement aux notes de dégustation qui sont à la fin de cet article.

Entrevue

J.P.Blot (Jean-Philippe) : Mon père était grand amateur de Bourgogne à l’époque et se demandait si on pouvait faire nous aussi des vins sympas dans la Loire. C’était en 88. On avait pas de gros moyens et on a acheté 5 hectares de vignes à Montlouis. Au début on se fait sortir de l’appellation car nos vins étaient atypiques. Souvent à Montlouis les vins de cette époque n’étaient pas toujours mûrs. Maintenantça va mieux dans l’appellation car on vient tout juste de faire faire une carte des terroirs. Il y a eu au fil des années une grande évolution. Maintenant la philosophie est de faire des vins de terroir avec des lieux-dits. La tendance est de faire des vins de plus en plus secs. Rien à voir avec des montants élevés de sucre résiduel.

La plupart de nos vins sont entre 5 et 8 g/l et on ne fait pas de Malo (fermentation malolactique). Ce n’est pas demi-sec car on a toujours un peu de sucre résiduel.

CL/LM (Claude Lalonde et Luc Marier) : Qu’est-ce qui vous a fait revenir dans l’appellation Montlouis suite à votre exclusion?

Blot : Mon père a toujours eu beaucoup d’énergie et il n’a jamais quitté son chemin. Il aime bien l’adversité car elle fait sortir toute l’énergie. Et les médias ont été interpellés quand on a été exclus. L’absurdité de la situation détonnait avec les médias. On a un cahier de charge pour mettre en valeur l’appellation, on a quelqu’un qui travaille d’arrache-pied en bio et il n’a pas ce qu’on appelle un môule qualitatif et ça crée une incohérence car nos vins n’étaient pas pareils aux autres, mais meilleurs.

Jacky Blot

CL/LM : jusqu’à quel point êtes-vous bio?

Blot : Depuis 95, on a toujours eu des méthodes qui entreraient dans un cahier de charge bio mais qui n’avait pas le but d’être bio. Et mon père a toujours fait comme ça. Et à un moment donné on s’est dit qu’on prendrait un label tant qu’y être. On ne voulait pas au début, on ne voulait se mettre dans un carcan. Et maintenant nous sommes certifiés Ecocert. Et on ne le communique pas trop. Quant au souffre on en met le moins possible même moins que ce que permet le label.

On ne sa base pas sur le cahier des charges Ecocert puisqu’on fait ce qu’on pense être le mieux. On a même perdu une part de récolte car le vin n’était pas assez sulfité et il a tourné. On a dû écarter ce vin. On essaye toujours d’être au plus bas mais on ira jusqu’à ce qu’on garde un vin sous forme de vin. Pas des volatiles qui montent trop haut et on ne veut pas d’oxydations. On ramasse nos raisins dans des petites caisses, quand on remplit nos barriques après pressurage on les remplit à ras bord. Et quand la fermentation commence on est obligés d’enlever du jus. C’est plein de petits travaux de fourmis un peu partout.

CL/LM : Et a l’exportation, est-ce vous vous permettez de mettre plus de sulfites?

Blot : Non on utilise les mêmes doses pour l’export. Alors on va visiter le vignoble? (On saute dans la voiture).

Au total nous avons 70 hectares et c’est assez morcelé. Les deux gros morceaux ce sont le Clos de Monys 12 hectares et le Domaine La butte avec 15 hectares. On ne voit pas beaucoup de ces vins au Québec car les acheteurs achètent ici et pas sur les rayons.

Domaine de la Taille aux Loups

CL/LM : L’année 2019 se présente comment?

J.P.Blot : (NDLR : nous somme début avril 2019) . Au début nous avons eu peur car il y a deux semaines il a fait doux très tôt. On a un hiver pas froid du tout donc ça amène les bougeons à gonfler très tôt  et heureusement depuis 2 semaines on a des matinées aux alentours de zéro et ça çalme la végétation. La grosse angoisse c’est que ça pousse trop maintenant parce qu’on pourrait avoir des périodes de gels qui pourraient être néfastes. Cette température ce n’est pas normal. On est environ 2 semaines en avance et ces 2 semaines sont en plein dans une période de gel potentiel. C’est ça le problème.

CL/LM : Les cépages sont subdivisés comment?

J.P.Blot :Montlouis et Vouvray c’est que du Chenin et vous trouverez des fois du gamay, du Cot qui sont dans l’appellation Touraine. Plus personne n’appelle le Chenin le Pinot de la Loire. Nous allons dans le Clos de Monique.

CL/LM : Que pensez-vous de la biodynamie?

J.P.Blot : Alors nous on est beaucoup plus cartésiens et il y a beaucoup de choses qu’on prend pas. Notamment la tenue du Vignoble c’est une des choses des plus importantes pour que la vigne soit bien dans son éco-système . J’ai souvent gouté des vins issus de la biodynamie qui étaient oxydés qui correspondent moins à notre philosophie parce que nous on est vraiment attachés au terroir et au côté immuable de l’endroit ou le raisin pousse.

Alors le clos de Monique notre plus grande parcelle avec 12 hectares. On va marcher un peu…

Jean-Philippe Blot – ventilateurs

CL/LM : Nous voyons ici que vous avez des ventilateurs. On en a vu très peu dans la région.

J.P.Blot : En 2016 on récolte 9 he/ha au lieu de 30 à 35 ce qui nous a causé une grosse perte. Suite à ça on a acheté 3 éoliennes mobiles qu’on a utilisé dès 2017 et qui nous ont permis de moins geler qu’on aurait pu. Ces éoliennes sont efficaces sur environ 3 ha alors qu’on les vend pour 4 à 5 ha. Vous savez quand on gèle on ne récolte qu’un hectolitre à l’hectare.

CL/LM : Avez-vous des problèmes avec la brume? On en a vu pas mal dans la région?

J.P.Blot : Ici il y en a moins qu’à Angers. Ce n’est pas un problème. On ne recherche pas du tout le bothrytis même sur les vins moelleux. Ces vins sont passerillés. On voit souvent des cas d’oxydation surtout dans l’Anjou avec des acidités basses et le vin tient moins bien.

Alors vous voyez sur une des premières parcelles les Perruches ils ont fait leurs propres sélections massales. Ils ont sélectionné les pieds qui leur paraissaient les plus intéressants et maintenant on des sélections massales qu’on utilise quand on a à replanter dans les cas des nouvelles vignes.

Et c’est important parce qu’on parle de Chenin et des Chenins il y en a plein. On ne peut pas généraliser. On utilise des sélections massales qui ont grandi ici dans leur terroir. Ce sont des pieds de vigne qui font partie du milieu. Ils ne viennent pas d’un endroit puis qui sont envoyés partout comme les clones. On maintient donc la diversité originale des individus. De plus ils ont été choisis pour leur qualité.

Domaine de la Taille aux Loups

Tous les clones d’un pépiniériste comme le fait 95% des vignobles français ont été choisis dans les années 70 pour le volume de leur production pas autant la qualité. Les sélections massales ce sont des petites grappes et des petits raisins. Des fois on s’en mord les doigts sur les rendements qui sont pas mal plus petits. Mais ça fait toute la différence.

Quand on note un plant de vigne qui donne de superbes grappes bien qualitatives, on l’identifie avec comme un petit ruban et quand on est sûrs qu’il est vraiment bien au moment de la taille en hiver on prend les bois et on les apporte chez le pépiniériste qui les conserve au frais puis les greffe sur des porte greffes et il nous les redonne en racines nues (on préfère) parce qu’il y a une meilleure reprise et nous on le plante. C’est des marcottes. Si on remet sur du Franc de Pied, à moins d’être sur des terroirs de sable, on risque le phylloxéra. Il y en a chez Marionnet en Franc de Pied. Ça tient bien car il a des terroirs de sable.

Jean-Philippe Blot

CL/LM : Quels types de sols avez-vous?

J.P.Blot : Ce sont des dépôts sédimentaires d’il y a 90 millions d’années. Il y avait la mer juste au-dessus, et elle a empilé des couches de calcaire assez épaisses. C’est à peu près partout du calcaire et il y en a des compressés, du silex, de l’argile, il y a des sables, donc il y a en fait différentes zones. C’est comme ça qu’on répartit nos différentes parcelles.

Sur le Clos de Monys on n’a pas la même géologie. La cuvée est faite que d’une parcelle ou il y a plus de silex. Si jamais le vin est moins mûr on déclasse. Comme en 2013 en Loire c’était compliqué les raisins n’étaient pas aussi mûrs alors on a fait des bulles. On était presque 90% en bulles et 10% en sec en 2013.

CL/LM : Et la tailles des vignes?

J.P.Blot : Autrefois dans la Loire tout était taillé en gobelet. C’est des bras qui partaient dans tous les sens. Mon père a changé la taille en double cordon royat. Celles que vous voyez ont une cinquantaine d’années. On aime les garder basses car il y a moins de chemin à faire pour la sève. On est les seuls à tailler si court.

Donc on vendange tout à la main sur 70 hectares. On a des tables de tri qui se déplacent avec nous. En fait on a une équipe de 20 coupeurs et pour chaque 4 il y en a un qui fait des aller-retour et qui apporte les hottes aux tables de tri. Pour 20 coupeurs on a entre 2 à 3 tables de tri. Et on amène le raisin dans les plus petites quantités possibles. C’est contre intuitif car celui qui apporte le raisin aux tables de tri voudrait en amener plus. Mais non, il faut limiter les quantités. C’est plus de travail.

Quant à la sélection des raisins (selon le type de vin) à la table de tri, la partie la moins mûre c’est déjà sélectionné pour des moelleux. C’est quand on se met dans les tris selon le niveau de maturité. Quand on ramasse les secs on a tout déjà planifié avec des prélèvements 3 semaines avant le début des vendanges. J’en fait 3 et je prends des raisins partout au hasard et en fonction des résultats on va intervenir dans les vignes. Ça c’est une chose fondamentale que la date des vendanges.

Table de tri – Domaine de la Taille aux Loups

Avec le réchauffement climatique, la maturité du fruit idéale elle est là pendant une très courte période.  Entre le moment ou c’est mûr et ou c’est trop mûr souvent on a très peu de temps. Ça peut représenter les deux tiers des 70 hectares à ramasser en une semaine. Pour le Chenin les vendanges peuvent durer 3 semaines.

Ces dernières années on a du faire des passages plus fréquents. Surtout quand il y a des décalages avec des jeunes vignes et de terroirs.

Le changement climatique fait qu’aujourd’hui on vendange en moyenne un mois plus tôt. Ça fait un effet boule de neige, parce que la raisin est mûr plus tôt. Comme il est mûr plus tôt, les journées sont plus longues donc il y a plus de soleil et il mûrit encore plus vite! Donc ça s’accélère en fait. Il y a 25 ans, quand on allait vendanger on avait le temps parce que c’était mûr déjà. C’était en octobre, pas en septembre. Et les journées étaient moins longues et ça mûrissait moins vite. Donc on avait le temps chaque jour avec une quarantaine de vendangeurs de venir ramasser des raisins qui mûrissaient en même temps que les vendanges.

Et ajourd’hui depuis 2009 on réagit différemment. La première semaine on est 40 , la deuxième on est 80 et la troisième on est 140. Parce que tout est mûr d’un coup! Et du coup, on adapte maintenant la quantité de vendangeurs. Toujours dans l’idée que si on veut retrouver le goût du terroir il faut qu’on vendange dans la bonne fenêtre sinon on triche.

En 2018 on a vendangé une semaine plus tôt qu’on a commencé en 2003.

CL/LM : Et les maladies de la vigne en bio on s’en débarrasse comment?

J.P.Blot : C’est pas forcément facile hein! En 2018 c’est la deuxième année la plus chaude qu’on ait eue et c’est la plus sèche. Sauf que jusqu’avant qu’elle soit sèche eh bien il a plu début juin, fin mai et il est tombé l’équivalent de 3 mois d’eau en 3 heures. On n’a pas beaucoup de rétention d’eau car nous avons pas mal de pentes douces qui écoulent bien. Avec le mildiou on a perdu près de la moitié lors de la floraison.

CL/LM : Depuis quand cultive-t-on la vigne ici?

J.P.Blot : Ici on a des vignes qui ont plantées en 1912. Donc elles ont plus de 100 ans. Je ne sais pas de quand part la tradition viticole ici. Ce mur ici est vieux de 300 ans.

…Ici les pieds de vignes ne sont jamais arrachés. On pleure si on doit arracher.

CL/LM : Et les chais sont ou?

J.P.Blot : Alors on en a trois. Ici on fait les pétillants incluant le Triple Zéro qui est élaboré en méthode ancestrale que mon père a remis au goût du jour en 1993. C’est lui qui a relancé les pétillants naturels. Ça suivait des millésimes un peu compliqués. Il y avait 89 et 90 qui étaient des millésimes solaires avec beaucoup de vins moelleux , 91 ça gèle complètement et il y a zéro bouteilles produites , 92, 93 c’est année compliquées et en 92 il a le goût de faire autre chose et il élabore le pétillant naturel non dosé, un élevage lent sur un blanc sec , un vin de voile.

CL/LM : Et pourquoi pas un Crémant de Loire?

J.P.Blot : Parce qu’on pense que le Chenin est un cépage sur sol calcaire qui permet d’avoir un raisin mûr ce qui est nécessaire je pense, pour l’élaboration d’un pétillant naturel parce qu’on ne va pas le doser à la fin. Mais quand il est mûr il garde de l’acidité et de l’équilibre. Donc c’est hyper intéressant car on a la qualité du fruit relevé par son acidité naturelle sans avoir besoin de sucre. On la gourmandise du produit sans lui rajouter du sucre.

Dans le chai:…Ici on a 1,100 barriques pratiquement des 288 l. et plusieurs cuves pour le parcellaire. On fait deux pétillants différents dont le Brut Tradition qui est très important (méthode traditionelle) car quand le fruit n’est pas mûr de façon optimale, on l’utilise ici. On presse, on laisse le jus débourber 24 heures puis on l’entonne. Le Triple Zéro c’est un peu différent. On remplit le pressoir et on trie les jus et on ne garde que la cuvée qui est le cœur de presse. Ce dernier fait 3 bars de pression c’est donc un pétillant. Il est vendangé assez mûr pour ne pas avoir à chaptaliser. Il a assez de sucre pour faire ses degrés d’alcool requis.

En Champagne c’est ramassé à 10 degrés potentiels et nous sommes 2,5 degrés au-dessus.  Pas de liqueur de tirage car le vin avant la fin de sa fermentation est transféré en bouteille. Donc c’est une seule fermentation qui est écourtée en cuve mais qui se prolonge en bouteille.

Vins effervescents – La Taille aux Loups

Le Triple Zéro fait du bois. On a travaillé avec un monsieur dont la spécialité est la sucrosité sans sucre qui requiert la maturité du raisin, le tri des jus et les fermentations lentes en barriques. L’intérêt de la barrique c’est que c’est un petit contenant qui permet des fermentations de 6 mois sur lies. Elles sont saturées en CO2 donc il n’y a pas de risque d’oxydation et ça vient nourrit le Triple Zéro. Il n’y a pas de sucre, il faut donc que le vin ne soit pas trop raide.

CL/LM : Et votre signature quant à vos vins?

J.P.Blot : On en parlait justement récemment avec d’autres vignerons de la région, nous on est très attachés aux nuances de terroirs et on se disait chacun a son impact et du coup avoir deux vins sur des terroirs différents élaborés de manière différente il y a trop d’impact du bonhomme qui le fait. Nous on arrive toujours à s’y retrouver dans nos cuvées sur un même millésime et fait par nous car on a vraiment des nuances de terroir et que notre patte elle est toujours la même dans nos différents vins. Si on multiplie les variables ça devient compliqué.

CL/LM : Et les vérifications par le bureau interprofessionnel est-ce qu’elles ont évoluées depuis 1992?

J.P.Blot : À Montlouis beaucoup! Mon père et François Chidaine ont fait bouger les choses. Montlouis c’était un peu un outsider parce qu’il y avait Vouvray de l’autre côté et 7 fois plus gros et ils avaient une visibilité plus importante. Et ça a donné de l’énergie à beaucoup. Il y a aussi beaucoup de jeunes qui se sont installés, l’hectare ici n’étant pas cher et ça a permis l’installation de plusieurs.

Aujourd’hui, il y a plus de la moitié qui est en bio et c’est rare. Il n’y a vraiment pas beaucoup d’agriculture conventionnelle dans la région. Cependant ceux-ci peuvent avoir de grandes surfaces. Mais il y en a de moins en moins. Dans la région la majorité des propriétés sont familiales car il n’y a pas beaucoup de spéculation sur les terres.

Alors on réceptionne les raisins tout en haut, ou il y a un entonnoir alors c’est là qu’on vide ça tombe dans le pressoir pneumatique. Une fois pressé ça tombe dans des cuves ou le raisin va débourber pendant 24 heures à peu près et ensuite un cran plus bas par gravité le processus se continue. Nous avons réussi avec une construction ancienne à créer une vinification par gravité. C’est pas joli mais c’est pratique. Le tout a été construit en hâte car l’année ou on a commencé, les raisins avaient atteint leur niveau de maturité beaucoup plus rapidement qu’anticipé. …des caves comme celle-là on en a quelques-unes, c’est ici qu’on a les parcellaires les cuvées de terroir. Ici on a approximativement 250 barriques et on en a 1,100. C’est quand même 70 hectares.

CL/LM : Qui décide de la vinification des vins. Est-ce toi ou ton père ou les deux?

J.P.Blot : En fait on est trois à prendre ces décisions : il y a mon père, Christophe qui est là depuis le début, et moi-même. Quand on goûte, on fait ça ensemble.

… On utilise un peu de chauffage pour ne pas que les fermentations s’arrêtent. La cave est toujours à 12C. Si on voit que les fermentations patinent et qu’on perd un degré ici et là, on part le chauffage. Quand les fermentations commencent on retire un peu de jus et quand elles sont presque finies on les remplit à ras-bord afin d’éviter toute oxydation.

Dans la salle de dégustation

M. Jacky Blot s’est joint à nous pour cette dégustation. Comme il nous le dit : ‘’L’image de Montlouis a beaucoup changée. Elle est maintenant très qualitative. C’est plus qualitatif maintenant que Vouvray avec ses 2,400 hectares de vignes. Montlouis c’est 50% en bio, c’est 60% ramassé à la main. La différence c’est la façon de faire qui est différente entre ces deux régions. On a même du Vouvray fait dans la région de Tours. Avec cette situation qui existe avec la multiplicité des AOC il devient plus difficile de se démarquer entre ces régions.

À Vouvray on est dans une bulle industrielle avec les machines à vendanger etc. et avec la mentalité qui va avec. Le rendement de Vouvray est d’au moins 20 he/ha de plus qu’à Montlouis. Avec François Chidaine on a développé une vision du vin complètement différente.

Avec cette façon de faire, on n’a pas envie de faire école, on ne veut pas imposer notre vision. Ça ne serait pas correct de dire que tout Montlouis devrait être fait de la même façon. Imposer la sélection massale, des petits rendements, des tables de tri dans le vignoble…Si jamais l’appellation était connue de partout dans le monde entier alors là…les choses seraient un peu différentes, mais c’est pas le cas. Ça ne servirait à rien d’imposer tout ça. On se l’impose à nous même, oui, nous allons loin au-dela des contraintes de l’appellation. Le bon exemple, c’est le Triple Zéro. Vous savez, les vignerons normalement ne s’imposent pas de lourdes contraintes. Ils se laissent des libertés et de la facilité. ’’.

La dégustation

Les Vins Blancs

Domaine de la Taille aux Loups, Triple Zéro, Montlouis-sur-Loire, $34.25, cépage : Chenin blanc 100%, sucre : 1.2 g/l, code SAQ : 12025301.

Celui que nous avons dégusté était une des dernières bouteilles du 2015. Ce vin témoigne parfaitement bien l’identité du terroir. De belles notes florales sur le tilleul, d’une belle intensité sur des notes briochées, de pâtisserie et sur des notes de fruits blancs confits.

En bouche, la sensation de minéralité est particulièrement intense avec beaucoup de fraîcheur, beaucoup de longueur sur des notes de fruits blancs confits (abricots). Que d’énergie dans ce vin avec une acidité bien vive et incisive !! On sent la pleine maturité du fruit, c’est gourmand. On a vraiment l’impression de boire un blanc de blanc. De beaux accords à faire avec une cuisine un peu plus épurée avec moins de sauce et moins de sucre.

Domaine de la Taille aux Loups, Triple Zéro, Montlouis-sur-Loire

Domaine de la Taille aux Loups, Brut Tradition, Montlouis-sur-Loire, cépage : Chenin blanc 100%.

Sur des notes de caramel, des notes florales, un vin consensuel sur des notes d’abricots. En bouche la texture est veloutée, l’acidité bien fraîche avec quelques notes de noix, d’abricots assez intenses. Très belle longueur.

Domaine de la Taille aux Loups, Brut Tradition, Montlouis-sur-Loire

Domaine de la Taille aux Loups, Remus, Montlouis-sur-Loire, 2017, cépage : Chenin blanc 100%.

Très floral au nez sur une texture assez ferme, d’une acidité presque vive, superbe sensation de minéralité. Droit et bien élancé! Superbe.

Domaine de la Taille aux Loups, Remus, Montlouis-sur-Loire, 2017

Domaine de la Taille aux Loups, Clos Michet, Montlouis-sur-Loire, 2017, $38.00,cépage : Chenin blanc 100%, sucre : 2.3 g/l, code SAQ : 12025281.

Sur des notes d’abricot, de pêches assez intenses. La texture est ferme et l’acidité assez incisive, belle sensation de minéralité.

Domaine de la Taille aux Loups, Clos Michet, Montlouis-sur-Loire, 2017

Domaine de la Taille aux Loups, Clos de Mosny, Monopole, Montlouis-sur-Loire, 2017, $43.75, cépage : Chenin blanc 100%, code SAQ: 12303674.

Quelques notes boisées, doté d’une belle acidité bien fraîche et belle sensation de minéralité.

Domaine de la Taille aux Loups, Clos de Mosny, Monopole, Montlouis-sur-Loire, 2017

Domaine de la Taille aux Loups, Clos de la Brettonière, Vouvray, 2017, $43.75,cépage : Chenin blanc 100%, code SAQ : 12098025.

D’un style plus aérien.

Le 2003 était sur des belles notes de pêches et d’abricots. D’une belle complexité, superbe longueur et encore en forme!

Domaine de la Taille aux Loups, Clos de la Brettonière, Vouvray, 2017

Domaine de la Taille aux Loups, Clos de Venise, Vouvray, 2017, $51.00, cépage : Chenin blanc 100%, code SAQ : 13597109.

Considéré comme un des meilleurs vins de France, de plus aromatique et charmeur. La texture est ferme et l’acidité bien vive. Vraiment superbe avec une sensation de minéralité exquise.

Domaine de la Taille aux Loups, Les haut de Husseau, Montlouis-sur-Loire, 2017, $44.25,cépage : Chenin blanc 100%, code SAQ : 13597141.

Particulièrement aromatique sur quelques notes herbacées, beaucoup de fraîcheur et une certaine amertume en bouche.

Le 2009 était sur des fruits très mûrs avec une légère oxydation. Beaucoup d’ampleur en bouche

Le 2006 était sur des notes d’abricots très mûrs et quelques notes de silex

Les vins Rouges

Domaine de la Butte, Le Pied de la Butte, Bourgueil, 2017, cépage : Cabernet franc 100%.

D’une texture ferme, acidité fraîche et des tannins tissés bien serré.

Domaine de la Butte, Le Pied de la Butte, Bourgueil, 2017

Domaine de la Butte, Le Haut de la Butte, Bourgueil, 2017, cépage : Cabernet franc 100%.

Arômes de fruits rouges plus présents sur des tannins charpentés tissés bien serré

Domaine de la Butte, Le Haut de la Butte, Bourgueil, 2017

Domaine de la Butte, Mi-pente, Bourgueil, 2017, $45.25, cépage : Cabernet franc 100%, code SAQ : 10903684.

De loin mon préféré avec des notes animales, de cuir, doté d’une superbe structure avec beaucoup d’arômes de fruits bien frais et quelle longueur!!

Le 2014 était sur des notes légèrement plus végétales.

Domaine de la Butte, Mi-pente, Bourgueil, 2017

Vins Moelleux

Domaine de la Taille aux Loups, Montlouis-sur-Loire, Moelleux, 2015, cépage : Chenin blanc 100%.

Vraiment très beau avec un niveau de sucre résiduel d’environ 50 g/l. Tout en douceur avec un niveau d’acidité qui agrémentait le moelleux du vin.

Le 1996 était sur des notes de pois verts, de truffes et d’abricots.

Domaine de la Taille aux Loups, Montlouis-sur-Loire, Moelleux, 2015

Vino Nobile from Tuscany! Discover the Noble Wine!

I recently went to Tuscany in the Montepulciano region which is located about 90 minutes south of Florence and 2 hours from Rome in the heart of the production zone of ​​the famous Vino Nobile! It was at the invitation of the Unione Italia Vini and the Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano that I went for 10 days to visit this beautiful region as well as several producers. The setting was one of the most important viticulture wine fairs in Italy ‘’Enovitis in Campo’’ which took place in Montepulciano at the Trerose vineyard which is part of the Bertani Group.

Tenuta Trerose

The region is among the most beautiful in Tuscany and possibly of all Italy. For 10 days I was able to admire the landscapes of this region consisting of beautiful undulating hills (which go up to about 600 meters altitude), valleys that extend as far as the eye can see and beautiful forests that still look well protected and preserved (no extreme deforestation as found in Barolo). What a sight! Vineyards everywhere, beautiful olive groves and nice roads bordered by tall cypresses. You can’t take a bad picture of Tuscany!!

Canneto

I stayed in Chianciano Terme which is a small medieval village about 15-20 minutes drive from Montepulciano which is mostly known for its spas, relaxation pools fed with a mineral rich water and its hotels. In fact in this area, all villages are pretty much close by.  However, it is imperative to have a car because public transport is quite rare. There are many small villages to visit along with many wine producers.  

Chianciano Terme

Montepulciano and Montalcino are a must and you should devote half a day to visit each. Make sure to visit the Fortezza along with the Enoteca while in Montepulciano. Should you have another day or two some great destinations are Pienza, San Quirico d’Orcia, Bagno Vignoni, Citta della Pieve, San Casciano dei Bagni and Cortona which is a bit further.

You should also take a few days to stay in Rome as I did and visit the Vatican, the Colosseum, the Trevi Fountain, the Spanish steps and the Borghese Gallery & Museum along with its beautiful gardens. You’ll need at least 2 days to properly visits these landmark

Take the opportunity to redeem your Dream Miles against airfare and Hotels in Rome.

So, what is there to know about the wines and production zone of ​​Vino Nobile di Montepulciano?

Vino Nobile di Montepulciano

History of Vino Nobile

They have been making wine in the area for some time. In fact, the oldest documented reference to the wine of Montepulciano is from 789: the cleric Arnipert offered the church of San Silvestro or San Salvatore at Lanciniano on Mt Amiata, a plot of land cultivated with vineyards in the estate of the castle of Policiano. Later, Repetti mentions a document in 1350 (in his “Historical and Geographical dictionary of Tuscany”) which drew up the terms for trade and exportation of Vino Nobile di Montepulciano.

Vino Nobile

But it was really in 1980 that Vino Nobile took off as it was among the first of a very few Italian regions to receive the top DOCG status . In addition to this, the Rosso di Montepulciano DOC was created to define the terms of yield per hectare, alcohol content and ageing, although the production zone remains the same. Individual producers were given the option to join one of these two DOCs according to the aspect of their land, the seasonal weather trend and all the other elements which may affect the suitability of the grapes used for the production of one or the other of these wines. Montepulciano’s glorious past and its links to the local terroir, its history and the Vino Nobile remain essential elements in order to guarantee present and future quality and authenticity to all that this “noble land” can yield.

Production zone

The production area is limited to a small portion of land in the municipal area that is specifically adapted to viticulture. There are 1,300 hectares of vineyards registered for the Vino Nobile di Montepulciano and around 550 for the Rosso di Montepulciano. This represents a production of about 8 million bottles per year, 85% of which is in Vino Nobile and 15% in the Riserva. This zone is subdivided into 4 sub-regions (north, south, east and west) all determined among others according to their soil typicity.

Regulations of production

The wines must be made from the Sangiovese grape (called « Prugnolo Gentile » in Montepulciano) with a minimum of 70% and it can be assembled with up to 30% by other varieties authorized for the Tuscany region. These varieties include a fairly wide range of grape varieties, including for example Merlot and Cabernet Sauvignon, as well as Mammolo and Cannaiolo. The eight vineyards I visited all used 85% or more of Prugnolo Gentile in their Vino Nobile with some using up to  100% of Prugnolo.

Sangiovese – Prugnolo Gentile

The maximum yield allowed per hectare is 80 quintals with an effective wine yield of 70%.

The wine can only be sold after aging for two years for Vino Nobile (including a minimum of 12 months in oak casks) and three years for Riserva (including 6 months in bottle). It must be approved after passing a series of tests including organoleptic tests conducted by a ministerial council. Vinification and aging must take place in the municipal area of ​​Montepulciano.

Braccesca – Marchesi Antinori

The Vino Nobile Consortium of Montepulciano – challenges and opportunities

Andrea Rossi – president of the Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano

The Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano was founded in 1965 with the aim of protecting and promoting the image of Vino Nobile di Montepulciano (and later the Rosso di Montepulciano and Vin Santo) in Italy and in the rest of the world. There are currently around 270 members in the consortium (including 78 bottlers) representing nearly all the vineyards.

I had the chance to meet Andrea Rossi the new president of the Consorzio since last May. I will later publish this complete interview. Suffice to say that together with his team, he faces some important challenges including but not limited to the following:

There is some confusion in the minds of consumers as to the brand identity of Vino Nobile. This confusion stems from the fact that Montepulciano is a village, that it is also a varietal (grape variety) and that another appellation Montepulciano d’Abruzzo promotes it based on its origin. Few people know that Vino Nobile comes from Tuscany and is made from Sangiovese (Prugnolo Gentile). Moreover, they do not really know that it is a DOCG the highest level of designation.

While the appellations Chianti and Brunello were most active in the 1980s to the present day, Vino Nobile’s was kind of inward looking during this time and as a result, it lost some ground over other wine regions. The Consorzio must therefore reclaim lost ground and this is what Mr. Rossi intends to do.

The appellation allows a minimum of 70% Sangiovese with 30% other varieties authorized by the Tuscany appellation. This includes as I mentioned, several international grape varieties such as Merlot and Cabernet Sauvignon. Many vineyards use these international grape varieties while others only use Sangiovese and other native grapes. This creates quite different styles between wines and can confuse the identity of what a Vino Nobile is.

Another consequence is the price variations between the various Vino Nobile on the market that come from the fact that the winemaking process can vary from one vineyard to another. See for yourself from the wines that are available at the LCBO with prices that range between $14.00 and $100.00.

Finally, soil types vary considerably from one subregion to another. In order to increase the quality of the wines, the Consorzio will be pushing for a greater understanding of soils and terroirs by wine growers and encourages them to optimize the quality by planting the appropriate grape varieties in the best soils.

It is therefore necessary for the new Consorzio to close ranks and ensure a common vision between the various players. Among other things, it is analyzing the impact of a potential increase in the percentage of Prugnolo Gentile in wines in order to increase quality and standardization. As for the identity of the Vino Nobile, the consorzio wishes to focus on the name Vino Nobile on bottling and communication. It has just recently officialized the fact that will add the mention that the wine comes from Tuscany in order to differentiate it from the Montepulciano d’Abruzzo which, as the name mentions, comes from Abruzzo. By adding the Tuscan origin on the bottle and its communication, the consorzio will  more clearly define the quality of Vino Nobile.

Vino Nobile, Trerose

Vino Nobile is truly unique compared to Chianti wines and the Brunellos from Montalcino. In fact, the aromatic profile is closer to Brunello but with a slightly more floral side, lower acidity and tannins more flexible and approachable. In full style wine that meets the new expectations of consumers who seek more freshness, finesse and balance. Which gives the Vino Nobile a definite advantage.

Finally, Vino Nobile offers an excellent price/value ratio.

Wine Producers we visited:

During these 10 days spent in Montepulciano, I had the chance to visit the following vineyards: Tenuta Trerose (eastern sector) which is part of Bertani group, Poliziano (eastern sector), Salcheto (eastern sector), Tenute del Cerro (sector south), Boscarelli (eastern sector), La Ciarliana (northern sector), Braccesca – Antinori (southern sector), Canneto (eastern sector) and Carpineto (southern sector).

Specific articles about each of these producers along with tasting notes will follow. Suffice to say that each of these wine producers were all without exception, quite convinced of the growing success and potential of Vino Nobile. The care given to viticulture and viniculture testifies to a constant search for quality. And as I said, all without exception used a greater proportion of Prugnolo Gentile (85% and more) while the decree indicates 70%. Obviously, the debate persists on the use or not of international grape varieties such as Merlot for example. Some persist to have only native grape varieties while others insist that the addition of Merlot ensures the desired aromatic profile.

 I have added the links to each wine producer. You can check all the details to organize your visits. I would personally recommend a maximum of 3 vineyards per day as there is so much to see. Just remember that you may need to book your visits ahead of time and that in general you’ll pay a fee that will vary depending on the type of visit you select. You can also contact the Consorzio del Vino Nobile di Montepulciano for help: https://www.consorziovinonobile.it/110-55/ENG/WHERE-WE-ARE-HOW-TO-REACH-US

Google Map – wineries

Tenuta Trerose (part of the Bertani group): https://tenutatrerose.it/en/guided-tours-and-tastings-our-winery.

Poliziano: https://carlettipoliziano.com/en/accoglienza/.

Salchetto: https://www.salcheto.it/en/

Fattoria del Cerro: http://www.tenutedelcerro.it/come-raggiungerci

Boscarelli: https://www.poderiboscarelli.com/en/visit-our-estate/

La Ciarliana: http://www.laciarliana.it/home_ing.htm

Braccesca – Marchesi Antinori:   https://www.antinori.it/en/tenuta/estates-italy/la-braccesca-estate/     https://www.antinori.it/en/experiences/  

Canneto: https://www.cannetowinetasting.com/en/wine-tasting-montepulciano-tuscany

Carpineto: http://www.carpineto.com/tasting-room?lang=en

Should you want to further explore (bike tours, walking tours etc.) the area I suggest this great site: https://www.valdichianaliving.it/en

Valdichiana Living

Wines – Vino Nobile

The following Vino Nobile wines are currently available in Ontario at your LCBO stores. I would suggest you contact your local store for product availability as these wines tend to be available at specific times of the year.

Remember that you can Earn 1 AIR MILES® reward mile for every $30 you spend at the LCBO on a monthly cumulative basis, excluding taxes and container deposit fees.

(This is a ficticious offer) – For a limited time only you can now double your AIR MILES® reward miles on the purchase of selected wines from Vino Nobile di Montepulciano at your LCBO store.

New: You can now use your AIR MILES Cash Miles towards the purchase of LCBO eVouchers for instant use in-store. Just visit www.airmiles.ca/LCBOeVoucher to use your Cash Miles toward a $10 LCBO eVoucher for use toward your favourite in-store purchases. LCBO eVouchers will be issued in denominations of $10 for 95 Cash Miles.

Bindella I Quadri Vino Nobile di Montepulciano 2015, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  103937 $49.00


Bindella I Quadri Vino Nobile di Montepulciano 2015

Poliziano Asinone Vino Nobile di Montepulciano 2015, Sangiovese Blend, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  952473, $66.00


Poliziano Asinone Vino Nobile di Montepulciano 201

Avignonesi, Grandi Annate Vino Nobile di Montepulciano 2013, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  633958, $128.00


Avignonesi, Grandi Annate Vino Nobile di Montepulciano 2013

Tenuta di Gracciano Della Seta Vino Nobile di Montepulciano 2012, 750 mL  bottle   |   VINTAGES#:  487074, $29.95


Tenuta di Gracciano Della Seta Vino Nobile di Montepulciano 2012

Carpineto Poggio Sant’Enrico Vino Nobile di Montepulciano 2001, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  998211, $109.00


Carpineto Poggio Sant’Enrico Vino Nobile di Montepulciano 2001

Fattoria del Cerro Riserva Vino Nobile di Montepulciano 2013, 750 mL  bottle   |   VINTAGES#:  180059, $37.95T


Fattoria del Cerro Riserva Vino Nobile di Montepulciano 2013

Contucci Mulinvecchio Vino Nobile di Montepulciano 2014, Sangiovese Blend, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  10167, $44.95


Contucci Mulinvecchio Vino Nobile di Montepulciano 2014


Barberani Calcaia Muffa Nobile 2014, White Blend, 500 mL bottle  |   LCBO#:  342112 $71.40


Barberani Calcaia Muffa Nobile 2014

Palazzo Vecchio Maestro Vino Nobile di Montepulciano 2013, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  348532, $25.25


Palazzo Vecchio Maestro Vino Nobile di Montepulciano 2013

Nobile Di Montepulciano DOCG Viti Nuove 2013, Sangiovese Blend, 750 mL bottle  |   LCBO#:  449636 $37.65$


Nobile Di Montepulciano DOCG Viti Nuove 2011

Salcheto Riserva Vino Nobile di Montepulciano 2012, Sangiovese, 750, mL bottle  |   VINTAGES#:  574244, $37.95


Salcheto Riserva Vino Nobile di Montepulciano 2012

Bindel Vallocaia Riserva Vino Nobile di Montepulciano 2013, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  631895, $56.00

Metinella Burberosso Vino Nobile Di Montepulciano 2015, Sangiovese/Canaiolo, 750 mL bottle  |   LCBO#:  637198, $41.95


Metinella Burberosso Vino Nobile Di Montepulciano 2015

Icario Vino Nobile di Montepulciano 2011, Sangiovese, 750 mL bottle  |   VINTAGES#:  534602, $14.75


Icario Vino Nobile di Montepulciano 2011

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